La Facture

    Que voyez-vous dehors ? a dit la voix au téléphone. - Des maisons. Et quelques arbres…
    - Mais encore ?
    - Je vois un ciel bleu, le soleil, quelques nuages, des gens, des enfants qui jouent sur le trottoir, des adultes, des magasins, des cafés… Des gens ensemble…
    - Exactement. Sentez-vous quelque chose ?
    - Euh… Oui.
    - Vous sentez quelque chose, n'est-ce pas ? a-t-elle continué au téléphone. Vous avez des sensations, des fantasmes, des amis et des connaissances. Et vous rêvez, je suppose ?
    - Ça arrive.
    - Mmh. Et vous croyez que tout ça, c'est gratuit ?

     

     

     

    La Facture de Jonas Karlsson

    En librairie le 3 juin 2015

     

    5 700 000 couronnes. 600 000 euros. Voilà le montant de la facture dont le narrateur devra s’acquitter. Pour quoi ? Pour tout : sa vie, ses expériences, ses sensations, ses rêves, son bonheur. “Pensez-vous que tout cela est gratuit ? s’étonne l’une de ses interlocutrices. La vie a un coût.”
    Jonas Karlsson dresse le portrait d’un homme heureux dans sa modestie à qui l’on veut faire payer son bonheur au prix fort. Confronté à l’absurdité d’une société qui ne jure que par l’argent et croit pouvoir tout calculer, le narrateur devra, paradoxalement, s’échiner à prouver qu’il n’est peut-être pas si heureux...

    39 ans, célibataire, sans enfants. Employé à mi-temps d’un banal vidéoclub. Aux yeux de la société, notre narrateur est tout bonnement passé à côté de sa vie.
    Et pourtant : lorsqu’un programme de redistribution des richesses entreprend de facturer aux citoyens leur “bonheur vécu”, la note de cet homme est salée : 5 700 000 couronnes suédoises. Soit près de 600 000 euros.
    Car sous des airs de raté se cache un homme qui se réjouit de peu. Une vieille affiche, quelques disques, le seul ami qui lui reste, malgré ses mauvais côtés. Et surtout, les détails insignifiants aux yeux de ceux qui, tête baissée, arpentent aveuglément les rues de nos métropoles : un furtif rayon de soleil, des bribes de conversations, une obscure scène de film.
    Soupçonnant d’abord une arnaque, cet homme heureux dans son coin finit par admettre que, dans une société régie par l’argent, il n’est finalement pas si choquant qu’on facture le bonheur. Mais tout de même : est-il vraiment si heureux, pour qu’on le fasse payer si cher ? Et au nom de quels critères ? Le voilà embarqué dans un long processus de réclamation qui, du siège immense d’une étrange société aux conversations infinies avec une interlocutrice attentive, le plongera tour à tour dans l’incompréhension, l’énervement, le désespoir et… le bonheur, malgré tout, bien que le montant à payer, ironiquement, ne cesse d’augmenter. Et pour cause : dans sa tentative désespérée de le faire baisser, il a bien du mal à trouver ne serait-ce qu’une expérience qui ait durablement porté atteinte à son bonheur.

     

    Né en 1971, Jonas Karlsson vit à Stockholm. Acteur, il a joué dans plusieurs longs métrages ainsi que dans des séries et s’est illustré dans de multiples rôles au Théâtre dramatique royal – scène majeure du pays. Il a lui-même écrit plusieurs pièces avant de passer à la fiction en 2007. Son oeuvre, essentiellement composée de nouvelles et de récits, a été traduite dans une quinzaine de langues.

     

     

    Lire un extrait

    Dans la presse

    Pierre Maury, Le Soir

    « Cette fable oppose un homme seul à un rouleau compresseur.  »


    Le Matricule des Anges, Thierry Guinhut

    « Sous son apparence légère, La Facture cache une terrifiante menace politique.(…) Au-delà de l'anti-utopie aux résonances totalitaires, qui, rassurons-nous, se réglera de façon bénigne pour notre aimable narrateur, la capacité au bonheur sert aussi de support à une morale réconfortante.  »


    Paloma de Boismorel, GAEL

    « On y trouve la drôlerie du surréalisme d'Amelie Nothomb, l'intrusion administrative des romans de George Orwell et la fatalité désespérée des personnages de Kafka. Plus qu'un pamphlet sur nos sociétés obsédées par I'argent, ce petit roman constitue une intelligente fable sur le bonheur.  »


    Ouest-France

    « Cette peinture incisive du monde d'aujourd'hui est aussi juste qu'inquiétante. Et revigorante.  »


    Valérie Ohanian (librairie Masséna), Nice Matin

    « Jonas Karlsson, dresse un portrait d'un homme qui se satisfait de sa vie. Sous couvert de drôlerie, ce roman nous interroge sur le bonheur.  »


    Emilien Bernard, Le Canard Enchainé

    « Avec « La facture », le Suédois Jonas Karlsson signe un livre bicéphale. Côté pile, le récit a tout de Kafka : l'administration comme ultime outil de tyrannie, l'absurde étatique, la surveillance omniprésente. Côté face, par son attachant personnage principal, il tient de Giono : bonheur des petits riens, plaisir de vivre dans une harmonieuse frugalité.  »


    Rémi Barland, La Provence

    « Récit singulier et intelligent où se mêlent humour décalé et critique mordante de l'absurdité de nos sociétés.   Le Suédois Jonas Karlsson signe un roman coup-de-poing qui dénonce en filigrane la prétendue harmonie sociale des pays Scandinaves.  »


    Version Fémina

    « Jonas Karlsson signe une fable d'une vraie justesse. Alors qu'elle pourrait rendre fou son antihéros, l'administration kafkaïenne de cette taxe fait surgir des moments de poésie. Dix-sept euros, c'est ce qu'il en coûtera au lecteur pour ce bonheur de lecture.  »


    Virginie Bloch-Lainé, Libération

    « Traduit dans une quinzaine de langues, Jonas Karlsson réussit le portrait d'un bienheureux contemporain, paresseux, rebelle qui s'ignore face à l'insatisfaction générale  »


    Alexandre Fillon, Livres Hebdo

    « L'épatant petit roman de Jonas Karlsson. On goûte I'ironie et le sens de l'absurde de Jonas Karlsson (…)  Sa Facture se révèle un petit bijou d'humour au questionnement pertinent.  »



    Association du méjan

    Actes Sud newsletter

    Inscription à la newsletter :

    newsletter