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Tchernobyl par la preuve

Sous-titre
Vivre avec le désastre et après



En 2011, “quand la centrale de Fukushima a été frappée de plein fouet par un tsunami, les dirigeants japonais ont réagi de manière étrangement similaire à celle des leaders soviétiques en 1986. Ils ont massivement sous-estimé l’ampleur de la catastrophe – la fusion de trois réacteurs –, ils ont envoyé des pompiers sans équipement de protection dans des champs de radioactivité très élevés et n’ont intentionnellement pas informé la population des niveaux de radiation”. Puis ils ont dissimulé l’ampleur de la catastrophe, comme les dirigeants soviétiques l’ont fait pendant quelques années.

Kate Brown est la première historienne occidentale à avoir travaillé dans les archives du ministère soviétique de la Santé. Après dix ans de fouilles – elle a obtenu la déclassification de nombreux dossiers –, d’entretiens et d’enquête de terrain en Russie, en Ukraine et en Biélorussie (jusque dans la Zone d’exclusion), elle nous donne à voir l’étendue du désastre, mais aussi les actions entreprises pour dissimuler la vérité et convaincre la communauté internationale et l’opinion publique de l’innocuité des retombées radioactives. Car les efforts déployés pour dénaturer l’histoire ne s’arrêtent pas aux frontières de l’URSS : plusieurs États occidentaux, des agences de l’ONU, des diplomates internationaux et des scientifiques associés à l’industrie nucléaire ont éludé, voire nié l’existence d’une catastrophe sanitaire de grande échelle.

Cette enquête révèle ou confirme les mensonges et les collusions, mais relate aussi le quotidien des survivants. Elle met en lumière les conséquences irréversibles de la radioactivité artificielle sur l’ensemble du vivant, la spécificité des faibles doses accumulées, et nous confronte, jusqu’à la sidération, à ce que nous ont légué des décennies d’accidents et d’essais nucléaires en tout genre. Quoi que l’avenir nous réserve, nous ne pouvons plus continuer à faire l’économie d’un honnête et véritable guide de survie – en cas de nouveau désastre.

mars, 2021
14.50 x 24.00 cm
528 pages

Cédric WEIS
Marie-Anne BÉRU (DE)

ISBN : 978-2-330-14413-5
Prix indicatif : 25.00€



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Ce livre existe également en version numérique

Pour tenter de percer ce mur de mensonges, Kate Brown s’est rendue en Ukraine et en Biélorussie, dans les régions touchées par la catastrophe de Tchernobyl. Elle a accédé à des archives inédites, effectué des enquêtes de terrain. C’est ce qui rend son livre passionnant et unique : ce mélange entre des faits tirés des documents d’époque et les descriptions de ses visites et rencontres sur place. Elle croise des habitants, des scientifiques, des médecins. Ceux qui ont tenté d’alerter le monde sur l’effet de la catastrophe pour les êtres humains, mais aussi pour la faune et la flore. Et ceux qui ont tout fait pour minimiser l’étendue du désastre. Parmi ces derniers, on trouve… les agences onusiennes.

François BOUGON interviewé par, MEDIAPART

Ce qui se passait à l’époque, alors que la Guerre Froide touchait à sa fin, était que les archives étaient en train d’être déclassifiées et que des gens dans le monde entier apprenaient qu’ils avaient été exposés à des radiations lors de la production ou des essais d’armes nucléaires. Les États-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni – les grandes puissances de l’ONU, qui sont également les grandes puissances nucléaires mondiales – se sont soudainement retrouvées confrontées à l’éventualité de devoir payer des milliards de dollars en dommages et intérêts pour avoir exposé des millions de personnes à leurs expérimentations atomiques. Ainsi, si l’on pouvait prétendre que Tchernobyl, le pire accident nucléaire de l’histoire de l’humanité, n’avait fait que 33 morts, c’était une façon de tuer dans l’œuf ces poursuites. C’est exactement ce qui s’est passé. Je pense que c’est pour cela que Tchernobyl est un scandale bien plus grand qu’on ne le dit. Ce n’était pas seulement une opération d’occultation soviétique, mais bien une initiative internationale. Et c’est pourquoi c’est si important pour nous aujourd’hui de nous pencher encore sur cette catastrophe. 

Kate BROWN interviewée par Raphaël Bourgois, AOC

C’est un livre hors du commun. Sur Tchernobyl, cette catastrophe nucléaire dont on « fêtera », le 26 avril, le 35e anniversaire. On le sait, tout oppose les grandes structures officielles, dont l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA), beaucoup de médecins biélorusses ou ukrainiens, et plusieurs estimations discutées. Tchernobyl a-t-il tué 54 personnes, ou 200 000, voire 1 million, comme le prétend l’Académie des Sciences de New York ? L’Américaine Kate Brown, historienne et professeure au Massachusetts Institute of Technology (MIT), a fait ce qu’aucun Occidental n’avait fait avant elle : une immersion de longue durée dans les zones dévastées par la radioactivité. 

Fabrice Nicolino, CHARLIE HEBDO

Première historienne occidentale à avoir exploré les archives ukrainiennes, Kate Brown, qui lit et parle parfaitement la langue russe, livre une reconstitution minutieuse de la gestion par les autorités soviétiques des suites de l’accident du 26 avril 1986 et de ses conséquences écologiques, économiques, politiques, sanitaires et sociales sur les populations qui vivaient - et vivent encore - là. Avec une question simple, à laquelle on n’apporte en général aucune réponse : « Pourquoi nos sociétés n’ont-elles quasiment pas évolué après Tchernobyl ? »

Maxime Lerolle, REPORTERRE

Durant dix ans, l’historienne américaine Kate Brown a étudié les archives soviétiques fraîchement déclassifiées et effectué des enquêtes de terrain pour analyser les conséquences réelles de la catastrophe de Tchernobyl. On découvre ainsi l’ampleur des dissimulations et des errements des gouvernements... et des agences onusiennes.

Sylvie Rouat, SCIENCES & AVENIR

Dans sa magistrale synthèse, Kate Brown va plus loin dans l’analyse. Première historienne occidentale à avoir travaillé dans les archives du ministère ukrainien de la Santé, elle a eu accès à de nombreux dossiers ultra secrets qui dévoilent les actions entreprises par les autorités régionales et locales pour masquer l’ampleur de la catastrophe et « rassurer » les habitants des zones contaminées. (…) Kate Brown souligne encore - et c’est sur ce point peut-être que son analyse est la plus nouvelle - comment des agences de l’ONU et des scientifiques du monde entier liés aux lobbies de l’industrie nucléaire ont éludé ou minimisé les effets à long terme de cette catastrophe incalculable dans ses dimensions anthropologique, symbolique, philosophique.

L'HISTOIRE

Après La Supplication d’Alexievitch et la série Tchernobyl de HBO qui sera prochainement montrée sur M6 (à partir du 27 mai), voici un livre qui est capable d’éveiller les consciences et d’obliger des instances scientifiques à procéder à des vérifications sérieuses et méthodiques des vraies conséquences de cette catastrophe.

Galia Ackerman, DESK RUSSIE

La chercheuse a composé une petite équipe et voyagé à de multiples reprises depuis 2004, à l’intérieur et autour de la zone de Tchernobyl. Surtout, elle a pu avoir accès aux archives des administrations des anciennes républiques soviétiques concernées, la Biélorussie et l’Ukraine, tant au niveau national que local, parfois dans un hôpital. (…) Tout cela donne un volume passionnant, rédigé d’une plume alerte, avec des récits et des portraits attachants qui s’accommodent très bien d’exposés scientifiques parfois arides. Un texte vif, jamais polémique, toujours convaincant.

Jean-Yves Potel, EN ATTENDANT NADEAU

Le livre vaut aussi par la qualité des archives présentées: pour la plupart, il s’agit en effet de documents top secret, auxquels la chercheuse du MIT est la première à avoir eu accès. Ce travail minutieux révèle ainsi des pans méconnus et révoltants de l’histoire de l’accident. Le livre amène aussi à s’interroger sur le risque d’une nouvelle catastrophe nucléaire. Sommes-nous prêts à l’affronter? Le désastre de Fukushima, au Japon, en 2011, tend à montrer que non.

Vincent Glavieux , LA RECHERCHE

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