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    « Les mercredis littéraires de la Maison des écrivains et de la littérature au Petit Palais » le 25 avril 2012 de 13 h à 14 h 30

    Vivre et écrire en Catalogne
    Avec Mathias Enard, Sergi Pàmies et Francesc Serés

    La délégation du gouvernement de Catalogne en France, l’Institut Ramon Llull et les éditions Jacqueline Chambon s’associent à la Maison des écrivains et de la littérature pour célébrer la Sant Jordi, fameuse fête traditionnelle de la littérature en Catalogne. À l’occasion de l’exposition consacrée par le Petit Palais au peintre catalan J. M. Sert, Mathias Enard, installé depuis 2000 à Barcelone, s’entretient avec Sergi Pàmies et Francesc Serés autour du thème “Vivre et écrire en Catalogne”.

     

    Mathias Enard SergiPamies FrancescSeres

     

    « Un éditeur choisit la plupart du temps des auteurs, mais il arrive parfois qu’il choisisse un pays, ou un territoire linguistique, qui lui paraît encore à explorer et lui offre le frisson supplémentaire de l’inconnu. J’avais beaucoup de raisons de choisir de publier des auteurs catalans, la proximité et la familiarité d’abord. J’ai en effet créé ma maison d’édition à Nîmes, qui n’est pas si loin de Barcelone, et depuis longtemps je passais mes vacances à Cadaqués. Mais il m’aurait sans doute manqué le déclic qui produit le passage à l’acte si je n’avais lu un jour Aux confins du fricandeau de Sergi Pàmies. Déjà, le titre avait de quoi me ravir et je n’allais pas être déçue. J’adorais qu’un distributeur demande au noctambule qui vient retirer de l’argent pour continuer à faire la fête : Qu’allez-vous faire de cet argent ? J’étais émerveillée que la vie quotidienne renferme autant de chausse-trappes, qu’un seul détail puisse en révéler « l’inquiétante étrangeté ». Puis il y eut Quim Monzó, un autre moraliste de la vie moderne, plus sombre mais tout aussi fascinant. Comment ne pas avoir envie de faire la part belle à la littérature catalane après deux auteurs aussi exceptionnels ? D’autant que quinze ans après, je découvre toujours de nouvelles raisons d’étonnement. Ainsi Francesc Serés qui a écrit des Contes russes plus russes que la Russie éternelle, aussi mystérieux que l’âme russe. On croit à ces histoires doublement inventées et à ces personnages au coeur plus grand que la raison. Ainsi ce couple d’ouvriers qui, au seuil de la vie, décident malgré le danger de rentrer chez eux à Tchernobyl, afin de revivre dans le jardin et la maison qu’ils n’ont au fond d’eux-mêmes jamais abandonnés. Pétris d’humanité, ces contes ne manquent pas eux non plus d’une ironie subtile. C’est ce détour ironique, ce jeu de la fiction et du réel, que je cherche et que je trouve dans la littérature catalane, qui trouva une inspiration dans le surréalisme et dans tout ce qui était nouveau. Tournée vers l’Europe, la Catalogne s’est toujours voulue cosmopolite et résolument moderne. Comment ne nous serait-elle pas proche ? »
    Jacqueline Chambon

    Jacqueline Chambon

     




    Auditorium du Petit Palais

    Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris - Avenue W.Churchill

    75008 Paris

    01 53 43 40 00

    http://www.petitpalais.paris.fr

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