La Petite Bibliothèque de Sindbad | Actes Sud

    La Petite Bibliothèque de Sindbad

    Collection présentée par Farouk Mardam-Bey, directeur éditorial de Sindbad

    Consacrée pour l’essentiel à la poésie arabe, classique et contemporaine, “La Petite Bibliothèque de Sindbad” se propose d’offrir aux lecteurs français et francophones, dans des traductions soignées, ce que les Arabes ont longtemps considéré comme leur patrimoine littéraire le plus précieux.

    Des odes préislamiques aux méditations philosophiques de Ma‘arrî, des chansons bachiques d’Abû Nuwâs aux fulgurances mystiques de Hallâj, Ibn ‘Arabî ou Niffari, cette collection voudrait surtout illustrer la foisonnante diversité de ce patrimoine et son universalité.

    Les trois anthologies qui portent respectivement sur le thème de l’amour, de l’Irak abbasside et de l’Espagne musulmane permettent en outre de faire connaissance non seulement avec les noms consacrés par la tradition, mais aussi avec toute une foule de poètes mineurs qui se distinguent notamment par un langage d’une réjouissante fraîcheur.

    Figurent en parallèle les grandes voix de la modernité poétique, celles de Sayyâb, Adonis et Mahmoud Darwich, ainsi que quelques-uns des poètes les plus significatifs des vingt dernières années, tels que Abbas Beydoun et Wadih Saadeh, qui contribuent par leur écriture inventive à défricher la langue arabe elle-même.

    Les autres titres de la collection, qu’ils soient puisés dans l’ancien fonds de Sindbad ou nouvellement traduits, se répartissent entre poésie persane – représentée par des chefs-d’oeuvre de Ferdowsi, Omar Khayyâm et Hâfez Shirâzi – et textes arabes en prose choisis en raison de leur veine spirituelle, sapientiale ou merveilleuse. C’est dire combien ils ouvrent devant la “Petite Bibliothèque”, eux aussi, de très larges horizons.

     

     

    La messagère aux cheveux longs jusqu'aux sources - et autres poèmes
    Ounsi El Hage

    Traduit de l'arabe (Liban) par Abdul Kader El Janabi, Marie-Thérèse Huerta
    Coédition L'Orient des livres

     

    Dès son premier recueil, Lan (“Jamais”, 1960), Ounsi El Hage a lancé un pavé dans la mare des lettres arabes. Dans sa préface, premier manifeste arabe en faveur du poème en prose, il proclamait que la poésie devait éveiller ses propres ombres à la lumière et non plus ronronner dans le giron de règles éculées. Tournant le dos à la rhétorique, il livrait la langue à toutes sortes d’expérimentations et démasquait l’éloquence derrière laquelle se cache la vérité de l’oppression. Ces jeux coïncidaient par nature avec son désir d’arracher l’amour de la gangue sentimentale, où une certaine tradition poétique arabe l’avait confiné, pour montrer la femme, présence incontournable dans son oeuvre, réelle, vivante et rédemptrice. Son long poème d’amour La Messagère aux cheveux longs jusqu’aux sources (1975) en est sans doute le meilleur exemple.

     

    Né en 1937 à Beyrouth, où il est décédé en 2014, Ounsi El Hage a été l’un des premiers collaborateurs et la voix la plus radicale de la revue Shi‘r (“Poésie”), publiée entre 1957 et 1964. Il est considéré comme l’un des principaux médiateurs du surréalisme dans le monde arabe, grâce notamment à ses traductions d’oeuvres d’André Breton et d’Antonin Artaud, accompagnées de commentaires contextuels et analytiques. Il est l’auteur de six recueils de poésie, de deux volumes d’aphorismes et d’un ouvrage en trois tomes réunissant ses plus insolentes chroniques de l’actualité littéraire et sociale parues entre 1964 et 1987 dans le grand quotidien libanais An-Nahar. Une anthologie de ses poèmes, Éternité volante, a été éditée par Sindbad/Actes Sud en 1997.

     

     

    Sentences et maximes
    Anonyme

    Traduit de l'arabe par Jean-Jacques Schmidt

     

    Comme d’autres peuples du monde, et peut-être plus que les autres, les Arabes n’ont cessé jusqu’à nos jours d’émailler leurs propos quotidiens de sentences, de maximes et de proverbes. La propension à la concision dans l’expression ressortit en effet au génie même de la langue arabe, qui affectionne particulièrement la litote, le fait d’“exprimer le plus en disant le moins”. Elle constitue un trait caractéristique de la poésie arabe à travers tous ses thèmes, du panégyrique à la satire, en passant par la jactance, l’élégie funèbre et l’amour. C’est aussi l’une des principales préoccupations de la littérature en prose, al-adab, dont l’objectif, depuis Jâhiz (m. 867) jusqu’aux encyclopédistes de l’époque mamelouke (1260-1516), était à la fois d’instruire et de divertir.
    Les sentences et maximes choisies dans ce livre sont présentées par thèmes et par ordre alphabétique. Elles ont été sélectionnées à partir de plusieurs anthologies, notamment Nathr al-durr (Perles éparses) d’Abû Sa‘îd ibn al-Hasan al-Âbi (Xe siècle). Des notes biographiques sur les personnages cités figurent à la fin du volume, précisant leur contexte historique, social et culturel.

     

    Jean-Jacques Schmidt, traducteur de l’arabe, est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Dictionnaire technologique français-arabe (Maison du dictionnaire, 1986), Le Grand Livre des proverbes arabes (Presse du Châtelet, 2001), L’Arabe sans peine (Assimil, 2006), Le Français pour les arabophones (Assimil, 2011). Chez Sindbad/Actes Sud ont paru Le Livre de l’humour arabe (2005) et Historiettes, anecdotes et bons mots (2013).


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