Alaa El Aswany | Automobile Club d'Égypte

    Extraits de presse

    « Être écrivain a toujours été le rêve de ma vie. La littérature était omniprésente à la maison. Je disais souvent que nous étions quatre à vivre sous le même toit : mon père, ma mère, l'écriture et moi. »

    Alaa El Aswany, Télérama, propos recueillis par Yasmine Youssi

    « Chaque romancier porte en lui des mondes romanesques, et celui de l'Automobile club où je me rendais avec mon père, qui en était l'avocat, en est un pour moi. À la fin des années 60, j'y rencontrais des serviteurs, des cuisiniers du roi encore bien après la révolution pour l'indépendance, et ce monde qui a vécu est, à un certain moment, sorti de moi. En changeant de temps et de lieu, le romancier doit être capable de soulever les mêmes questions humaines, or j'ai retrouvé dans celles qui se posaient alors à l' Égypte celles que pose actuellement la révolution.  »

    Alaa El Aswany, Le Point, propos recueillis par Valérie Marin La Meslé

    « Le roman est par nature engagé. Je sais que l’engagement semble dangereux pour l’art, mais la littérature est par nature une des formes artistiques des valeurs humaines. On écrit des romans pour défendre la liberté humaine. Je ne me considère pas comme une figure politique, mais je suis un romancier qui croit que son rôle n’est pas seulement d’écrire, mais aussi de participer au mouvement de libération de son propre peuple.  »

    Alaa El Aswany, Transfuge, propos recueillis par Oriane Jeancourt Calignani

     

    Automobile Club d'Égypte
    Automobile Club d'Égypte || Alaa EL ASWANY

    Traduit de l'arabe (Egypte) par Gilles Gauthier
    Parution en février 2014

     

    En cette fin des années 1940, sous les pales des ventilateurs de l’Automobile Club du Caire, l’Égypte des pachas et des monarques flirte avec aristocrates et diplomates de tout poil, pour peu qu’ils soient européens. Régulièrement, Sa Majesté le roi honore de son éminente présence la table de poker. Extravagance, magnificence et décadence qui s’arrêtent aux portes des salons lambrissés. Dans les communs, une armada de serveurs et d’employés venus de Haute-Égypte et de Nubie s’escriment à satisfaire les exigences de l’inflexible El-Kwo, le chambellan du roi. L’esclave du monarque est aussi le chef suprême des employés de tous les palais royaux, qui régente dans ses moindres détails leur misérable existence et se délecte à professer l’art de la soumission.

    Parmi ses “sujets” : Abdelaziz Hamam, descendant d’une puissante famille ruinée, venu au Caire dans l’espoir d’assurer l’éducation de sa progéniture. À suivre les chemins contrastés qu’empruntent ses enfants, on découvre les derniers soubresauts de l’Égypte pré-nassérienne : morgue des classes dominantes, dénuement extrême des laissés-pour-compte, éveil du sentiment nationaliste. De toute part l’édifice se lézarde, et dans le microcosme de l’Automobile Club, où le visage noir charbon d’un domestique ajoute une touche d’élégance au décorum, frémissent les temps futurs et l’explosion révolutionnaire qui va embraser le pays.

    Engagé et humaniste comme jamais, Alaa El Aswany renoue ici avec les récits populaires et hauts en couleur de l’irrésistible Immeuble Yacoubian et désigne inlassablement la seule voie juste pour son pays : une démocratie égyptienne à construire.

     

     

    Entretien avec Alaa El Aswany

     

    Alaa El Aswany

    Bill T. Jones

     

    Né en 1957, Alaa El Aswany exerce le métier de dentiste dans le centre du Caire. Son roman L’Immeuble Yacoubian, porté à l’écran par Marwan Hamed et publié en France par Actes Sud (2006, et Babel n° 843), est devenu un phénomène éditorial international. Depuis le 25 janvier 2011, il est l’un des principaux relais de la révolution égyptienne auprès des médias français. Actes Sud a également publié Chicago (2007 ; Babel n° 941) et J’aurais voulu être égyptien (2009 ; Babel n° 1004), ainsi que son essai Chroniques égyptiennes (2011).

     


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