Actes Sud fête la poésie

     

    Parution le 2 mars
    Traduit du néerlandais (Pays-Bas) par Philippe Noble

    CEES NOOTEBOOM

    SOUVENIR ANTICIPÉ

    tu étais aussi timide que l’herbe au bord de l’eau
    et ta bouche parlait de l’haleine de l’herbe
    comme une eau peu profonde glissaient tes pieds, et
    le monde à ta main ne pouvait pas vieillir

    aux arbres gris hésitant dans le soir
    tu avais demandé la couleur de tes yeux
    et lorsque tes cheveux disaient quelque chose
    ils ne bougeaient qu’à peine, à peine.

     


     

    Parution le 6 avril
    Traduit de l’arabe (Palestine) par Farouk Mardam-Bey et Elias Sanbar

    MAHMOUD DARWICH

    L’allégorie, la métonymie, la métaphore, le trope
    sont l’ombre de la parole, car l’image
    d’une chose n’est pas la chose… ni son contraire.
    C’est la ruse de la poésie pour nommer.
    Dans l’allégorie, j’ai d’autres desseins,
    comme laisser le chant
    aller à sa guise…
    se retourner à gauche, à droite,
    sauter entre cieux et vallées,
    traiter son mal
    avec un peu d’ironie.


     

    Parution le 4 mai
    Traduit de l’italien par Danièle Robert

    DANTE ALIGHIERI

    CANTO 1

    Nel mezzo del cammin di nostra vita
    mi ritrovai per una selva oscura,
    ché la diritta via era smarrita.

    Ahi quato a dir qual era è cosa dura
    esta selva selvaggia e aspra e forte
    che nel pensier rinova la paura !

    CHANT 1

    Étant à mi-chemin de notre vie,
    je me trouvai dans une forêt obscure,
    la route droite ayant été gauchie.

    Ah ! combien en parler est chose dure,
    de cette forêt rude et âpre et drue
    qui à nouveau un effroi me procure !


     

    Parution le 4 mai
    Traduit de l’occitan par Claude Guerre

    FRÉDÉRIC MISTRAL

    CANT PROUMIÉ

    PATROUN APIAN

    1
    Van parti de Lioun à la primo aubo
    Li veiturin que règnon sus lou Rose.
    Es uno raço d’ome caloussudo,
    Galoio e bravo, li Coundriéulen. Sèmpre
    Planta sus li radèu e li sapino,
    L’uscle dóu jour e lou rebat de l’aigo
    Ié dauron lou carage coume un brounze.

    CHANT 1

    PATRON APIAN

    1
    Ils partent de Lyon au blanc de l’aube,
    les voituriers qui règnent sur le Rhône,
    une vraie tribu de costauds, des hommes
    gaillards mais bons, les Condriots. Toujours
    debout sur les radeaux ou dans leurs barques,
    le feu du soleil dans les reflets de l’eau
    leur dore le visage. Comme un bronze !


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