L'Esprit de l'ivresse (Babel) | Actes Sud
Babel
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Août 2015 / 11,0 x 17,6 / 384 pages


ISBN 978-2-330-05319-2
prix indicatif : 8, 80€
Babel n° 1332


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L'Esprit de l'ivresse (Babel)

Loïc MERLE

Un homme rentre chez lui, usé par l’âge et les regrets. Le soir tombe, les immeubles de sa banlieue parisienne se dressent dans le crépuscule. Ce trajet familier, Youssef Chalaoui pressent confusément qu’il lui sera fatal. Mais il en ignorera l’impact profond sur le quartier, ses habitants, le pays. Cette nuit-là, au terme d’un long et hésitant ballet, la périphérie s’enflamme. Et bientôt, la France entière bascule.
Chorégraphique et musical, le roman procède par mouvements amples autour de ses trois principaux personnages : M. Chalaoui, Clara, égérie malgré elle, le Président Henri Dumont, bloc de souffrances et d’indécision. Chacun cherche en lui-même un élan radical, un feu qui brûle jusqu’au lendemain, un ressort contre l’impuissance individuelle et la brutalité du réel.
Cette nuit des hommes, l’auteur la dessine d’une phrase riche et lumineuse, légèrement étourdie, comme ivre, signant un premier roman d’une ampleur et d’une ambition rares.

«J’ai voulu parler de mes vingt ans où tout semblait possible, et qui fut pourtant la période la plus triste de ma vie… De ce temps perdu dans les bars, sans réelle passion et sans travail… Et j’étais un mauvais poète… Je voulais rendre hommage aux gens qui ont partagé mon état de perdition et ont disparu depuis, j’avais l’impression qu’une génération entière avait sombré avec eux, dans un tourbillon, dans des remous dont l’Histoire se moquait… J’ai voulu parler de l’esprit de ma jeunesse, sans ironie, en affirmant quelque chose…
L’ivresse qui m’a intéressé est un moyen, un véhicule, c’est l’ivresse des petites gens, patiente, répétée, sans but, quotidienne, embarrassée d’être jugée, ivresse qui n’a même pas besoin d’alcool ni de drogue, ivresse de l’homme qui attend, ivresse du flâneur, et de la femme qui se transforme et ne sait comment atténuer les douleurs de cette transformation – ivresse qui est comme un sillon suivi, et, à force, bouleverse toute l’attitude, en bien, en mal, qui « emplit le premier venu de la force des événements », disait Victor Hugo…
J’ai imaginé les conséquences que pourraient avoir en France des émeutes de grande ampleur si elles débouchaient sur une révolte généralisée, pendant laquelle quelques personnages apprennent de leur ivresse ou de celle des autres, tentent de se délivrer de leurs addictions pour en acquérir d’autres, meilleures, en tout cas plus conformes aux temps nouveaux qu’ils entrevoient, cernés par de grandes limites : l’attachement à leurs origines, le rôle qu’ils ont tenu pendant toute leur vie ; la mort ; la fidélité à leurs convictions, à la révolte, à la contre-révolte ; la mort.
Je crois que mon roman essaie d’être honnêtement ivre…»

L.M.

L'Esprit de l'ivresse (Babel)

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