Nouveautés « un endroit où aller » | Actes Sud

    Nouveautés « un endroit où aller »

    La collection « un endroit où aller » propose à des lecteurs qui ne se ressemblent pas des textes n’ayant d’autres points communs que la nécessité dans laquelle ils ont été écrits et le plaisir avec lequel ils ont été choisis. Chacun d’eux se propose donc comme un endroit où aller quand vient, avec l’envie de lire, le désir d’un rendez-vous qui restera présent dans la mémoire.»

    Hubert Nyssen

    La collection « un endroit où aller » créée en 1995 par Hubert Nyssen, offre un lien de rassemblement à des textes de genres divers, souvent inclassables, avec le souci de donner une autorité commune à leurs singularités multiples. Elle est aujourd’hui dirigée par Bertrand Py et Evelyne Wenzinger.

     

    L'île de Luna

     

     L’île de la mort flottait au milieu des eaux noires. Deux grands cyprès immobiles se dressaient, de chaque côté d’une façade de roches blanches, au-dessus de feuillages obscurs. Une caverne s’ouvrait sur les eaux. L’île était muette. »

     

    L'île de Luna
    Edgar Morin || L'île de Luna

     

    Ma-man…” Ce n’était pas possible qu’elle ne puisse entendre. Ce n’était pas possible que toutes les caresses, toutes les larmes qu’il versait pour elle, elle ne puisse jamais les reconnaître. Ce n’était pas possible que ses paroles à lui ne puissent traverser les airs, les éthers, l’enveloppe du ciel, jusqu’aux profondeurs de l’île. Ce n’était pas possible que les cyprès ne remuent doucement au souffle de l’appel, qu’une douce vague ne vienne clapoter avec l’appel sur la rive….

    E. M.

     

    On lui a dit que sa mère, qui était en cure, allait rester absente quelque temps. Albert Mercier, jeune garçon sensible et imaginatif, est accueilli chez sa tante, dans les faubourgs parisiens. Confronté au désespoir de son père et noyé dans l'atmosphère oppressante des non-dits, Albert devra mobiliser toute la puissance de ses rêveries pour tenter d'affronter ce monde à jamais effondré mais seul désormais, à l'instar des héros de ses romans d'enfant. Ecrit de jeunesse jusqu'ici inédit d'Edgar Morin, L'île de Luna irrigue de façon nouvelle l'œuvre du philosophe, auteur chez Actes Sud de Impliquons-nous et de Enseigner à vivre.

     

     

    Edgar Morin est sociologue et philosophe, directeur de recherches émérite au CNRS, président de l’Association pour la pensée complexe. Conscience de l’époque, lanceur d’alerte planétaire, il n’a de cesse d’attirer l’attention du siècle sur les dérives de la mondialisation et les perversions d’un système soumis au diktat de la croissance.

     

    Le peuple de bois

     

     L’océan du temps enclos dans le coquillage de l’instant. Cela, le Rat l’a compris peu ou prou. Aujourd’hui est un jour quelconque, un jour dans la vie d’un prophète.  »

     

    Le peuple de bois
    Emanuele Trevi || Le peuple de bois

     

    Temps, temps, temps qui s’écoule et se dissout, in­différent à soi­même plus encore qu’aux milliards d’âmes en peine qu’il entraîne avec lui. Depuis qu’il avait dû abandonner sa condition de prêtre, plu­sieurs années avant ces faits, la vie, pour le Rat, n’était rien d’autre qu’une bille qui roule sur un plan incliné en acquérant de la vitesse. Temps qui passe, sans regrets et sans espoirs. Parmi tous les bobards qu’il lui avait été donné d’entendre au cours de sa vie, il n’y en avait aucun qu’il méprisait au tant que l’idée, digne des imbéciles incurables, que la vie était une sorte de roman.

    E. T.

     

    Un prêtre défroqué, brillant orateur, provoque, au fil de ses émissions radio, à la fois l’enthousiasme de son audience calabraise et le courroux des puissants. Critique du nivellement de la pensée, ce roman ironique et désespéré d’un des plus brillants auteurs italiens contemporains se déploie comme une relecture du Pinocchio de Collodi.

     

     

    Emanuele Trevi est né à Rome en 1964. Critique litté-raire, il collabore avec Il Manifesto et le Corriere della Sera. Il a travaillé pour diverses maisons d’édition et fait partie du jury de plusieurs prix littéraires.
    De lui, Actes Sud a publié en 2013 Quelque chose d’écrit ( finaliste du prix Strega 2012, prix Boccaccio 2012, prix du Livre européen 2012).

     

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    Pour en finir avec la question juive (L'être ou pas)

     

    Pour en finir avec la question juive
    Jean-claude Grumberg || Pour en finir avec la question juive (L'être ou pas)

     

    Afin d’être aussi complet que possible, je signale – à ceux que la question continuerait à tarauder après lecture du présent ouvrage – qu’un professeur émérite d’Harvard a répertorié à ce jour 8 612 façons de se dire juif. Ne se reconnaissant dans aucune, il a déclaré à la presse qu’il poursuivait ses recherches. Je m’associe modestement, mais de tout mon cœur, à sa quête..

    J.-C. G.

     

    Neuf impromptus truculents et hilarants entre deux voisins qui se croisent dans la cage d’escalier de leur immeuble, quand chaque rencontre est l’opportunité pour l’un de questionner l’autre sur ses origines juives. Où comment en finir avec l'obstination des idées reçues sur la question.
    Nouvelle édition augmentée.

     

     

     

     

    Né en 1939 à Paris, Jean-Claude Grumberg est auteur de théâtre, scénariste de télévision et de cinéma, notamment avec Costa-Gavras. La plupart de ses pièces de théâtre sont parues chez Actes-Sud Papiers. Il a déjà publié d’impertinents dialogues dans la collection “un endroit où aller”, avec Ça va ? (Actes Sud, 2008), Votre maman (Actes Sud, 2012) et Pour en finir avec la question juive (Actes Sud, 2013).

     

    Almería

     

     Rodrigo avait claqué la porte de toutes ses forces derrière lui. Pendant quelques secondes, la maison s'était tordue comme une poignée d'algues dans le courant, des millions de vibrations escaladant la hauteur de sa structure, jusqu'au toit où, le soir, l'on entendait le crépitement de ses poutres en feu. »

     

    Almería
    Olivier Dubouclez || Almería

     

    Ne dit-on pas que le Sud de l’Espagne porte un coeur battant incrusté dans sa terre ? Je le sens là, au-dessous de moi, qui se contracte et, dans un spasme, expulse tout le contenu de ses réserves de sang jusqu’aux confins du territoire – en direction de Gijón et Vigo, à l’ouest aussi, vers Badajoz ou, plus au sud, jusqu’aux marais salants d’Isla Cristina. Il faut voir comment le sang circule, fend la plaine, dévore la Mancha, éparpille les barrières du littoral qui avaient cru pouvoir en contenir l’effusion. Il faut voir comment la digue se rompt lorsque le coeur s’abandonne et que les mots, flottant au gré du vent, inondent cette région plus sèche qu’une mue de vipère.

    O. D.

     

    Dans les années quatre-vingt-dix, un jeune garçon des faubourgs d’Almería entame la périlleuse période de transition entre l’enfance et l’âge adulte. Confronté au deuil et au drame d’une fraternité impossible, il entre dans un univers fantastique, fait d’onirisme et de créatures inquiétantes, qui est aussi un chemin vers la littérature.

     

    Né à Besançon en 1978, Olivier Dubouclez enseigne la philosophie à l'université de Liège. Il a publié diverses études sur la philosophie moderne et le théâtre de Valère Novarina.

     

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    L'ordre du jour

     

     Le soleil est un astre froid. Son cœur, des épines de glaces. Sa lumière, sans pardon. En février les arbres sont morts, la rivière pétrifiée comme si la source ne vomissait plus d'eau et que la mer ne pouvait en avaler davantage. »

     

    L'ordre du jour
    Eric Vuillard || L'ordre du jour

     

    Ils étaient vingt-quatre, près des arbres morts de la rive, vingt-quatre pardessus noirs, marron ou cognac, vingt-quatre paires d’épaules rembourrées de laine, vingt-quatre costumes trois pièces, et le même nombre de pantalons à pinces avec un large ourlet. Les ombres pénétrèrent le grand vestibule du palais du président de l’Assemblée ; mais bientôt, il n’y aura plus d’Assemblée, il n’y aura plus de président, et, dans quelques années, il n’y aura même plus de Parlement, seulement un amas de décombres fumants.

    É. V.

     

    L’Allemagne nazie a sa légende. On y voit une armée rapide, moderne, dont le triomphe parait inexorable. Mais si au fondement de ses premiers exploits se découvraient plutôt des marchandages, de vulgaires combinaisons d’intérêts ? Et si les glorieuses images de la Wehrmacht entrant triomphalement en Autriche dissimulaient un immense embouteillage de panzers ? Une simple panne ! Une démonstration magistrale et grinçante des coulisses de l’Anschluss par l’auteur de Tristesse de la terre et de 14 juillet.

     

     

    Éric Vuillard, né en 1968 à Lyon, est écrivain et cinéaste. Il a réalisé deux films, L’homme qui marche et Mateo Falcone. Il est l’auteur de Conquistadors (Léo Scheer, 2009, Babel n°1330), récompensé par le Grand prix littéraire du Web - mention spéciale du jury 2009 et le prix Ignatius J. Reilly 2010. Il a reçu le prix Franz-Hessel 2012 et le prix Valery-Larbaud 2013 pour deux récits publiés chez Actes Sud, La bataille d'Occident et Congo ainsi que le prix Joseph-Kessel 2015 pour Tristesse de la terre et le prix Alexandre Viallate pour 14 juillet.

     

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