Luc Jacquet

Luc Jacquet est né à Bourg-en-Bresse en 1967.

La plupart de ses documentaires se réalisent en Antarctique ou sur les îles australes : conquis par ces terres magiques, il passe en tout trois ans sous les 40e degrés de latitude sud. De ces différents séjours autour du sixième continent naît son premier long métrage de cinéma, La marche de l’empereur, l’histoire du peuple des manchots empereurs survivant au climat le plus extrême de la planète. Incroyable succès et multi-primé, le film est récompensé par l’Oscar du meilleur film documentaire à Los Angeles en 2006.
Après le succès mondial de ce premier film, Luc Jacquet réalise un autre projet qui lui tient à cœur depuis longtemps : Le renard et l’enfant. Le film rassemble plus de 2,5 millions de spectateurs en France et est diffusé dans près de 50 pays. Parallèlement, Luc Jacquet s’engage davantage en faveur de la préservation de l’environnement : en 2010, il lance l’association Wild-Touch et met son savoir-faire, l’image et l’émotion, au service de la protection de la nature.

Francis Hallé

« Assurément, il y a du Jules Verne chez ce botaniste-là. »

Télérama

 

Francis Hallé, né en 1938 à Seine-Port en Seine-et-Marne, est un botaniste, biologiste et dendrologue français. Sa passion pour le végétal lui vient de l’enfance :

“J’ai grandi sous l’occupation allemande. Mon père, ingénieur agronome, nous faisait fort bien vivre tous les neuf avec un demi-hectare de terrain.”

Quelques années plus tard, sa vocation naît en regardant sur son balcon un pot dont il ne s’était jamais occupé :

“Une plante a poussé, s’est ramifiée, a donné des fleurs et des fruits. Elle était indépendante, autosuffisante. C’était magique !”

Francis Hallé, À voix nue, France Culture

 

“Devant un arbre nous voyons, les uns et les autres, des réalités différentes, chacun la sienne, en fonction de ce que nous sommes nous-mêmes. Bien sûr, on pourrait dire cela de n’importe quel objet – une vertèbre de baleine, un flacon de parfum, une kalachnikov – perçu par chacun en fonction de ses habitudes ou de ses désirs du moment, mais j’ai le sentiment que, face à un objet aussi complexe qu’un arbre, les perceptions seront particulièrement dispersées.”

Francis Hallé, Plaidoyer pour l’arbre

 

Diplômé de la Sorbonne et de l’université d’Abidjan, Francis Hallé devient botaniste et biologiste. Il est professeur de botanique à l’université de Montpellier, spécialiste de l’architecture des arbres, de l’écologie des forêts tropicales humides et défenseur des forêts primaires.

 

« Ses convictions sont ancrées dans le sol, comme les racines de ses amis feuillus et branchus. Son amour pour les forêts primaires est infini. »

Fabienne Chauvière, Les Savanturiers, France Inter

 

En 1986, il lance l’aventure du “Radeau des cimes”, laboratoire scientifique flottant sur la cime des arbres des forêts primaires. Plusieurs missions scientifiques suivront en Amérique du Sud, en Afrique et à Madagascar. Il a ainsi découvert l’extraordinaire biodiversité végétale et animale qui existe sur les canopées tropicales, inconnue jusqu’alors :

 

“La canopée de la forêt tropicale présente la caractéristique étonnante d’être le milieu où vivent le plus grand nombre d’espèces animales et végétales, le milieu le plus vivant du monde.”

Francis Hallé, La Condition tropicale

 

Francis Hallé est devenu l’ambassadeur des forêts et s’engage pour une “révolution intellectuelle”, une prise de conscience des hommes pour la préservation des forêts primaires :

 

“Je me considère comme extrêmement privilégié : grâce à l’expérience du Radeau des cimes, j’ai vu ces merveilles et j’aurais voulu que mes contemporains puissent en profiter. Le sous-bois de ces forêts, qu’on voit à hauteur d’homme, ne présente pas grand intérêt. En revanche, ces canopées sont d’une beauté spectaculaire, impossible à décrire. Une fois que vous avez vu ces couronnes d’arbres en fleurs, ces animaux extraordinaires et de toutes tailles, que vous avez entendu le concert de la faune canopéenne à la tombée du jour, vous ne pouvez plus y toucher.”

Francis Hallé, dans un entretien pour Télérama

 

Installé à Montpellier, Francis Hallé essaie depuis plus de vingt ans de trouver un réalisateur et les moyens de monter un film sur les forêts tropicales primaires. Sa rencontre avec Luc Jacquet donnera vie à ce projet : en 2012, réalisateur et botaniste se retrouvent en Guyane pour le tournage du film Il était une forêt (sortie au cinéma en France le 13 novembre 2013).

 

“La modestie devant les arbres s’impose dans tous les domaines. Ne nous y trompons pas : à notre époque où triomphent les techno-sciences, nous sommes tout à fait incapables de construire un édifice qui aurait les mêmes propriétés technologiques qu’un arbre. C’est peut-être un peu humiliant, mais c’est ainsi.”

Francis Hallé, Plaidoyer pour l’arbre

Les parutions chez Actes Sud

Plaidoyer pour l’arbre

Plaidoyer pour l’arbre
Parution en 2005, Prix Redouté 2006, Prix Homme et Botanique 2005

 

Qu’est donc au fond ce compagnon quotidien ? Comment définir cette forme de vie extraordinairement ancienne, au modèle architectural aussi singulier que rigoureux, et capable de grandes prouesses ?
Au long de vivants et minutieux portraits – ceux par exemple du Durian, de l’Eucalyptus ou de l’Hévéa –, l’auteur relate l’intense dialogue de certaines espèces avec l’homme et révèle la profonde et encore mystérieuse “altérité” de l’arbre, si différent de l’homme, lui ayant tant apporté et ayant si peu reçu en retour.
Plaidoyer pour l’arbre et son altérité, mais également plaidoyer pour l’homme. Car quand l’auteur défend l’idée que l’homme a contracté vis-à-vis de l’arbre une dette fondamentale, c’est pour mieux dire combien notre héritage arboricole et sa rassurante et exemplaire présence à nos côtés font de nous des êtres plus humains.

 

“Pour ma part, le plus précieux des caractères de l’arbre est sa totale « altérité », ce mot étant pris dans le sens de « différent de l’Homme et ne lui devant rien ». L’altérité des arbres me rassure, dans un monde profondément marqué par les activités humaines au point qu’il en devient inquiétant. (…)
Ce paysage familier n’est pas seulement intact, ou « primaire », au sens où l’on désignerait ainsi une forêt restée à l’abri des influences humaines, il est aussi d’une formidable ancienneté, qu’aucun esprit humain ne peut concevoir. Les Écureuils ont 35 millions d’années, les Oiseaux, 50 ; quant aux Pins, ils existent depuis 140 millions d’années, ce qui signifie que, pour l’essentiel, ce paysage était déjà en place au Jurassique, époque où l’être humain, bien sûr, n’existait pas encore. Voilà l’altérité absolue que nous offrent les arbres, comme un superbe moyen de ne pas nous préoccuper exclusivement de nous et de nos semblables.”

La Condition tropicale

La Condition tropicale
Une histoire naturelle, économique et sociale des basses latitudes
Parution en 2010

 

Dans cet ardent et convaincant plaidoyer pour les Tropiques, Francis Hallé défend une conception de la ceinture intertropicale qui va à rebours des idées actuelles. Non seulement ces régions ont une importance bien supérieure à celle qu’habituellement on leur concède, mais elles constituent à ses yeux un berceau, une référence pour l’ensemble de la planète, quand ce n’est pas une norme ou un moteur, que l’on pense aux climats, à la biologie, aux techniques agricoles, à la diversité ethnologique, aux maladies, etc.

 

“Le parfum d’un jardin après la pluie est le même partout, comme celui de l’herbe fraîchement coupée ; sur les plages des Glénans ou des îles Seribu, le bruit des vagues est le même, comme le cri des goélands et l’odeur des algues à la marée basse. (…)
Les cris des enfants dans la cour de récréation, ils sont les mêmes à Jakarta, à Brazzaville et à Sète. Et l’homme aussi est le même partout.”

Du bon usage des arbres

Du bon usage des arbres
Un plaidoyer à l’attention des élus et des énarques
Parution en 2011

 

“N’ayons pas peur de nos étranges et sympathiques voisins, admirons-les, profitons de leur présence, inspirons-nous de leurs qualités et n’hésitons pas à les prendre pour modèles lorsque les circonstances l’exigent.”

 

Telle est la leçon majeure de ce vibrant plaidoyer à l’attention des décisionnaires et, au-delà, de nous tous.
Un petit cours sur l’arbre, sa gestion, sa culture, son rôle dans la ville, afin qu’il ne soit pas menacé par l’incompétence, le souci de rentabilité, le principe de précaution, le mépris de tout ce qui vit, quand ce n’est pas tout cela à la fois.

 

 

 

DIX COMMANDEMENTS POUR LES ARBRES

 

RESPECT. Les arbres sont des êtres vivants, aussi vivants que vous ou moi. Mieux : ils sont nos protecteurs. Accordez- leur le respect auquel ils ont droit en tant qu’êtres vivants et ne les traitez jamais par le mépris, comme s’ils n’étaient que du mobilier urbain.

 

ANTICIPATION. Avant de planifier un édifice ou un quartier neuf, faites appel à un urbaniste qui saura placer d’abord les espaces verts et les lignes d’arbres : le bâti viendra seulement par la suite.

 

COMPÉTENCE. Sachez vous entourer des meilleures compétences pour le choix des essences, la plantation, les tailles de formation, l’élagage du bois mort et les diagnostics de sécurité.

 

PRÉVOYANCE. Prévoyez, pour chaque arbre planté, un volume suffisant pour sa couronne et ses racines lorsqu’il sera devenu adulte : cela rend les tailles inutiles. N’oubliez jamais qu’un arbre non taillé n’est pas dangereux.

 

MODESTIE. Ne plantez jamais de “gros sujets” destinés à faire impression : c’est à la fois une perte de temps et un gaspillage financier. La “frime” et les arbres ne vont pas ensemble.

 

HONNÊTETÉ. Ne croyez pas – et ne tentez pas de faire croire – que dix jeunes arbres vont remplacer un grand et vieil arbre abattu : c’est une contrevérité sociale, écologique et financière.

 

NON-VIOLENCE. Ne taillez ni les branches ni les racines d’un arbre, sauf obligation absolue. Ce n’est pas esthétique et cela rend l’arbre dangereux.

 

CIVISME. Soyez intraitables avec les comportements laxistes et inciviques vis-à-vis des arbres en ville : chocs, mutilations, etc. Ils supportent très mal toute forme d’agression.

 

PROTECTION. N’oubliez jamais qu’abattre les arbres le long des axes routiers n’est en aucun cas une réponse adaptée aux problèmes de la sécurité routière.

 

GRATITUDE. Aimer les arbres, c’est une autre façon d’aimer l’homme. Aimez vos arbres et vous aurez la satisfaction de constater que vos concitoyens vous en témoigneront de la gratitude.


Association du méjan

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