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Quand arrive la pénombre


Un enfant chétif sous la coupe de nonnes sadiques, un assassin venant à confesse se confier à sa prochaine victime, un voleur littéralement aspiré par le tableau qu’il s’apprête à dérober, ou encore un tueur à gages qui n’aime rien tant que le méli-mélo de danger, de mystère, de petites filles et d’aventure… : autant d’histoires qui, plutôt que décrire des scènes ou investir des lieux, se focalisent sur des situations singulières, sur des actes répréhensibles et sur la noirceur des âmes. Les protagonistes – tous des hommes, c’est à noter – sont pris par une rage irréductible, une passion dévorante ou un extravagant fatalisme. Leur conduite est dénuée de tout aspect dramatique. Ils tuent des épouses, des ennemis, des inconnus, des fillettes buvant du lait chocolaté… pour simplement balayer une complication domestique.

Avec la virtuosité qu’on lui connaît, Jaume Cabré décline changements d’optique et ruptures de temps pour orchestrer une machinerie minutieuse qui place le lecteur dans la très délicate situation de voyeur. Impossible ici de trouver la moindre justification à l’exercice du mal, tout l’art de l’auteur consistant précisément à nous le rendre effroyablement ordinaire.

janvier, 2020
11.50 x 21.70 cm
272 pages

Langue : catalan
Edmond RAILLARD

ISBN : 978-2-330-13044-2
Prix indicatif : 22.00€



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Cabré aime aussi à se lancer dans de brefs récits, secs comme des coups de trique, aux protagonistes limités, filant vers l’essentiel à travers une épaisseur temporelle suggérée sans être explorée. (…) Une fois de plus, le derviche tourneur Cabré s’interroge sur le mal, son modus operandi et son univers mental ; le passage à l’acte à la fois insondable et simple comme bonjour. 

Antoine Perraud, LA CROIX

Mises en abyme, échos, jeux sur le double, Jaume Cabré déploie toute sa virtuosité pour offrir au lecteur un panorama de la banalisation du mal. 

Aline Sirba, ON L'A LU

Comme Voyage d'hiver, ce nouvel opus est bien ficelé : des personnages croisés au début du recueil reviennent vers la fin, et un subtil système d'échos traverse l'ensemble, installant le lecteur dans une architecture qui séduit par sa complexité. Une incitation renouvelée à découvrir l'œuvre romanesque.

Didier Garcia, LE MATRICULE DES ANGES

Conteur virtuose capable de jouer du contre-pied, Jaume Cabré ne hausse jamais le ton et s’amuse à pousser le bouchon toujours un peu plus loin. Le résultat s’avère aussi glaçant que réjouissant.

Alexandre Fillon, LE FIGARO LITTÉRAIRE

Cabré, (…), confirme par ailleurs ici sa capacité à faire résonner les différentes nouvelles entre elles, comme il l’avait déjà réussi dans Voyage d’hiver (…), par de plaisants jeux d'échos, et à faire des œuvres d’art qu’il met en scène de passionnants prolongements de la vie terrestre. 

Ariane Singer, LE MONDE DES LIVRES

Cabré semble avoir appris l’art de la nouvelle à l’école des Borges et Bioy Casares. Moins métaphysicien, plus soucieux d’efficacité narrative que le duo argentin, il excelle à assembler de petites machines infernales qui font, avec une sorte de gaîté macabre, voler en éclat logique, morale, lois du récit... Cabré est un terroriste de la nouvelle, et, plus généralement, tout le recueil est une variation, espiègle et virtuose, sur les liens entre l’art et le crime.

Damien Aubel, TRANSFUGE

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