Henry Bauchau, l'enfant rieur

    Henry Bauchau

    Henry Bauchau, psychanalyste, poète, dramaturge, essayiste, romancier, est l’auteur d’une des œuvres les plus marquantes de notre temps – publiée par Actes Sud.
    Récemment : Poésie complète (2009), Déluge (roman, 2010), Dialogue avec les montagnes (1968-1971) (nouveau volume de son journal, 2010), L'Enfant rieur (récit, 2011) et Tentatives de louange (recueil de poèmes, 2011). En 2008, Le Boulevard périphérique (repris en Babel, n° 972) a obtenu le prix du Livre Inter.

    Portrait © Ulf Andersen

     

     

     

    Le premier volume du grand "récit de vie" d'Henry Bauchau, à retrouver en librairie.

     

     

     

    Poèmes extraits de "Tentatives de louange", qui paraît dans la collection "Le Souffle de l'esprit"

    L’ENFANT RIEUR

    à Sophie Lemaître

    Je suis toujours l’enfant rieur, cet enfant que la guerre
    A empêché de vivre en riant son enfance.
    Jeunesse, encore en moi, je vais, je cours, je nage
    J’adore les chevaux et skier dans la neige
    Mon corps est amoureux, il aime, il est aimé
    Mon corps est très patient, il est à mon service.
    L’instant, couleur du temps, vient à moi promptement
    Sur vos balcons, glaciers, travaillés de lumière
    De toute ma chaleur je t’écoute, Soleil !

    Un jour, je suis tombé, je tombe dans mon corps
    Il m’a serré de près, je tombe à la renverse.
    Je ne suis plus mon corps, je suis dans ses limites
    Je suis un apprenti de mon corps de grand âge
    Ignorante espérance, tu vois, je m’abandonne
    A la pensée d’amour de ma fragilité.

    2010

     

    POURQUOI LES OISEAUX CHANTENT

    pour Baudouin

    Les parachutistes savent pourquoi les oiseaux chantent
    Les petits enfants et les animaux des forêts connaissent
    seuls toute la bonté de la chaleur
    Et le Bon Larron sur la croix entend le Seigneur
    dire ce qu’il n’a promis à personne
    Ce soir même tu seras avec moi au paradis.
    Lorsque les grandes voiles du parachute s’ouvrent
    pour la dernière fois,
    L’espérance va toujours vers son trésor enseveli.
    A d’autres les cris joyeux du ciel, à d’autres la joie
    de vivre et de penser.
    Reste l’amour, ancré dans le sol et le ciel, l’énorme
    tronc
    Dont tu aimais capter les ondes dans tes paumes
    Graine favorisée par l’accueil de la terre, on ne
    voit aujourd’hui que ses vastes ombrages
    Et la couronne du Liban veillant sur les oiseaux
    Les fleurs et les enfants du Jardin des Merveilles

    Mai 2010

     

     


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