Aller au contenu principal

Calcaire



Sur la route de Maastricht, une villa s’effondre brutalement, et son occupante occasionnelle, la fragile Lies, ne donne plus de nouvelles : son ami Frank Doornen la cherche partout. L’enquête de cet ancien soldat se tourne vers le propriétaire de la villa, amateur de jolies femmes et industriel véreux, qui stocke illégalement dans d’anciennes carrières de calcaire des déchets hautement toxiques pour l’environnement. Avec Tchip, ferrailleur à la petite semaine et recycleur impénitent, Frank va s’aventurer dans les souterrains labyrinthiques à la recherche de Lies. Mais la jeune femme reste introuvable.
Une Flandre dézinguée et glauque abritant une société à la marge, où des femmes-enfants croisent des post-adolescents radicalisés ; une clique d’écolos alternationalistes installés là en protestation ; l’épouse de l’industriel retrouvée assassinée… Après le glamour désenchanté qui caractérisait son roman Bye Bye Elvis, Caroline De Mulder nous fait goûter, de son écriture âpre et sonore, au plaisir d’un conte noir aux personnages cabossés, où les ténèbres des galeries désaffectées reflètent celles des âmes.

février, 2017
13.50 x 21.50 cm
224 pages


ISBN : 978-2-330-07333-6
Prix indicatif : 19.80€



Où trouver ce livre ?
Ce livre existe également en version numérique

Gros émoi littéraire.

C’est un roman qui aurait pu sortir dans toutes les collections possibles puisque c’est quasiment une sorte de roman mythique, universel, qui dépasse très largement la labellisation et les problèmes de genre.

Toute une sorte de faune très bizarre, très marginale, très inquiétante que Caroline de Mulder met en scène avec une violence et un lyrisme tout à fait étonnants.

Ce roman est très fort parce qu’il est stratifié.

C’est charrié par une langue extrêmement belle, un peu célinienne.

Une sorte de grand poème. C’est très beau.

C’est tout à fait étonnant, je le recommande.

François Angelier, France culture, Les Matins

Un roman noir dans tous les sens du terme.

Nicolas Béniès, US Mag

Caroline de Mulder semble évoluer à nouveau avec une grande aisance parmi tout ce petit monde d’entre-deux, comme elle avait il y a peu donné vie aux intrigues serrées de l’entourage d’Elvis.

Elle campe avec brio un univers frontalier étriqué qui alterne français et flamand comme une manière d’annoncer une réversibilité savamment entretenue.

Rédigé en un phrasé parfois haletant, celui des gens qui ne peuvent trouver la paix, ce roman noir malmène le langage en même temps qu’il lui réserve des pépites pour dire l’espoir, la volonté tenace de retrouver la clarté et de chanter l’amour plus fort que toutes les turpitudes et les malheurs qui frappent inlassablement les hommes et les femmes.

Thierry Detienne, Actualitte.com / Le carnet et les instants

On aime les polars et romans noirs s’inscrivant dans la tradition, balisés selon les codes et les critères du genre, pour autant non dénués d’originalité. On apprécie aussi les romans adoptant une forme plus littéraire, où l’intrique va de pair avec une écriture stylée, une structure peaufinée. C’est le cas de Calcaire, où Caroline de Mulder ajoute « la manière » à une intrigue déjà fort bien pensée.

A coup sûr, un roman différent, d’une vraie noirceur.

Claude Le Nocher, Action-suspense

Caroline de Mulder aime les phrases courtes, le présent de narration, l’ambiance glauque, l’odeur de charogne.

Après Ego Tango et Nous les bêtes traquées, elle remet ça avec ce polar hypnotique qui sent la fin du monde.

Hypnotique.

François Forestier, L’Obs

La romancière explore les arcanes d’un microcosme plombé, aux phalanges noueuses, propageant la mérule jusqu’aux fibres politiques et sociales les plus blanches.

Et le lecteur se sent happé par la pioche de Franck Doornen, qui s’ancre dans les cerveaux et chantiers karstiques.

L’écriture, effrénée, invite à une plongée sans retour.

Caroline de Mulder se révèle dentellière virtuose des ténèbres, un pas plus loin dans son étonnant champ littéraire.

Une histoire que ne renieraient pas ses contemporains cinéastes, Bouli Lanners (…) et Félix Van Groeningen.

Françoise Lison, L’Avenir

Un sens de la description déroutant, sobre, elliptique. Une façon pour Caroline De Mulder de saisir en quelques mots la froideur de la Flandre, la noirceur de la terre, le chant d’un plat pays qui se lamente. Calcaire est un roman noir qui s’attaque aux tuyaux d’une humanité déchirée par le vent du Nord. Ce qui fait la qualité du roman, c’est son style. Sec et poétique. Lancé comme un coup de poing. Happé par un souffle littéraire impressionnant. On pense au film Bullhead, de Michael R. Roskam. Même cri d’amour pour un pays souillé et pour ces hommes qui ne cessent de tomber.

Eric Libiot, L'Express

Polar réaliste, conte noir, Calcaire est un roman âcre, cruel, sans morale particulière ni fin édifiante. À l’image du monde duquel il est issu.

Arnaud de Montjoye, Témoignage chrétien

Dans son quatrième roman, Caroline De Mulder préserve ce qui avait conquis dès ses débuts (Ego Tango, prix Rossel en 2010) : une écriture hypnotique, taillée dans le vif des mots, qui ne se refuse rien mais maîtrise tout. Elle joue des sons comme un oiseau lance des trilles. Elle utilise à la perfection son sens du rythme. Bref, on est une fois encore sous le charme. Les galeries souterraines sont pleines de secrets malsains. Mais la vie à la surface aussi. Caroline les démonte avec patience et efficacité.

Pierre Maury, Le Soir

Caroline de Mulder nous offre une parabole très noire sur la Flandre souterraine. Ecologistes, fascistes, gangsters pollueurs, femme psychotique, fils cinglé, illuminés divers, se croisent dans une intrigue volontairement obscure à l’écriture très construite. Caroline de Mulder suit la tradition des romans noirs américains pour explorer avec un polar noir et fascinant, les imaginaires bas-fonds du miracle flamand.

Guy Duplat, La Libre Belgique

Calcaire, le dernier roman de la Gantoise Caroline De Mulder, c’est du noir de noir.

Marie-Françoise Gihousse, L’Avenir

Dans une langue puissante, entrecoupée de saillies en flamand et d’expressions atrophiées (…), le style à la fois réaliste, flamboyant voire accidenté de Caroline de Mulder évoque Faulkner. Et dans sa description hallucinante, quasi fantastique du Limbourg profond, de sa faune humaine et microscopique, Calcaire rappelle également par ses accents baroques dans la description de ce petit monde en ruine, de son univers sordide, les incantations sonores et les visions hallucinées de Et l’âne vit l’ange, roman sans cavité, mais non sans figures ébréchées, de Nick Cave…

Bernard Roisin, Focus

Peuplé de flaques de sang caillé, de crochets de boucher, de cœurs gros comme des poings, couturé de morceaux de phrases en flamand venant appuyer la langue musculeuse, enfiévrée, carnassière et caractéristique de Caroline De Mulder, Calcaire est un livre-monstre, tapi dans le coin le plus noir de la littérature.

Caroline De Mulder, Transfuge

Mais plus encore que l’originalité de l’atmosphère et le sens de la tension, c’est une langue précise, reflet des états des narrateurs, entrelardée de mots flamands qui donnent à ce roman un enracinement surprenant, qui séduit dans Calcaire. Ce n’est une surprise que pour ceux qui ignoraient à quel point Caroline De Mulder alliait le goût des mots et une âpre proximité avec le réel. Le roman noir a gagné une écrivaine que la littérature n’a pas perdue.

Alain Nicolas, L'Humanité

Du même auteur