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Otages intimes



Photographe de guerre, Étienne a toujours su aller au plus près du danger pour porter témoignage. En reportage dans une ville à feu et à sang, il est pris en otage. Quand enfin il est libéré, l’ampleur de ce qu’il lui reste à réapprivoiser le jette dans un nouveau vertige, une autre forme de péril.

De retour au village de l’enfance, auprès de sa mère, il tente de reconstituer le cocon originel, un centre depuis lequel il pourrait reprendre langue avec le monde.

Au contact d’une nature sauvage, familière mais sans complaisance, il peut enfin se laisser retraverser par les images du chaos. Dans ce progressif apaisement se reforme le trio de toujours. Il y a Enzo, le fils de l’Italien, l’ami taiseux qui travaille le bois et joue du violoncelle. Et Jofranka, “la petite qui vient de loin”, devenue avocate à La Haye, qui aide les femmes victimes de guerres à trouver le courage de mettre en mots ce qu’elles ont vécu.

Ces trois-là se retrouvent autour des gestes suspendus du passé, dans l’urgence de la question cruciale : quelle est la part d’otage en chacun de nous ?

De la fureur au silence, Jeanne Benameur habite la solitude de l’otage après la libération. Otages intimes trace les chemins de la liberté vraie, celle qu’on ne trouve qu’en atteignant l’intime de soi.


“Pour que j’ouvre un chantier d’écriture, il faut que je sois traversée par une question qui insiste, s’impose. Je sens à un moment que ce n’est que par l’écriture que « ça » va prendre forme. Le roman me permet d’explorer, jusqu’au bout et par des facettes différentes, un questionnement, ce que dans la vie je ne peux pas faire. Le roman est une quête qui m’est nécessaire au moment où je l’écris.

Avec Otages intimes, le questionnement était : quelle part de nous est toujours prise en otage ? Tous, nous sentons parfois qu’un territoire en nous reste inexploré, fermé. Ces espaces dont nous ne sommes pas libres appellent parfois. Il faut souvent ce qu’on nomme « une crise » pour aller y voir… se risquer à découvrir.

Je vis dans un monde où les images de la guerre sont omniprésentes, sur les écrans, dans toutes les actualités. La guerre, je l’ai vécue lorsque j’étais enfant, à cinq ans, quand toute ma famille fut attaquée par ceux que l’on connaîtrait ensuite sous le sigle oas (Ça t’apprendra à vivre, Babel).

J’ai été « sidérée » par la violence des hommes. De cette sidération on ne revient pas indemne. L’intensité vécue au moment du péril, rien ne pourra plus l’égaler. À part, pour moi, l’intensité de l’écriture. C’est sans doute pour cela que le corps a une telle « vie » dans mes textes.

C’est la première fois que je peux me lancer dans la fiction sur ce terrain-là qui m’habite depuis si longtemps. Les questions d’écriture n’en ont été que plus aiguës. J’espère que corps, imaginaire et pensée trouvent leur forme juste par ce texte.”

J. B.

août, 2015
11.50 x 21.70 cm
208 pages


ISBN : 978-2-330-05311-6
Prix indicatif : 18.80€



Où trouver ce livre ?
Ce livre existe également en version numérique
prix Version Femina -
Prix Libraires en Seine -

On retrouve dans Otages intimes les thèmes familiers de Jeanne Benameur, son humanisme nu, cette fois sans dogme dans les mots qui pansent.

 

Elle essayait de sauver la vie. Avec ses livres, la sage romancière a la même mission.

Véronique Rossignol , Livres Hebdo

Lent, doux et entêtant, le nouveau roman de Jeanne Benameur est […] un livre apaisant, suspendu, un livre qui prend son temps.

Récit hypnotisant.

C'est peut-être là la grande réussite de ce roman qui explore magnifiquement le thème de l'intimité. Montrer que l'otage n’est pas toujours celui que l'on croit.

Sans fioritures ni faux-semblants, Jeanne Benameur signe un roman qui ressemble à nos existences, avançant sur le fil, en équilibre instable.

Estelle Lenartowicz, Lire

Jeanne Benameur a le don de traduire les sensations et sentiments les plus intimes. Sujets profonds, récits lumineux, elle touche ce qu'il y a de plus pur en chaque lecteur.

Karin Cherloneix, Ouest France

Jeanne Benameur parle d'amour, d'amitié, ouvrant les portes de la vie ; sa petite musique résonne longtemps en nous.

Muriel Fauriat et Catherine Lalanne, Le Pèlerin

L'écriture cristalline de Jeanne Benameur fait paradoxalement de la lecture de ce roman intense et tendu une expérience apaisante et pleine de douceur.

Florence Bouchy, Le Monde des Livres

Le livre de Jeanne Benameur touche à quelque chose de profond. C'est un roman, c'est-à-dire une tentative de mise en forme, de mise en mots, de mise en corps, d'un propos philosophique, sur la liberté et l'emprisonnement.

Marie Du Boucher, Nonfiction

[Un] roman à la fois sombre et lumineux.

Géraldine Petry, libraire, Le Parisien Magazine

La finesse de l'écriture, la force de ses phrases ciselées, les personnages attachants et la sensibilité de cette histoire nous épatent.

Anne Michelet, Version Fémina

Livre absolument magnifique (...). Avec une langue d'une délicatesse infinie, une langue qui scrute le silence, Jeanne Benameur guette les battements d'un cœur (...). Profondément juste et profondément sage.

Elodie Fondacci, Radio Classique