Nos anges | Actes Sud
Actes Sud Littérature
Domaine français

Février, 2014 / 11,5 x 21,7 / 192 pages


ISBN 978-2-330-02752-0
prix indicatif : 19, 00€


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Nos anges

Jean Baptiste PREDALI

Ce matin-là, un employé municipal, Augustin, découvre un nourrisson sur la décharge publique d’un quartier de Borgu-Serenu. Dans ce faubourg déshérité où l’on prie Notre-Dame de la Miséricorde et raille avec volupté la police, l’ange miraculé s’installe bientôt dans les conversations, chacun commentant avidement le mystère de cette apparition. Tandis que l’événement attise la curiosité de la presse, la justice diligente une enquête que les solidarités ancestrales à l’oeuvre au sein de la petite communauté locale ne tardent pas à condamner à l’échec.
Loin de la ville qu’il a fuie le jour même, Augustin dresse, dans son refuge, l’amer bilan du combat indépendantiste auquel il a dédié sa vie : vingt ans ont passé et les ardents jeunes hommes jadis voués à la cause ont sombré dans la violence gratuite ou de mortifères luttes intestines. Pour le vieux militant comme pour le substitut du procureur ou les journalistes, également dépassés, l’enfant abandonné semble, de son anonyme main innocente, être venu désigner les plaies mal refermées et les abcès de fixation auxquelles un État impuissant et des institutions nécrosées sont incapables de porter remède.
Mais ce roman incantatoire construit comme un palimpseste fait avant tout entendre le chant douloureux qui monte de ceux qu’une faillite collective condamne à subir leur existence de vivants sur le mode d’une autopsie permanente de tous leurs rêves de rédemption.

"J’imagine cette île parcourue de voix, affolée par des cris et des pleurs. Ceux-là sortaient d’un journal : une nouvelle effrayante, inédite, un nourrisson trouvé dans une décharge. D’autres rumeurs de tragédie rôdaient, dans la rue et en famille les conversations finissaient toujours par un décompte de meurtres et de morts. Des amis de vingt ans s’entretuaient. Qui pouvait comprendre ? Plus tard, j’ai commencé à écrire, tout est revenu de ces temps de troubles. J’ai poursuivi en tentant d’explorer ce tourment.

Dans ce livre, il y a une enfant sauvée par hasard et un homme qui se perd, des vieilles femmes qui regardent et commentent avec des accents de choeur antique, des voyous aux aguets. Un juge et des journalistes égarés viennent imposer leurs raisons et se heurtent à la déraison de l’île. Les mémoires, les mots, les silences et les destins s’entrecroisent. En les évoquant, j’évoque aussi un lieu sans cesse entouré de paroles, pris dans « l’actualité », objet de discours. Je peux nommer ce lieu : la Corse. J’avais entrepris de dire quelque chose de son histoire récente dans Une affaire insulaire.

Avec Nos anges, j’ai poursuivi ce cycle jusqu’à son terme : fin d’un siècle, d’une époque, faillite des engagements et des combats passés."

J.-B. P.

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