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L'Énigme Elsa Weiss


Dans un grand lycée de Tel-Aviv, une professeure d’anglais marque des générations d’élèves – sans qu’il soit tout à fait aisé de déterminer ce qui de son engagement absolu, de la nature particulière de son enseignement ou de sa vertigineuse discrétion laisse l’empreinte la plus forte. À moins que ce ne soit son suicide, au début des années 1980. Qui parachève son effacement tout en l’inscrivant à jamais dans la mémoire de ceux qui l’ont, sinon connue (personne ne semble avoir connu Elsa Weiss), du moins frôlée.

Elsa Weiss arrive en Israël après la guerre. Juive hongroise déjà adulte au moment de l’invasion nazie, elle a survécu à la Shoah dans des circonstances extraordinaires, comme passagère de ce qu’on appela “le train Kastner”, du nom de l’avocat qui négocia avec les SS la vie sauve de plus d’un millier de déportés qui ne devaient que “passer” par le camp de Bergen-Belsen.

Dans L’Énigme Elsa Weiss, Michal Ben-Naftali explore et tente d’éclairer les résonances infinies d’un silence tonitruant – celui des rescapés. Elle invente le roman vrai de la vie de cette mystérieuse prof d’anglais dont elle fut elle-même l’élève. Enquête à la fois historique et intime, voyage entre le réel du vécu et les fictions de l’âme, récit d’une absence au monde et d’une très lente et très totale disparition, ce livre porte aussi l’hypothèse du langage comme seul refuge possible. Un remarquable usage de la littérature.

janvier, 2019
11.50 x 21.70 cm
208 pages

Langue : hébreu
Rosie PINHAS-DELPUECH

ISBN : 978-2-330-11833-4
Prix indicatif : 21.00€



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Portrait d'une femme qui se définit davantage par "ce qu'elle n'est pas" que par "ce qu'elle est", L'Énigme Elsa Weiss dit la culpabilité, l'incrédulité face à l'inconcevable, l'impossibilité du retour à la normalité quand tout s'écroule du jour au lendemain, et s'inscrit dans la démarche d'une auteure, essayiste, éditrice et traductrice reconnue, à écrire "sur la cendre, la boue et le froid, d'une plume ferme et sans trembler".

Laëtitia Favro, Le Journal du Dimanche

Tout au long du livre, Michal Ben-Naftali avoue imaginer un portrait à partir d’un trou noir. Sans archives, sans famille, sans confidents, Elsa Weiss a réussi à se définir uniquement comme enseignante. Cette absence de "reste", de "vie", de "mémoire" face à la certitude d’une histoire aussi tragique que singulière, ouvre le feu d’une écriture délicate, attentive et où l’imagination tente de palier ce que la Shoah a effacé, y compris dans l’après-guerre.  Un texte fin et original, où l’on se plonge par le biais d’une survivante dans l’histoire de ce train Kastner.

Yaël Hirsch, Toute la culture.com

Michal Ben-Naftali, avec talent et perspicacité, pénétrée par ce destin juif qu’elle veut allégorique, invente le passé de cette enseignante tant admirée et si mystérieuse. Et nous donne un récit haletant, pénétrant, sidérant, d’une belle écriture, convaincue que "chaque être crie en silence pour être lu autrement ".

Albert Bensoussan, blog de l’A.C.C.I de Rennes

Plus qu’une véritable enquête, […], ce roman intimiste et sombre est un livre qui revendique le droit à traiter par la fiction ce qui a été tu, y compris quand cela a trait à la Shoah. Sans s’appesantir outre mesure sur ce choix, qui n’a pas fini de susciter le débat à l’heure où disparaissent les derniers témoins directs de l’époque, Michal Ben-Naftali décide donc de reconstituer, selon son imagination, l’itinéraire de sa protagoniste […]

Ariane Singer, Le Monde des livres

Quel est le statut d’un tel texte à l’heure où les derniers témoins sont en train de disparaître ? Une telle reconstitution, par le seul pouvoir de l’imagination adossé à l’Histoire, est complexe. Comment aller aux limites de la représentation ? Ces questions, Michal Ben-Naftali se les pose au cœur même du récit.

Michal Ben-Naftali a plongé au cœur d’une personne réelle et trop discrète, qu’elle a côtoyée sans en rien savoir. Son analyse psychologique est dans merci, révélant en outre les dessous d’une société peu encline à écouter la douleur des rescapés, prompte à vouloir tourner la page, avec pour seul mot d’ordre : s’intégrer vite et "devenir comme les autres".

Muriel Steinmetz, L’Humanité

C'est un roman fort, dont la lecture suscite de nombreuses questions. Ce récit nous échappe, comme Elsa Weiss semble échapper à l'auteure.

Manon Botticelli, Culturebox

L’Énigme Elsa Weiss est un magnifique roman qui explore le silence des rescapés.

Micheline Weinstock, Radio Judaïca

Au récit fictionnel, Michal Ben-Naftali mêle le portrait émouvant d’une enseignante qui tient à distance tout ce qui peut la toucher, l’émouvoir, briser la carapace rudement forgée après la destruction totale de son monde. L’écrivaine pose la question centrale de ces existences arrachées aux nazis : comment survivre lorsqu’on est une "victime impure " ?

Corinne Renou-Nativel, La Croix

Michal Ben-Naftali se révèle ici l’auteure d’un premier roman remarquable.

Cette manière habile d’enchâsser différents récits permet à la romancière de relier des destins sans liens apparents. Dans un faisceau de correspondances inédites, la narration met en lumière les événements du passé en les faisant revivre.

Le portrait d’Eisa Weiss s’affine au fil des pages, en regard de ce que son ancienne élève délivre d’elle-même, dans un double mouvement de distanciation et d’empathie, mais surtout dans une visée mémorielle et cathartique.

Emmanuelle Rodrigues, Le Matricule des anges

Un roman-quête aussi sobre que palpitant.

Bernard Roisin, Focus Vif (Belgique)

Michal Ben-Naftali, avec talent et perspicacité, pénétrée par ce destin juif qu’elle veut allégorique, invente le passé de cette enseignante tant admirée et si mystérieuse. Et nous donne un récit haletant, pénétrant, sidérant, d’une belle écriture, convaincue que "chaque être crie en silence pour être lu autrement".

Information juive, Albert Bensoussan

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