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Ma part de Gaulois



C’est l’année du baccalauréat pour Magyd, petit Beur de la rue Raphaël, quartiers nord de Toulouse. Une formalité pour les Français, un événement sismique pour l’« indigène ». Pensez donc, le premier bac arabe de la cité. Le bout d’un tunnel, l’apogée d’un long bras de fer avec la fatalité, sous l’incessante pression énamourée de la toute-puissante mère et les quolibets goguenards de la bande. Parce qu’il ne fait pas bon passer pour un “intello” après l’école, dans la périphérie du « vivre ensemble » – Magyd et ses inséparables, Samir le militant et Momo l’artiste de la tchatche, en font l’expérience au quotidien.

Entre soutien scolaire aux plus jeunes et soutien moral aux filles cadenassées, une génération joue les grands frères et les ambassadeurs entre familles et société, tout en se cherchant des perspectives d’avenir exaltantes. Avec en fond sonore les rumeurs accompagnant l’arrivée au pouvoir de Mitterrand, cette chronique pas dupe d’un triomphe annoncé à l’arrière-goût doux-amer capture un rendez-vous manqué, celui de la France et de ses banlieues.

Avec gravité et autodérision, Ma part de Gaulois raconte les chantiers permanents de l’identité et les impasses de la république. Souvenir vif et brûlant d’une réalité qui persiste, boite, bégaie, incarné par une voix unique, énergie et lucidité intactes. Mix solaire de rage et de jubilation, Magyd Cherfi est ce produit made in France authentique et hors normes : nos quatre vérités à lui tout seul !


“Dire que j’écris me gêne, complexe d’ancien pauvre, d’ex-fils-d’immigré, d’épisodique schizophrène car j’suis devenu français. J’ai du mal à écrire car je m’écris et m’écrire c’est saisir une plaie par les deux bouts et l’écarter un peu plus. La plume m’a séparé de mes compagnons d’infortune, tous ces « Mohamed » de ma banlieue nord hachés menus par une société qui a rêvé d’un « vivre ensemble » sans en payer le prix. Je raconte une fêlure identitaire, un rendezvous manqué. C’était l’année 1981, la gauche arrivait au pouvoir la besace pleine de l’amour des hommes et les premiers Beurs accédaient au bac. Le bac, une anecdote pour les Blancs, un exploit pour l’indigène. Tout était réuni pour cette égalité des droits tant chérie. La promesse d’une fraternité vraie semblait frémir.

Pourtant la rencontre de la France et de sa banlieue n’a pas eu lieu, elle n’a toujours pas vu la lumière car l’exception française persiste, celle d’être français et de devoir le devenir…”


M. C.

août, 2016
11.50 x 21.70 cm
272 pages


ISBN : 978-2-330-06652-9
Prix indicatif : 19.80€



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Ce livre existe également en version numérique
Prix Le Parisien Magazine -
Prix littéraire Beur FM Méditerranée -
Prix des Députés -

Un récit plein de saveur, d'humour, d'autodérision, qui par-delà les anecdotes éclaire la question du communautarisme dans une République passablement encombrée par ses banlieues.

Les Dernières Nouvelles d’Alsace

Tout au long de ces 250 pages, notre héros berbérotoulousain raconte son adolescence et sa schizophrénie identitaire dans un récit âpre et truculent, un texte aux mots crus écrit dans une langue colorée dans laquelle le narrateur auteur fait son devoir de mémoire à lui.

Dans ce récit autobiographique, le lecteur est plongé en apnée dans une autre époque, celle de la fin de la « giscardie ». Défilent sous nos yeux les images en mauvaises couleurs d'un film poétique où la bande originale reprend les chansons de Bernard Lavilliers qui résonnent dans le walkman de Magyd.

Avec légèreté, mais profondeur, cet éternel amoureux nous invite à apprivoiser le réel pour construire une passerelle entre deux univers en apparence irréconciliables.

Tigrane Yégavian, Afrique Asie

Loin d'être un récit de victime, «Ma part de Gaulois» est un ouvrage drôle, plein d’autodénsion. Magyd Cherfi porte un regard bienveillant sur ses persécuteurs, ces mauvais garçons pour qui les livres « symbolisent l'affront » Son énergie, son humanisme, sa foi en les autres – (…) - transcendent ce qui pourrait n'être qu'une confession larmoyante.

 

Avec la liberté propre aux autodidactes, il gagne au loto à chaque fois qu'il écrit une phrase, mélangeant syntaxe précieuse et tournures familières. Un mot et bingo I ll rejoint ainsi un autre grand alchimiste toulousain du verbe, Claude Nougaro. Magyd Cherfi a définitivement remporté la bataille du langage.

Patrick Williams, Elle

Cherfi mêle tout avec panache, énergie et sincérité. Et ce dans une langue fleurie, qui pioche autant dans l'argot à fleur de bitume que dans le vocabulaire précieux de haut de bibliothèque.

Jeune Afrique , Jeune Afrique

Sa Part de Gaulois, écrite bien avant que Nicolas Sarkozy n'utilise l'idée pour souffler sur les braises du débat politique, est un texte poignant, parfois désagréable à entendre mais franchement nécessaire. Les jurés du Goncourt l'avaient inscrit sur leur première liste. Riche idée, par Toutatis.

Point de vue

Dans Ma part de gaulois, récit malicieux d’une éducation française, ( …), Magyd Cherfi, chanteur du groupe Zebda, raconte comment son appétence pour la langue de Flaubert l’arracha à la misère mais aussi aux siens.

Fabrice Pliskin, L’Obs

Un livre dense, sincère comme une thérapie.

Le Courrier de l’Atlas

Mais entre Flaubert et Maupassant, Brassens et les Clash, se dessine un tableau rétrospectif de "sa" rue Raphaël, les heures d'aide au devoir avec les gosses du quartier, les discussions politiques avec "sa bande" et les pièces de théâtre dont il écrivait les répliques grinçantes: "les hommes naissent libres et égaux... entre midi et deux ».

Anne Lech’ Vien, AFP

Un livre drôle et politique.

Sylvie Tanette, Les Inrockuptibles

Mais sur cette toile de fond qui mélange malicieusement la belle langue et l’expression populaire, Ma part de Gaulois raconte avec une extrême pertinence l'échec total d’une politique d'intégration qui n’a été que méprisante poudre aux yeux.

Pierre Vavasseur, Le Parisien

Avec plus d’interrogations que de réponses, ses mots sont autant d’invitations à se remettre en question. À voir plus loin que le bout de son palier. À s’aimer malgré

tout.

Nice Matin

Dans un formidable récit, Ma part de Gaulois (…), il raconte sa sortie du quartier, le bac, la musique, la violence, les espoirs, l'humiliation et les fiertés de toute une génération de Beurs. Et exprime ses doutes, toujours, tiraillé qu' il est entre sa « part de Gaulois » et la fidélité aux siens.

Catherine Portevin, Philosophie magazine

Ce livre est écrit avec la rage. Il se lit pareil avec la haine de la haine Ce livre est un souffle de vie. Comme une chanson de lutte. Ce livre, quand on le ferme, sonne clair et droit, comme une barre de fer.

Pascale-Marie Bernard, Pleine Vie

Une chronique de vie, portée par une folle énergie et un style plein de trouvailles.

Eliane Girard, Prima

Dans la lignée de Livret de famille et de La Trempe, parus en 2004 et 2007, ce livre âpre et joyeux possède des accents de comédie italienne. Même tendresse, même cruauté. Certaines scènes familiales ne sont pas sans évoquer celles d’Amarcord de Fellini qui signifie «Je me souviens» en dialecte romagnol. Cherfi se souvient des siens et ils deviennent les nôtres.

Christian Authier, L’Opinion Indépendante

Un récit passionnant, à la fois drôle et grave.

Dans ce livre il y a de l’autodérision, mais il y aussi une très belle réflexion sur la France, la langue, le désordre des identités, les banlieues, le lien social, le violences faites aux femmes. Tout le monde, je dis bien tout le monde devrait lire ce livre !

François Busnel, La Grande Librairie, France 5

Cherfi, c’est le Pagnol des Izards, un homme qui transforme la vie d'un fils d'émigré en aventure rocambolesque, qui parle de désir et de rêves ; de désillusions aussi. Dans une langue chatoyante qui offre un formidable plaisir de lecture.

Sébastien Dubos, La Dépêche du Midi

Sans indulgence pour les « siens » et la spirale de l'échec intériorisée, instrumentalisée par les lois occultes de la cité, sans complaisance pour lui-même et lucide sur la subtile hypocrisie mise en oeuvre dans les banlieues, l'auteur tire un feu d'artifice dont les éclats à double tranchant illuminent et entaillent tout pareil.

Marie-Jo Dhô, La Marseillaise

Le bac est désormais bien loin, l'année 1981 appartient à l'histoire, mais Magyd Cherfi n'a rien oublié, rien renié, rien réinventé. Il sait plier les mots à sa volonté pour se raconter, pour nous raconter... et c'est magnifique!

Florence Dalmas, Le Dauphiné Libéré

Parole d'un Gaulois, né ici venu d’ailleurs. Une parole décapante, mais instructive.

À travers ce récit, les dessous des cités d'hier donnent des clés pour comprendre celles d’aujourd’hui.

Muriel Fauriat, Le Pèlerin Magazine

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