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Rentrée d'hiver - 2020

Frédérique Deghelt

Sankhara

Sans aucune attirance pour ce genre de pratique, Hélène part s’enfermer dans le silence d’une méditation vipassana. Elle laisse derrière elle son mari Sébastien, journaliste à l’afp, et ses enfants encore petits. Le temps de cette retraite, Hélène va découvrir le fonctionnement de tout être. Sébastien, de son côté, traverse littéralement un chaos, intime et professionnel. Sa femme revient le 16 septembre 2001.

Ce livre confronte le plus intime au plus politique des engagements humains. Il interroge ce que l’individu peut espérer trouver en lui de conscience pour tenter de voir et de dire le monde sans être abusé par la conformité et le pouvoir des médias.

Auteure d’une douzaine de livres, romans, essais et témoignages, Frédérique Deghelt a été journaliste et réalisatrice avant de se consacrer totalement à l’écriture. Elle a commencé sa vie professionnelle à l’AFP.

« Alors que je partais expérimenter une méditation vipassana, je n’avais aucune envie de plonger dans cette dizaine de jours consacrés à rien pour tenter d’en extraire une matière romanesque. Mais les livres décident de naître sans nous consulter et le troisième jour, Hélène s’est glissée à mes côtés. La sensualité de cet écrin de silence où les femmes vivent ensemble, si proches sans se toucher, ombres légères vêtues de vêtements vaporeux, corps enroulés dans de grands châles, comme si elles abritaient des secrets millénaires, m’a soufflé une histoire. Je ne l’ai d’abord pas vraiment compris, tout occupée que j’étais à profiter de ces heures où l’on ne peut écrire. Mais au retour, un personnage masculin a également fait son apparition, ainsi que le lien qui l’unissait à Hélène. Il a imposé le rythme si différent de sa vie de journaliste d’agence de presse. Un livre était là, opposant le temps hors temps à l’actualité chronophage, la profondeur de la découverte de soi à l’hystérie des conditionnements de l’époque. L’obligation de faire et d’agir, de rentrer dans cette vie qui nous broie sans nous laisser le temps de découvrir ce que nous abritons au plus profond de notre être, n’est-ce pas le lot de la plupart de nos vies ?

Est-ce l’état du monde qui accentue nos détresses et nos impuissances ou nos misères individuelles qui font croître sa fureur ? Quand les questions dangereuses se profilent à l’horizon, tout est au rendez-vous pour que naisse un roman.”

F. D.

Guyette Lyr

Lui à deux pas de moi

À travers le regard d’un enfant, Martin Vialle, éperdu d’affection et d’admiration pour son père, la descente aux enfers d’une famille modeste et unie qu’un rêve d’ascension sociale vient corrompre jusqu’à la mettre cruellement en pièces.

Avec cette bouleversante tragédie ordinaire qui dit beaucoup du monde narcissique et consumériste “en vente libre” de nos jours, alors même que tant d’archaïque reste d’actualité, Guyette Lyr accouche l’existence humaine de ses pires spectres aussi bien que de ses plus superbes fantômes.

Après une enfance passée en Italie, Guyette Lyr suit une formation de comédienne à l’école de Jacques Lecoq à Paris, puis écrit et joue ses propres spectacles. Romancière, nouvelliste, auteur dramatique, Guyette Lyr a commencé à publier en 1976 avec La Fuite en douce, roman pour lequel elle a obtenu le prix des lectrices de Elle. De Guyette Lyr, Actes Sud a déjà publié : La Nuit d’amour des autres (2001), La Saison des hommes (2005) et Judith Nothing (2011).

« Depuis toujours je marche vite, très vite, pourquoi ? Pour rejoindre sans doute la personne qui est à deux pas de moi et que je ne rattrape pas, le lieu où je voudrais parvenir et où je ne parviens pas.
Métaphore symbolique, les deux pas, bien souvent, se comptent en kilomètres et se jouent de l’espace-temps. On se croit parfois presque arrivés à l’endroit où nous devons être, à la hauteur de celui qui trace en avant de nous. Là où, au sens le plus large, se joue notre devenir. Mais la vie, bien souvent, prend ses droits, elle nous allonge le chemin et souvent le détourne.
Martin Vialle, l’enfant puis l’adolescent, héros de mon roman qui aime son père d’un amour fou, est inconsciemment dans cette quête. Pour être soi, il faut l’autre, et l’autre, au sens absolu pour un fils, n’est-ce pas le père, celui qui est à la fois le presque pareil et le tout différent ?
Vers quel inconnu mène le père ? Et quel prix à payer le jour où on l’a rejoint ? À quelle loi Martin doit-il se soumettre quand ce père qui était un dieu est écarté par un autre dieu ? Quand par l’intermédiaire d’un agent maléfique, sa vie simple et heureuse succombe au mirage de la ville, au faux-semblant du progrès, au consumérisme. Quand un proche plus fortuné, plus stratège que soi, devient une icône ?
Quand, enfin, un secret depuis longtemps gardé est mis au jour dans cette faille ?
Avec Martin je suis retournée à mon enfance campagnarde, je me suis tenue au plus près des adolescents qui dérivent dès que se fracture le lien qui les relie au père. Lien essentiel de par sa valeur symbolique et qui, au nom d’une certaine liberté, d’une certaine conception de la vie sociale, risque d’être minimisé aujourd’hui.
J’ai suivi Martin dans son rêve qui pressent qu’un amour tel que le sien déboute le temps linéaire et nous fait déjà vivre en éternité."

G. L.

Minh Tran Huy

Les Inconsolés

Rétive aux renoncements de l’âge adulte, Lise s’est jetée tout entière dans la gueule de ses propres rêves d’enfance. Elle se repasse le film du grand amour qui l’a unie, puis désunie, à Louis –  portrait craché de prince charmant ébréché par les contingences du réel. Entre thriller romantique et conte de fées cruel, l’auteur de La Double Vie d’Anna Song nous livre aux vénéneux et impitoyables tentacules du malentendu.

Née en 1979, Minh Tran Huy est critique littéraire et écrivain. Après La  Princesse et le Pêcheur (Actes Sud, 2007), La Double Vie d’Anna Song (Actes Sud, 2009 ; prix Drouot 2010, prix Pelléas 2010) et Voyageur malgré lui (Flammarion, 2014), elle signe avec Les Inconsolés son quatrième roman.

« Je me demande parfois si le déclencheur de ce roman n’a pas été la phrase de Jules Renard : « J’ai bâti de si beaux châteaux que les ruines m’en suffiraient. » J’y ai vu une métaphore de l’écriture – on rêve d’un chef-d’œuvre, mais sitôt qu’on s’efforce de lui donner forme sur le papier, ne subsistent que les ruines de la merveille qu’on avait en tête. On persiste pourtant, comme les enfants continueront toujours de bâtir des châteaux de sable que la marée emportera. On élève une pierre après l’autre son ouvrage, des fondations jusqu’à la galerie des glaces. Travaille les motifs, les symétries, les échos qui apporteront élégance et cohérence à l’ensemble. Et parfois, en effet, les ruines nous suffisent.

Les héros des Inconsolés bâtissent eux aussi des châteaux pour résister à l’oubli, pallier les cruautés du réel, transcender les douleurs en beautés. Qu’ils soient réels ou symboliques – vie de château et châteaux en Espagne, l’amour s’écroulant tel un château de cartes, forteresse sociale des classes dites supérieures dans laquelle pénètre Lise grâce à Louis... Cendrillon n’est pas loin, où la transfuge de classe d’origine étrangère remplace la bergère, et l’héritier de la haute bourgeoisie le prince charmant des contes.

Le conte – c’est-à-dire la fiction – est au cœur des Inconsolés. Lise me ressemble comme une sœur, qui en use comme d’un rempart, un viatique, un talisman, déchiffrant inlassablement le monde à l’aune de son imaginaire littéraire et cinématographique, avec l’espoir enfantin et obstiné de plier la vie à l’art. Un vœu qu’elle cherche à exaucer à tout prix, oubliant que les fées se révèlent parfois sorcières, que la grâce n’est jamais que l’envers de la malédiction et qu’aimer peut aussi bien être un enchantement qu’un mauvais sort.’’

M. T. H.

Jean-Luc Deparis

Sandremonde

Avec sa peau sombre et ses cheveux de neige, Elyz-Ana ressemble aux Shaël-Faars, ces êtres de légende qu’on dit capables de résister au pouvoir d’Isidis, la Déesse céleste qui règne sur Sandremonde. Traquée, Elyz-Ana ne sait pas encore qu’elle est l’enfant-destin, chargée de ramener son peuple du monde des morts. Avec ce premier roman aussi dense qu’abouti, Jean-Luc Deparis fait une entrée remarquée dans le champ de la fantasy française.

Jean-Luc Deparis a quarante-neuf ans. Il est depuis toujours passionné de littérature médiévale fantastique et de science-fiction. Il écrit pour soigner un inconfort chronique avec le réel. Sandremonde est son premier roman.

« Quelle part de mystère notre monde renferme-t-il encore ? Hélas, tout a été exploré, étudié, cartographié. Nous savons ce qui se trouve derrière chaque montagne, au-delà de chaque océan ; même la Lune a été foulée. Les civilisations antiques sont définitivement éteintes et les dieux restent muets au fond du ciel.

Où est la sorcellerie, celle qui dote les statues de vie ou foudroie l’ennemi ? Où sont les barbares, dont la course éventrera l’horizon ? Et leurs hurlements, leurs idoles païennes ?

Avec ce roman, c’est tout cela que j’ai tenté de restituer ; cette magie des contrées, des peuples et des divinités inconnus. La stupéfaction de celui qui les découvre. Au début du récit, Sandremonde est un univers médiéval parfaitement stable, régi par l’Église qui attribue un rôle à chacun. Les Chapelles et leurs troupes d’assaut, les cités grouillantes, les caravanes marchandes… Rien ne semble pouvoir troubler cet ordre immuable. Mais parfois un grain de sable suffit à gripper les mécanismes les plus solides. Ce grain de sable sera une étrange enfant qui fera surgir du néant les Saudahyds, des démons revenus d’un passé immémorial que l’Église a tenté d’enterrer. Je voulais montrer l’effroi des Cardinaux lorsqu’ils réalisent que leurs ennemis ancestraux sont de retour, que leur citadelle vacille. Montrer aussi le vertige qui vous saisit quand se déploie devant vous une terre oubliée, et l’exaltation des Saudahyds qui retrouvent soudain le fol espoir de voir renaître leur peuple. Montrer enfin l’éclosion d’une Élue, sortie de la nuit pour brandir la torche du destin. Cette trajectoire de comète, cette révélation qui fera murmurer à ses compagnons : « Ainsi c’était elle. Venue de si loin… » Car en Sandremonde, les dieux ont encore leur mot à dire.”

J.-L. D.

Anne-Marie Garat

La Nuit atlantique

Revenant sur les lieux pour se défaire enfin d’une maison qu’elle a jadis acquise sur la côte atlantique, l’héroïne de ce roman, Hélène, affronte les fantômes du passé qui, secrètement, parasitent son existence, tout en traversant les zones de turbulences que provoquent des rencontres nouvelles. S’ensuivent de nombreuses déflagrations qui vont déplacer les lignes de son existence, passée comme présente, mettre en déroute tous ses démons personnels et lui permettre de s’ouvrir aux initiations qui l’attendent afin de vivre la mutation libératrice et amoureuse à laquelle elle ignorait si ardemment aspirer.

Auteur d’une œuvre littéraire de tout premier plan, Anne-Marie Garat, lauréate du prix Femina pour son roman Aden (Le Seuil) en 1992, a été très remarquée, ces dernières années, pour sa grande trilogie romanesque séculaire parue chez Actes Sud : Dans la main du diable (2006), L’Enfant des ténèbres (2008), Pense à demain (2010). Dernier titre paru : Le Grand Nord-Ouest (2018), couronné, en 2019, par le prix Franz Hessel, prix franco-allemand de littérature.

« Il y a des endroits où nous revenons sans savoir ce que nous y cherchons : que s’y est-il passé, que nous y est-il arrivé ? Qu’y avons-nous fait ou que nous ont-ils fait pour que parfois nous les quittions au plus vite – ou que nous y restions, et alors à nos risques et périls parce que le souvenir que nous en avons, le récit qu’en a forgé la mémoire, enferment un secret qu’il vaudrait mieux ignorer. Pareil pour les livres que nous avons lus, ou ceux que nous avons écrits.

Il y a une maison sur la côte du Sud-Ouest atlantique où je suis souvent revenue, une vieille villa qui appartenait jadis à Mme Dhal – elle est imaginaire mais je sais où elle se trouve, plantée seulette en haut de la dune à l’écart du village. Pas très confortable, mais on peut y squatter quelques jours ; disons le temps d’un roman.

De préférence en automne : la plage est vide des gens de l’été, le vent et l’océan font un boucan du diable jusque dans la forêt, surtout la nuit ; qui tombe tôt en cette saison. Les blockhaus de guerre sont en sentinelle d’un passé qui s’est mal passé, un petit sabot de bois traîne peut-être dans le sable les soirs de grandes marées – est-ce un rêve ? Ou un conte, terrible comme tous les contes. Mieux vaudrait mettre cette maison en vente, l’expédier une fois pour toutes aux encombrants de la mémoire.

Mais voilà que, quand on s’y croyait seule, des gens débarquent. Ils n’étaient pas prévus au programme, pas plus que les fantômes. Comme c’est étrange, quel hasard, et quelle coïncidence : voilà que tout se détraque, ou que tout se raccorde de manière inopinée. De quoi en tomber sur la plage, jambes coupées. De quoi mettre sa voiture dans un fossé, s’allonger sur un lit de fougères avec un inconnu, fuir la vague démente d’une tempête en pleine nuit atlantique, et réécrire l’histoire.

C’est bien mon intention.”

A.-M. G.

Fabio Viscogliosi

Harpo

Une aventure inédite de Harpo Marx, qui débute lors d’une tournée théâtrale en Union soviétique, avant de bifurquer brutalement au volant d’une Torpédo bleu pâle dans un ravin de Haute-Ardèche, à l’hiver 1933. Une odyssée de poche de l’icône du cinéma américain devenue, un temps, probable vagabond amnésique sur les routes de France.

Écrivain, musicien, peintre et dessinateur, Fabio Viscogliosi est né en 1965 à Oullins, près de Lyon. Il a notamment publié trois récits aux éditions Stock, Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit, Mont Blanc et Apologie du slow. Son nouvel album, Rococo, sort en octobre 2019.

« En suivant les pas de Harpo Marx, je souhaitais faire de ce livre un mélange d’enquête et de fable épique, une odyssée de poche où une icône du cinéma américain devient un vagabond sur les routes de France, avant de retrouver la place que lui assignent la vie et l’histoire. En premier lieu, je voulais éprouver de quelle manière le réel peut se fondre dans l’imaginaire du récit.

Parmi les frères Marx, la figure de Harpo m’a toujours fasciné, pour de multiples raisons. Chez lui, tout est le fruit de l’expérience. Depuis l’adolescence, je gardais un souvenir marquant de la lecture de son autobiographie, Harpo speaks. Particulièrement, cette tournée incroyable qu’il effectua seul, en URSS, à l’automne 1933. La relation qu’il en donne est très hypothétique, laissant planer de nombreuses incertitudes sur les motivations réelles de ce voyage. Pour moi, tout devait partir de là, du fameux « Et si… » qui tout à coup ferait bifurquer son chemin en campagne inconnue.

Les territoires où s’inscrit cette aventure – les régions de l’Ardèche et de la Haute-Loire, Lyon, Paris, Le Havre, Hollywood, et New York par allers et retours – étaient également déterminants à mes yeux. Renverser les valeurs, déplacer la mythologie américaine dans la géographie française, explorer chacun de ses reliefs à travers le regard d’un illustre étranger plongé brusquement dans l’amnésie et l’anonymat, et qui ne possède, de fait, ni le langage, ni la mémoire des lieux qu’il traverse. Roman d’apprentissage, en somme, où le déplacement a valeur d’épreuve et d’épiphanie, pour un personnage au milieu du chemin de sa vie – en 1933, année charnière où débute le livre, Harpo vient d’avoir quarante- cinq ans.’’

F. V.

Espedite

Cosmétique du chaos

Suite à son licenciement, Hasna se doit d’accepter les opérations de chirurgie esthétique préconisées par sa conseillère de réinsertion dans l’emploi. Elle vit très mal ces interventions et sombre peu à peu dans une étrange résistance. Novella noire inspirée de la littérature d’anticipation, ce récit à la deuxième personne est l’histoire d’une insurrection silencieuse, d’une insurrection sans visage, à l’endroit d’une société normée par les technologies du regard et de la surveillance de masse.

Formé à la philosophie politique, d’origine corse et vivant actuellement sur l’île, Espedite aime le noir et le grotesque, le glauque et la poésie, ainsi que les phrases rongées à l’os. Sont parus sous sa plume  : Palabres (coécrit avec Bérengère Cournut, Attila, 2011)  ; Les  Aliénés (Christophe Lucquin éditeur, 2015)  ; Se trahir (éditions Le Passage, 2017, sélectionné pour le prix Sade 2018).

« Photographié, maquillé, mesuré, encodé, décrypté : le visage, incarnant notre identité, ne serait-il pas devenu dans le même temps le lieu de notre aliénation ?

Sur fond de cette interrogation existentielle, Cosmétique du chaos, dans la grande tradition du roman noir, décrit l’intimité d’une expérience cruelle, celle d’une femme se trouvant contrainte de pratiquer une opération de chirurgie esthétique pour retrouver un emploi. Littérature quasi phénoménologique donc, décrivant, un peu à la manière d’un Jean-Paul Sartre dans La Nausée, un rapport au monde hanté par l’angoisse de ne plus pouvoir se reconnaitre, mais roman politique également : en écho aux métamorphoses décrites par Marie Darrieussecq dans Truismes, Cosmétique du chaos replace cette expérience d’aliénation physique et mentale dans le contexte d’une société où le corps des femmes, et  singulièrement leur visage, est traversé d’impératifs « sociétaux » qui les dépassent en tant qu’individus. Défigurations à l’acide, opérations de chirurgie esthétique, silhouettes remodelées à coups de pilules contraceptives ou injonctions à se voiler ou à se dévoiler le visage sont ici convoqués pour révéler le portrait d’une société emportée par une propension démesurée à faire du visible le champ d’exercice du pouvoir. Un pouvoir ne cessant de cartographier le monde et les corps, de les transformer en zones « insensibles » selon des inégalités arbitrairement fossilisées en normes, au gré de pratiques médicales et de technologies toujours plus intrusives. Et si la langue, ou la littérature, contre cette « visagéification » du monde, permettaient de donner une autre vie à nos chairs instagrammées, ouvrant la porte sur un monde sensible « inédit » où il serait possible d’habiter autrement ?’’

E.