Essences, une nouvelle collection

    Quand on essaie de reconnaître des odeurs, on se perd dans le vaste monde du passé que chacun porte en soi.»

    Yôko Ogawa

     

    Le parfum éveille la pensée, il évoque, il convoque les images de nos vies, il stimule le désir et délie la mémoire.
    Il n’est de parfum, d’odeur, d’essence qui ne soient espace, chemin vers l’intime, voie vers l’oubli, voix de l’oubli : celle de l’exil toujours, celle de l’errance souvent.
    Il n’est pas de voyage sans parfum, d’amour ou de haine sans odeur.
    Il n’est pas de beauté sans essences et d’essences sans ombre et lumière.
    Le parfum, l’odeur d’un jardin, celle de l’été, du soir ou de la nuit sont d’emblée territoires de fiction, ceux du poème. Il n’est pas de parfum sans musique, flâneries, vagabondages et aucun sens ne résiste à la présence obsédante du parfum.
    Tout instant de nos vies a son odeur. De la naissance à la mort. Du solaire au silence.
    “Essences” est une collection à travers laquelle se dévoilent de multiples imaginaires. Du récit au poème, de l’essai à la fiction, elle deviendra miroir du temps, partition de l’effroi, de l’absence, du bonheur ou de l’éphémère, celle des lointains ou des voyages perdus.

    À paraître en novembre 2013

    À vue de nez
    Céline Curiol || À vue de nez

    Récit

    Parution le 6 novembre 2013

     

    Que révèle une odeur, son immédiat pouvoir sur la mémoire de l'écrivain, quel est cet indicible qui convoque les images... Au fil de cinq histoires entre fiction et non-fiction, Céline Curiol explore avec malice le cheminement de son imaginaire soumis à l'étude d'un motif olfactif.

     

    « L’odeur du vieux plastique chaud et du lino à l’intérieur de la caravane des grands-parents rejoints certains étés dans le golfe du Morbihan.

    L’odeur de moquette côtoyée de très près pendant plusieurs années à quatre pattes, puis en tailleur ou à genoux jouant, laineuse, imperceptible, brusquement écoeurante, mais qui prenait parfois celle d’un gazon magnifique à l’herbe bleue. »

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le doux parfum des temps à venir
    Anne-Marie Garat || La Première Fois

    Récit

    Parution le 6 novembre 2013

     

    Romancière singulière, amoureuse de l'image, chez qui la mémoire passe par le cadrage, l'ombre et la lumière, Anne-Marie Garat se prête au jeu de la collection Essences. Les champs s'ouvrent, les réminiscences olfactives précèdent le développement de son imaginaire comme autant de solvants et autres sels d'argent au parfum entêtant qui soudain révèlent un lieu, une histoire relégués aux confins d'une mémoire oublieuse.

     

    « C’était un soir très doux après une journée de chaleur comme il en fait dans l’arrière-saison, turquoise virant au rose bonbon à l’horizon, un ciel de Tiepolo qui nimbe les peupliers du voisin, leur frisson assombrissait le jardin mais un solide rayon dardait encore sous les nuages, couchant les ombres. J’étais arrivée depuis une heure peut-être, le temps de m’installer, si l’on peut dire quand il s’agit de camper sans défaire son sac ni ouvrir un lit, un duvet jeté sur le divan suffira. L’heure avait passé lentement tandis que j’errais sans conviction d’une pièce à l’autre, inspectant les lieux comme on visite un meublé à louer de longtemps inhabité, sans en ressentir d’émotion particulière, sinon l’ennui d’avoir fait ce voyage dans le vain projet de dormir là une nuit, l’envie m’en était passée. »

     

     

     

    Parutions de mars 2013

    Corps et Âme
    Cecile Ladjali || Corps et Âme

    Récit

    Parution le 6 mars 2013

     

    Pour la collection “Essences”, Cécile Ladjali a accepté de se prêter au jeu des réminiscences olfactives. Pour elle, celui-ci part d’un tableau de George de La Tour : La Madeleine à la veilleuse. Puis se dévoile au fil des trois autres tableaux représentant cette courtisane si singulière. Corps et âme est le voyage dans l’imaginaire d’une femme qui a parfumé le corps du Christ.

     

    « Elle portait encore sa robe de satin.
    La rouge.
    Celle que Marthe lui avait cousue au printemps pour que les hommes l’aiment.
    En dépit de ses efforts pour paraître modeste, Madeleine gardait le port d’une reine. Mais d’une reine triste aux bandeaux noirs ourlant ses tempes translucides.
    Dans sa cellule flottait une note de nard. »

     

     

     

     

     

     

    Le doux parfum des temps à venir
    Lyonel Trouillot || Le doux parfum des temps à venir

    Récit

    Parution le 6 mars 2013

     

    Sans précision de lieu ni d’époque, une mère parle à sa fille. Fugitive marquée au fer d’une fleur de honte, elle revisite les parfums violents de ses haltes et de ses errances. Un voyage dans le souvenir de cités délabrées, de paysages désertiques, de musiques barbares, de corps défaits et de rêves interdits qui fait naître en elle, comme après chaque épreuve, dans la promesse de l’enfant à naître à qui elle raconte aujourd’hui son histoire, le doux parfum des temps à venir.

     

    « Femme je suis.
    Et ta mère.
    Ton premier souffle, je l’ai tenu dans mes bras, je l’ai senti sur ma peau.
    Tu es née avec une odeur de fruit pur, de rosée franche,
    Une odeur de route à prendre dans le matin clair.” »

     


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