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Cette brume insensée


Depuis sa maison en ruine aux abords de Cadaqués, Simon exerce le métier de “pourvoyeur officiel de citations”. Il vit chichement, ne comptant à la vérité qu’un seul client : son frère Rainer – connu sous le nom de Grand Bros –, qui s’est fondu depuis vingt ans dans l’anonymat new-yorkais. À l’instar de prestigieux prédécesseurs passés maîtres dans l’art du secret, l’auteur culte/occulte y a connu un immense et fulgurant succès.

Au prétexte de discuter héritage, à la suite de la mort de leur père, Rainer donne rendez-vous à Simon le 27 octobre 2017 dans une Barcelone enfiévrée par ses aspirations indépendantistes.

Mêlant avec bonheur emprunts, hommages, subterfuge et autobiographie, ce prodigieux roman orchestre les retrouvailles de ces duettistes qui, tout à leurs dissonances concernant la geste familiale ou le rôle de la littérature, se livrent à un ballet aussi facétieux que redoutable.

C’est dans le clair-obscur de cette “brume insensée” chère à Raymond Queneau que se situe le territoire d’Enrique Vila-Matas, auteur inclassable pour qui seul le roman et sa propension à se jouer du réel permettent une certaine mise à distance avec le sentiment tragique de la vie.

septembre, 2020
11.50 x 21.70 cm
254 pages

Langue :
André GABASTOU

ISBN : 978-2-330-13946-9
Prix indicatif : 21.80€



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Aussi Cette brume insensée est-elle tout cela à la fois. Un concentré lucide de doute et de foi, de désarroi et de joie, de clair et d’obscur. Avec un retournement final et un gros zeste d'humour qui rend la tragédie supportable. Et même délectable.

Florence Noiville, LE MONDE DES LIVRES

Allégorie biface du grand écrivain et de son médiocre alter ego finalement plus fin qu’il n’y paraît, roman psychologique et pathétique, qui sait entretenir savamment le mystère et le suspense, Cette brume insensée se présente également comme une réussite du récit postmoderne et de l’intertextualité.

Thierry Guinhut, BLOG THIERRY GUINHUT LITTÉRATURES

Manipulant les figures cachées de Thomas Pynchon ou Salinger, l’écrivain espagnol invite à une non-fiction avec le cap de Creus et Barcelone pour décors, comme un jeu de piste où serpente l’exercice de distanciation.

FOCUS VIF

Dans une très belle fiction, le grand Vila-Matas fait entendre les interrogations de l’écrivain aux prises avec les pièges et les enjeux du monde d’aujourd’hui.

Francine de Martinoir, LA CROIX

Roman d’une rare intelligence, Cette brume insensée vaut pour sa force de proposition, fait de vous une doublure qui doit s’inventer une vie romanesque.

LA VIDUITÉ

Sorte de métatexte construit en kaléidoscope, le livre se joue sans cesse de la vigilance des lecteur-trices, jusqu’à les faire douter de l’identité du narrateur et de l’auteur. (…). C’est aussi et d’abord un récit prenant, burlesque, la confrontation tragicomique de deux personnages éminemment romanesques que tout oppose, comme le jour et la nuit. (…) Un grand Vila-Matas qui rappelle les pouvoirs magiques de la littérature, quand c’est la réalité même qu’elle met au défi, entre métalangage et métaphysique.

Yann Perreau, LES INROCKUPTIBLES

Enrique Vila-Matas dresse le portrait fascinant et vertigineux d’un auteur aussi célèbre qu'invisible, qui pourrait bien être Thomas Pynchon himself.

Yann Perreau, LES INROCKUPTIBLES

Avec Cette brume insensée, Enrique Vila-Matas nous emmène dans un univers que l'on pourrait qualifier d’Oulipien.

ENCRES VAGABONDES

Avec ce nouvel opus, Enrique Vila- Matas (né en 1948) place plus que jamais la littérature au centre de son oeuvre romanesque. En en faisant à la fois le sujet de son roman et son personnage principal, il réalise un beau tour de passe-passe : transformer la littérature en fiction.

Didier Garcia, LE MATRICULE DES ANGES

Depuis trente ans et presque autant de livres, Enrique Vila-Matas poursuit une œuvre dont la cohérence est la beauté ne se sont jamais démenties ; une œuvre dont, d’une certaine façon presque Borgesienne, la cohérence est la beauté. (…). Son nouveau roman, Cette brume insensée, est à la fois l’un des plus complexes, ce qui ne doit pas décourager le lecteur, bien au contraire, et des plus essentiels de tous ceux qui l’ont précédé. 

Olivier Mony, LIVRES HEBDO

Enrique Vila-Matas jubile dans ce roman foisonnant qui pétille d’intelligence et d’érudition tout en invitant une graine de folie sans qui, du style au rythme, de la musique à l’action, un roman ne serait pas ce qu’il est : un pur plaisir d’évocations. 

François Xavier, SALON LITTÉRAIRE

Fidèle à ses obsessions, le maître espagnol s’amuse du néant globalisé en multipliant chaussetrapes littéraires et hommages à certains de ses auteurs fétiches : Beckett, Pynchon, Queneau. 

Didier Jacob, L'OBS

Écrire ou ne pas écrire, telle est la question, mais aussi lire ou ne pas lire. « Parce qu’il y avait chez tout lecteur, ajouta Rainer, une petite voix qui lui disait tout bas à propos de tout ce qu’il lisait, aussi extraordinaire que fût la lecture : Et alors ? » Tous les textes d’Enrique Vila-Matas tâchent de répondre à cette question.

Mathieu Lindon, LIBÉRATION

Cette brume insensée est un fier hommage aux écrivains, à la littérature et à ses immenses pouvoirs magnétiques.

Alexandre Fillon, LES ÉCHOS WEEK-END

Tel un prestidigitateur qui nous aurait faussement dévoilé ses secrets, il joue à nouveau à brouiller les frontières entre vie et littérature. 

On y redécouvre sa posture typique, un peu comédien, un peu cabotin, prince de l’ironie, jamais à court d’une référence littéraire, prodigue en aphorismes impénétrables. (…). Accrochez-vous donc , au moment d’entrer dans le labyrinthe, à cette devise boussole consolante, tirée d’un autre roman de Vila-Matas, Mastroianni-sur-Mer : « Ne rien comprendre est une porte qui s’ouvre. » 

Bernard Quiriny, LIRE LE MAGAZINE LITTÉRAIRE

Le grand écrivain espagnol libère les pouvoirs magiques de la littérature, entre métalangage et métaphysique, pour défier la réalité même. 

LES INROCKUPTIBLES

Ludique et grave, Cette brume insensée est une nouvelle réussite. 

Il y a un charme, au sens le plus ésotérique du terme, à l’œuvre dans le dernier Vila-Matas. On y entre comme en terrain familier, mais on s’y égare comme dans un territoire inconnu. On a déjà vu ces reliefs, et pourtant c’est encore le vertige de la première fois qu’on a lu Le Mal de Montano qui nous prend. 

Damien Aubel, TRANSFUGE

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