L'anniversaire du roi | Actes Sud
Actes Sud Littérature
Domaine français

Janvier, 2016 / 11,5 x 21,7 / 288 pages


ISBN 978-2-330-05889-0
prix indicatif : 20, 00€


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L'anniversaire du roi

Marc TRILLARD

À trente-six ans, Victor-Vong, peintre métis à la grâce asiatique, ex-enfant chéri de l’art contemporain, est déjà au creux de la vague, éjecté du cercle de la jet-set parisienne pour lui avoir tendu un miroir trop ingrat. Mais son instinct de survie n’a d’égal que sa détermination.
Le voilà à Phnom Penh, ville de ses origines perdues, avec un projet oecuménique et consensuel imbattable : “Quatre-vingt-dix figures pour le roi”, une série de portraits en hommage au monarque Norodom Sianouk sur le point de fêter ses quatre-vingt-dix ans, idée brillante qui devrait lui gagner le soutien logistique et surtout matériel de tous les partenaires possibles – palais royal, université, ambassade, etc. Derrière le symbole, il s’agit pour V.V de financer son exil, le temps de voir venir jusqu’à la prochaine bonne idée, de se réinventer aussi.
Mais rien ne se passe comme prévu dans un Cambodge où le brasier de l’histoire crépite encore. Et tout en affrontant une succession de revers tragicomiques, Victor-Vong va devoir apprivoiser les séquelles de l’horreur du génocide – comme une langue maternelle oubliée.
Satire féroce du jeu de l’artiste et du système, L’Anniversaire du roi est aussi et surtout une réflexion aiguë sur la persistance du passé dans un pays dont les plus terrifiants fantômes sont bien vivants. Un roman stratège et plastique qui place le lecteur au coeur d’une expérience de la responsabilité. Avec une exactitude imparable, Marc Trillard y orchestre les noces amères de la passion et de la lucidité.

“Comme tout un chacun, j’ai vécu avec une certaine difficulté, pour employer un euphémisme, les deux grandes tragédies qui ont marqué la fin du siècle dernier, frappant d’abord l’ex-Yougoslavie, puis le Rwanda. À l’époque, nous avions les images et les dépêches d’agence et les rapports des ONG, nous savions et nous en avons été meurtris. Mais nous ignorions tout ou presque, vingt ans plus tôt, de ce qu’il était advenu au Cambodge entre 1975 et 1979.

Je me suis rendu une première fois dans ce pays voilà une douzaine d’années. Armé de ce que j’avais appris entre-temps de son histoire récente, puis confronté aux stigmates qu’avait laissés la « chambre d’horreur » des Khmers rouges – dans les regards et les témoignages de ceux qui en avaient réchappé, dans l’impitoyable exposition du mémorial du génocide –, j’ai été une nouvelle fois durement et durablement ébranlé.

Je suis revenu dans le Royaume khmer en 2012, poursuivi contre mon gré par le « Disneyland à l’envers » qu’avait imaginé le régime Pol Pot trente-cinq ans plutôt. J’ai trouvé alors, dans le personnage de ce peintre et l’entreprise qu’il conduisait, dans le procès en cours des responsables du génocide, la matière d’une histoire qui pourrait m’aider à comprendre ce qui répugne à la conscience. Peut-être aussi à me situer, en tant que membre de la communauté des hommes, face à cet inacceptable.

L’Anniversaire du roi se veut une modeste tentative de poursuivre la réflexion que propose le Si c’est un homme de Primo Levi, dont le titre sciemment ouvert laisse place à toutes les hypothèses, doutes et interprétations quant à la nature humaine.”

 

M. T.

L'anniversaire du roi

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