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    Les univers de Frédéric Jacques Temple

    A l’occasion des 90 ans de Frédéric Jacques Temple, lectures, rencontres, expositions, projections et colloque seront organisés à Montpellier en novembre. Pour mieux connaître l’œuvre de cet écrivain, nous vous invitons à lire ou à redécouvrir ses romans et ses poèmes.

    Frédéric Jacques Temple

    Mais tout d’abord qui est-il ?

     

    Frédéric Jacques Temple est un poète, un romancier, un homme de lettres éditeur et voyageur, un homme de médias et de revues littéraires mais aussi un lecteur attentif, érudit et curieux, découvreur et passeur, traducteur.

    Frédéric Jacques est un ami fidèle, un amoureux des couleurs du vent, des animaux des bois des collines et des plaines, un intime des pierres, un collectionneur d'intemporels, de l'empreinte poétique des temps heureux, d'émerveillements et d'éternités délicates, de limules, de plumes et de coquillages.

    A travers une œuvre importante composée de poésie et de prose, Frédéric Jacques Temple n'a cessé de côtoyer la beauté de ses mondes et de circonscrire la violence du siècle. Riche, portée par la contemplation et l'humanisme, son œuvre est habitée, singulière et puissante, son territoire aussi minéral que végétal, son devenir aussi essentiel que pérenne.

     

     


    Frédéric Jacques Temple, poète et romancier



    L'Enclos

    Quelques lignes : Je suis né dans une ville de moyenne importance promue capitale d'un empire. Par moi-même couronné, j'ai régné sur mon enfance.
    Soixante ans plus tard, je tente encore, sur cet empire qui a fait naufrage, de récupérer les épaves que roulent çà et là les vagues de la mémoire.
    Le hasard, il est vrai vient à ma rescousse. Du jardin même où je me balance aujourd'hui dans le hamac suspendu entre un marronnier et un ailante, j'entendais, enfant, s'animer les matins.


    « Dieu sait si les livres sont nombreux où l'auteur part à la recherche de son "grimoire" mystérieux et prometteur, mais j'ai rarement lu un récit d'une telle vérité, d'une telle sobriété, d'une telle poésie. »
    Le Figaro littéraire, feuilleton d'André Brincourt

     

    Anthologie personnelle

    « Tout se relie dans ce regard gourmand: Le chardon des Causses cévenoles et le balbuzard de long Island. L'ami américain et la remontée de l'Italie dans un char, un repas qui s'éternise et la beauté des femmes. L'anthologie personnelle de Temple est la meilleure carte de son approche poétique. »
    Corsica, Jean Rouaud
    « Dans ces pages chargées de soleil et de nostalgie de "racines" et de cosmopolitisme, un poète bâtit son image, cette stèle où nous lisons les traces et les signes de ces navigations hauturières au large des terres lointaines, d'îles, d'oiseaux, de femmes réelles ou rêvées. L'essentiel cependant n'est-il pas cette aventure intérieure, où brûle encore le regard de l'enfant solitaire. »
    Luxemburger Wort, Joseph Paul Schneider

     

    La Route de San Romano

    « Rares sont les livres d'une telle qualité d'écriture dans la production actuelle. Frédéric Jacques Temple nous offre avec La Route de San Romano, une œuvre grave qui nous conte les tribulations d'un régiment de la 1re armée française dans les combats qui vont le conduire du Monte Cassino à Rome. »
    La Marseillaise, Pierre Paret
    « L'œuvre d'art se construit à partir d'éléments simples, humbles, au ras des existences individuelles, de la crudité sordide de la mort organisée: Frédéric Jacques Temple compose, magistralement, un superbe chant de deuil. »
    Le Progrès, J.PH. Mestre

     

    Les Eaux mortes

    Quelques lignes : J'avais vu tant de villes détruites que, revenant chez moi après la guerre, tout m'était apparu comme ruiné sous la lumière nocturne. Une lune biscornue, étroite, blanche, caillée de froid – c'était en janvier - m'avait accueilli dès les chemins creux qui ceinturent les faubourgs.

    « Les scènes de ce livre entaillent, meurtrissent car elles sont d'un cruel réalisme. Elles sont terriblement belles aussi, et d'aventure, certains lecteurs pourraient reprocher à ce récit ne certaine esthétisation de la violence, de la guerre. Tout aussi poétiques et lumineuses sont les images de sa jeunesse que revisite le narrateur. Souvenirs ensoleillés dans son village de peu de vie. »
    Le Matricule des anges, Hubert Delobette

     

    Un cimetière indien

    Quelques lignes : En septembre, au moment de l’équinoxe, le mer se déchaîne et galope comme un cheval entier. Elle s’habille de jade et de lapis-lazuli givrés par l’écume bouillonnante. C’est le temps des lunes basses, lourdes, dans les fragrances d’algue et d’iode. Nous avions dressé notre camp dans le creux d’une grande dune, et les jours passaient au rythme de la mer et du bonheur.

     

    Le Chant des limules

    Quelques lignes : Certains disent que Dieu aurait abandonné le monde après l'avoir crée. Le monde des humains, sans doute, car si vous écoutez, en lisière des plages, bruire la mémoire de la mer, il affirme bien sa présence; et j'imagine que dans les eaux basses et sableuses de Peconic Bay je peux entendre, au crépuscule, dans le chant immuable des limules rescapées de la nuit des temps, une hymne à la gloire du très loin géniteur.

    « Quel âge a donc Frédéric Jacques Temple? D'où vient qu'on le ressente à la fois intensément présent, léger à se mouvoir dans l'ici et maintenant, et dépositaire d'une mémoire de l'immémorial, d'une expérience puisée aux aurores du monde? »
    Télérama, Catherine Portevin
    « Pas un merveilleux écrivain comme on dit en affadissant le terme. Un écrivain. Qui trace son sillon, qui peint un monde, qui jette ses couleurs sur une page. Des couleurs qui sont d'Italie et de Languedoc, d'Amérique et de Grèce, de lumière et de paix, de ténèbres et de guerre. »
    Midi Libre, J.V. Décembre 2002
    « De nostalgiques pages composent le récit, qui sont des hymnes au temps passé et perdu, à la beauté du monde. Giono n'est jamais loin dans ce livre où courent les limules, promesses d'éternité et d'où s'échappent, de toutes les pages, des oiseaux. »
    Nice-Matin, Yves Berger

     

    Beaucoup de jours

    « Ces pages sont d'abord une invitation aux voyages et aux traversées de tous ordres, géographiques et déambulatoires, du Languedoc toujours retrouvé; à tous les bouts du monde, elles deviennent souvent visites aux grands hommes, surtout s'ils tiennent une plume. Puis c'est un atelier ou une œuvre peinte ou bien encore l'air du temps, un air quelquefois terrible, et le temps qui n'est plus. »
    Magazine Olé, Daniel Bégard
    « Dans la mesure où il n'a jamais tenu de journal, c'est le survol d'une vie, prise année après année, qu'il réalise ici, évoquant tous ceux qu'il a croisés durant cette existence placée sous le signe de la culture, à savoir la fine fleur de la gent littéraire. Mais on y aperçoit aussi des personnages moins en vue, comme des braconniers, des pêcheurs d'anguilles, ou ses camarades du front avec lesquels il rencontre Malraux. »
    Le Matricule des anges, Didier Garcia

     

     


    Quelques poèmes choisis


    Un Théâtre d'ombres

    En cet exil souverain des ombres,
    Une forêt d'échines lumineuses
    S'éploie vers les vallées
    Où roulent d'animales rumeurs.

    Les gorges bleues et roses des Colorados du rêve,
    Les méandres artériels du vaste désir,
    Les fouilles secrètes dans les catacombes des enfances,
    Est-ce la mort qui rit au fond du labyrinthe,
    Est-ce l'égarement aux sables de l'oubli?

    O mon herbier d'imageries perdues,
    Fenil repu de fenouil et d'aromates
    Grange de sang et de sueurs,
    Pour quel azur tant de plaines nocturnes,
    Tant de regards pour quel astre suprême?

    Théâtre d'ombres, où le désir forme ses personnages,
    Tel est le lieu, le cercle vrai de mon voyage,
    Ma naissance et ma mort.

     

    Fondamente

    Voici le temps du retour aux herbages
    après les grandes fenaisons,
    le temps du mémorial, du plain-chant
    de l'enfance, érigé sur les sources
    à l'orée du voyage.


    Sous le lichen gît la pierre
    intacte; et les voix
    ranimées aux bruits des pas furtifs
    du vieil enfant bourdonnent
    dans le rucher panique
    des années convoquées.

     

    Horloge

    Rappelle-toi l'été
    le vent des nuits,
    les avoines fantômes
    sous la lourde lune
    inondant la rivière d'anis,

    Là-haut, dans le fenil
    les chuintements des effraies,
    là-bas, le choc mou d'une pomme
    sur les feuilles mortes
    du temps,


    et l'horloge impassible
    ordonnant le silence
    des vivants et des morts.

     

    Statue-Menhir

    Dis-nous ton nom,
    que sais-tu de l'homme
    millénaire,
    pierre vivante
    au soleil revenue
    d'entre les ronces,


    O visage fermé
    de nos antiques épouvantes.

     


    Une œuvre poétique : bibliographie


    La Chasse infinie, poèmes, gouache de Claude Viallat, Jacques Brémond, 2004 (Granit ,1995).

    Poèmes de guerre, collection « Méditerranée vivante », Domens, 1996.

    Calendrier du Sud, poèmes, illustrations d’Alain Clément, Autres Temps, 1998.

    Poëmas, traduit en occitan par Max Rouquette, linogravure de Fermin Altimir, Jorn, 1999.

    En Brésil, poèmes, bois de Dagmar Martens, Trames, 1999.

    A l’ombre du figuier, poèmes, gouaches d’Alain Clément, Fata Morgana, 2003.

    Ode à Saint-Pétersbourg, poèmes, sérigraphie de Pierre Soulages, Trames, 2004.

    Phares, balises et feux brefs, poèmes, Proverbe, 2005.

    Un émoi sans frontières, poèmes, Lézard amoureux, 2006.

    Anthologie personnelle (poèmes 1945-1985) Actes Sud,1989, rééd. 2001, 2003. Prix Valéry Larbaud, 1990.

     


    Montpellier rend hommage à Frédéric Jacques Temple


    • Médiathèque centrale Émile Zola : Exposition Frédéric Jacques Temple, Poète
      Du 20 octobre 2011 au 15 janvier 2012
      Inauguration le mercredi 19 octobre à 18h
      Informations pratiques
      Contact : Catherine Séverac c.severac@montpellier-agglo.com
    • Festival du cinéma méditerranéen : Les "Sud" de Frédéric Jacques Temple
      Le mercredi 26 octobre 2011. Carte blanche à Frédéric Jacques Temple
      Pour la suite du monde (1963) de Pierre Perrault et Michel Brault - Corum, salle Pasteur, 10h ;
      Louisiana Story (1948) de Robert J. Flaherty - Corum, salle Pasteur, 12h ;
      Farrebique (1946) de Georges Rouquier - Centre Rabelais, 18h
      Contact : pouget@cinemed.tm.fr
    • Théâtre du Hangar : Spectacle Le Grand Réservoir de vie
      Du 2 au 13 novembre 2011. D'après l'œuvre de Frédéric Jacques Temple
      Texte, mise en scène et décor : Jacques Bioulès, avec Patrick Hannais et Évelyne Torroglosa
      Informations pratiques
      Contact : communication@theatreduhangar.com
    • Université Paul-Valéry : Colloque "Les univers de Frédéric Jacques Temple"
      Du 3 au 5 novembre 2011
      Ouverture et première demi-journée, le jeudi 3 novembre de 14h à 18h30 à la Médiathèque Émile Zola (salle de travail du 2e étage) Vendredi 4 novembre, de 9h30 à 18h, site Saint-Charles de l'université Paul-Valéry (salle des colloque 2) à la Médiathèque Émile Zola (salle de travail du 2e étage)
      Samedi 5 novembre, de 9h30 à 12h30, auditorium du Musée Fabre
      Contact : spm.heron@gmail.com
      Programme complet [pdf]
    • Théâtre de la Vignette : Denis Lavant et les étudiants d'Arts du Spectacle
      Le 3 novembre à 20h. Université Paul-Valéry Bt H
      Poèmes et traductions de théâtre de Frédéric Jacques Temple : Le cri du Phoenix de Tennessee Williams, et autres textes
      Contact : gerardlieber@wanadoo.fr
    • Opéra de Montpellier : Concert-lecture en hommage à Frédéric Jacques Temple
      Le samedi 5 novembre à 17h00, Corum, salle Pasteur
      Dorota Anderszewska, Julie Arnulfo, violons ; Eric Rouget, alto ; Alexandre Dmitriev, violoncelle
      Gérard Lieber, récitant
      Jean-Sébastien Bach, L'Art de la Fugue (Première fugue)
      Arthur Honegger, Quatuor à cordes n° 3 en mi majeur
      Franz Schubert, Quatuor à cordes n° 13 en la mineur “Rosamunde”
    • Médiathèque centrale Émile Zola  : Parcours d'écrits par la Compagnie Bismut
      Le mercredi 14 décembre à 19h - Lecture performance
      Julien Guill : lectures ; Arnaud Bertrand : espaces sonores ;
      Michel Bismut : conception, contrebasse et voix
      Contact : cie-bismut@orange.fr


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    Association du méjan

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