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Sauve qui peut (la révolution)



Juin 1988. En vue des festivités commémoratives de l’année suivante, la très officielle Mission du Bicentenaire de la Révolution française du ministère de la Culture contacte Jean-Luc Godard pour lui proposer de réfléchir à un film autour de 1789. Roman fleuve, roman cascade, «Sauve qui peut (la révolution)» raconte le travail buissonnier de JLG sur ce projet de plus en plus improbable, qu’il intitule bientôt «Quatre-vingt-treize et demi».

C’est l’occasion pour le cinéaste de renouer avec l’ami Jacques, perdu de vue depuis leurs communes années Mao, devenu entre-temps historien, opportunément spécialiste de la période. Sous prétexte de consultations pseudo-scientifiques, le dialogue reprend entre les deux hommes. Le cinéaste musarde, découvre le charme bucolique de l’île de la Loire sur laquelle Jacques vit seul avec sa fille Rose, et fait connaissance avec la demoiselle qui n’a pas vingt ans. Et Jacques confie à Godard les affres de la grande impasse qui l’occupe, les aléas du grand livre dans lequel il se noie : une vie de Danton très… alternative.

Le sens (giratoire) de l’histoire, l’agonie du cinéma, l’espérance de vie des révolutions et le vieillissement des révolutionnaires sont quelques-uns des motifs qui animent cette fugue grisante, poignée de déroutes magnifiques dont Thierry Froger nous fait à la fois captifs consentants et complices ravis, dans un geste joyeusement blasphématoire, d’une audace, d’une liberté et d’une maîtrise rares.


“Danton et Godard n’ont a priori pas grandchose en commun – hormis peut-être le sens de la formule, la fréquentation des fantômes et le goût des jeunes filles ; ils sont cependant tous deux ballottés par les courants contraires d’histoires qui les dépassent (comment finir une révolution, comment commencer un film ?) et dont on pressent qu’elles pourraient tourner dans un drôle de sens et ressembler à un naufrage.
L’idée de mettre en relation ces deux figures (je crois préférer ce terme pictural à celui de « personnages ») dans une île de Loire à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française m’a séduit par sa dimension improbable, sa nature mélancolique et potentiellement comique. J’y ai vu aussi l’élan qui me permettrait de me confronter à la possibilité d’écrire ensemble l’Histoire et sa fiction (autant que la fiction et son histoire) en empruntant aux outils du cinéma, et à ceux de JLG en particulier, une pratique – exploratoire – du montage, une morale – tendrement blasphématoire – du collage et de la citation, une liberté – jubilatoire – d’inventer ce qui s’est passé ou non.
Je me souviens également qu’en juillet 1989 j’avais tout juste seize ans et que j’avançais dans les promesses de cet âge sans voir le monde ancien qui s’écroulait : je découvrais que le cinéma pouvait s’aventurer en des territoires inconnus et ressembler à des films de Godard ; j’assistais de loin aux manifestations du bicentenaire de cette Révolution que je voulais faire plutôt que célébrer ; et je sentais venir d’autres envies, candides et vagues, comme celles d’écrire et de faire des images. Ce livre accomplit peut-être le trajet infini que mettent les choses pour s’embrasser et se projeter.”

T.F

août, 2016
14.50 x 24.00 cm
448 pages


ISBN : 978-2-330-06650-5
Prix indicatif : 22.00€



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prix « Envoyé par La Poste » -

Remarquablement écrit, ce premier roman connaît fort bien ses deux héros, le tribun de la Révolution française Georges Danton et le réalisateur franco-suisse Jean-Luc Godard. Circulant librement entre les époques, il est situé pour l’essentiel dans les années 1794-1800 et les années 1988-1991. Son auteur invente beaucoup, pour approcher au mieux de multiples éclats de vérité.

Ce qu’il s’agit de sauver, par la littérature, c’est à la fois le réel et la fiction. (…). Les sauver en les faisant jouer ensemble: voilà le travail de littérature qu’effectue ce roman immensément ambitieux, et à la hauteur de son ambition.

L’important demeure, chez Froger, le beau et puissant labeur de l’écriture. En l’occurrence, de multiples régimes d’écriture, alternant la chronique et l’épopée, sans oublier l’échange épistolaire ou les multiples moutures d’un scénario très plausiblement godardien, pour un film qui n’existera pas.

Jean-Michel Frodon, Slate.fr

Avec une maîtrise saisissante, Thierry Froger, qui signe là un premier roman, faussement ludique, jongle avec les époques -1988,1794,1814,1830 -, imagine Danton et Robespierre ayant survécu à thermidor, se met dans la tête de JLG, questionne l'histoire et la mémoire.

Jean-Marie Duhamel, La Voix du Nord

Ce livre se lit comme un grand roman d'aventures et d'amour, un roman historique ou apparaissent des centaines de personnages, répertoriés dans un générique de fin. Mais il faut aussi y voir, et c'est ce qui en fait la profondeur et la richesse, une réflexion sur les révolutions et leur devenir, peut-être leur inéluctable défaite.

Ce premier roman ambitieux et brillant confirme un talent très singulier.

Alain Girard-Daudon, Revue 303 Arts Recherches et Créations

Thierry Froger voyage non pas dans l'espace mais dans le temps. Le passé comme avenir est le véritable sujet du livre. Car les révolutionnaires vieillissent aussi.

Thierry Froger écrit comme Godard filme. II ne s'interdit rien Liberté, invention, audace, art du montage.

Mane-Laure Delorme, La Revue des Deux-Mondes

Sauve qui peut (la révolution) est le premier roman de Thierry Froger et il traite principalement de Jean-Luc Godard. Pour autant, on est d’emblée tenté de dire qu’il ne s’agit pas là d’un premier roman sur Godard mais du premier roman sur Godard.

Playlist Society

Du Maine-et-Loire au lac Léman, de siècle en siècle, le livre nous balade et nous embobine pour notre plaisir, entrecroisant au moins trois fils naratifs (…). Protéiforme et replet, Sauve qui peut (la révolution) réécrit l’Histoire avec esprit, s’amusant à faire émerger des points communs entre l’ogre jouisseur au nez camus et le créateur suisse, (…)

Pour son premier roman, Thierry Froger témoigne d’un talent certain de portraitiste et de paysagiste.

(…), voici un pastiche savoureux, (…).

Jacques Morice, Télérama

Thierry Froger, (…), signe ici un premier roman d’une belle ingéniosité.

Ulysse Baratin, En attendant Nadeau

Magnifique.

Premier roman étonnant de maîtrise, d’érudition et d’humour, Sauve qui peut (la révolution) de Thierry Froger nous emporte dans un dédale tout Borgésien s’appuyant sur deux figures historiques : Godard et Danton.

Christine Plantec, Le Matricule des Anges

Au-delà du simple exercice de style, Sauve qui peut (la révolution) interroge la construction des mythes hérités du passé et la manière dont ils nous parviennent, le sens - souvent giratoire - de I' Histoire et la portée de l'engagement individuel, dans une geste aussi ambitieuse que blasphématoire, que le lecteur savourera avec autant de plaisir qu'un inédit de Godard.

Laetitia Favro, Le Journal du Dimanche

Jouant de toutes les ressources de la fiction, Sauve qui peut ( la révolution) est un vrai roman, avec intrigue très densément tressée et personnages bien dessinés.

Car si l’humour n’en est pas absent, Sauve qui peut (la révolution) est aussi un roman nourri de pensée, une réflexion, en mode romanesque, sur les révolutions et leur devenir, sur le cinéma en butte à l’industrie culturelle; sur l’existence aussi, partagée entre recherche du plaisir ( façon Danton) et sens de la vertu et du devoir ( façon Robespierre).

Un coup de maître, assurément, pour un premier roman.

Jean-Claude Pinson, Revue Place Publique

(…), ce roman dépasse son statut de pochade érudite pour distiller sa mélancolie personnelle: celle qui accompagne le vieillissement des figures révolutionnaires.

Les cahiers du Cinéma

Son premier roman est I'histoire ironique de ces suppléments de vies révolutionnaires, celle de Danton surtout, et du projet cinématographique fantôme de Godard, (…).

Le roman est une subtile parodie de dossier.

Froger restitue à merveille l'onction plate, flatteuse et jésuitique des apparatchiks culturels français.

Philippe Lançon, Libération

Ce tohu-bohu maîtrisé offre une riche réflexion sur les légendes à l'épreuve du Temps, tout en étant un bel hommage au cinéma -un exercice d'admiration et de tendre ironie. II ne s'agit pas pour la littérature de faire allégeance, car « croire à l'incroyable » est bien le propre des deux arts, l'un très ancien, l’autre encore tout jeune, tous deux mêlant ici leurs sortilèges et leur déraison, suscitant apparition et disparition dans le même mouvement, pour notre plus grand plaisir.

Marc Séfaris, Transfuge

Le récit est inventif, audacieux, d'une grande liberté de ton. Par moments, les phrases peuvent prendre un grand souffle, elles sont très longues, très belles, presque lyriques. Certains passages descriptifs sont des morceaux d' anthologie.

InfraRouge

Vertigineuse entreprise que ce premier roman signé Thierry Froger qui, dans un triptyque imagé, parvient à mettre en scène Jean-Luc Godard, Jack Lang ou Jean-Noël Jeanneney, à faire se rencontrer Danton et le Petit Caporal corse à l'île d'Elbe, à nous dévoiler les synopsis successifs imaginés par le cinéaste et, au bas de cet impressionnant retable, à nous conter encore l'histoire du terrorisme de gauche en France dans les années 80.

Bernard Roisin, Focus Vif

Tout cela semble bouillonnant mais tient parfaitement la route et s'accompagne d'une écriture tour à tour somptueuse, ample, baroque, tumultueuse, tendre, nostalgique, ressemblant à s'y méprendre à cette Loire, figure quasi centrale de ce roman.

Blog « Sans Connivence »

Thierry Froger jongle avec ces narrations de manière virtuose, maîtrisant parfaitement ses sujets, (…). 

Danton et Godard semblent là, comme à côté de vous, à faire leur cinéma dans la petite et la grande histoire.

Lieux réels, personnages vivants nommés et amours imaginaires font un drôle de ménage romanesque, avec en prime un Danton qui ne se plaindra sûrement pas d'avoir reçu un supplément de quarante-trois ans de vie. 

Jean-Bernard Vuillème, Le Temps

C'est drôle, cocasse, érudit. Comment finir une révolution, un amour, une amitié, un film ? Thierry Froger rend hommage à la littérature et au cinéma. C'est du pur Godard.

Marie-Laure Delorme, Le Journal du Dimanche

Sur la couverture, un petit cochon rose s'élance dans un marais sombre depuis un ponton. Lecteurs vous voilà avertis, en ouvrant ce livre, vous plongerez, à l'instar du noble animal, dans un univers aussi loufoque que trouble.

Les fins connaisseurs de la filmographie de Godard se régaleront à la lecture de ce texte complexe, audacieux et pince sans rire.

La Tribune de Génève

Au carrefour du burlesque et du politique, le Sauve qui peut (la révolution) de Thierry Froger, (…) , interroge de façon jubilatoire, avec ses à-coups poétiques, comme dans un long travelling déroutant et métaphysique, le naufrage de l’âge et celui des illusions. Brillant.

Son sujet, comment raconter l'Histoire, est des plus ambitieux. Mais la gageure est tenue, tout au long de ces 435 pages passionnantes, (…).

Un premier roman formidable.

Myriam Perfetti, Marianne

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