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La Chambre noire d'Edith Tudor-Hart

Sous-titre
Histoire d'une vie


Remarquable photographe et espionne pour l’Union-soviétique, femme au charisme exceptionnel, Edith Tudor-Hart eut une vie mouvementée. Née à Vienne dans une famille juive instruite mais peu fortunée, Edith Suschitzky est très jeune conquise par le communisme et adhère au Parti. Elle apprend la photographie au Bauhaus et ses clichés sur les révoltes ouvrières et la misère des chômeurs de Vienne en ce début du xxe siècle la rendront célèbre. Militante activiste menacée par le pouvoir, elle émigre en Angleterre, où elle se fait connaître pour son travail de photojournalisme. Devenue espionne pour le KGB, elle joue un rôle-clé dans le recrutement de Kim Philby, le plus célèbre des Cinq de Cambridge. Mais le handicap de son fils Tommy va assombrir une vie d’exilée déjà matériellement difficile.
Les recherches menées par Peter Stephan Jungk pour faire revivre la mémoire de sa grand-tante, qu’il n’a pourtant rencontrée que rarement dans son enfance, l’amènent à interroger l’histoire de sa famille – des Juifs qui ont vu dans le communisme un espoir de changer la société mais aussi de dépasser à jamais l’antisémitisme. Plus que les témoins de l’Histoire, ils voulurent en être les acteurs.
Peter Stephan Jungk a également réalisé un documentaire sur la vie d’Edith Tudor-Hart, «Tracking Edith», dont la première diffusion se fera en 2017.

octobre, 2016
14.50 x 22.50 cm
272 pages

Denis MICHELIS

ISBN : 978-2-330-07034-2
Prix indicatif : 23.00€



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Une magnifique photographe, portraitiste hors pair des réprouvés et laissés-pour-compte de son pays d’adoption.

Dans La chambre noire d’Edith Tudor-Hart, la vie de cette passagère clandestine de l’Histoire, passant d’un rouge qui était tout de même celui de l’espérance au noir des illusions perdues, nous est narrée par son petit-neveu, Peter Stephan Jungk.

Ici il [l’auteur] se rapproche au plus près de sa vérité. Elle gît dans ces pages, comme des éclats de miroir brisé.

Olivier Mony, Sud Ouest Dimanche

Le récit-enquête de Peter Stephan Jungk relate la vie de sa grand-tante, loin des clichés sur la guerre froide qui ont dernièrement inspiré tant d’écrivains et de réalisateurs.

Edith Tudor-Hart, née Suschitzky, devra sans doute beaucoup à ce petit-neveu, en matière de célébrité post-mortem.

Il y a eu, pour lui comme pour d’autres héritiers de cette histoire, silences, retour vers le judaïsme à l’inverse de ces parents militants et laïcs. Surtout, c’est avec une innocence d’honnête démocrate occidental (celle de quelqu’un qui a découvert simultanément le communisme, le Goulag et les purges) qu’il aborde son enquête.

Candide, mais pas tant que ça, interrogeant témoins et famille, c’est d’abord un paysage intellectuel qu’il donne à voir, où l’espérance socialiste, le mouvement ouvrier, la psychanalyse, la libération sexuelle, l’éducation ne se déclinent pas en catégories mais en mouvements.

Il s’agit d’une autre Histoire mais le récit de Peter Stephan Jungk ne cherche surtout pas à la lisser, c’est l’un de ses intérêts majeurs.

Il y a comme un silence dans le livre, qui est sans doute celui d’une solitude, mais pas seulement, et Brighton, et l’horizon, et une femme debout.

Dominique Conil, Mediapart

C’est un destin de femme peu banal que nous donne à suivre cette biographie conçue comme un roman d’espionnage.

Au-delà de l’hommage avunculaire, l’auteur interroge l’histoire de sa famille, partagé entre admiration et étonnement face à l’engagement de ces juifs qui furent nombreux à voir dans le communisme, en dépit des purges et de l’antisémitisme de Staline, l’avènement d’un monde meilleur.

Carol Binder, Actualité juive

L’histoire de cette photographe formée au Bauhaus, qui appelée la « grand-mère » du groupe de cinq jeunes Britanniques de Cambridge devenus agents du KGB, se lit d’un trait.

La fermeture des archives soviétiques, au mitan des années 1990, après une courte période de transparence, laisse dans l’ombre bien des éléments de cette existence, mais le récit du voyage à Moscou qui accompagne la déconvenue de l’auteur n’en est pas moins une pièce savoureuse.

Le spectacle de cette vie, tel qu’il le restitue, laisse plutôt l’impression d’un immense gâchis. Celui d’une femme énergique, indépendante, qui a sacrifié pour un idéal incertain son talent artistique sans jamais recevoir la moindre reconnaissance de ses employeurs.

Nicolas Weill, Le Monde

Le récit de son existence par Peter Stephan Jungk, son petit-neveu, met en lumière les multiples facettes de ce destin atypique, insaisissable en bien des aspects, dont le bonheur fur souvent sacrifié au nom de la cause.

En confrontant des documents officiels et les témoignages de famille, souvent contradictoires, l’auteur illustre à travers l’engagement de son aïeule l’espoir qu’a pu représenter le communisme pour les victimes de l’Holocauste, les classes ouvrières et tous ceux qui ont vu dans cette idéologie le moyen d’enrayer l’injustice sociale et de dépasser l’antisémitisme.

Laëtitia Favro, JDD

La vie d’Edith Tudor-Hart est totalement imbriquée dans les grands événements traversés par sa génération et dont elle fut l’une des actrices : les suites de la Grande Guerre et de la révolution russe dans une Vienne capitale du mouvement ouvrier ; la montée du fascisme en Europe après le succès de Mussolini et la répression des partis de gauche en Autriche sous la férule de Dollfuss, puis en Allemagne après janvier 1933 ; la guerre civile espagnole ; les interrogations suscitées par le pacte germano-soviétique ; la Seconde Guerre Mondiale, et enfin la guerre froide et le désir sans nul doute sincère d’aider l’URSS à disposer d’une force de frappe équivalente à celle des Etats-Unis d’Amérique — et donc à devenir puissance nucléaire…

La vie d’Edith, qui s’est achevée en 1973, fut donc tout sauf un long fleuve tranquille !

En nous plongeant au cœur des événements tragiques du siècle dernier, l’ambition de Peter Stephan Jungk ne se limite probablement pas à retracer une existence purement individuelle : dans l’ombre d’Edith, qui sut dissimuler ses activités rocambolesques derrière des apparences banales, se dessine une communauté de destin tragique partagée par grand nombre de militants forgés à la lutte dans les années Trente.

Jean-Luc Tiesset, En attendant Nadeau

Le portrait d’une femme exaltée, fidèle au parti communiste, même quand ses crimes sont révélés.

A la fois intime et faisant la part belle à la grande histoire, des années Trente à la chute du Mur, ce récit est long, parfois complexe, mais instructif, écrit avec cœur, intelligence et clarté.

Notes bibliographiques

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