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Clientèle


Une avocate spécialisée en droit du travail reçoit ses clients, elle écoute leurs récits sincères ou mensongers, empreints de colère, d’effroi ou de panique, puis s’engage à leurs côtés. Face à l’échiquier du monde de l’entreprise qu’ils évoquent sous ses yeux telles des quilles sur le point de basculer, elle reconstruit, reformule et réclame en justice ce qui peut l’être. Mais cette juriste est singulière, son regard aiguisé et pragmatique se modifie une fois la porte de son bureau refermée. Le soir venu, à son tour elle devient la cliente d’un autre, une inconnue en quête d’un regard, d’un service ou d’une idée, d’un commerce ou d’un brin de liberté, de quoi changer le cours de l’instant, célébrer l’optimisme. Elle s’affaire à débusquer ce qui pourrait l’amener à se révéler tout à fait, bien au-delà de la robe noire.

Ainsi la narratrice emporte-t-elle le lecteur vers d’autres échappées.

Un ouvrage troublant de justesse et de violence, mêlées d’un optimisme farouche. La romancière, elle-même avocate en droit du travail, conjugue ici la réalité de son monde avec celui dont elle revendique de livre en livre la fantaisie salvatrice. Car les voies toutes tracées de la vie, celles de nos professions ou de notre intimité, semblent la laisser sceptique, comme si tout était une question d’enjambées, voire d’entrechats, pour franchir la rivière ou en dévier le cours par quelques rocailles.


« CE LIVRE EST L’ŒIL DE MON ÉTONNEMENT, de ma non-accoutumance à ce dont je suis témoin chaque jour dans mon métier. Devenue avocat en droit du travail – après avoir été longtemps salariée en entreprise –, mes clients sont aujourd’hui pour la plupart de modestes employés ou des cadres intermédiaires ; plus rarement, des cadres de direction. Mais tous licenciés ou craignant de l’être, traversant une tempête professionnelle, à la fois vindicatifs et pourtant terriblement dépendants de leur emploi, même s’ils ne savent plus en dire le sens ni l’utilité, même si le jargon et le process ont englouti leur métier.

Ce livre me permet d’approcher au plus près ces humanités malmenées, ces rencontres auxquelles je ne me fais pas au sens où elles me frappent, me laissent émue ou dubitative, parfois agacée, touchée en tout cas. Par l’état de panique de mes clients, leur stupeur, mais aussi leur foi docile dans l’Entreprise, et cette caricature d’eux-mêmes qu’ils sont devenus, à force. Réclamant à la justice ce qu’elle ne peut pas réparer, avec la mauvaise foi inhérente à leur douleur.

Mais il me fallait absolument montrer aussi qu’une fois mes journées terminées, à mon tour je devenais cliente. D’un service ou d’une idée, d’un commerce, d’une croyance. Comme chacun de nous, à mon tour de paraître inquiète, avide, pleine d’attentes trop vastes devant un bar, une boîte, une boutique ou une galerie d’art.

Et de là j’emmène le lecteur encore un pas plus loin, dans une autre quête, celle qui nous autorise à devenir un autre ou au contraire tout à fait soi, sans costume ni carte de visite. Explorations intimes, balades personnelles et universelles.

Mon roman se situe là, dans la composition de ces échos, dans la mise en regard de réalités matérielles avec des échappées vers ce que nous n’osons pas toujours vivre.

Entre ce que je perçois de nos limites et impasses, du carcan invisible de nos vies, et ce que nous détenons de fantaisie et d’audace pour en prendre le contre-pied, un passage se dessine. Un interstice qui m’est vital, où je me faufile pour écrire.’’

 

C. R

janvier, 2018
11.50 x 21.70 cm
208 pages


ISBN : 978-2-330-09242-9
Prix indicatif : 19.00€



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Ce livre existe également en version numérique

On lit des dizaines d'histoires de « clients », qui sonnent juste comme des minutes de jugement. Et puis il y a sa vie de femme, à côté, ses bonheurs, ses faiblesses. Elle est capable alors de cette lucidité qu'on aime, de cette humanité : "Si tout ce métier nous était ôté, nous ne serions plus grand-chose."

Yves Viollier, La Vie

La romancière Cécile Reyboz est, à la ville, avocate spécialisée dans le droit du travail. Son nouveau livre, Clientèle, s’ancre profondément dans sa réalité professionnelle. Un quotidien fait de rencontres avec des gens déboussolés, envahis de tristesse ou secoués de colère. Il y a des doux, des résignés, des révoltés, des cyniques, des négligents, des acharnés paranoïdes et quelques fieffés menteurs aussi.

Alors, d’un moment à l’autre, Clientèle devient un livre d’une intimité folle. Un petit manuel de douce déraison pour survie en milieu hostile. Car il en faut des baisers et de la tendresse, de l’amitié, de grands enfants fragiles, des soirées à danser et d’autres, si étranges qu’on se demande même si on ne les a pas rêvées, pour continuer à avancer. Ne pas lâcher.

Xavier Houssin, Le Monde des livres

Comme on retourne un gant, Cécile Reyboz fait le récit d’une vie à double face. Côté pile une humanité malmenée par le capitalisme libéral. Côté face les vertiges de la consommation, avec ou sans passage à l'acte, et l'observation lucide de la grande ville, une ruche ou s'ébattent des créatures toutes identiques, attirées par le même pot de miel.

 

Tissant naturalisme et introspection, Cécile Reyboz parvient à captiver avec des affaires bien moins romanesques et spectaculaires que les procès d'assises. Des histoires de licenciements économiques maquillés, de harcèlement moral ou de non-paiement d'heures supplémentaires, entendues dans les lieux impersonnels et reculés ou siègent les conseils des prud’hommes.

Sophie Joubert, L’Humanité

Ce roman offre une critique originale et poétique de la violence des rapports sociaux contemporains.

Aude Martin, Alternatives économiques

D’une justesse parfaite.

Sylvie Sagnes, blog Cunéipage

Un roman intimiste et social, fort et juste.

Christine Le Garrec Sancet, Blog A vos marques… tapage !

Pour Clientèle, Cécile Reyboz avait le poste d'observation idéal. Elle parvient à y rendre passionnante une matière jugée, à tort, peu excitante. Sous sa plume vive et pleine d’humour, le monde du travail apparaît, dans toute sa splendeur et sa décadence, des profils se dégagent.

Florence Pitard, Ouest-France

Toutes les facettes de l'être humain sont ici sublimement dépeintes.

Michel Nivoix, Entreprises magazine

Un livre universel dont chacun pourra tirer son interprétation de notre monde du travail actuel.

Flavie Gauthier, Le Soir

Cécile Reyboz livre un tableau sans concession de victimes d'une société de plus en plus dure, injuste, gagnée par une inhumanité vorace. Et malgré cela, dans sa description sans apprêt mais précise et imagée d’une réalité âpre, son récit aux allures de documentaire subjectif prend çà et là les couleurs d’un indéfectible optimisme en la vie et l'Humanité.

Bernard Roisin, Focus Vif

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