Actualités

    Michel Tremblay

     

    Lointain souvenir de la peauLa grande mêlée est l’occasion pour Michel Tremblay de relier deux de ses grands cycles romanesques : La saga des Desrosiers, centrée sur la jeunesse de Nana et qui s’achève au moment où elle rencontre Gabriel, et Les Chroniques du Plateau-Mont-Royal, où, 20 ans plus tard, Nana est devenue La grosse femme d’à côté..., plongée dans les heures sombres de la seconde guerre mondiale.

    À la fin du roman Le passage obligé, quatrième volet qui vient clore La Saga des Desrosiers, Nana et Gabriel se rencontrent brièvement et échangent leur nom, permettant que s’ouvre dès lors le ciel de leur destinée. Avec La grande mêlée, Michel Tremblay attache désormais les deux généalogies de sa famille dans ce livre qu’il qualifie lui-même de roman « intercalaire ». Le temps d’une journée, dans un récit tourbillonnant, tout se met tout en place pour que le mariage de Nana et de Gabriel soit une noce inoubliable.

    Nous sommes au début mai 1922, les cartons d’invitation sont déjà envoyés pour le mariage du 3 juin. Pourtant, la robe de mariée n’est pas encore achetée, et Maria se demande avec quel argent elle va pouvoir payer cette noce qui est bien au-dessus de ses moyens. Mais on ne marie sa fille aînée qu’une fois, et la fête doit être à la hauteur du souvenir qu’on voudrait déjà en avoir. Et… comme c’est le cas dans la vie, dans les coulisses qui entourent l’union de ces amoureux, d’autres vies s’agitent, que le grand événement comble de bonheur et aussi charge de peine, enchante et désespère. Les invitations remuent souvenirs et projets, raniment bons et moins bons sentiments ; des enjeux se trament, des duels se préparent, des démonstrations de joies et de réjouissance, mais aussi des sentiments exacerbés de chagrin et de pauvreté. Derrière l’allégresse de chaque noce se dissimulent les ombres de la fatalité.

    Dans l’inextricable orchestration d’une seule journée, les invités de cette noce font entendre leur concerto respectif, ému et troublant : de Josaphat le Violon on passe ainsi à Ti-Lou, la Louve d’Ottawa, puis aux tantes de l’Ouest canadien Régina-Coeli et Babette, et puis à Ernest et Alice, et Béa, et Théo, sans oublier les voix suaves des fidèles muses, Florence, Rose, Violette et Mauve…

     


    Michel Tremblay était au Centre culturel canadien, le 14 mars dernier

     


     

    Lointain souvenir de la peauBelles-Soeurs, Théâtre musical, d’après le texte de Michel Tremblay, du 8 mars au 7 avril à 21h
    Dimanche 15h, relâche les lundis, et les 11, 15, 22 et 29 mars et le 5 avril
    livret et paroles René Richard Cyr
    musique Daniel Bélanger

    Quarante ans après Les Belles-Sœurs de Michel Tremblay, René Richard Cyr transforme la pièce en théâtre musical. Il en fait un bouquet d’humanités et d’énergies flamboyantes. Triomphe outre-Atlantique par une fabuleuse troupe de bonnes femmes d’exception.

     

     

     

    Mot de l’auteur

    Il y a trois ou quatre ans, à l’agence Goodwin, où je vais dépouiller mon courrier chaque matin et empêcher les employées de travailler, je reçois un appel téléphonique de René Richard Cyr. Il me dit que Daniel Bélanger et lui sont à la recherche d’un sujet de comédie musicale depuis un bout de temps et que leur premier choix s’est arrêté sur mes Belles-Soeurs. Est-ce que j’accepterais de leur céder les droits ? Convaincu que ça ne marchera pas, - un projet avec Broadway avait échoué quelques vingt ans plus tôt – j’accepte et, je jure que c’est vrai, j’oublie aussitôt leur proposition.

    Un an et demi plus tard, toujours à l’agence Goodwin, autre appel de René Richard. Il est au Théâtre d’Aujourd’hui en compagnie de Marie-Thérèse Fortin et de Daniel Bélanger et ils sont sur le point d’écouter une quinzaine de chansons terminées des Belles-Soeurs. Est-ce que ça m’intéresserait de venir les écouter avec eux ? Il ne m’en avait jamais reparlé ! Moins d’une demi-heure plus tard, je suis assis avec eux et, le coeur affolé, j’écoute l’introduction de Gratis, la première chanson.

    C’est une véritable révélation.

    Et c’est le résultat de ces années de travail que vous allez voir et entendre aujourd’hui… Je vous souhaite d’être aussi étonnés et ravis que je l’ai moi-même été en cette matinée de 2008.

    Michel Tremblay, Key West, le 17 février 2010

     

     




    Théâtre du Rond-Point

    2 bis Avenue Franklin Delano Roosevelt

    75008 Paris

    http://www.theatredurondpoint.fr/

    |
    Association du méjan

    Actes Sud newsletter

    Inscription à la newsletter :

    newsletter