Le ministère des sentiments blessés | Actes Sud
Actes Sud Littérature
Lettres indiennes

Novembre, 2018 / 12,5 x 19,0 / 80 pages

traduit de l'anglais (Inde) par : Bee FORMENTELLI
ISBN 978-2-330-11421-3
prix indicatif : 13, 50€


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Le ministère des sentiments blessés

Altaf TYREWALA

Brutale, rapide, furieuse, portée par une énergie lyrique qui semble épouser celle-là même de Mumbai, tendue d’ironie, cette chronique en vers, inclassable et parfois irrésistiblement drôle, emporte le lecteur d’un moment à l’autre, d’un milieu à l’autre, d’un sujet à l’autre, tressant mille histoires.
Qu’il s’agisse de la circulation délirante à Mumbai, “carambolage monstre près de la côte”, des demi-gobelets de chai à quatre sous, des Intouchables, de la prostitution, des trains de banlieue à une heure de pointe ou de l’extrême difficulté à se loger, ces histoires qui prennent à bras le corps toutes les réalités d’une grande métropole, même les plus triviales, sont travaillées d’images saisissantes et contées sur un rythme obsédant, proche du slam. L’écriture à l’œuvre, soucieuse avant tout de ce qui est, associe prose et poésie et entend participer aux registres les plus opposés du réel.
Mais entre les fragments du sauvage désastre sourd une compassion qui, plus encore que révolte ou colère, ne peut qu’éveiller chez le lecteur le sentiment d’une urgence tant éthique que politique, vrai message de cette vision du terrible et mystérieux aujourd’hui.



Jean-Claude Perrier, Livres Hebdo

« Bien qu'habitant aux États-Unis (New York, puis Dallas), Tyrewala ne cesse de revenir, dans son écriture, à sa ville natale, y compris de manière surprenante : ici une « chronique poétique » qui coule comme un torrent impétueux provoqué par la mousson, et charrie avec lui une masse de boue, d'immondices, de personnages (de corps), dressant ainsi un état des lieux à la fois terrible, féroce et drolatique. Alors, s'adressant à un « tu » resté vivre sur place, et dont on ignore tout, Tyrewala se lance dans un grand jeu de massacre, qui n'épargne pas grand-chose, ni les dieux, ni les partis politiques renvoyés dos à dos, ni même le socle profond de l'Inde, menace par la globalisation. Le texte est truffé d'allusions, de jeux de mots, ce qui justifie amplement l'index de la fin.  »


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