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La Fin d'Alice


Elle a vingt ans à peine, habite chez ses parents, dans une banlieue cossue, mais elle ne semble pas heureuse, plutôt mélancolique, isolée, et surtout dévorée par un feu intérieur qu’elle dissimule à tous sauf à cet homme à qui elle a décidé d’écrire. Lui a cinquante-quatre ans, il purge depuis plus de deux décennies une peine de prison pour le viol et le meurtre sauvage d’une adolescente de douze ans. La relation épistolaire qu’ils nouent poussera la jeune fille, irrésistiblement attirée par un petit voisin de huit ans son cadet, à passer à l’acte. Tandis que la prédatrice se rapproche de sa proie, le prisonnier, tout en livrant le froid compte-rendu de son quotidien carcéral, dessine les contours de son propre parcours – d’une enfance avilie par une mère déviante à la naissance en lui de ce goût périlleux pour les toutes jeunes filles qui le conduira à la transgression suprême.

Superbement accompli, ce roman dérangeant – et dont certaines scènes pourront parfois heurter – invite à sceller un pacte de lecture inédit en acceptant de créditer de toute l’humanité qui est la sienne un personnage éminemment désigné à l’opprobre, et de se rendre ainsi capable d’en accompagner le cheminement, au sein de l’espace compassionnel créé par la fiction. Pour mieux comprendre, peut-être, un destin parmi d’autres, où, battant en brèche d’illusoires et vertueux désirs de “normalité” s’incarnent soudain, monstrueuses, les profondes ténèbres qui régissent les passions de nos âmes.

avril, 2013
11.50 x 21.70 cm
320 pages

Yoann GENTRIC
Johan-Frédérik HEL-GUEDJ

ISBN : 978-2-330-01796-5
Prix indicatif : 22.50€



Où trouver ce livre ?

A la fois beau, prenant et terrible.

Fabrice Gaignault, Marie-Claire

Avec une virtuosité époustouflante, l'auteur nous précipite dans les méandres de la déviance sexuelle. Homes signe ici un chef d'œuvre de subversion.

Léonard Billot, Glamour

Ce que propose A. M. Homes, ce n'est point de provoquer ou de heurter le lecteur, mais bien de l'inquiéter. Inquiéter nos censures qui préfèrent effacer ce qu'on ne saurait voir. Inquiéter le langage en redonnant aux mots leur poésie sauvage. Inquiéter la littérature en lui restituant son irrésistible pouvoir de subversion.

Augustin Trapenard, Elle

Le tour de force de Homes, en tout cas l'aspect le plus diabolique de sa prouesse, est de faire imaginer par un pervers les tourments d'une jeune femme. On n'a pas le sentiment qu'elle [A. M. Homes] veut épater le lecteur, mais qu'elle se met elle-même au défi.

Claire Devarrieux, Libération

Brûlot contre le système pénitentiaire, contre le silence de la société qui contribue à ce que ces crimes se perpétuent, La Fin d'Alice a pour sujet central la puissance du langage : les mots sont l'arme de ce pédophile incarcéré qui en use pour séduire. Mais ils sont aussi ce par quoi les hontes se révèlent, les silences explosent. Il faut dire ce qui se cache, martèle A. M. Homes. Et si les lecteurs réagissent violemment à ce roman, « tant mieux », poursuit-elle : c'est qu'il a atteint son but. Il n'y a pas lieu d'aimer ce roman, nous dit A. M. Homes. Et elle a raison. Il n'est pas “aimable” mais nécessaire.

Christine Marcandier, Mediapart

L'Américaine A. M. Homes, auteur de La Fin d'Alice, ne manque pas de courage. (...] L'enjeu n'est pas mince. Comment compatir avec une hyène tourmentée sans angéliquement l'absoudre? Comment "comprendre" l'impardonnable? Eh bien, A. M. Homes y parvient, alors même qu'elle ne nous épargne rien sur ce que peut un corps."

 

Hervé Aubron, Magazine littéraire

[La] construction virtuose n'est pas la moindre des qualités formelles de ce roman fort réussi (…). Chacun décidera quelles considérations morales doivent intervenir dans le jugement qu'on porte sur ce roman brillant, où, le plus pénible, en vérité, c'est peut-être pas tant le monologue d'une authentique crapule que son ironie narquoise, admirablement restituée par l'auteur.

Bernard Quiriny, Trois Couleurs

La fin d'Alice propose une expérience de lecture à nulle autre pareille.

François Monpezat, Dernière Nouvelles d'Alsace