Les cyniques grecs : Lettres de Diogène et Cratès | Actes Sud
Babel
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Novembre, 1998 / 11,0 x 17,6 / 144 pages

traduit du grec ancien par : Georges Rombi, Didier Deleule
ISBN 978-2-7427-2062-0
prix indicatif : 6, 60€
Babel n° 357


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Les cyniques grecs : Lettres de Diogène et Cratès

DIOGÈNE
CRATÈS

"Cynique", dans le langage courant mais déjà dans la philosophie ancienne ou moderne, est une appellation péjorative visant celui qui fait ouvertement profession de dérision, d’impudence, voire d’immoralité. Et force est de reconnaître que dès le début, c’est-à-dire au IVe siècle av. J.-C., les individus qui se sont vus traités de "chien" (kuôn en grec — génitif kuvós — d’où dérive le terme "cynique") par la foule n’avaient pas volé leur sobriquet. L’histoire est connue : Diogène le premier ne vivait-il pas comme un chien, se masturbant ou faisant l’amour en public, dormant dans un tonneau, errant nu-pieds de ville en ville, crachant au visage de ses hôtes et dispensant son enseignement philosophique à coups de bâton ? Objet de mépris ou de moquerie, le cynisme n’a pas connu la postérité des écoles philosophiques de son temps (celle de Platon, d’Aristote, d’Epicure ou des stoïciens).
Les Lettres de Diogène et Cratès, écrites par des auteurs différents à des époques différentes (vraisemblablement du IIe siècle av. J.-C. au Ier siècle de notre ère), sont ici traduites en français pour la première fois et constituent un corpus authentiquement cynique qui complète heureusement les fragments et témoignages qui nous sont par ailleurs parvenus. Elles offrent une voie d’accès privilégiée au cynisme et permettent d’en interroger la teneur proprement philosophique. "Comment parler sérieusement des cyniques ? Comment prendre au sérieux le culte de la dérision, examiner l’éventuelle pertinence de l’impertinence érigée en règle ?" se demande Didier Deleule dans sa lecture intitulée "La besace et le bâton" qui propose une introduction au mouvement cynique et en restitue la cohérence.
Par leur brièveté, les Lettres de Diogène et Cratès répondent parfaitement à la maxime cynique selon laquelle la voie qui mène au bonheur est courte, ou n’est pas. Le cynisme travaille à dissiper l’"écran de fumée" qui subjugue la foule, experte dans l’art de faire son propre malheur. Plutôt que de prétendre "escalader le ciel" et de vivre en esclavage, prisonniers de ces "entraves dorées" que sont les désirs de gloire, de richesses ou d’immortalité, la philosophie cynique nous enjoint d’accepter notre séjour terrestre pour ce qu’il est. Les Lettres de Diogène et Cratès nous font voir "tout ce que peut la philosophie, même dans les situations les plus redoutables".



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