Nouveautés « un endroit où aller »

    La collection « un endroit où aller » propose à des lecteurs qui ne se ressemblent pas des textes n’ayant d’autres points communs que la nécessité dans laquelle ils ont été écrits et le plaisir avec lequel ils ont été choisis. Chacun d’eux se propose donc comme un endroit où aller quand vient, avec l’envie de lire, le désir d’un rendez-vous qui restera présent dans la mémoire.»

    Hubert Nyssen

    La collection « un endroit où aller » créée en 1995 par Hubert Nyssen, offre un lien de rassemblement à des textes de genres divers, souvent inclassables, avec le souci de donner une autorité commune à leurs singularités multiples. Elle est aujourd’hui dirigée par Bertrand Py et Evelyne Wenzinger.

     

    Un adultère

     

     

    Le triomphe de la bêtise
    Edoardo ALBINATI || Un adultère

     

    Sur une île à deux heures de la capitale italienne, un couple clandestin passe deux jours et deux nuits. La passion amoureuse vue comme un combat, entre désir de se perdre et affirmation de sa propre liberté. Par le finaliste du prix Strega 2016.

     

    Né à Rome en 1956, Edoardo Albinati a été journaliste et a enseigné pendant plusieurs années en milieu carcéral. Scénariste, il a écrit, entre autres, le scénario du film de Marco Bellocchio Fais de beaux rêves. Auteur de poèmes, de récits et de romans, il a obtenu en 2016 le prestigieux prix Strega avec le roman La Scuola cattolica, traduit dans de nombreux pays.

     

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    Le triomphe de la bêtise

     

     La progression de la bêtise moderne, systémique, institutionnelle, transversale, électronique, structurelle, mondialisée, semble trop engagée pour une mode, trop grave pour une crise, trop répandue pour une simple parenthèse entre deux âges d’or. (…) Autant dire que tout concourt à son triomphe. Son avenir est assuré. »

     

    Le triomphe de la bêtise
    Armand FARRACHI || Le triomphe de la bêtise

     

    Dans ce court essai frondeur, Armand Farrachi s’intéresse à un sujet aussi redoutable qu’insondable : la bêtise, dont le déploiement dans nos “sociétés de l’opinion” atteint désormais des sommets : ceux des appareils d’État, des instances éducatives et culturelles, des médias, etc. Car l’économie a besoin de la bêtise, la technique l’aggrave, la “démocratie” la consacre.

     

    Armand Farrachi, auteur de récits (Bach, dernière fugue ; Michel-Ange face aux murs) et d’essais (La Tectonique des nuages), retrouve ici le ton mordant du pamphlet (Les poules préfèrent les cages).

     

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    cris écrits

     

     L’aphorisme ne se cherche pas, ne se trouve pas, il apparaît. »

     

    Cris écrits
    Jean-michel RIBES || Cris écrits

     

    Par son sens de l’aphorisme percutant ou poétique, Jean-Michel Ribes donne à penser : sursauts rieurs ou vérités secouées, de petits cris écrits qui tiennent leur pouvoir de séduction de la liberté qui les inspire et de leur immédiate fantaisie.

     

    Auteur, metteur en scène, cinéaste, Jean-Michel Ribes dirige le Théâtre du Rond-Point à Paris. Il a publié de nombreuses pièces chez Actes Sud-Papiers, dont Palace, Merci Bernard, Théâtre sans animaux, Musée haut, musée bas, Par-delà les marronniers, revu(e), et récemment Sulki et Sulku ont des conversations intelligentes.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Divagabondages

     

     Mais on peut être un simple ver de terre et être amoureux d’une étoile, ce qui a pu me faire croire jadis, que j’aimais la danse. »

     

    Divagabondages
    Frédéric Jacques TEMPLE || Divagabondages

     

    Le premier des textes qui composent ce livre date de 1945, le tout dernier de 2017. De l’un à l’autre, on découvrira ici un demi-siècle de chroniques, de critiques, d’articles ou de préfaces, un demi-siècle d’écriture pour soi ou pour les autres. Car Frédéric Jacques Temple a consacré une immense attention à ses contemporains, poètes et romanciers, peintres, mu­siciens, photographes – tous ces artistes qui explorent l’invisible, et qu’il nomme les enchanteurs.
    Divagabondages est dès lors une échappée orchestrée par un amoureux des arts, qui s’adresse aux curieux, aux bibliophiles du voyage intérieur ou lointain. Ce livre est tel un Transsibérien roulant à petite vitesse au gré des paysages où se croisent, entre autres, Law­rence Durrell, Piet Mondrian, Richard Aldington, Henry Miller, D. H. Lawrence, Cilette Ofaire, Alber­tine Sarrazin, Jean Hugo, Blaise Cendrars, Denis Lavant, Henri Thomas et tant d’autres révélateurs de sens pour les générations nouvelles et à venir.

     

    Frédéric Jacques Temple est né à Montpellier, où il vit encore aujourd’hui. Poète et romancier, il a notamment publié aux éditions Actes Sud La Route de San Romano (1996), Le Chant des limules (2003) et une Anthologie personnelle (poèmes 1945-1985) qui a obtenu le prix Valery-Larbaud.
    Il a reçu en 2003 le grand prix de la Société des gens de lettres pour l’ensemble de son œuvre.

     

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    Cette maudite race humaine

     

     Il semblerait que je sois le dernier scientifique et théologien à n’avoir pas été entendu sur ce sujet important, à savoir si le monde a été fait pour l’homme ou non. »

     

    L'île de Luna
    Mark TWAIN || Cette maudite race humaine

     

    Ainsi, j’en conclus que nous sommes descendus et avons dégénéré depuis quelque ancêtre lointain […] tout le long de la grand-route de la pure innocence, jusqu’à atteindre le fin fond de l’évolution, que l’on nommera l’être humain. Plus bas que nous, rien. Rien, si ce n’est le Français.
    Il n’y a qu’un seul degré possible en dessous du sens moral, c’est le sens immoral. Le Français l’a. L’homme est juste en dessous des anges. Cela le situe clairement. Il est entre les anges et le Français.

    M. T.

     

    Cette maudite race humaine regroupe cinq textes d’un recueil de courts essais de Mark Twain, écrits à la fin de sa vie, publiés de manière posthume en anglais et encore jamais traduits en français. Tendre satire sur « le complexe de supériorité » de l’homme, cette volée de flèches désopilante sur la tendance anthropo-centrée de l’homme, révèle - s’il en était encore besoin - la causticité irrévérencieuse de cet auteur culte. Avec une préface de Nancy Huston.

     

     

    Écrivain, essayiste et journaliste américain, né en 1835 sur la rive ouest du Mississippi et mort en 1910, Mark Twain est l'auteur des Aventures de Tom Sawyer et de Huck Finn, monuments du roman américain, et d'une œuvre littéraire considérable composée d'une quinzaine de livres.

     

    L'île de Luna

     

     L’île de la mort flottait au milieu des eaux noires. Deux grands cyprès immobiles se dressaient, de chaque côté d’une façade de roches blanches, au-dessus de feuillages obscurs. Une caverne s’ouvrait sur les eaux. L’île était muette. »

     

    L'île de Luna
    Edgar Morin || L'île de Luna

     

    Ma-man…” Ce n’était pas possible qu’elle ne puisse entendre. Ce n’était pas possible que toutes les caresses, toutes les larmes qu’il versait pour elle, elle ne puisse jamais les reconnaître. Ce n’était pas possible que ses paroles à lui ne puissent traverser les airs, les éthers, l’enveloppe du ciel, jusqu’aux profondeurs de l’île. Ce n’était pas possible que les cyprès ne remuent doucement au souffle de l’appel, qu’une douce vague ne vienne clapoter avec l’appel sur la rive….

    E. M.

     

    On lui a dit que sa mère, qui était en cure, allait rester absente quelque temps. Albert Mercier, jeune garçon sensible et imaginatif, est accueilli chez sa tante, dans les faubourgs parisiens. Confronté au désespoir de son père et noyé dans l'atmosphère oppressante des non-dits, Albert devra mobiliser toute la puissance de ses rêveries pour tenter d'affronter ce monde à jamais effondré mais seul désormais, à l'instar des héros de ses romans d'enfant. Ecrit de jeunesse jusqu'ici inédit d'Edgar Morin, L'île de Luna irrigue de façon nouvelle l'œuvre du philosophe, auteur chez Actes Sud de Impliquons-nous et de Enseigner à vivre.

     

     

    Edgar Morin est sociologue et philosophe, directeur de recherches émérite au CNRS, président de l’Association pour la pensée complexe. Conscience de l’époque, lanceur d’alerte planétaire, il n’a de cesse d’attirer l’attention du siècle sur les dérives de la mondialisation et les perversions d’un système soumis au diktat de la croissance.

     

    Le peuple de bois

     

     L’océan du temps enclos dans le coquillage de l’instant. Cela, le Rat l’a compris peu ou prou. Aujourd’hui est un jour quelconque, un jour dans la vie d’un prophète.  »

     

    Le peuple de bois
    Emanuele Trevi || Le peuple de bois

     

    Temps, temps, temps qui s’écoule et se dissout, in­différent à soi­même plus encore qu’aux milliards d’âmes en peine qu’il entraîne avec lui. Depuis qu’il avait dû abandonner sa condition de prêtre, plu­sieurs années avant ces faits, la vie, pour le Rat, n’était rien d’autre qu’une bille qui roule sur un plan incliné en acquérant de la vitesse. Temps qui passe, sans regrets et sans espoirs. Parmi tous les bobards qu’il lui avait été donné d’entendre au cours de sa vie, il n’y en avait aucun qu’il méprisait au tant que l’idée, digne des imbéciles incurables, que la vie était une sorte de roman.

    E. T.

     

    Un prêtre défroqué, brillant orateur, provoque, au fil de ses émissions radio, à la fois l’enthousiasme de son audience calabraise et le courroux des puissants. Critique du nivellement de la pensée, ce roman ironique et désespéré d’un des plus brillants auteurs italiens contemporains se déploie comme une relecture du Pinocchio de Collodi.

     

     

    Emanuele Trevi est né à Rome en 1964. Critique litté-raire, il collabore avec Il Manifesto et le Corriere della Sera. Il a travaillé pour diverses maisons d’édition et fait partie du jury de plusieurs prix littéraires.
    De lui, Actes Sud a publié en 2013 Quelque chose d’écrit ( finaliste du prix Strega 2012, prix Boccaccio 2012, prix du Livre européen 2012).

     

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    Pour en finir avec la question juive (L'être ou pas)

     

    Pour en finir avec la question juive
    Jean-claude Grumberg || Pour en finir avec la question juive (L'être ou pas)

     

    Afin d’être aussi complet que possible, je signale – à ceux que la question continuerait à tarauder après lecture du présent ouvrage – qu’un professeur émérite d’Harvard a répertorié à ce jour 8 612 façons de se dire juif. Ne se reconnaissant dans aucune, il a déclaré à la presse qu’il poursuivait ses recherches. Je m’associe modestement, mais de tout mon cœur, à sa quête..

    J.-C. G.

     

    Neuf impromptus truculents et hilarants entre deux voisins qui se croisent dans la cage d’escalier de leur immeuble, quand chaque rencontre est l’opportunité pour l’un de questionner l’autre sur ses origines juives. Où comment en finir avec l'obstination des idées reçues sur la question.
    Nouvelle édition augmentée.

     

     

     

     

    Né en 1939 à Paris, Jean-Claude Grumberg est auteur de théâtre, scénariste de télévision et de cinéma, notamment avec Costa-Gavras. La plupart de ses pièces de théâtre sont parues chez Actes-Sud Papiers. Il a déjà publié d’impertinents dialogues dans la collection “un endroit où aller”, avec Ça va ? (Actes Sud, 2008), Votre maman (Actes Sud, 2012) et Pour en finir avec la question juive (Actes Sud, 2013).

     

    Almería

     

     Rodrigo avait claqué la porte de toutes ses forces derrière lui. Pendant quelques secondes, la maison s'était tordue comme une poignée d'algues dans le courant, des millions de vibrations escaladant la hauteur de sa structure, jusqu'au toit où, le soir, l'on entendait le crépitement de ses poutres en feu. »

     

    Almería
    Olivier Dubouclez || Almería

     

    Ne dit-on pas que le Sud de l’Espagne porte un coeur battant incrusté dans sa terre ? Je le sens là, au-dessous de moi, qui se contracte et, dans un spasme, expulse tout le contenu de ses réserves de sang jusqu’aux confins du territoire – en direction de Gijón et Vigo, à l’ouest aussi, vers Badajoz ou, plus au sud, jusqu’aux marais salants d’Isla Cristina. Il faut voir comment le sang circule, fend la plaine, dévore la Mancha, éparpille les barrières du littoral qui avaient cru pouvoir en contenir l’effusion. Il faut voir comment la digue se rompt lorsque le coeur s’abandonne et que les mots, flottant au gré du vent, inondent cette région plus sèche qu’une mue de vipère.

    O. D.

     

    Dans les années quatre-vingt-dix, un jeune garçon des faubourgs d’Almería entame la périlleuse période de transition entre l’enfance et l’âge adulte. Confronté au deuil et au drame d’une fraternité impossible, il entre dans un univers fantastique, fait d’onirisme et de créatures inquiétantes, qui est aussi un chemin vers la littérature.

     

    Né à Besançon en 1978, Olivier Dubouclez enseigne la philosophie à l'université de Liège. Il a publié diverses études sur la philosophie moderne et le théâtre de Valère Novarina.

     

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    L'ordre du jour

     

     Le soleil est un astre froid. Son cœur, des épines de glaces. Sa lumière, sans pardon. En février les arbres sont morts, la rivière pétrifiée comme si la source ne vomissait plus d'eau et que la mer ne pouvait en avaler davantage. »

     

    L'ordre du jour
    Eric Vuillard || L'ordre du jour

     

    Ils étaient vingt-quatre, près des arbres morts de la rive, vingt-quatre pardessus noirs, marron ou cognac, vingt-quatre paires d’épaules rembourrées de laine, vingt-quatre costumes trois pièces, et le même nombre de pantalons à pinces avec un large ourlet. Les ombres pénétrèrent le grand vestibule du palais du président de l’Assemblée ; mais bientôt, il n’y aura plus d’Assemblée, il n’y aura plus de président, et, dans quelques années, il n’y aura même plus de Parlement, seulement un amas de décombres fumants.

    É. V.

     

    L’Allemagne nazie a sa légende. On y voit une armée rapide, moderne, dont le triomphe parait inexorable. Mais si au fondement de ses premiers exploits se découvraient plutôt des marchandages, de vulgaires combinaisons d’intérêts ? Et si les glorieuses images de la Wehrmacht entrant triomphalement en Autriche dissimulaient un immense embouteillage de panzers ? Une simple panne ! Une démonstration magistrale et grinçante des coulisses de l’Anschluss par l’auteur de Tristesse de la terre et de 14 juillet.

     

     

    Éric Vuillard, né en 1968 à Lyon, est écrivain et cinéaste. Il a réalisé deux films, L’homme qui marche et Mateo Falcone. Il est l’auteur de Conquistadors (Léo Scheer, 2009, Babel n°1330), récompensé par le Grand prix littéraire du Web - mention spéciale du jury 2009 et le prix Ignatius J. Reilly 2010. Il a reçu le prix Franz-Hessel 2012 et le prix Valery-Larbaud 2013 pour deux récits publiés chez Actes Sud, La bataille d'Occident et Congo ainsi que le prix Joseph-Kessel 2015 pour Tristesse de la terre et le prix Alexandre Viallate pour 14 juillet.

     

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