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Boussole



La nuit descend sur Vienne et sur l’appartement où Franz Ritter, musicologue épris d’Orient, cherche en vain le sommeil, dérivant entre songes et souvenirs, mélancolie et fièvre, revisitant sa vie, ses emballements, ses rencontres et ses nombreux séjours loin de l’Autriche – Istanbul, Alep, Damas, Palmyre, Téhéran… –, mais aussi questionnant son amour impossible avec l’idéale et insaisissable Sarah, spécialiste de l’attraction fatale de ce Grand Est sur les aventuriers, les savants, les artistes, les voyageurs occidentaux.

Ainsi se déploie un monde d’explorateurs des arts et de leur histoire, orientalistes modernes animés d’un désir pur de mélanges et de découvertes que l’actualité contemporaine vient gifler. Et le tragique écho de ce fiévreux élan brisé résonne dans l’âme blessée des personnages comme il traverse le livre.

Roman nocturne, enveloppant et musical, tout en érudition généreuse et humour doux-amer, «Boussole» est un voyage et une déclaration d’admiration, une quête de l’autre en soi et une main tendue – comme un pont jeté entre l’Occident et l’Orient, entre hier et demain, bâti sur l’inventaire amoureux de siècles de fascination, d’influences et de traces sensibles et tenaces, pour tenter d’apaiser les feux du présent.


“Interroger la frontière. Essayer de la comprendre, dans ses flux, ses reflux, sa mobilité. La suivre du doigt. Plonger la main dans le courant de la rivière ou la saignée du détroit. La parcourir avec ceux qui l’ont explorée, voyageurs, poètes, musiciens, scientifiques. En relever les traces, les cicatrices anciennes ou les interactions nouvelles. Entrevoir tour à tour sa violence et sa beauté. Exhumer des passions oubliées et des échanges enfouis, reprendre des dialogues parfois interrompus. Tenter humblement de recenser les marques de cette passion, de ce qui se joue entre soi et l’autre, entre Les Mille et Une Nuits et À la Recherche du temps perdu, entre L’Origine du monde et un pasha ottoman, entre le chant du muezzin et des lieder de Szymanowski.

J’ai été ce qu’on appelait autrefois un orientaliste. J’ai étudié l’arabe et le persan à l’Institut des langues orientales. Comme mes personnages, j’ai parcouru l’Égypte, la Syrie ou l’Iran. J’ai essayé de reconstruire cette longue histoire, celle de l’amour de l’Orient, de la passion de l’Orient, et des couples d’amoureux qui la représentent le mieux : Majnoun et Leyla, Vis et Ramin, Tristan et Iseult. Sans oublier ce qu’il peut y avoir de violent et de tragique dans ces récits, de rapports de force, d’intrigues politiques et d’échecs désespérés.

Ce long voyage commence à Vienne et nous amène jusqu’aux rivages de la mer de Chine ; à travers les rêveries de Franz et les errances de Sarah, j’ai souhaité rendre hommage à tous ceux qui, vers le levant ou le ponant, ont été à tel point épris de la différence qu’ils se sont immergés dans les langues, les cultures ou les musiques qu’ils découvraient, parfois jusqu’à s’y perdre corps et âme.’’

M. E.

août, 2015
14.50 x 24.00 cm
400 pages


ISBN : 978-2-330-05312-3
Prix indicatif : 21.80€



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Imaginons que le monde se déplie comme une carte, un mouchoir, un divan. Que ce monde se conçoive, s'expose, se détermine, se manifeste disons, simplement, qu'il se déploie selon sa malicieuse fantaisie, sa temporalité singulière.
Ensuite, que l'univers crée se retrouve dans un livre intitulé Boussole de Mathias Enard. Notons que cet unviers est une monade, ouverte aux flux et reflux temporels, l'estran à lui seul charriant quantité de coquillages littéraires laissés sur la grève à bon escient. (...) Boussole oriente rétroactivement le lecteur désorienté en un va-et-vient incessant de fileuse aguerrie.

Shoshana Rappaport-Jaccottet, La Quinzaine Littéraire

Un petit chef d'œuvre qui se situe nettement au-dessus du niveau, pourtant honorable, de cette rentrée littéraire.

L'érudition de Mathias Enard s'avère illimitée, bluffante sans être condescendante, uniquement tournée vers la beauté, celle qui fait jaillir les larmes ou qui élève l’âme vers des émotions insoupçonnées.

Juxtaposée à une langue puissante, fouillée, documentée qui n'exclut pas quelques ruptures grivoises, elle confirme  l'auteur de « Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants » comme l'un des grands écrivains contemporains.

Béatrice Arvet, La Semaine

Boussole est une somme imposante, foisonnante et passionnante sur l'orientalisme, un conte des Mille et Une Nuits sur les mille et une manières dont l'Orient a révolutionné l'art, les lettres et la musique . Un auteur hors norme. Il est bien le neveu de Balzac.

Grégoire Leménager, L’Obs

Des écrivains intelligents, ça se trouve. Des érudits, déjà moins. Des ambitieux, il n'y en a pas des bottes - je ne parle pas de ceux qui courent après la notoriété, ils pullulent, mais de ceux qui croient après Calvino que "la littérature ne peut vivre que si on lui assigne des objectifs démesurés, voire impossibles à atteindre". Mathias est tout ça.

Olivier Rolin, cité par Grégoire Leménager dans L'Obs

Roman total, époustouflant d’érudition mais aussi bouleversant d’humanité […], Boussole fait l’éloge à la fois de la curiosité intellectuelle et des hommes et des femmes à tel point épris de la différence qu’ils se sont immergés corps et âme dans les civilisations qu’ils découvraient.

Isabelle Falconnier, L’Hebdo

[Un] style magnifique aux volutes proustiennes.

Jean-Marie Gavalda, Midi Libre

Boussole prend très rapidement une envergure sidérante, enchâssant les récits pour mieux provoquer l'ivresse du lecteur.

 

C'est un roman où le fond a invoqué la forme, jusqu'à devenir une grande œuvre surpuissance et en perpétuel mouvement.

Hubert Artus, Marianne

L'insomnie d'un musicologue entre l'amour pour une femme toujours absente et un Orient réduit en miettes? Une œuvre riche et exigeante. Nous reprochons ici suffisamment aux écrivains de manquer de souffle littéraire et de refuser la confrontation au réel. Ce n'est pas le cas d'Enard. Une véritable littérature. Un observateur, non pas seulement du monde rêvé, mais du monde tel qu'il est – admirable et dégueulasse.

Maurice Szafran, Challenges

Un livre qui illumine le temps présent.

Robert Guino, La Montagne

Ce récit ressemble a une dérive sur une mer de savoir et de culture, on s’y laisse porter par le plaisir d’apprendre et de découvrir. Et même si, parfois, la direction nous échappe, la traversée reste bien belle.

Jérôme Carron, Point de Vue

Mathias Enard est sans conteste le plus grand styliste de sa génération. (...) Mathias Enard a mis dans cette histoire sans fin sa vaste culture et sa sensibilité qui en font un des meilleurs connaisseurs d'un Orient qui commence aux portes de Vienne.

Antoine de Tarlé, Etudes

Un prodigieux exercice d’érudition.

Dans ce roman encyclopédique, Enard fait entrer un monde et ouvre quantité de portes à la connaissance.

Cédric Petit, Le Soir

C'est l'un des plus beaux livres de l'année. (...) roman somptueux. (...) Grandiose !

François Busnel, L'Express

II faut mériter Boussole mais on reste pantois devant tant de connaissances. Ce n’est pas Wikipedia, c’est une vraie science au service d'une belle et grande écriture classique. (...) Cette grande ode mélancolique à I’Orient et aux liens entre Occident et Orient vient en contrepoint aux horreurs de I’actualité.

Guy Duplat, La Libre Belgique

Mais Mathias Enard ne fait pas de la littérature de voyage – il voyage dans la littérature. Son roman s'enroule, comme une volute de fumée d'opium, d'un récit à l'autre. Et sa parole, tout aussi fluide et dense, circule avec la même aisance d'un thème à l'autre. Et on le suit en se disant que, finalement, c'est moins un conteur qu'un caravanier. Un de ces hommes qui convoient de vastes richesses, connaissent mille et une pistes et, en colporteurs avisés, savent tout de leurs marchandises. Avec lui, l'Orient n'est pas un désert, mais une oasis infinie.

Damien Aubel, Transfuge

Hypnotique. Mathias Enard nous enivre des beautés presque disparues. (...) roman fascinant.

Laurent Borderie, Le Populaire

Un Himalaya d'érudition et peut-être le plus beau suspens amoureux de cette rentrée. Sélectionné pour le Goncourt, si cela ne tenait qu'à moi je lui donnerai ce prix, sans hésiter. Un livre exceptionnel. Mathias Enard, l'un des géants de sa génération. Une œuvre riche et exigeante.

Bernard Lehu, RTL

Boussole est un livre passionnant, drôle et terriblement triste, mais ce n'est pas un roman. Comme Shéhérazade raconte des histoires pour ne pas mourir, Enard raconte mille et un contes de son Orient de rêve, pour retarder un peu sa disparition. Et tant que le livre n'est pas fini, l'envoûtement continue.

Marguerite Baux, Elle

Une œuvre puissante. L'un des meilleurs romans de la rentrée littéraire.

Pascal Saloaetjmi, L'Est Républicain

Boussole, un roman foisonnant, déroutant, rêveur et encyclopédique.

Eléonore Sulzer, Le Temps