Littérature française

    Rentrée française 2011 : Metin Arditi, Véronique Bizot, Sylvain Coher, Régine Detambel, Hélène Frappat, Kaoutar Harchi, Denis Lachaud, Caroline Lunoir, Marc Trillard et Lyonel Trouillot.
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    Le livre

    Se pourrait-il qu’un tableau célèbre – dont la signature présente une discrète anomalie – soit l’unique oeuvre qui nous reste d’un des plus grands peintres de la Renaissance vénitienne ? Un égal de Titien ou de Véronèse ?
    Né à Constantinople en 1519, Elie Soriano a émigré très jeune à Venise, masqué son identité, troqué son nom pour celui d’Elias Troyanos, fréquenté les ateliers du Titien, et fait une carrière exceptionnelle sous le nom de Turquetto : le “Petit Turc”, comme l’a surnommé Le Titien lui-même.
    Metin Arditi retrace le destin mouvementé de cet artiste, né juif en terre musulmane, nourri de foi chrétienne, qui fut traîné en justice pour hérésie…

    Metin Arditi - Le Turquetto

    Né en 1945 à Ankara, Metin Arditi vit à Genève. Il préside l’Orchestre de la Suisse romande et la fondation Les Instruments de la Paix-Genève. Son oeuvre est publiée chez Actes Sud : Dernière lettre à Théo (2005), La Pension Marguerite (2006 ; Babel n° 823, prix Lipp Suisse 2006), L’Imprévisible (2006, prix de la Radio suisse romande 2007 ; Babel n° 910), Victoria-Hall (Babel n° 726), La Fille des Louganis (2007 ; Babel n° 967) et Loin des bras (2009).
    A noter : la parution simultanée de Loin des bras dans la collection de poche Babel (Babel n° 1068).

    « CE LIVRE est l’histoire d’une passion. Celle d’Elie Soriano dit Le Turquetto, enfant de Constantinople, juif né en terre musulmane, et qui ne pouvait concevoir de vivre sans dessiner. A la mine de plomb ou au pinceau, il devait saisir l’autre. Pénétrer son âme, la comprendre et la révéler, dans toute sa vérité.
    Mais les lois sacrées des Juifs et des Musulmans interdisaient la représentation. Alors, pour assouvir sa passion, Elie Soriano a menti, trahi, triché, tourné le dos à son père, renié ses origines. Il a fui. Et s’est fondu dans autant de personnages que cela s’avérait nécessaire.
    Au fil d’une vie mouvementée, il a chaque fois tout saisi du monde qui l’entourait, les passions, le fond et la forme. Il s’est senti aussi juif que musulman, grec orthodoxe ou catholique romain… Il a vécu ces identités multiples avec fureur et sincérité, au risque de sa vie. Il s’est imbibé des histoires de la Bible, de calligraphie ottomane et d’art sacré byzantin. Il a embelli ses tableaux de tout ce que les hommes – tous les hommes – avaient jusque-là produit de plus profond et de plus raffiné. La calligraphie lui a permis d’atteindre la précision du disegno, que seuls maîtrisaient les peintres de Florence. Il lui a ajouté la science du colorito des Vénitiens, dont la sensualité l’avait bouleversé. Il a éclairé ses tableaux de la spiritualité byzantine, comme personne depuis Giotto n’avait réussi à le faire. Et l’alliage inspiré de ces influences profondes et contradictoires a fait de lui le plus grand, le plus consolant des peintres, de la même façon que celui qui fonderait dans son coeur toutes les croyances serait le meilleur des hommes.»

    Metin Arditi

    «Metin Arditi fait le portrait du “Petit Turc” qui n’avait qu’une seule passion, le dessin. Une révélation.»

    Madame Figaro

    «Son roman est un miracle d’équilibre, de justesse, et de foi en l’Homme.»

    Sébastien Faramans, La Marseillaise

    «Un roman éblouissant. (…) Le livre de Metin Arditi revisite l’Italie du XVIe siècle avec une maestria jubilatoire.»

    Le Parisien

    «Le brio d’un Maître. (…) Dans Le Turquetto Metin Arditi pratique un éblouissant mentir vrai. (…) Un roman foisonnant, sensible et sensuel.»

    Jean-Louis Kuffer, 24 heures

    Le livre

    Paul reçoit une lettre de son frère Odd qui lui annonce qu’il “disparaît pour un temps indéterminé” et lui demande en postscriptum s’il peut passer chez lui pour vérifier que le robinet d’un lavabo du deuxième étage de la maison familiale a bien été purgé. Malgré “un rhume colossal”, Paul, ni une ni deux, prend sa voiture et parcourt les trois cents kilomètres qui le séparent dudit robinet. Un avenir est une histoire de famille.
    Après Mon couronnement, on retrouve le style irrésistible de Véronique Bizot, où la noirceur est délicieuse parce que toujours saturée d’incongruité drolatique, de lucidité étonnée et de métaphysique légèrement récalcitrante.

    Véronique Bizot - Un avenir

    Auteur de deux recueils de nouvelles (Les Sangliers, Stock, 2005, prix Renaissance de la nouvelle 2006, et Les Jardiniers, Actes Sud, 2008) et d’un roman (Mon couronnement, Actes Sud, 2010, Grand Prix du roman 2010 de la SGDL, prix Lilas 2010), Véronique Bizot est, de son propre aveu, une “gentille personne affligée de la conscience du pire”.
    A noter : la parution simultanée de Mon couronnement dans la collection de poche Babel (Babel n° 1070).

    « AU DÉPART, c’est-à-dire et comme chaque fois en l’absence de projet particulier, j’avais à l’esprit un téléphérique avec, dans un village de montagne, un homme, un Ecossais, qui en aurait commandité la construction à des fins personnelles, je voyais assez bien la chute de ce téléphérique, je commencerais d’ailleurs par la chute. J’avais aussi la vague idée d’un autre homme assez âgé qui, le jour de la mort de sa femme, se serait presque machinalement rendu dans un garage où il aurait acheté une voiture avec quoi il aurait aussitôt pris la route sans repasser par chez lui. Je tournais encore autour d’une ambiance entre deux frères, ou entre des frères et des soeurs, adultes mais avec en toile de fond le désastre de l’enfance qui peut unir ou bien diviser, la ruine de cette famille. Je pensais également à une vieille actrice autrefois célèbre. Tous ces personnages sont finalement dans le livre, sollicités par la pensée d’un narrateur qui attend, bloqué dans une maison, que la neige cesse de tomber. Ils ont tous quelque chose en commun, une façon de disparaître, un isolement, choisi, subi (ou les deux), quelques insomnies et, alors que tout semble achevé, probablement encore quelque chose à vivre.»

    Véronique Bizot

    «Dans une langue onctueuse, Véronique Bizot taille un roman fulgurant. (…) Cent petites pages émouvantes, des digressions hilarantes et un roman joyeusement foutraque. À croquer.»

    Laure Mentzel, Le Figaro Magazine

    «Son style affreusement noir, pourtant drôle, et même tendre, est irrésistible.»

    Le Figaro littéraire

    «Véronique Bizot confirme qu’elle est une grande.»

    Olivia de Lamberterie, Elle

    «Excellente surprise de cette rentrée littéraire, il s’avale d’un trait, comme une liqueur de folie douce.»

    Camille Thomine, Evene.fr

    «Véronique Bizot possède un talent particulier pour les situations et les personnages étranges.»

    Alexandre Fillon, Lire

    «Ce roman singulier parfois déroutant est toujours attachant.»

    Version Fémina

    Le livre

    Rien de plus important pour Anton qu’une virée à 220 kilomètres- heure aux petites heures, arqué sur l’Elégante, sa Triumph nerveuse comme une hirondelle. En dépit de l’amour et des possibles, c’est bien là que se joue son existence, dans ces instants de liberté absolue. Sur l’obsession et les rendez-vous fatidiques, sur les fantômes des bords de route, un roman envoûtant porté par une langue sonore, précise et onirique.

    Sylvain Coher - Carénage

    Né en 1971, Sylvain Coher vit à Paris et à Nantes, selon le vent et l’état de la mer. Après des études de lettres modernes, il a successivement été moniteur de voile, surveillant d’internat, libraire, éditeur, maçon et chômeur. Depuis 2001, il intervient lors de rencontres ou de lectures publiques et anime régulièrement des ateliers d’écriture. Il a été pensionnaire à la Villa Médicis en 2005-2006. Romancier – Hors saison (Joca Seria, 2002), La Recette de Stein (Joca Seria, 2004), Facing (Joca Seria, 2005), Fidéicommis (Naïve, 2006), Les Effacés (Argol, 2008) –, il écrit également pour le théâtre et l’opéra.
    A noter : la parution simultanée de Hors saison dans la collection de poche Babel (Babel n° 1071).

    « JE NE SUIS PAS MOTARD mais de mes vingt ans je garde un parfum d’essence et d’ennui, le bruit des moteurs et le silence des après-midi vides. Des années où l’amour et la mécanique vinrent ensemble occuper les jours et bousculer les nuits.
    Un séjour de quelques mois dans l’Est de la France aura suffi pour raviver le souvenir de ces années perdues à rouler vite pour aller nulle part. Presque chaque soir j’y ai entendu comme autrefois les hurlements des moteurs déchirer la petite ville en deux, dans l’axe de sa route nationale. Et quoi faire d’autre quand on a vingt ans, pour jouer à ne pas devenir vieux ?
    Les motards ressemblent bien souvent à leurs motos. Il y a ceux qui se déplacent pour travailler en semaine, ceux qui se promènent le week-end et ceux qui vont chercher la nuit les sensations qu’ils n’auront jamais le jour.
    Anton compte parmi ces derniers.
    Anton est cette silhouette couchée sur sa machine, telle qu’on en aperçoit parfois dans un éclair depuis la vitre arrière des voitures familiales. Un garçon dont la vie est un pari sur elle-même. Un oiseau de nuit à la recherche du danger, d’un ultime défi mécanique. L’imaginer n’était pas difficile, tant son visage me semblait familier. Et puis il y a Leen, dont l’amour peine à supplanter sa rivale et à modifier l’inéluctable trajectoire de ce motard suspendu entre le pont et l’eau. Car c’est une histoire d’amour à trois : un garçon, une fille, une moto. Et comme souvent dans ces cas-là les rivalités s’accumulent et s’entrechoquent.
    Le carénage ne protège que du vent.
    Et la Ligne bleue des Vosges est, de l’avis de beaucoup, la plus belle route du monde.»

    Sylvain Coher

    «Précises, méthodiques, les phrases de Sylvain Coher envoûtent, frappent à coups d’images filant un peu plus à chaque page. (…) Entre rêve et réalité, Carénage a des accents de conte philosophique sur l’amour fou et ses affres.»

    Jeanne Ferney, La Croix

    «Vertigineux, porté par une écriture froide et gracieuse, Carénage est le beau récit d’une fuite vers la liberté, à toute vitesse, à tout prix.»

    Camille Tenneson, Le Nouvel Observateur

    «Voici un roman qui marquera incontestablement cette rentrée littéraire. (…) Un récit envoûtant.»

    Sébastien Acker, Rhinoceros.eu

    Le livre

    Ebranlée dans sa chair par un accident de voiture, Alice vit heure par heure les mutations de son corps à travers l’expérience de la cicatrisation, de la consolidation, de la musculation. Prélude à une renaissance dans un corps différent, rejoué, renégocié, ce voyage dans le chantier organique et le monde clos qu’est l’hôpital est aussi un roman puissamment initiatique sur les séductions exercées par la mort et la maladie à certaines étapes de l’existence, quand s’instaure un rapport inédit à la vérité, voire à une forme de spiritualité.

    Régine Detambel - Son corps extrême

    Née en 1963, Régine Detambel, kinésithérapeute de formation, vit aujourd’hui dans la région de Montpellier et est l’auteur depuis 1990 d’une oeuvre littéraire de tout premier plan, publiée pour l’essentiel chez Julliard, au Seuil et chez Gallimard. Chevalier des Arts et des Lettres, Régine Detambel a également été lauréate du prix Anna de Noailles de l’Académie française. Chez Actes Sud, elle est l’auteur du Syndrome de Diogène (essai, 2008). Dernières publications : 50 histoires fraîches (Gallimard, 2010 ; sélection prix Goncourt de la Nouvelle), Sur l’aile (Mercure de France, 2010).

    « J’AI LONGTEMPS fréquenté les hôpitaux comme auxiliaire médicale. J’y suis souvent retournée par l’écriture. Un hôpital est une grosse machine cliquetant comme un Tinguely, une entreprise pleine de mouvements et de bruits, de circuits électriques, de pompes, de lumières, de matériaux radioactifs, avec du plâtre, et des clous, des vis… L’hôpital est aussi vivant et bruyant qu’un chantier d’autoroute.
    Aux yeux d’Alice – que j’ai choisi de nommer ainsi pour Lewis Carroll et les folles modifications du corps de son héroïne au cours de ses aventures –, l’hôpital est surtout un chantier organique. Le corps comme acteur et comme oeuvre ne devrait pas être exclusivement réservé aux plasticiens et aux performeurs. La patiente, se remodelant, s’exhibe en pleine performance, dans un authentique art du corps.
    Il m’a également semblé essentiel de montrer quelle peut être la résonance politique des soins hospitaliers, depuis le service de réanimation, sans doute le plus haut lieu de surveillance technocratique, jusqu’au centre de rééducation, où se côtoient, démocratiquement, des bancroches et des manchots de milieux divers, avec des philosophies et des approches de la vie extrêmement variées. L’hôpital, comme le monastère ou la prison, est par excellence le lieu de la métamorphose physique et morale, de la crise, de la prise de conscience : telle est la mission de l’alitement forcé, faire qu’on s’arrête et qu’on regarde mieux en soi-même. Pour l’écrivain comme pour son personnage, il arrive qu’un tel séjour apparaisse soudain comme une nécessité inévitable, absolument pas au sens médical mais dans un sens existentiel.»

    Régine Detambel

    «Ce roman, qui célèbre la volonté et la chair, est un hymne à la résistance.

    Christine Ferniot, Télérama

    «Detambel décrit la lente résurrection de son personnage avec une précision et une poésie qui coupent le souffle.»

    Marianne Dubertret, La Vie

    «"Une belle claque", selon Antoinette Brunier de la librairie Le Cadran lunaire.»

    Propos recueillis par Anne Grignon, Le Nouvel Observateur

    «L’art de Régine Detambel est de faire de la mécanique des corps une poétique.»

    Véronique Rossignol, Livres Hebdo

    Le livre

    Dans l’enfance, Emmanuelle a été la meilleure amie de L. Vingt ans plus tard, elle resurgit dans sa vie, l’invitant à lui rendre visite quelque part en Bretagne. Dans le train qui, machine à remonter le temps, emmène L. et son fils vers les brumes du passé, les souvenirs et les destins prennent corps.
    Avec une délicatesse et une justesse rares, Hélène Frappat explore la position du témoin qui surprend chacun à la lisière de soi, au bord des autres. Cinégénique et musical, INVERNO effeuille les mystères de la mémoire et fredonne la dissonance des émotions, sur l’air d’une fugue où la nostalgie n’est jamais dénuée de violence.

    Hélène Frappat - Inverno

    Hélène Frappat est née en 1969 à Paris. Traductrice de l’anglais et de l’italien, elle est l’auteur de trois romans : Sous réserve (Allia, 2004), L’Agent de liaison (Allia, 2007) et Par effraction (Allia, 2009 ; mention spéciale du jury, prix Wepler 2009).

    « J'AI VOULU ÉCRIRE un roman comme un train qui filerait dans la nuit. Le train avance, mais peu à peu le lecteur qui s’y embarque regarde défiler, sur l’écran des vitres transformées par l’obscurité en miroir, sa propre vie, et des souvenirs : les siens, et ceux des compagnons d’une vie – amis, amants, parents, disparus, fantômes bienveillants ou menaçants.
    Mon train est une machine à remonter le temps. Il part de la gare Montparnasse et se dirige vers la Bretagne. A bord, une mère et son fils. L. part retrouver son amie d’enfance Emmanuelle qu’elle n’a pas revue depuis vingt ans.
    Durant cette parenthèse suspendue entre deux gares, dans cet espace-temps parallèle qui semble ne se dérouler nulle part, d’autres voyages en train refont surface.
    Une femme quitte son pays pour retrouver son amant. Elle s’installe aux abords d’une gare romaine. Plus tard, elle fera le trajet en sens inverse. Une autre femme s’off re à des inconnus de passage dans le compartiment d’un train de banlieue. A la fin des années 1960, dans une brasserie proche de la gare Saint-Lazare, un homme se découvre jaloux.
    De l’incertitude et des pièges de la mémoire émergent par instants des indices glaçants. Dans le noir des tunnels, les lambeaux d’une enfance engloutie, d’un amour défunt, resurgissent par flashes. La saveur ambiguë et douceâtre de la nostalgie empoisonne peu à peu le lecteur.
    Sur l’écran des vitres du tunnel, les nuages et les saisons défilent, aussi changeants que dans un ciel de Bretagne : printemps versatile, été caniculaire, ombres roses automnales des bruyères, et l’hiver, inverno, qui commande les saisons du souvenir.»

    Hélène Frappat

    «Une romancière talentueuse, sensible aux maléfices et à la grâce des contes de fées. »

    Monique Petillon, Le Monde des Livres

    «La mémoire hante l’écriture d’Hélène Frappat. De petits livres en petits livres, elle installe une œuvre mystérieuse mais accueillante, toute de nuances et d’ambiances. (…) Elle signe avec Inverno un roman en forme d’album d’images à lire et qui s’impriment pour longtemps.»

    Sylvain Bourmeau, Libération

    «Mélancolique et glaçant (…) En chapitres courts, alternant les modes et les temps, elle dessine avec maîtrise des vies figées.»

    Christine Ferniot, Télérama

    «Un étonnant roman qui boit à grands traits le « poison ambigu » de la nostalgie, s’y love en un doux malaise.»

    Alain Nicolas, L’Humanité

    «Hélène Frappat explore les méandres de la mémoire et sa faculté de recomposer le passé pour y trouver refuge.»

    Véronique Cassarin-Grand, Le Nouvel Observateur

    Le livre

    Héritiers maudits d’une féroce répression sexuelle qui s’est exercée trente ans plus tôt et a marqué leurs destins respectifs du sceau de la désespérance, quatre hommes liés par la fatalité du sang traversent la Méditerranée où s’écrit, sous le ciel algérien, l’ultime épisode de leur inconsolable désastre.

    Kaoutar Harchi - L'ampleur du saccage

    Née à Strasbourg en 1987, de parents marocains, Kaoutar Harchi, titulaire d’une licence de lettres modernes, d’un master de socio-anthropologie et d’un master de socio-critique est, depuis 2010, doctorante-monitrice à la Sorbonne, où elle assure des enseignements en littérature et sociologie. Elle vit aujourd’hui dans la région parisienne. Zone cinglée, son premier roman, a été publié en 2009 aux éditions Sarbacane.

    « L’AMPLEUR DU SACCAGE est un texte que j’ai écrit en résonance aux nombreux romans d’references algériens que j’ai découverts à l’âge de vingt ans. Je pense à Nedjma de Kateb Yacine, à La Répudiation de Rachid Boudjedra, à L’Amour, la fantasia d’Assia Djebar et à bien d’autres encore. Ces oeuvres qui me hantent ont contribué à configurer l’espace de ma propre création littéraire. La misère affective et sexuelle, le fantasme de fusion avec la figure maternelle entretenu par les jeunes garçons, le spectre de l’inceste, le tabou qui pèse sur le désir féminin, les rapports familiaux dominés par la rivalité intergénérationnelle, sont autant de thèmes qui constituent le coeur battant de mon roman et ont nourri ma volonté d’aborder, dans sa radicalité la plus totale, la problématique de la filiation.
    Est-il possible d’entretenir avec ses parents – et tout particulièrement avec sa mère – une relation délivrée du “pathologique” ? Non, semblent répondre les hommes de mon récit, incapables de se déprendre de la douloureuse ambiguïté qui les lie à Nour, figure maternelle autour de laquelle tous, fatalement, gravitent. Ils forment le carré d’une malédiction au centre duquel se trouve cette femme-mère vers qui l’amour et le désir convergent continuellement alors même que l’omniprésence de la parole masculine l’écrase, la réduit au cri puis au silence. Il m’importait que cette configuration, ce cernement, puissent faire écho à la réalité de certaines sociétés arabo-musulmanes qui, parce qu’elles maintiennent les femmes dans une certaine dimension symbolique, nient ce qu’elles ont de chair et de sang. De réalité.»

    Kaoutar Harchi

    «Kaoutar Harchi fait vibrer la langue française.»

    DNA

    «A lire L’Ampleur du saccage ! D’un trait !»

    Nadia Agsous, lelitteraire.com

    «Une plume puissante et poétique. (…) Un récit poignant et dérangeant qui confirme le talent de cette toute jeune romancière.»

    Biblioblog.fr

    «La plume ciselée de Kaoutar Harchi nous entraîne dans une tragédie contemporaine.»

    Fadwa Miadi, Le Courrier de l’Atlas

    Le livre

    Frédéric, dix-sept ans, suit ses parents à travers l’Europe, d’un déracinement à l’autre, profondément menacé dans son équilibre. Mais après Paris, Oslo et Berlin, la famille débarque à Tel-Aviv et le jeune homme découvre la singularité d’Israël – un pays et une langue qu’il pourrait peut-être enfin faire siens, parce que si proches de lui dans leurs rapports complexes à l’identité, au territoire et à l’appartenance.

    Denis Lachaud - J'apprends l'hébreu

    Après J’apprends l’allemand (1998 ; Babel n° 406), La Forme profonde (2000 ; Babel n° 568), Comme personne (2003 ; Babel n° 641), Le vrai est au coffre (2005 ; Babel n° 934) et Prenez l’avion (2009), J’apprends l’hébreu est le sixième roman de Denis Lachaud publié aux éditions Actes Sud. Acteur, auteur, metteur en scène, il travaille pour le théâtre. Ses pièces sont publiées chez Actes Sud-Papiers.

    « JE VAIS EN ISRAËL. De nombreuses fois. Quelques semaines. Je m’y sens chez moi, parmi ceux que j’aime. Je décide d’y séjourner plusieurs mois pour écrire.
    Commencer un nouveau roman, c’est apprendre une nouvelle langue. Le premier jour, les premiers mots apparaissent et derrière eux, l’édifice lentement se dessine. Tout obéit à certaines règles, un peu mystérieuses, qu’il s’agit d’identifier et de suivre pour avancer, grammaire de la nouvelle langue, architecture de la fiction. Je m’installe à Tel-Aviv. J’apprends l’hébreu et j’écris J’apprends l’hébreu. Car j’ai envie d’écrire sur ce que je vois, entends et ressens ; sur tout ce que j’ignorais avant de venir. J’entre dans la langue et me vient l’histoire qui va traduire en mots ce qui se rassemble en moi. J’écris sur Tel-Aviv : c’est de là que je pars. Et Frédéric apparaît. Il quitte Berlin pour Tel-Aviv, avec sa famille. Apprendre l’hébreu, c’est pour lui tenter d’échapper à l’effondrement, à la folie. Un homme s’assied à côté de moi. Il voit que j’écris. Il me questionne sur le sujet.
    – Tel-Aviv, c’est Israël, dit-il. Quand je sors de Tel-Aviv, je prends l’avion et je quitte le pays.
    Je pars. J’explore. Haïfa, Saint-Jean-d’Acre, Tibériade. Le Néguev. Jérusalem. Puis Bethléem et Ramallah.
    A chaque fois, je pars de Tel-Aviv et je porte en moi Frédéric qui tente de se sauver, avec toute l’énergie du désespoir. J’apprends l’hébreu est un roman israélien.»

    Denis Lachaud

    «J’apprends l’hébreu nous entraine dans une utopie (…) Frédéric y croit et le lecteur aussi.»

    Enrica Sartori, Le Magazine littéraire

    «Une définition poétique de la notion de territoire.»

    vogue.fr

    «Très ingénieusement développé et d’une drôlerie toujours mesurée (…) un livre construit avec finesse.»

    Victor Pouchet, Evene.fr

    Le livre

    Fresque miniature d’un 15 août dans une demeure familiale de la bourgeoisie traditionnelle, où transparaît – d’extérieurs en intérieurs, de plein jour en contre-jour – le portrait d’une génération qu’aucun feu ne soutient, qu’aucune révolte ne consume et qui pose sur le monde un regard lucide et désabusé.

    Caroline Lunoir - La Faute de goût

    Caroline Lunoir est née en 1981. Elle a grandi à Castres puis à Toulouse. La Faute de goût est son premier roman, écrit à Boston en 2009. Avocate pénaliste, elle vit et travaille à Paris.

    « C'EST L'ÉTÉ, le rendez-vous immanquable des vacances, les vraies, les buissonnières, celles qui donnent un sens à une année de travail. C’est l’été et le temps de l’éternel dilemme, l’escapade ou le retour aux sources. Cette année, le choix est fait, la valise entrouverte sur les tomettes de la maison de famille, et les souvenirs entassés pêle-mêle, déballés.
    C’est l’été et ces quelques jours entre soi scellent le sceau d’un certificat d’origine. Chacun retrouve son rang, ses sujétions, ses alliances et ses neutralités. Revenir est décidément régressif. L’enfance est écrite sur les éraflures des murs, les branches basses des arbres du jardin, les photographies désuètes et dans les yeux des aînés. Les repas de retrouvailles sont animés par l’exégèse des anecdotes communes qui forgent l’historiographie familiale et atténuent ce que l’on est devenu.
    Dans la chaleur du mois d’août, poser sa serviette de bain au milieu de celles de ses tantes, c’est laisser bruisser le choeur des ragots et entamer la nouvelle saison de la saga familiale ; partager l’apéritif avec ses grands-oncles, c’est prendre le pouls du vieux corps électoral ; regarder ses cousins, c’est comparer les choix que l’on a faits. Entre deux plongeons dans la piscine, un barbecue et une promenade digestive, les conversations alanguies s’aventurent jusqu’à la ligne des non-dits. L’équilibre tient à la bonhomie des convives qui, d’une plaisanterie ou d’un silence, fuient les éclats et préservent les prochains étés à passer ensemble.
    Mais derrière cette galerie de portraits et les esquisses de scènes de vie sourdent la dilution du modèle transmis, la lutte feutrée pour le haut de la pyramide et l’attentisme oisif de la nouvelle génération. Allongé sur un transat, ou dans les éclaboussures de brasses coulées énergiques, chacun sait diluer dans l’eau chlorée de la piscine de la copropriété l’angoisse du retour aux conventions familiales, la grâce des fous rires partagés, le contrôle social des proches, avec pour socle, l’impératif de solidarité.
    La Faute de goût est le chant du cygne d’un clan qui passe et un hommage aux bouts de terre qui nous ont façonnés.»

    Caroline Lunoir

    «Une remarquable étude de mœurs.»

    Rachel Grandmangin, Le Magazine littéraire

    «L’écriture élégante (…) permet d’affirmer que cette jeune romancière a une voix singulière.»

    Christine Ferniot, Lire

    «Une des belles découvertes de cette rentrée : (…) ce roman révèle un style sûr et élégant, une ironie qui tire volontiers vers la satire et un remarquable talent de portraitiste, tout en finesse et à demi-mot.»

    Bernard Quiriny, Evene.fr

    Le livre

    Alors qu’un climat d’insurrection s’étend sur le Cameroun, le directeur de l’Alliance française de Buea, cloîtré chez lui, face à la mer et ses créatures délétères (les mamiwatas), boit la coupe de deux ans de désenchantements : sa scabreuse addiction de quinquagénaire aux charmes d’une trop jolie menteuse locale ; l’illusion d’échapper au passif des amours / haines coloniales ; et l’agonie (programmée en haut lieu) de l’Alliance française qu’il dirige – fruit pourrissant de siècles de présence française en Afrique.

    Marc Trillard - Les Mamiwatas

    Marc Trillard est né en 1955. Il est l’auteur d’une douzaine de romans ou récits de voyages, dont Eldorado 51 (Phébus, 1994 ; prix Interallié 1994), Coup de lame (Phébus, 1998 ; prix Louis-Guilloux) et Le Maître et la Mort (Gallimard, 2003).

    « CONFINÉ dans sa villa par les émeutes de la faim qui secouent le pays, ce “Cameroun déréglé”où il travaille pour la coopération française, le personnage principal de cette histoire fait le bilan des dix-huit mois qu’il vient d’y passer. Bien que largement quinquagénaire, il lui faut reconnaître qu’il vient, durant cette année et demie, d’en apprendre sur l’homme plus qu’il ne l’a fait durant toute sa vie, ceci au prix de pas mal de coups et blessures infl igés à son ego, sinon à son âme.
    Les Mamiwatas peut être lu comme un roman d’apprentissage, celui de l’Occidental confronté à l’autre, à son système de pensée, à ses priorités imprescriptibles, et voyant, à ce contact, ses propres certitudes voler en éclats. Ou, plus que de certitudes, lorsqu’on s’attache aux pas de mister Mike dans la rouerie de la ville ou la brutalité de la brousse, devrait-on parler de naïveté. Cette candeur telle qu’il la retrouve chez la plupart de ses compatriotes – et jusque chez l’ambassadeur –, et qui est source de tous les malentendus entre les deux sociétés. Car il y a loin entre ce que l’on sait ou croit savoir d’un pays et de ses moeurs et la réalité du quotidien, comme il y a infiniment loin entre une décision dans un bureau présidentiel à Paris (ici, la dévaluation du franc CFA) et ses répercussions en Afrique. J’ai voulu dans ce livre parler de la violence en temps de paix sur le continent africain, celle qui, au Cameroun comme ailleurs, régit les rapports humains de tous les jours. Celle que mister Mike expérimente dans ses relations avec les femmes (personne ne lui a demandé d’y aller, comme dirait son conseiller culturel), avec les membres du comité de gestion de son Alliance, avec les envoyés du monarque local. Celle qui sous-tend le pouvoir des autorités, qu’elles soient traditionnelles, civiles ou militaires. Celle que l’on retrouve jusque dans l’emprise et l’expression de la superstition, chez les âmes frustes comme les “esprits constitués”.»

    Marc Trillard

    «Les Mamiwatas sont l’œuvre d’un authentique écrivain qui nous interroge sur les désordres du monde, le vieillissement et la solitude. (…) Marc Trillard livre un roman rythmé, vivant, imprégné de sueur, souvent poignant – et remarquablement écrit. En un mot : enfiévré.»

    Tristan Savin, Lire

    «Les Mamiwatas tient serrés les liens du désir et du pouvoir, auxquels rien de ce qui est colonial ne saurait être étranger. (…) Amour et politique se répondent comme deux versants de la désillusion de l’homme blanc en Afrique.»

    Florent Georgesco, Le Monde

    «Un roman initiatique et brutal qui emporte quelques certitudes et sème le doute.»

    Ouest France

    Le livre

    Dans un petit village côtier d’une île des Caraïbes, une jeune Occidentale est venue, sur les traces de son père, éclaircir l’énigme aux allures de règlement de comptes qui fonde son roman familial. Au fil de récits qu’elle recueille et qui, chacun à leur manière, posent une question essentielle – “Quel usage faut-il faire de sa présence au monde ?” –, se déploie, de la confrontation au partage, une cartographie de la fraternité nécessaire des vivants face aux appétits féroces de ceux qui tiennent pour acquis que le monde leur appartient.

    Lyonel Trouillot - La Belle Amour humaine

    Romancier et poète, intellectuel engagé, acteur passionné de la scène francophone mondiale, Lyonel Trouillot est né en 1956 dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince, où il vit toujours aujourd’hui. Son oeuvre est publiée chez Actes Sud : Rue des Pas-Perdus (1998 ; Babel n° 517), Thérèse en mille morceaux (2000), Les Enfants des héros (2002 ; Babel n° 824), Bicentenaire (2004 ; Babel n° 731), L’Amour avant que j’oublie (2007 ; Babel n° 969) et Yanvalou pour Charlie (2009 ; prix Wepler 2009).
    A noter : la parution simultanée de Yanvalou pour Charlie dans la collection de poche Babel (Babel n° 1069).

    « J'EMPRUNTE l’expression “la belle amour humaine” au romancier haïtien Jacques Stephen Alexis, théoricien du “réalisme merveilleux”. L’idée étant de dire à la fois le factuel et le perçu, le réel qu’on se fait débordant toujours la réalité, en pour ou en contre. Dans le hasard des destinées qui nous font naître ici ou ailleurs, dans l’inégale distribution sociogéographique de la richesse et de la pauvreté, avec quel autre construire son vivre ensemble ? Avec qui, quoi, et comment habiter la sublime et dérisoire promesse d’une “belle amour humaine” qui lierait les habitants d’un village haïtien ? Entre une jeune Occidentale partie à la recherche du père qu’elle n’a pas connu et qui est peut-être lui-même coupable d’un parricide, un homme qui fait métier de guide pour touristes et un peintre ayant renoncé au portrait pour privilégier le paysage, se tisse une histoire placée sous le signe de cette seule question : “Quel usage faut-il faire de sa présence au monde ?”
    J’ai voulu succomber à la tentation de croire que le langage de l’Autre (tous les langages : la peinture, le mot, le chant, la danse…) détient le pouvoir de nous révéler à nous-mêmes, qu’il existait en toute personne humaine qui ne se serait pas encore convertie en monstre une dimension de “bienfaisance” susceptible de rendre cette personne, d’où qu’elle vienne, indispensable.
    A l’opposé de ceux qui passent leur vie à voler aux autres leur part de fête, il y a celles et ceux qui invitent chacun à amener sa part de chant. C’est à leur geste et à leur rêve (pour fou qu’il puisse être) que j’ai voulu rendre hommage.»

    Lyonel Trouillot

    «Lyonel Trouillot une nouvelle fois surprend et stimule. (…) Il dessine la possibilité d’un monde d’égaux, dans sa belle prose qui entremêle le réel et le merveilleux.»

    Alain Nicolas, L’Humanité

    «Le nouveau livre de Lyonel Trouillot se reçoit comme un cadeau à l’abri des laideurs du monde mais les contenant toutes. (…) Une fable lumineuse et dense qui nous incite à nous poser la seule question qui vaille : " Que faire de notre présence au monde ? "»

    Anne de Saint-Amand, Le Figaro Magazine


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