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Murène


Hiver 1956. Dans les Ardennes, François, un jeune homme de vingt-deux ans, s’enfonce dans la neige, marche vers les bois à la recherche d’un village. Croisant une voie ferrée qui semble désaffectée, il grimpe sur un wagon oublié… Quelques heures plus tard une enfant découvre François à demi mort – corps en étoile dans la poudreuse, en partie calciné.

Quel sera le destin de ce blessé dont les médecins pensent qu’il ne survivra pas ? À quelle épreuve son corps sera-t-il soumis ? Qu’adviendra-t-il de ses souvenirs, de son chemin de vie alors que ses moindres gestes sont à réinventer, qu’il faut passer du refus de soi au désir de poursuivre ?

Murène s’inscrit dans cette part d’humanité où naît la résilience, ce champ des possibilités humaines qui devient, malgré les contraintes de l’époque – les limites de la chirurgie, le peu de ressources dans l’appareillage des grands blessés –, une promesse d’échappées. Car bien au-delà d’une histoire de malchance, ce roman est celui d’une métamorphose qui nous entraîne, solaire, vers l’émergence du handisport et jusqu’aux Jeux paralympiques de Tokyo en 1964.


À l’origine du roman, l’image du champion de natation Zheng Tao jailli hors de l’eau aux Jeux paralympiques de Rio en 2016, qui flotte en balise cardinale parmi les remous turquoise. Je contemple l’athlète à la silhouette tronquée, son sourire vainqueur, sa beauté insolite. Autour, les gradins semi-vides minorent cette victoire. Je m’aperçois que j’ignore tout de l’his­toire du handisport, ce désir de conformité avec les pratiques du monde valide en même temps que d’affirmation radicale d’altérité, qui ques­tionne notre rapport à la norme. À travers le personnage de François, sévèrement mutilé lors d’un accident à l’hiver 1956, Murène en restitue l’étonnante genèse.

Mes romans s’attachent souvent à des per­sonnages en résistance, luttant obstinément contre les obstacles, dont ils viennent à bout. François est de ceux-là, seulement la volonté ne suffit pas. À une époque où balbutie encore la rééducation, et où l’appareillage ne parvient pas à compenser les manques de son corps, l’imagination est encore le plus puissant recours contre le réel, que François tente de plier à ses désirs.

Mais Murène est moins l’histoire d’un com­battant que d’un mutant magnifique : la trans­formation profonde d’une identité et d’un rapport au monde quand l’obstacle devient chance de métamorphose. Le handisport en sera l’artisan, qui substitue alors à l’idée de déficience celle de potentiel, une révolution du regard et de la pensée. Dans l’eau des piscines, François devient semblable aux murènes, créa­tures d’apparence monstrueuse réfugiées dans les anfractuosités de la roche, mais somptueuses et graciles aussitôt qu’elles se mettent en mou­vement.

L’œuvre d’Ovide évoque tour à tour les méta­morphoses punitives qui emmurent les êtres et celles qui les délivrent. François connaît l’une puis l’autre, l’impuissance face à la tragédie que l’existence lui impose, mais aussi et surtout une mutation patiente, solaire, qui l’ouvre à des possibles insoupçonnés.’’

V. G.

août, 2019
11.50 x 21.70 cm
384 pages


ISBN : 978-2-330-12536-3
Prix indicatif : 21.80€



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Dans une prose qui nous laisse sans voix, à la fois fluide et puissante, efficace et sensible, Valentine Goby nous parle d’espoir et de volonté, de tendresse et d’humanité. Son roman, dont on craint d’abord la frontalité dérangeante, nous emporte très vite dans un flot de sensations fortes.

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Roman grave à la narration époustouflante, le sujet du handicap est traité avec un réalisme brut et lyrique : une ode au dépassement de soi.

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Ce roman met le corps au cœur de la fiction. L'écriture quasi chirurgicale nous tient en apnée.

Johanna Finance (La Grande librairie, Arras), La Voix du Nord

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Hélène Trappo, L’infirmière magazine

Une histoire âpre, magnifiquement écrite. Un très beau livre qui entraîne vers les débuts du handisport et fait la bascule entre la vie d’hier et celle qu’on se choisit (ou qui nous choisit !) après un accident de vie.

Georges Grard, L'Handispensable

Une narration dense, ardente et immersive qui marquera d’empathie la rentrée littéraire.

Apolline Elter, L'Éventail

Avec un style puissant, l’auteure d’Un paquebot dans les arbres signe là encore un bouleversant récit de courage et de résilience.

Héloïse Rocca, Version Femina

Beauté du style, force du sujet, perfection vertigineuse de la narration, ce treizième livre de Valentine Goby kidnappe le lecteur sans échappatoire possible [...] Une fiction qui questionne le dépassement de soi et l'étincelle vitale rendant possible les miracles. Virtuose.

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Valentine Goby réussit une fresque d'un romanesque absolu : son récit charpenté, sensible, est un grand coup de fouet.

Muriel Fauriat, Le Pèlerin

Un texte d’une intensité rare et d’une belle humanité sur la chute d’un homme et son chemin vers la lumière.

Ariane Bois, Psychologies Magazine

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Claude Maine, Ouest-France

À travers l'épopée de ce personnage extraordinaire qui va participer à la création du handisport, c’est encore une superbe histoire de résilience que nous conte Valentine Goby de sa langue superbe.

Valérie Susset, L’Est Républicain/Le Républicain Lorrain/Vosges Matin

Murène est un hymne discret à la résilience, une épopée discrète et un grand roman.

Yaël Hirsch, Toutelaculture.com

Un roman émouvant où résonne mieux que jamais la promesse d’éclatantes revanches.

Emmanuelle George de la librairie Gwalarn (Lannion), Page des libraires

Un roman magnifique, lumineux qui vous prend au cœur.

Florence Dalmas, Le Dauphiné Libéré

Une écriture déterminée, extrêmement solaire.

Karine Henry, France Culture

Bien plus qu’un récit savamment documenté sur la naissance du handisport, ce roman écrit d’une plume nerveuse, sans concession à l’implacable réalité, est un hymne au courage de ceux qui défient le malheur.

Raphaëlle Coquebert, Ombres et Lumières

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Jérémy Chatet, Paris Normandie / Le Progrès de Fécamp

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