Seul, invaincu | Actes Sud
Actes Sud Littérature
Hors collection

Janvier, 2015 / 11,5 x 21,7 / 208 pages


ISBN 978-2-330-03887-8
prix indicatif : 18, 00€


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Seul, invaincu

Loïc MERLE

Cela fait sept ans que Charles a laissé derrière lui la petite ville de C., parti se soumettre à d’autres combats, s’engageant sous les drapeaux comme on se range au coffre. Mais quand il apprend la maladie de Kérim, c’est sans tergiverser qu’il laisse en plan son désert, sa guerre, son poste aux transmissions, et vient prendre son tour de garde au chevet de l’ami qui régna sur son enfance et sa jeunesse.
De retour dans la bourgade assoupie, restée le territoire du charismatique et trouble Kérim, Charles, sous l’empire immédiatement réaffirmé de cette amitié cardinale, tente de tracer un chemin qui puisse être sien.
Sur les enjeux de l’engagement et les choix de l’âge d’homme dans un monde en guerre, dans une époque qui a confisqué le sens de l’histoire, de l’aventure et de l’héroïsme, Seul, invaincu est le chant déchirant d’une bataille intérieure patiemment délivrée du passé.

“Ça reste une énigme pour moi, l’amitié : voyez à quel point ce lien paraît actuel, dénué d’obligation, c’est terriblement flexible et ça n’impose rien, surtout pas, et puis voyez de quelle façon les codes militaires se fondent tout entiers sur la camaraderie (sans ça, c’est toute l’organisation militaire qui s’effondre), comment l’entreprise et la publicité l’utilisent, presque autant que le sentiment amoureux, pour parvenir à leurs fins… Voyez en quoi cela semble consister : ne jamais connaître personne, être seuls ensemble… On sait pourtant que c’est honorable aussi, l’amitié, à l’adolescence on ne voit plus que ça, les pauvres bien souvent n’ont plus que ça, on sent bien que, comme la vertu, elle a ses propres récompenses, c’est une relation des plus improbables, des plus fragiles quand on y pense, qui fonde néanmoins des partis, des expériences uniques, des complots, c’est le début de la politique… Il y a quelque chose de gratuit là-dedans, quelque chose d’un don de soi et aussi d’irréductible, malgré les frustrations qu’elle entraîne, Proust l’écrivait déjà, elle porte invariablement sur les nerfs, peut-être parce qu’elle ne se donne pas de but véritable, et puis elle cesse d’elle-même, brusquement, le plus souvent, sans raison précise, sans drame… Elle est plus sensible que l’amour au temps qui passe… Elle demeure tout de même, elle fait partie de nos plus beaux souvenirs, des plus durables… On avait réussi à se rendre, un peu, hors de soi…
Dans Seul, invaincu, deux amis d’enfance se retrouvent, après des années de séparation, parce que l’un d’eux est tombé gravement malade, mais tout marche de travers, alors même qu’ils ne peuvent se passer l’un de l’autre… Et le combat commence. Leur amitié est comme une bataille toujours recommencée, je crois que toutes les relations valables le sont, des batailles rangées avec leurs chocs, leurs armistices, leurs stratégies d’évitement, leurs célébrations… Leurs retraites également, et leurs défaites, encore qu’il n’est pas certain que l’amitié permette cela, la défaite, la victoire… Ou alors il y a un prix à payer, un prix important… Qui acceptera de céder, qui prendra le dessus ?”

L.M

Seul, invaincu

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