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Chavirer



1984. Cléo, treize ans, qui vit entre ses parents une existence modeste en banlieue parisienne, se voit un jour proposer d’obtenir une bourse, délivrée par une mystérieuse Fondation, pour réaliser son rêve : devenir danseuse de modern jazz. Mais c’est un piège, sexuel, monnayable, qui se referme sur elle et dans lequel elle va entraîner d’autres collégiennes.

2019. Un fichier de photos est retrouvé sur le net, la police lance un appel à témoins à celles qui ont été victimes de la Fondation.

Devenue danseuse, notamment sur les plateaux de Drucker dans les années 1990, Cléo comprend qu’un passé qui ne passe pas est revenu la chercher, et qu’il est temps d’affronter son double fardeau de victime et de coupable.

Chavirer suit les diverses étapes du destin de Cléo à travers le regard de ceux qui l’ont connue tandis que son personnage se diffracte et se recompose à l’envi, à l’image de nos identités mutantes et des mystères qui les gouvernent.

Revisitant les systèmes de prédation à l’aune de la fracture sociale et raciale, Lola Lafon propose ici une ardente méditation sur les impasses du pardon, tout en rendant hommage au monde de la variété populaire où le sourire est contractuel et les faux cils obligatoires, entre corps érotisé et corps souffrant, magie de la scène et coulisses des douleurs.

août, 2020
11.50 x 21.70 cm
352 pages


ISBN : 978-2-330-13934-6
Prix indicatif : 20.50€



Où trouver ce livre ?

Lola Lafon excelle à décrire le corps dansant au travail, les coulisses du métier, l’envers du décor, pour révéler, derrière la performance et les paillettes, le mépris de classe et l’exploitation. La sueur et les larmes. 

Véronique Rossignol, LIVRES HEBDO

(…) la romancière n’en finit pas de démonter les rouages délétères de l’embrigadement et de la soumission à un autre si séduisant. La rançon cruelle d’une société marchande d’illusions clinquantes. 

François Lestavel, PARIS MATCH

Un roman-enquête, compassionnel et incarné.

Patricia Reznikov, LIRE LE MAGAZINE LITTÉRAIRE

Seuls les mots peuvent sauver. Ceux de Lola Lafon questionnent l'impossibilité du pardon, savent caresser aussi bien que crucifier une société célébrant la puissance et la gloire des gagnantes, mais qu'advient-il des femmes fragiles ?

Olivia de Lamberterie, ELLE

(…) un roman bien plus vaste et généreux qui plonge dans le quotidien d’une famille de la classe moyenne, s’immerge dans les coulisses des ballets de variétés des années 90 ou dans le militantisme de l’époque, et qui suit par témoignages interposés une femme silencieuse et pétrie de culpabilité avançant coûte que coûte...

Frédérique Roussel, LIBÉRATION

Chavirer (…) extrait un malheur singulier d’un silence pluriel.

Muriel Steinmetz, L'HUMANITÉ

Chavirer est un roman initiatique sur la lente sédimentation qui épaissit chaque existence. Il montre combien l’emprise et la délivrance sont des phénomènes minutieux qui procèdent d’une même accumulation de détails imperceptibles. Et porte un regard neuf sur la malléabilité des êtres, capable de les rendre tout aussi manipulables que résilients, et donc à la fois source de force et de faiblesse. Lola Lafon revendique le droit à la fragilité comme liberté suprême. Elle célèbre ainsi une énergie de résistance insoupçonnée, une ressource interne inépuisable. C’est sa forme d’engagement, personnelle et salutaire. 

Marine Landrot, TÉLÉRAMA

De la matière d’une fresque, Lola Lafon tire un récit intime, comme murmuré par une voix fatiguée. Sa phrase a la beauté cristalline des souvenirs de fêtes foraines, des lumières floues, des saveurs évaporées de pommes d’amour. 

Dans le tunnel de notre début de millénaire, la possibilité du pardon serait, avec la littérature, la danse ou la musique, une forme ultime d’optimisme. Une raison de croire encore en l’impossible.

Adrien Gombeaud, LES ÉCHOS WEEK-END

Écrit dans une très belle langue, à la fois travaillée et limpide, Chavirer évoque avec énormément de délicatesse, sans que les choses soient explicitement formulées, la manière dont une femme tente de se construire en portant en elle un tel traumatisme enfantin. 

Michel Paquot, L'AVENIR

Assurément l'un des grands romans de cette rentrée littéraire. 

Virginie Jannière, CNEWS MATIN

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