Franz Liszt : dernier CD paru dans la collection des Musicales, Les Siècles Live

    Dante symphonie / Orpheus
    Les Siècles – François-Xavier Roth
    Maîtrise de Caen
    Olivier Opdebeeck

    Enregistré dans le cadre du bicentenaire de la naissance de Franz Liszt, ce disque met à l’honneur la magnifique Dante Symphonie du compositeur. Liszt y propose une vision musicale des trois parties de la Divine Comédie de Dante. Les Siècles s’attachent, grâce aux instruments d’époque, à retrouver les sonorités originales de cette oeuvre singulière qui a marqué un grand nombre de compositeurs du xixe siècle, le grand Richard Wagner en premier lieu.

     

    En 1837, sur les bords du lac de Côme, Liszt (1811-1886) se passionne pour la Divine Comédie de Dante (1265-1321). Il s’en inspire immédiatement pour ce qui deviendra Après une lecture du Dante. Fantasia quasi Sonata pour piano. Il envisage aussi d’en tirer une grande oeuvre symphonique, mais sa Dante-Symphonie ne verra le jour qu’en 1856 (elle sera créée l’année suivante à Prague). Entre-temps, vers 1845, il avait rêvé une sorte de spectacle “multimédia” en composant une version scénique de la Divine Comédie accompagnée d’un récitant et de la projection de peintures grâce au système du diorama. Ce projet ne vit jamais le jour : Liszt, visionnaire, avait en quelque sorte lancé son javelot trop loin dans l’avenir, car la technologie nécessaire n’était pas au point et les coûts auraient été faramineux. Dans sa Dante-Symphonie, Liszt a voulu évoquer les trois parties de la Divine Comédie : nous conduire, tel Virgile Dante, de l’Enfer au Paradis en passant par le Purgatoire. L’Inferno s’ouvre avec un thème martelé aux cuivres. C’est la terrifiante exhortation gravée sur la porte des Enfers : « Laissez toute espérance, vous qui entrez ». L’orchestre déploie des effets spectaculaires pour plonger l’auditeur dans les peines infernales et le tourbillon des supplices. Dans le Purgatorio, lieu où les âmes attendent leur Salut, Liszt développe des harmonies brumeuses, en demi-teintes, qui s’éclairent finalement pour mener au Magnificat, ultime « Vision », celle du Paradis, qui éclate lumineuse comme une théophanie, avec le choeur des anges. On a dit que sur les conseils de Wagner, Liszt n’aurait pas composé le Paradis. C’est inexact. En réalité, il a composé un Paradis en accord avec les subtilités de la Divine Comédie et de la théologie qu’il connaissait parfaitement. Le premier titre du Magnificat était d’ailleurs Vision : Liszt sait qu’à la fin du Purgatoire, il est offert à Dante de contempler le Paradis, et qu’alors, le temps et l’espace disparaissent. C’est un lieu immatériel et extatique. Et c’est finalement ce que laissent entendre ces pages extraordinaires, faites du subtil bruissement des instruments formant comme une microtexture transparente, un tapis lumineux qui pourrait représenter le murmure luminescent des ailes des séraphins sur lequel les anges chantent leur cantique à la Vierge.

     

     

    Les Siècles

     

    Formation unique au monde, réunissant des musiciens d’une nouvelle génération, jouant chaque répertoire sur instruments historiques, Les Siècles mettent en perspective, de façon pertinente et inattendue, plusieurs siècles de création musicale. Les Siècles se produisent régulièrement à Paris (Cité de la Musique et Salle Pleyel, Opéra-Comique), Aix-en-Provence, La Côte-Saint-André, Soissons, Laon, Caen, Nîmes et sur les scènes internationales à Wiesbaden, Mannheim, Cologne, Amsterdam, Tokyo, Essen, Londres, Luxembourg...

    Soucieux de transmettre au plus grand nombre la passion de la musique classique, les musiciens de l’ensemble proposent très régulièrement des actions pédagogiques dans les écoles, les hôpitaux ou encore les prisons. L’orchestre est également à l’origine de nombreux projets télévisuels avec notamment l‘émission Presto !


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