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    Bicentenaire, de Lyonel Trouillot, adapté au cinéma par François Marthouret

    Bicentenaire, le roman de Lyonel Trouillot est adapté à l'écran par François Marthouret sous le titre Port au Prince, dimanche 4 janvier.

    En salles le 29 juillet

     

    PortPrinceAffiche

     

     

    Le livre

    Port-au-Prince, début 2004 - année du bicentenaire de l'indépendance d'Haïti. En cette matinée dominicale, un jeune homme quitte les quartiers pauvres pour rejoindre la manifestation organisée en ville par les étudiants. Au fil de sa marche, Lucien refait en esprit le trajet qui l'a conduit du village de l'enfance vers la ville à l'improbable avenir. Les voix aimées et irréconciliables résonnent dans sa tête : celle de sa mère, paysanne d'une province reculée ; celle de son frère qui a mal tourné au contact de la ville ; celle de "l'Etrangère", une journaliste qu'il aime sans vraiment la connaître ; celles, enfin, de ses camarades étudiants ou de voisins. Le roman est le récit de sa journée - de sa descente vers la ville jusqu'à l'ultime charge de la police...

    Né de la nécessité profonde et urgente, pour son auteur, de rendre compte des événements qui ensanglantèrent les célébrations de ce bicentenaire, ce roman incandescent affirme une nouvelle fois que la littérature, transcendant le commentaire, est sans doute l'un des plus puissants antidotes au chaos.

    Bicentenaire est paru en 2004 chez Actes Sud, en 2006 dans la collection de poche Babel (n°731).

     

     

    Note d'intention du réalisateur

    Lyonel Trouillot a légitimé, par son accord et son soutien, mon désir de m’inspirer de son roman « Bicentenaire » pour réaliser « Dimanche 4 Janvier », reconnaissant le caractère universel de son œuvre.

    En 2004, Haïti, république de langue française, pourrait concentrer toutes les conséquences et les contradictions de notre civilisation occidentale (utopie républicaine, variations du néocolonialisme, richesse et extrême misère, traditions spirituelles et brouhaha des religions, dictature, corruption, charity business, et aussi formidable foyer d’écrivains, de peintres, de musiciens).

    C’est dans un tel environnement que notre héros, un étudiant ordinaire, croit devoir se battre pour une vie meilleure faite de justice, de liberté, de dignité dans la démocratie.

    Le fil rouge, c’est Lucien dans sa marche jusqu’à son assassinat. Parti de son bidonville, il va traverser des moments de vie ordinaire dans leur réalité quotidienne, autant d’étapes, de stations vers son destin (son frère, sa mère, l’épicier, le médecin, les habitants de sa ville, sa petite amie et ses camarades de la grande manifestation).

    J’ai souhaité raconter avec réalisme l’alternance de ces moments dans le contexte d’une épopée tragique, rythmée par le rêve de l’étudiant (de l’histoire intime à la grande), dans l’espace d’une matinée. Il ne s’agit ni d’un documentaire ni d’un reportage, mais comment les situations dans leur surgissement racontent les personnages par leurs actions plutôt que de justifier leur vie par des artifices de scénario, laissant l’espace au spectateur pour remplir le film de leurs émotions et de leurs interprétations. Il s’agit ici d’une chronique, d’une fable, d’un film et son langage. Le décalage évident entre Port au Prince et Paris pourrait me servir de prétexte pour aller voir ailleurs si j’y suis. En réalité il nourrit une capacité de découverte et d’interrogation différente, une responsabilité politique et poétique.

    J’ai librement interprété le livre-poème de Lyonel Trouillot avec sa confiance, récit de la tragédie d’un jeune homme au coeur pur, petit frère d’un poète haïtien disparu, Jacques-Stephen Alexis, héritier de Victor Hugo et d’Aimé Césaire.

    François Marthouret

     



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