La Fin de l'homme rouge de Svetlana Alexievitch

     

    La fin de l'homme rouge
    Svetlana Alexievitch || La fin de l'homme rouge

    Ou le temps du désenchantement

    Traduit du russe par : Sophie Benech

    Paru en septembre 2013

     

    Armée d’un magnétophone et d’un stylo, Svetlana Alexievitch, avec une acuité, une attention et une fidélité uniques, s’acharne à garder vivante la mémoire de cette tragédie qu’a été l’urss, à raconter la petite histoire d’une grande utopie. “Le communisme avait un projet insensé : transformer l’homme «ancien», le vieil Adam. Et cela a marché… En soixantedix ans et quelques, on a créé dans le laboratoire du marxisme-léninisme un type d’homme particulier, l’Homo sovieticus.” C’est lui qu’elle a étudié depuis son premier livre, publié en 1985, cet homme rouge condamné à disparaître avec l’implosion de l’Union soviétique qui ne fut suivie d’aucun procès de Nuremberg malgré les millions de morts du régime. Dans ce magnifique requiem, l’auteur de La Supplication réinvente une forme littéraire polyphonique singulière, qui fait résonner les voix de centaines de témoins brisés. Des humiliés et des offensés, des gens bien, d’autres moins bien, des mères déportées avec leurs enfants, des staliniens impénitents malgré le Goulag, des enthousiastes de la perestroïka ahuris devant le capitalisme triomphant et, aujourd’hui, des citoyens résistant à l’instauration de nouvelles dictatures…
    Sa méthode : “Je pose des questions non sur le socialisme, mais sur l’amour, la jalousie, l’enfance, la vieillesse. Sur la musique, les danses, les coupes de cheveux. Sur les milliers de détails d’une vie qui a disparu. C’est la seule façon d’insérer la catastrophe dans un cadre familier et d’essayer de raconter quelque chose. De deviner quelque chose... L’histoire ne s’intéresse qu’aux faits, les émotions, elles, restent toujours en marge. Ce n’est pas l’usage de les laisser entrer dans l’histoire. Moi, je regarde le monde avec les yeux d’une littéraire et non d’une historienne.”
    À la fin subsiste cette interrogation lancinante : pourquoi un tel malheur ? Le malheur russe ? Impossible de se départir de cette impression que ce pays a été “l’enfer d’une autre planète”.

     

    Svetlana Alexievitch

    Née en 1938 en Ukraine dans une ville de garnison, Svetlana Alexievitch a fait ses études en Biélorussie pour devenir journaliste. Son premier livre, La guerre n’a pas un visage de femme (Presses de la Renaissance, 2004), paru en 1985 en Union soviétique, dénoncé comme “antipatriotique, naturaliste, dégradant” mais soutenu par Gorbatchev, a provoqué un énorme scandale et a eu un immense succès. Chacun de ses livres est un événement : Les Cercueils de zinc (10/18, 1997), Ensorcelés par la mort (Plon, 1995), Derniers témoins (Presses de la Renaissance, 2004), La Supplication (Lattès, 1998)… Elle vit actuellement à Berlin pour fuir le régime de Loukachenko, le président de la Biélorussie. Récemment chez Actes Sud : La Fin de l'homme rouge ou le temps du désenchantement (2013).

     

     

     

    Feuilleter un extrait

     

    Extraits de presse

    « Svetlana Alexievitch signe un livre prodigieux, nous plongeant dans les consciences, une par une, des Russes qu'elle a longuement interviewés.  »

    Vincent Jaury, Transfuge

     

    «  L'Homo sovieticus existe : Svetlana Alexievitch l'a rencontré.
    Dans cet ouvrage polyphonique, où se mêlent propos de micro-trottoir, conversations rapportées et extraits d'émissions de télévision, chaque voix sonne juste. Un charme fascinant s'en dégage. (…) Ce livre dense et puissant comme un fleuve.  »

    Etienne de Montety, Le Figaro Littéraire

     

    « Pendant vingt ans, l'écrivain-journaliste Svetlana Alexievitch a recueilli le témoignage de centaines d'anonymes de l'ex-URSS. Résultat : l'impressionnant Fin de l'homme rouge. Extraordinaire. (...) Tous ceux qui s'expriment dans ces quelque 500 pages, derniers specimens de ce qu'elle appelle l'"Homo sovieticus", nous passionnent.  »

    Baptiste Liger, Lire

     

    « Svetlana Alexievitch écoute, enregistre, orchestre ces voix en les feuilletant, faisant affleurer la poésie ardente qu'elles recèlent, le bonheur dans le malheur que l'auteur traque en elles.  »

    Jean-Pierre Thibaudat, Rue 89

     

    « Découverte en 1991 avec Les cercueils de zinc, où elle faisait raconter leur guerre à des soldates soviétiques rentrés d'Afghanistan, Svetlana Alexievitch récidive avec ce livre capital, bouleversant d'humanité et, politiquement, intransigeant récit de la détresse qui suivit la chute de Gorbatchev.  »

    Michel Schneider, Le Point

     

    « Svetlana Alexievitch a le don de confesser les hommes. De les faire sortir de leurs gonds. De libérer la verve poétique des uns, l'imagination des autres. (…) De raconter, aussi, de merveilleuses histoires d'amour, antidote à la folie du monde. Là, le miracle se produit : aucune lourdeur, aucune redondance dans cette juxtaposition, mais une musique, un souffle. Le témoin devient personnage, le récit se fait littérature.  »

    Emmanuel Hecht, L'Express

     

    « Elle transforme la vie quotidienne des humbles en morceaux de littérature. (...) Comment choisir parmi toutes ces voix cinglantes et bouleversantes? On se retrouve ici saisi au cœur, parmi des histoires d'amours et de morts, par de petits actes de courage anonymes. (...) La Fin de l'homme rouge peut se lire comme une méditation sans œillères sur la liberté et la responsabilité.  »

    Marie-Laure Delorme, Journal du dimanche

     

    « Grand livre d'histoire humaniste, tout ensemble infiniment douloureux et formidablement vivant.  »

    Nathalie Crom, Télérama

     

    « La qualité principale de l'œuvre est bien de faire entendre (…) la parole de chacun des témoins, l'un avec la fougue de la jeunesse, l'autre avec la sagesse rétrospective de l'âge. Ce sont pour nous autant de rencontres, de destins tragiques ou communs, de vies ressuscitées par les mots.  »

    Thierry Cecille, Le Matricule des anges

     

    «  Un monument planté dans cette rentrée.  »

    Daniel Martin, La Montagne

     


    Association du méjan

    Actes Sud newsletter

    Inscription à la newsletter :

    newsletter