Clientèle | Actes Sud
Actes Sud Littérature
Domaine français

Janvier, 2018 / 11,5 x 21,7 / 208 pages


ISBN 978-2-330-09242-9
prix indicatif : 19, 00€


Où trouver ce livre ?
|

Ce livre existe également en version numérique

Clientèle

Cécile REYBOZ

Une avocate spécialisée en droit du travail reçoit ses clients, elle écoute leurs récits sincères ou mensongers, empreints de colère, d’effroi ou de panique, puis s’engage à leurs côtés. Face à l’échiquier du monde de l’entreprise qu’ils évoquent sous ses yeux telles des quilles sur le point de basculer, elle reconstruit, reformule et réclame en justice ce qui peut l’être. Mais cette juriste est singulière, son regard aiguisé et pragmatique se modifie une fois la porte de son bureau refermée. Le soir venu, à son tour elle devient la cliente d’un autre, une inconnue en quête d’un regard, d’un service ou d’une idée, d’un commerce ou d’un brin de liberté, de quoi changer le cours de l’instant, célébrer l’optimisme. Elle s’affaire à débusquer ce qui pourrait l’amener à se révéler tout à fait, bien au-delà de la robe noire.
Ainsi la narratrice emporte-t-elle le lecteur vers d’autres échappées.
Un ouvrage troublant de justesse et de violence, mêlées d’un optimisme farouche. La romancière, elle-même avocate en droit du travail, conjugue ici la réalité de son monde avec celui dont elle revendique de livre en livre la fantaisie salvatrice. Car les voies toutes tracées de la vie, celles de nos professions ou de notre intimité, semblent la laisser sceptique, comme si tout était une question d’enjambées, voire d’entrechats, pour franchir la rivière ou en dévier le cours par quelques rocailles.

« CE LIVRE EST L’ŒIL DE MON ÉTONNEMENT, de ma non-accoutumance à ce dont je suis témoin chaque jour dans mon métier. Devenue avocat en droit du travail – après avoir été longtemps salariée en entreprise –, mes clients sont aujourd’hui pour la plupart de modestes employés ou des cadres intermédiaires ; plus rarement, des cadres de direction. Mais tous licenciés ou craignant de l’être, traversant une tempête professionnelle, à la fois vindicatifs et pourtant terriblement dépendants de leur emploi, même s’ils ne savent plus en dire le sens ni l’utilité, même si le jargon et le process ont englouti leur métier.

Ce livre me permet d’approcher au plus près ces humanités malmenées, ces rencontres auxquelles je ne me fais pas au sens où elles me frappent, me laissent émue ou dubitative, parfois agacée, touchée en tout cas. Par l’état de panique de mes clients, leur stupeur, mais aussi leur foi docile dans l’Entreprise, et cette caricature d’eux-mêmes qu’ils sont devenus, à force. Réclamant à la justice ce qu’elle ne peut pas réparer, avec la mauvaise foi inhérente à leur douleur.

Mais il me fallait absolument montrer aussi qu’une fois mes journées terminées, à mon tour je devenais cliente. D’un service ou d’une idée, d’un commerce, d’une croyance. Comme chacun de nous, à mon tour de paraître inquiète, avide, pleine d’attentes trop vastes devant un bar, une boîte, une boutique ou une galerie d’art.

Et de là j’emmène le lecteur encore un pas plus loin, dans une autre quête, celle qui nous autorise à devenir un autre ou au contraire tout à fait soi, sans costume ni carte de visite. Explorations intimes, balades personnelles et universelles.

Mon roman se situe là, dans la composition de ces échos, dans la mise en regard de réalités matérielles avec des échappées vers ce que nous n’osons pas toujours vivre.

Entre ce que je perçois de nos limites et impasses, du carcan invisible de nos vies, et ce que nous détenons de fantaisie et d’audace pour en prendre le contre-pied, un passage se dessine. Un interstice qui m’est vital, où je me faufile pour écrire.’’

 

C. R



Dominique Baillon-Lalande, Encres vagabondes.com

« Sous sa couverture belle et pertinente illustrée d’un homme-marionnette, ce roman, entre naturalisme et introspection, par le biais du métier et de l’intimité de la narratrice, dénonce de façon incisive mais pleine d’humanité la violence de cette société du profit qui transforme les êtres, travailleurs ou clients, en produits. Cette autofiction nourrie d’une expérience professionnelle dans un secteur d’activité peu connu restituée avec autant d’acuité que d’humour et de sensibilité est passionnante. Sa construction filant l’intime au métier et la qualité de son style en font de plus une œuvre littéraire qui se lit avec émotion et plaisir.  »


Michel Nivoix, Entreprises magazine

« Toutes les facettes de l'être humain sont ici sublimement dépeintes.  »


Valérie Gans, Madame Figaro

« Troublant et totalement réjouissant.  »


Julie Coutu, (Blog) Julie à mi mots

« Côté pile le professionnel, côté face le personnel. Le roman avance à deux voix, et aspire, progressivement, questionne, inlassablement. Chez Cécile Reyboz, le monde est terriblement humain et fragile.  »


Aude Martin, Alternatives économiques

« Ce roman offre une critique originale et poétique de la violence des rapports sociaux contemporains.  »


François Marchand, Le Figaro Magazine

« La narratrice de ce très beau récit offre ainsi, du fond de son cabinet, un tableau très complet de la vie des bureaux, à laquelle vous ou vos enfants n'échapperez pas.  »


Florence Pitard, Ouest-France

« Pour Clientèle, Cécile Reyboz avait le poste d'observation idéal. Elle parvient à y rendre passionnante une matière jugée, à tort, peu excitante. Sous sa plume vive et pleine d’humour, le monde du travail apparaît, dans toute sa splendeur et sa décadence, des profils se dégagent.  »


Var Matin

« En deux temps, se construit un portrait du monde salarié français, ou nous sommes finalement tous clients d'un autre.  »


Valérie Zerguine, Serengo

« L'auteur, elle-même avocate spécialisée en droit du travail, connaît son sujet. Cependant, elle introduit une distance réjouissante qui transgresse la simple critique sociale et flirte avec la poésie. Un roman plein de fantaisie qui conjugue loi travail et nuit debout !  »


Sophie Joubert, L’Humanité

« Comme on retourne un gant, Cécile Reyboz fait le récit d’une vie à double face. Côté pile une humanité malmenée par le capitalisme libéral. Côté face les vertiges de la consommation, avec ou sans passage à l'acte, et l'observation lucide de la grande ville, une ruche ou s'ébattent des créatures toutes identiques, attirées par le même pot de miel.   Tissant naturalisme et introspection, Cécile Reyboz parvient à captiver avec des affaires bien moins romanesques et spectaculaires que les procès d'assises. Des histoires de licenciements économiques maquillés, de harcèlement moral ou de non-paiement d'heures supplémentaires, entendues dans les lieux impersonnels et reculés ou siègent les conseils des prud’hommes.  »


Association du méjan

Actes Sud newsletter

Inscription à la newsletter :

newsletter