Jardins et paysages de l'Antiquité (vol. I) | Actes Sud
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Actes Sud Histoire

Novembre, 2008 / 22,0 x 28,0 / 224 pages


ISBN 978-2-7427-7827-0
prix indicatif : 42, 60€


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Jardins et paysages de l'Antiquité (vol. I)

Mésopotamie - Egypte

Aude GROS DE BELER
Alain RENOUF
Bruno MARMIROLI

Le jardin, qu’il soit verger, espace de cultures de plantes potagères, cour de temple, jardin palatial ou privatif, est un espace clairement délimité, où un savoir-faire technique est mis au service d’un idéal. La projection symbolique témoigne du souhait de recréer un paradis originel, d’asservir le règne végétal, de montrer de manière ostentatoire sa fortune ou de s’attirer la bienveillance des dieux. Elle se matérialise au travers de réalisations de différentes échelles, depuis les parcs jusqu’aux espaces intimes des patios, toutes réunies sous le vocable de “jardin” dont la mise en œuvre est directement issue de l’origine agricole des cultures et d’une conscience du divin.
Avant de franchir l’enceinte du lieu et d’en expliciter les arcanes qui règlent son contenu, nous devons nous interroger sur son origine et sur les raisons qui conduisent, à l’aube naissante des grandes civilisations, à l’apparition d’un espace consacré, fortement inscrit dans l’articulation de cités qui représentent une nouvelle forme d’organisation sociale. A ceci se superposent la maîtrise des techniques et l’apparition des premiers cultes ; ces facteurs d’évolution se mettent en place au Proche-Orient autour de la période néolithique et servent de piliers fondateurs aux jardins de l’Antiquité.
Situé à la charnière d’une double contrainte, celle de réaliser, en utilisant la terre, l’eau, les outils et les végétaux, un espace réel et clairement défini retraçant un désir symbolique ou sacré, le jardin ne nous est parvenu que sous la forme de représentations ou de narrations, elles-mêmes teintées de symbolisme et imprégnées des canons artistiques en vigueur dans les différentes civilisations. Ici point – ou peu – de vestiges archéologiques : les végétaux n’ont pas survécu aux affres du temps et les différents ouvrages mis en œuvre dans l’espace “jardin” ont souvent disparu. Seuls subsistent les éléments massifs (structures hydrauliques, canaux et murs d’enceinte), qui nous informent de l’ampleur des réalisations.
Il n’est pourtant pas impossible de dresser un aperçu de ce que fut la genèse du jardin en Mésopotamie et en Egypte. A mi-chemin entre l’idéal et le matériel, la promenade dans les jardins de l’Antiquité nous entraîne dans un espace empreint de sacré qui, au-delà de la culture des végétaux et la maîtrise technique, pose les bases d’un rapport au paysage et à la nature qui continue de nous inspirer. Plus de trois mille ans avant notre ère, les rives du Tigre et de l’Euphrate vont servir de cadre à l’apparition d’un espace de plantation jusque-là inconnu, un “enclos de fête”, qui poursuit sa maturité au bord du Nil, subit de multiples influences orientales avant de franchir la Méditerranée et de rejoindre la Grèce, puis l’Italie romanisée.



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