De sang et de lumière | Actes Sud

    De sang et de lumière

     

    LAURENT GAUDÉ

    De sang et de lumière
    POÉSIE

     

    Parution en librairie le 1er mars 2017

     

     

     

    De sang et de lumière

    Les romans et les pièces de théâtre de Laurent Gaudé révèlent son goût pour la tragédie et l’épopée – deux formes, déjà, de la poésie. Ses livres témoignent toujours d’un humanisme ardent, d’une sincérité poignante, qui traversent pareillement les huit poèmes réunis ici. Qu’ils donnent la parole aux hommes réduits au silence ou ravivent le souvenir des peuples engloutis de l’histoire, qu’ils exaltent l’amour d’une mère ou la fraternité nécessaire, qu’ils évoquent la jungle de Calais ou les abominables convois de bois d’ébène des siècles passés, ils sont habités d’une ferveur païenne lumineuse, qui voudrait souffler le vent de l’espérance.

     

     

    “Je veux une poésie du monde, qui voyage, prenne des trains, des avions, plonge dans des villes chaudes, des labyrinthes de ruelles. Une poésie moite et serrée comme la vie de l’immense majorité des hommes. Je veux une poésie qui connaisse le ventre de Palerme, Port-au-Prince et Beyrouth, ces villes qui ont visage de chair, ces villes nerveuses, détruites, sublimes, une poésie qui porte les cicatrices du temps et dont le pouls est celui des foules.
    Je veux une poésie qui s’écrive à hauteur d’hommes. Qui regarde le malheur dans les yeux et sait que dire la chute est une manière de rester debout. Une poésie qui marche derrière la longue colonne des vaincus et qui porte en elle part égale de honte et de fraternité. Une poésie qui sache l’inégalité violente des hommes devant la voracité du malheur.
    Je veux une poésie qui défie l’oubli et pose ses yeux sur tous ceux qui vivent et meurent dans l’indifférence du temps. Même pas comptés. Même pas racontés. Une poésie qui n’oublie pas la vieille valeur sacrée de l’écrit : faire que des vies soient sauvées du néant parce qu’on les aura racontées. Je veux une poésie qui se penche sur les hommes et ait le temps de les dire avant qu’ils ne disparaissent.
    Le territoire de cette poésie, c’est le monde d’aujourd’hui, avec ses tremblements et ses hésitations. Elle s’écrit dans un corps à corps avec les jours. Elle sent la sueur et l’effroi. Elle est charnelle, incarnée. Le monde d’aujourd’hui est épique, tragique, traversé de forces violentes. Il se rappelle à nous avec brutalité. Des failles idéologiques réapparaissent. Des menaces grondent. Il faut dire et tenir ce que l’on est, ce que l’on veut être. L’écriture ne m’intéresse pas si elle n’est pas capable de mettre des mots sur cela. Qu’elle maudisse le monde ou le célèbre mais qu’elle se tienne tout contre lui. Nous avons besoin des mots du poète, parce que ce sont les seuls à être obscurs et clairs à la fois. Eux seuls, posés sur ce que nous vivons, donnent couleurs à nos vies et nous sauvent, un temps, de l’insignifiance et du bruit.”

    Laurent Gaudé

     

     

    Les mots sont
      Vieux
        Comme la souffrance des peuples.

    Page 11

     

     

     

    Ravalés au rang de bête,
    Écrasés à fond de cale,
    Entassés,
    Bois d’ébène.
    Quelle colère plus grande que celle née de ces heu-
      res passées dans l’obscurité ?
    Quelle colère plus grande
    Pour l’éternité ?

    Page 30

     

     

     

    Romancier, nouvelliste et dramaturge né en 1972, Laurent Gaudé a reçu en 2004 le prix Goncourt pour son roman Le Soleil des Scorta. Son œuvre, traduite dans le monde entier, est publiée par Actes Sud.

     

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