Eloge de la coïncidence | Actes Sud
Actes Sud Littérature
Le cabinet de lecture d'Alberto Manguel

Novembre, 2007 / 10,0 x 19,0 / 152 pages

traduit du portugais (Brésil) par : Michel RIAUDEL
ISBN 978-2-7427-7142-4
prix indicatif : 15, 30€


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Eloge de la coïncidence

Luiz SCHWARCZ

Panorama de rêveurs ordinaires, suspendus dans la grâce douloureuse de désirs inassouvis.
« Septième étage » : un pauvre petit garçon riche observe le monde depuis la fenêtre de son luxueux jardin d’hiver où sa mère reçoit quelques amies pour assister à des cours d’histoire de l’art. A la synagogue ou à l’opéra, il meurt d’ennui, seuls viennent le sauver les jeux prémonitoires auxquels il s’adonne dans la contemplation des scènes de rues.
« Acapulco » : le même (?) petit garçon feuillette l’album photo familial et se souvient du mois passé avec ses grands-parents lors du long séjour des parents en Europe, berceau d’une famille de juifs yougoslaves. Souvenirs très habilement entremêlés d’épisodes de la vie de John Weissmuller, l’inoubliable Tarzan, grand mythe de son enfance solitaire. Renommée et tragédie de l’homme singe racontées dans leurs moindres détails, années de formation d’un enfant d’exilés, environnement social d’une famille juive de la classe moyenne qui a fui les persécutions nazies et s’enracine au Brésil.
« La Bibliothèque » : récit aux échos borgésiens, un père signe un chèque en blanc à sa fille, qui veut étudier la littérature, afin qu’elle remplisse sa propre bibliothèque. Le don est assorti d’une seule exigence : qu’elle achète les 100 « meilleurs » livres qui existent. Ayant surpris son père caressant un des ouvrages, la jeune fille commence à remplir les étagères dans un étrange transfert d’identité et de vocation non assumées.
« Mots croisés » : la vie d’une vendeuse de confiseries dans un centre commercial qui croise le quotidien d’un professeur cinéphile littéralement obsédé par François Truffaut.
Sur une trame apparemment simple, l’auteur compose dans ce recueil un panorama de rêveurs ordinaires. Pas ou peu d’action autre que l’imagination, le détail du souvenir qui enclenche la merveilleuse machine à fiction pour raconter une histoire. Quelques-unes sont fortement inspirées de personnages réels, d’autres incontestablement autobiographiques et toutes sont écrites avec élégance, justesse et subtilité.
Luiz Schwarz sait saisir ce moment de grâce douloureuse où doucement l’on s’élance dans le rêve, on observe à distance, et on reste suspendu comme si jamais plus on n’allait toucher terre. Plaisir de rêves qui ne seront jamais réalisés.



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