Les Oiseaux morts de l'Amérique | Actes Sud
Actes Sud Littérature
Domaine français

Janvier, 2018 / 11,5 x 21,7 / 224 pages


ISBN 978-2-330-09246-7
prix indicatif : 19, 00€


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Les Oiseaux morts de l'Amérique

Christian GARCIN

Las Vegas. Dans les anfractuosités des confins de la ville, vivotent une poignée d'humains rejetés par les courants contraires aux marges de la société, les pieds dans les détritus de l'histoire, la tête dans les étoiles. Parmi eux, Hoyt Stapleton, qui voyage dans les livres (poésie, SF) et dans le temps. À la reconquête patiente et défiante d'une mémoire muette, d'un langage du souvenir.
En arpentant les grands espaces de l'oubli, Christian Garcin signe un envoûtant roman américain qui fait migrer Beckett chez Russell Banks.

« QU’EST-CE QUE LE PASSÉ ? Le modifions-nous en le revisitant ? Quels souvenirs oubliés ont fait de nous ce que nous sommes ? Nous est-il jamais arrivé de nous tenir à côté de l’enfant que nous avons été, et de lui chuchoter quelques mots à l’oreille pour qu’il puisse se souvenir, plus tard, de cette scène ?

C’est en faisant des recherches, pour un roman précédent, sur les molesmen, ces milliers d’hommes et de femmes qui vivent dans les sous-sols du métro de New York, que j’en ai rencontré d’autres, pour la plupart des vétérans des guerres d’Irak et d’Afghanistan, qui vivaient par centaines dans les tunnels d’évacuation des eaux de Las Vegas. Et c’est en me rendant là-bas que je les ai vus : ils faisaient l’aumône sur le Strip, au milieu des paillettes et du fric qui dégoulinait, assis sur de petits tabourets ou à genoux sur le trottoir, engloutis dans le flot des passants qui passaient sans les voir. Le soir ils réintégraient leurs tunnels, en périphérie. Quelles avaient été leurs vies ? Leurs enfances ? Quels enfers avaient-ils côtoyés ? Ces questions, j’aurais pu me les poser partout ailleurs, en France, en Angleterre, en Russie – je me les suis posées, d’ailleurs, dans un roman publié il y a longtemps. Partout ailleurs j’aurais pu m’interroger sur ces destins brisés qui peuplent notre monde urbain. Mais j’étais à Las Vegas, et le contraste était particulièrement saisissant. J’ai alors pensé à un vieil homme, un ancien du Viêtnam, un « rat des tunnels », comme on les appelait, un de ceux qui risquaient leur vie dans les étroites galeries qu’occupaient les combattants viêt-côngs. Et j’ai imaginé cet homme, un vieillard à présent, qui vivrait dans d’autres galeries en ayant oublié des pans entiers de son passé – lequel un jour se manifesterait à nouveau, et dénouerait peu à peu les fils qui lui manquaient. Le roman est né de tout cela. C’est une histoire d’anamnèse sur fond de guerre, de tunnels, d’amours perdues et de fraternité.”

 

C. G.



Sean James Rose, Livres Hebdo

« Christian Garcin est un écrivain voyageur mais son véritable voyage est intérieur, littéraire, esthétique, il revient ici avec un formidable roman, « américain » mais mâtiné de théâtre de l’absurde et de vertigineuses ruptures spatio-temporelles façon L'invention de Morel de Bioy Casares.  »


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