A l'est de la Méditerranée | Actes Sud
Sindbad
La Bibliothèque arabe

Avril, 1985 / 14,0 x 22,5 / 208 pages

traduit de l'arabe (Arabie saoudite) par : Kadhim JIHAD HASSAN
ISBN 978-2-7274-0113-1
prix indicatif : 17, 10€


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A l'est de la Méditerranée

Abdul Rahman MOUNIF

 
Après cinq ans d'emprisonnement et de tortures, Rajab a craqué. Remis en liberté, il est incapable de reprendre goût à la vie, tout à la fois miné par la maladie, hanté par les épreuves subies et plus encore par le souvenir de sa "chute". Destin tristement banal, dira-t-on. Certes. Sur cette trame en apparence bien mince, Abdul Rahman Mounif a pourtant construit, à l'échelle de l'individu comme de la famille, un tableau édifiant de la répression dans un pays arabe. Car, à travers la dérive de son héros, A l'Est de la Méditerranée nous montre, de proche en proche, toute une société encagée. Rajab a craqué. Et dans cette fêlure se dévoile la dissolution du lien social. C'est là tout le sens de ce journal à deux voix qui compose le roman. Deux voix : juxtaposée à la méditation solitaire et amère de Rajab, il y a celle d'Anissa, sa soeur. Dans le miroir qu'elle lui tend, trois défections féminines qui laissent le prisonnier désarmé : celle de la mère, morte d'avoir trop attendu ; celle de Houda, la fiancée lasse d'attendre ; enfin celle d'Anissa elle-même, mi-mère, mi-amante, et pourtant ni l'une ni l'autre. Là où la mère murmurait de tenir bon, la soeur incite à céder. Et il cède... La boucle est bouclée ? Non, car cette protestation étouffée, renouvelée et encore étouffée, ne s'ouvre pas sur des perspectives de changement. Ecrit dans un style dépouillé, A l'Est de la Méditerranée baigne jusqu'à la fin dans un noir pessimisme, terriblement souligné par la lancinante évocation des tortures.



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