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La Perfection du revers


L’histoire de cette ex-étoile du tennis mondial, mys­térieusement disparue du circuit à l’âge de vingt et un ans, commence dans la petite enfance en Argen­tine, lorsque sa mère quitte le foyer conjugal. Nour­rissant pour sa fille une passion dévorante, le père s’ingénie à combler le vide affectif, et il emploie tout son temps libre à initier la fillette aux échecs et au tennis – deux vestiges des origines européennes de la famille. Or l’enfant montre d’évidentes prédispo­sitions pour la balle jaune : il s’agit désormais de la hisser jusqu’au classement mondial.

Un tandem fusionnel diablement équivoque se met alors en place entre la graine de championne et son coach de père, l’un vivant par procuration ce que l’autre n’accomplit que pour le satisfaire ; jusqu’à l’irrévocable rupture.

À la faveur de la minutieuse évocation du circuit professionnel des années 1990, on se prend d’admi­ration pour ce prodige au revers magistral, ferraillant contre les Monica Seles ou autre Steffi Graf. Mais pour elle, comme pour nombre de ses consœurs, der­rière le sourire éclatant des victoires, passe l’ombre d’un rictus amer – celui des enfants qui ont grandi trop vite.

mai, 2018
11.50 x 21.70 cm
320 pages

Langue : espagnol (Argentine)
Delphine VALENTIN

ISBN : 978-2-330-10437-5
Prix indicatif : 22.50€



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La championne de tennis argentine Patricia Lukastic, surnommée Luka, avait un revers exceptionnel, don rare pour une gauchère. (…). Sa jeunesse et sa chute sont très bien racontées par Manuel Soriano, (…). Le ton alterne entre humour et suspense. (…).

Derrière l'athlète, il y avait un père qui espérait sortir sa fille de la pampa.

Virginie Bloch-Lainé, Libération

L'auteur argentin signe un roman d'une rare intensité et dépeint un personnage fait d'ombres et de lumières tout en nous dévoilant l'univers impitoyable sur et en dehors des cours de tennis.

Que Tal Paris ?

Ce très beau roman, qui ressemble à s’y méprendre à une vraie biographie, dépeint la solitude et la cruauté des destins d’enfants prodiges qu’on surexploite et qui deviennent le lieu des désirs et des frustrations des adultes. À la fois préservés et monnayés, isolés et protégés autant que privés de toute relation normale à l’autre, leur solitude est immense comme l’est le poids qu’on leur fait porter.

Blog Quatre sans Quatre

Manuel Soriano explore jusqu’au malaise les relations pour le moins ambigües de ce duo fusionnel, jusqu’à sa tragique dislocation. Un drame puissant sur la solitude du sportif, entre ambition, pression familiale et revers de fortune.

Ariane Singer, Le Monde des livres

La perfection du revers évoque avec réalisme le tennis féminin des années 1990 ; (…). « Soriano explore une constante du tennis féminin : l'omniprésence des pères coaches.

Un roman d'une grande véracité tennistique et d'une belle ambiguïté morale.

François Montpezat, Les Dernières Nouvelles d’Alsace

Manuel Soriano construit un récit dur sur les coulisses du sport, gourmand en sacrifices.

Nicolas Naizy, Trends Tendances

Ce qui est sûr, c’est que le lecteur a sous les yeux un superbe roman : la biographie d’une joueuse de tennis tombée dans l’oubli, un oubli général et une analyse très fine des relations entre une championne reconnue et son père, une recréation purement romanesque du récit d’une femme mûre, un document hyperréaliste sur la vie quotidienne d’une jeune vedette des courts. Un superbe roman, vraiment.

Christian Roinat, Espaces Latinos

Ce rapport familial forme l’essence même de l’ouvrage. Et les protagonistes le mènent comme une partie d’échecs ou un match de tennis. Chacun sait qu’il est impératif d’avoir un coup d’avance sur l’autre. C’est sans repos.

La Salida

Son livre, c'est le tennis, tout le tennis et beaucoup plus que le tennis. C’est d'abord le grand récit d'un amour monstre entre un père qui tend à l'ogre et une fille trop douée pour un truc qu'au fond, elle n'aime pas faire. C’est beau comme l'antique. Et mérite que l'on se souvienne désormais de Patricia Lukastic.

Olivier Mony, Sud Ouest

Tout sonne juste dans ce récit fragmentaire de l'ascension d'une gamine propulsée dans le circuit professionnel par son entraîneur de père, Elian, inventeur raté mais joueur d'échecs méritant, très tôt plaque par sa femme.

En lisant Manuel Soriano, on repense aux écrits d'un Serge Daney ou d'un David Foster Wallace, car derrière le choix d'un revers à une ou deux mains, se joue parfois un destin. À quitte ou double.

François Vey, Le Journal du Dimanche

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