Actes Sud

    Toutes les critiques du Rendez-vous Babel


    28.03.2016

    Les Suprêmes (Babel)

    Les Suprêmes, Edward Kelsey Moore

    Un petit air de "La couleur des sentiments", un roman de la collection Babel et un côté décalé ? Quoi de plus pour me faire avoir le coup de coeur ? Dans ce roman, c'est la vie de trois femmes et de leur famille qui est bouleversée à la mort de Big Earl, le régent du restaurant où ils se retrouvaient tous les dimanches. Et si on début, on pense que Big Earl était le seul véritable lien entre tous les personnages, au fil des souvenirs des trois personnages principaux, on découvre leur vie et on apprend que non, ils sont tous liés d'une façon ou d'une autre et que la vie continue, même sans Big Earl. Les trois personnages principaux sont Odette : une femme grosse née dans un sycomore, réputée pour n'avoir peur de rien et qui voit les fantômes et discute avec eux; Clarisse, une puritaine de part l'éducation de sa mère, qui a épousé le plus grand coureur de jupons de la ville et qui se languit devant son piano tout en jugeant tout et tout le monde, et enfin Barbara Jean, une dame belle comme pas permis, fille d'une prostituée sur qui le destin s'acharne et qui combat son alcoolisme. Ces trois afro-américaines sont amies depuis le lycée et à travers leurs déjeuners du dimanche qui rythment le roman, on découvre leur vie d'avant et leur vie de maintenant, les moments tristes... "
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    Le Riz (Babel)
    11.12.2015

    Le Riz (Babel)

    Ce qui était perdu, Catherine O'Flynn

    Voici un livre au style fluide qui se lit à toute vitesse. Ce roman nous propose de suivre des personnages fort simples de la vie que l’on pourrait croiser en faisant nos courses. En effet, l’action se déroule principalement dans un immense supermarché qui devient le théâtre de ces vies à la fois banales et singulières que j’aurais pu trouver ennuyantes – c’est ce que j’ai craint à un moment donné – mais l’auteur use efficacement de son charme pour nous les faire apprécier. J’ai aimé le décor de cette histoire, n’appréciant pas les supermarchés en règle générale, là, curieusement, j’ai paradoxalement été séduite par cette atmosphère fort bien rendue par l’auteur de ces endroits impersonnels et froids, cela participe efficacement à alourdir l’intrigue. De plus, ce livre nous expose une bien jolie couverture qui m’a fait de l’oeil à la librairie, je l’avoue ; aussi, le livre est agréable au toucher, c’est un Babel … Une bien belle rencontre. Certains passages sont déroutants voire un peu glauques ce qui n’est pas pour me déplaire, quant à la fin, elle fait froid dans le dos, cela vient clore l’histoire de manière assez surprenante et fort sympathique ! "
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    Le Riz (Babel)
    08.12.2015

    Le Riz (Babel)

    Le petit joueur d'échecs, Yôko Ogawa

    Oh ! Je sens que je viens de découvrir là une auteur qui va peupler ma bibliothèque pour un petit moment ! De plus, l’éditeur Babel-Actes Sud propose des petits livres tout à fait éminents au papier dense et à l’impression soignée qui vous font bouder la liseuse. Nous restons dans le domaine des échecs avec cette histoire tout à fait singulière. C’est l’histoire d’un petit garçon qui va faire la rencontre d’un très gros Monsieur qui va lui apprendre à jouer à ce célèbre jeu de société ; s’en suit une histoire poétique et originale. Les personnages sont attachants et mignons même s’ils sont – pour certains – absolument monstrueux, ce décalage est particulièrement saisissant. Leur humanité, leur bienveillance prennent toute la place et c’est beau ! Le protagoniste dont on ne connait pas le nom est débordant de tendresse et de simplicité. Il est sincèrement attrayant. Il m’a souvent fait penser à Gwynplaine tout au long de la lecture, L’homme qui rit de Victor Hugo … Je ne me suis pas ennuyée tout au long de ce roman même si les descriptions des parties de jeu peuvent être répétitives ou fastidieuses pour certains lecteurs … J’ai trouvé au contraire qu’il y avait assez d’originalité dans tous ces duels soigneusement différents les uns des autres pour ne point lasser. J’ai moi même joué aux échecs avec ces personnages, leurs... "
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    Tsubame (Babel)
    03.12.2015

    Tsubame (Babel)

    Voyageons dans les souvenirs

    Dans ce roman, Aki Shimazaki nous parle, comme à son habitude, d’un sujet tabou et dur à aborder dans la société japonaise : cette fois-ci, il est question des Coréens ayant dû se faire passer pour des Japonais pour éviter la discrimination (toujours bien réelle de nos jours), voire pire. Pour cela, Aki Shimazaki nous fait nous plonger dans les souvenirs de Yonhi Kim, Coréenne ayant débarqué au Japon avec sa mère et son oncle, et ayant survécu au terrible tremblement de terre de 1923. Aujourd’hui, Yonhi Kim, ou plutôt Mariko Kanazawa, son nom japonais, est grand-mère et replonge dans ce grave épisode de sa vie : sa mère qui l’a confiée à un prêtre juste après le tremblement de terre pour qu’elle soit en sécurité pendant que sa mère cherche son propre frère. Pensant que c’était provisoire, Mariko Kanazawa ne dit mot, mais va rapidement constater que sa mère ne reviendra pas la chercher. À partir de là, Mariko va tenter de construire sa vie et prendre son envol. Elle va construire une famille, mais par peur (puisque les Coréens pouvaient être froidement abattus au Japon lorsqu’elle était plus jeune) mais également par honte, elle va cacher son identité à son propre mari et à sa famille. Un sujet donc très difficile mais, comme toujours avec Aki Shimazaki, la lecture coule toute seule. L’écriture de cette femme est... "
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    Des impatientes (Babel)
    30.11.2015

    Des impatientes (Babel)

    Des impatientes

    Alima l'appliquée, Bintou l'indomptable, leur prof déprimé et tous les événements qui font le quotidien d'un lycée de banlieue parisienne : voilà pour le décor de ce roman de Sylvain Pattieu. Au gré des retards, des prises de becs, des heurts et des affinités, ça se passe bon an mal an, mais ça se passe. Jusqu'au jour où une embrouille improbable mène les deux filles à un crêpage de chignon aux conséquences fâcheuses : leur prof est blessé. Conseil de discipline. Renvoi. Bienvenue dans une autre vie, changement de décor, les grilles du lycée sont remplacées par la pointeuse de Décora, le magasin d'ameublement dans lequel les deux filles se retrouvent caissières. La grande gueule de Bintou et la finesse d'Alima va les rapprocher dans cet environnement nouveau. Observées par un vigile timide et amoureux, elles réinventent la lutte des classes sans en connaître aucun code. Mais le moins qu'on puisse dire, c'est que ça déménage. Gros coup de jeune sur le syndicalisme ! Roman choral frais, Des impatientes offre un regard décapant et pétillant sur la banlieue, les relations entre les générations, les codes sociaux et la vie de l'entreprise. "
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    07.11.2015

    Les Adieux à l'Empire (Babel)

    Les adieux à l'Empire, Olivier Barde-Cabuçon

    Eylau, 8 février 1807. Le capitaine d’infanterie des Ronans trébuche en pleine charge contre les Russes et aperçoit dans les brumes fumantes du champ de bataille une femme, une apparition. Il s’agit de Daphné de Cercey, jeune femme engagée aux armées comme aide d’un chirurgien de la Grande Armée. A son réveil à l’hôpital, il fait la connaissance de deux hussards au grand coeur, Raoul Bussy de Casteljac, dit Beau Geste et Della Rocca. Ces quatre personnages sont les héros de cette épopée qui se déroule des conquêtes d’Eylau et Dantzig à la guerre d’Espagne, de la retraite de Russie à Waterloo. C’est en quelque sorte un miroir français de Guerre et Paix, où les temps de guerre alternent avec les permissions de nos héros à à Paris ou en Bourgogne chez les Cercey. Mais le récit est entremêlé d’une deuxième narration, les histoires de Beau Geste et Daphné en Egypte. L’Egypte, rêve oriental de Bonaparte, est le lieu magique où tout a commencé, le lieu où les rêves se fondent dans le sable, à la chaleur brûlante du soleil. Sur leur passage, Napoléon, bien sûr, omniprésent dans le cœur de tous ses soldats, son ombre, manchot mystérieux, Spalazini, qui initiera des Ronans à un mysticisme étrange, une espionne à sa solde non moins mystérieuse, la belle Fiorina, et une jeune comédienne appelée la Lune avec laquelle Des Ronans se lie d’une... "
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    Le Soleil des Scorta
    31.10.2015

    Le Soleil des Scorta

    L'talie. Solaire et intemporelle.

    Pour clore ce mois italien, j’ai à nouveau choisi le livre d’un auteur français. Pourtant, avec Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé excelle à traduire l’atmosphère si particulière de l’Italie du Sud. A travers l’histoire d’une famille sur cent et quelques années, il restitue l’esprit d’un peuple, l’attachement viscéral à une terre pourtant bien peu clémente. Il nous donne à voir un temps qui s’étire, où tout semble figé, où rien ne semble pouvoir - ni devoir - bouger ; ou bien de manière si ténue que les mouvements sont presque imperceptibles. Ni la pauvreté qu’ont en partage la majorité des habitants de ces confins de l’Italie, ni l’âpreté du sol, ni l’impitoyable brûlure du soleil n’ont raison de l’attachement des hommes et des femmes à cette terre qu’aucun d’entre eux ne peut se résoudre à quitter. Ce roman est empreint d’une profonde humanité. Si les relations entre les individus sont aussi rudes que l’est leur terre, les liens qui les unissent n’en sont pas moins puissants et témoignent d’un attachement inaltérable à une communauté. Malgré leur rusticité, la rudesse de leurs conditions de vie permet à ces gens de se concentrer sur l’essentiel : savourer l’amour de ceux qui leur sont chers, savoir reconnaître les moments simples et beaux de l’existence, transmettre à leurs enfants non pas des biens matériels qu’ils... "
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    Tous les diamants du ciel (Babel)
    29.10.2015

    Tous les diamants du ciel (Babel)

    et dire que ça pourrait faire une chanson des Beatles.

    Un vent souffle à Pont-Saint-Esprit en cette année 1951. Non pas une brise lourde de ses poussières radioactives mais tout aussi nocif, un air chargé en LSD. A rendre fou un fou, et un moins fou dans un fournil. Toute la population est atteinte. Mal et mal-être, qui prit son origine dans le pétris du pauvre Antoine. Le boulanger dans le pétrin et le seigle du boulanger. Souffle divin, Seigneur ô Seigneur, aie pitié de nous et de nos âmes. Protège-nous de ce mal qui emplit nos poumons du Satan. Rompez ce pain et distillez les effluves boulangères de ce pain entre malin et divin. New-York, Lucy regarde les étoiles dans le ciel. Dix-neuf ans, accroc à sa dose et pute à l’occasion. Elle balance son cul sur le rythme de la ville, sombre et déchargée de ses illusions. Son cul une illusion d’ailleurs. Lève la tête, ma belle et vois tes illusions se perdre dans ces nuits étoilées de Manhanttan. Elle rajuste sa culotte, tire sur sa jupe en skaï, et regarde ces diamants étincelant dans la noirceur du ciel. D’ailleurs ça pourrait faire une bonne chanson, Paul ça t’inspire ? Entre ces deux mal-êtres, l’ombre de la CIA plane. Et avec elle, l’expérimentation. L’acide lysergique et ses effets. Dans la famille des psychotropes hallucinogènes, l’institution innove, propose et s’essaie aux mépris des règles et des bonnes manières. La... "
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    Les Normaux (Babel)
    29.10.2015

    Les Normaux (Babel)

    Bizarre, vous avez dit bizarre ?

    Qu'est-ce qui qualifie quelqu'un de normal ? Quelqu'un qui a des réactions attendues ? Quelqu'un qui n'a pas de problèmes mentaux ou physiques ? Les Normaux, dont Billy Schine fait partie, sont un groupe de personnes qui se sont engagées à recevoir des médicaments quotidiennement dans une clinique, CRAH, afin d'en tester les effets secondaires. Il n'est pas si facile de qualifier quelqu'un de normal, surtout quand on voir les interactions entre les différents cobayes de cette expérience. Ce livre est un sacré morceau ! L'auteur expose les pensées de Billy Schine à un moment décisif de sa vie : harcelé par un usurier Ragnar pour non-recouvrement, englué dans une vie professionnelle qui peine à décoller, le jeune homme part deux semaines dans une clinique, payé à prendre des comprimés. Une entreprise assez rentable. C'est sans compter sur une ambiance assez particulière… David Gilbert parsème son récit de petites touches loufoques : ce terrifiant usurier, des voisins de chambre excentriques, l'adorable Gretchen, sa relation particulière avec ses parents… J'ai beaucoup souri dans ce roman et, même si l'action s'y déroule très calmement, j'ai apprécié les mésaventures de Billy sans le plaindre vraiment parce que Gilbert fait une peinture assez réaliste du... "

    Nanon
    27.10.2015

    Nanon

    Nanon - George Sand

    Il est regrettable que l'édition de Nanon de George Sand (en poche,2005) établie par Nicole Savy offre à plusieurs reprises au cours du roman des notes qui donnent des indications anticipant sur l'action. Ainsi, par exemple, la plus dommageable, la note n°65 p.213, annonce l'infirmité du héros Émilien, évènement qui aurait dû nous surprendre seulement à la page 322. Je retranscris la note 65 : "Mutilation factice qui anticipe celle, réelle, du dénouement". L'effet de surprise est donc éventé !! Nicole Savy ne semble pas connaître la raison d'être du roman et des plaisirs que sa lecture engendre. "

    Le premier et le dernier
    22.10.2015

    Le premier et le dernier

    Une pépite !

    Ce roman m'a transporté. L'écriture de l'auteure retransmet la naïveté de l'adolescente que fut jadis la narratrice et laisse le lecteur pantois à la fin, rendant le drame d'autant plus poignant. "
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    18.10.2015

    Dans l'ombre de la lumière (Babel)

    Dans l'ombre de la lumière

    Quand une femme réhabilite une femme ..... fut -elle celle de ST Augustin. Ecrit avec beaucoup de sensibilité et de connaissances comme tous les livres de C. Pujade Renaud "

    Silo (Babel)
    18.10.2015

    Silo (Babel)

    Silo, Hugh Howey

    J’avais ce roman depuis un moment déjà dans ma Pile à Lire, mais comme il était un peu épais, j’attendais d’avoir un peu de temps. Et finalement je l’ai dévoré en quelques jours. C’est un vrai coup de cœur et les pages ont tourné très vite ! L’histoire se déroule dans un futur post-apocalyptique et suit quelques individus d’un groupe vivant sous terre, dans un immense silo composé de très nombreux étages. Ils ne connaissent pas leur passé et ne voient du monde extérieur que ce que leur renvoie la caméra située à l’extérieur. Et de temps en temps, on sacrifie quelques individus pour aller nettoyer la caméra qui s’encrasse. J’ai beaucoup aimé le style de ce roman, et j’ai beaucoup apprécié la première moitié où on passe d’un individu à un autre et à travers lequel on découvre le silo à travers ces étages et la société qui y vit. C’est un monde complexe, sombre, avec tous ses communautés d’étages en étages, avec ses règles, son fonctionnement, le tout est bien construit, avec une foule de détails qui se laisse entrevoir petit à petit, et quelle découverte ! C’est vraiment bien fait, bien ficelé, un monde original, très intéressant, et extrêmement bien construit. Les personnages m’ont tous plus, sans exception. On découvre des personnes ayants des vies et des fonctions variées dans le silo. Mais c’est surtout l’intrigue... "
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    La Couleur des sentiments (Babel NE)
    17.10.2015

    La Couleur des sentiments (Babel NE)

    Voyages

    Super livre,le film est bien aussi "

    Photo de groupe au bord du fleuve
    17.10.2015

    Photo de groupe au bord du fleuve

    Un roman qui touche

    Photo de groupe au bord du fleuve est un roman très émouvant. On s'attache à ce groupe de femmes qui se battent pour améliorer leurs conditions de travail. Plus on avance dans le livre et plus on voudrait pouvoir les aider. Un livre tellement réaliste que tout le monde devrait lire. "

    Collector Babel - Le Soleil des Scorta
    17.10.2015

    Collector Babel - Le Soleil des Scorta

    Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé

    Au sud de l’Italie, dans la région des Pouilles, en l’année 1875, un homme entre dans le village de Montepuccio, avec ses petites maisons blanches agglutinées les unes aux autres, surplombant la mer. Pas un bruit ne s’échappe, les habitants demeurent dans leur foyer, fuyant la touffeur du début d’après-midi. L’âne qui porte Luciano Mascalzone avance avec lenteur, croulant sous le poids de son cavalier et celui du soleil qui l’écrase, un peu plus à chaque pas. L’homme, un bandit notoire, est connu de tous ici. Ayant purgé sa peine, il revient sur le lieu de son arrestation. Il sait bien qu’il n’est pas le bienvenu ici, le risque est grand mais l’homme n’a plus rien à perdre. Ce qu’il souhaite par dessus-tout est d’assouvir son désir pour Filomena Biscotti. La posséder enfin. L’idée l’obsède depuis quinze ans. Méprise et péché auront raison de Mascalzone; il sera tué à coups de pierres, jetées sur lui par la population en colère. Un enfant naîtra dans le rejet de tous, d’un père assassiné et d’une mère morte en lui donnant la vie. Grâce au curé de Montepuccio, cet orphelin sera placé dans une famille de pêcheurs dans un autre village. Premier chaînon de la lignée des Scorta, Rocco sèmera la discorde autour de lui. Il vivra de contrebande et de bassesses, deviendra riche, épousera une femme sans nom, la Muette et aura trois... "
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    Eldorado
    17.10.2015

    Eldorado

    Eldorado de Laurent Gaudé

    Deux histoires en parallèle, deux hommes de chaque côté de la barrière. En quête d’un avenir meilleur, Souleiman rêve d’un pays sans misère. Quant à Piracci, il doit tout mettre en œuvre pour barrer la route à tous les clandestins qui tentent le terrible voyage, faisant voler en éclats les images d’Eldorado qui emplissent leur tête. Le commandant Salvatore Piracci est en charge de la surveillance des frontières maritimes italiennes. Il doit repérer les embarcations suspectes – regorgeant d’hommes, de femmes et d’enfants souvent abandonnés par les passeurs. Il lui arrive de sauver ces gens de la noyade, d’avoir pitié d’eux, d’être en colère…mais son métier est de les empêcher de passer, c’est ainsi qu’à chaque fois, il remet son « chargement » aux autorités. Pourtant, une femme va complètement bouleverser la vie de cet homme en levant le voile sur ses responsabilités, sa morale et sa raison d’être humain. Souleiman envisage de tenter la grande odyssée qui le mènerait en Europe avec son frère Jamal. L’amour qui les unit renforce le courage de partir et apaise la douleur de quitter leur pays et leur famille. Mais, amputé très vite de son frère, Souleiman devra faire la route seul…Par deux fois, il croisera le chemin de Piracci. Ce roman, tellement d’actualité, met en lumière ce que ressentent les clandestins ; les... "
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    Imaqa
    15.10.2015

    Imaqa

    Le grand blanc, pour une grande aventure.

    Martin professeur danois proche de la quarantaine cherche à donner un sens à sa vie. Il rêve d'aventure, c'es pourquoi il demande sa mutation dans un petit comptoir au Groenland (colonie danoise). La colonisation tourne au désastre, il apprend le groenlandais alors qu'il est censé leur enseigner le danois. Le colonialisme a ces limites, l'alcool est un fléau. Le libéralisme étant difficilement compatible avec les coutumes locales. Il se rend compte que leur vie est tellement plus simple que la notre, plus riche car ils ne s'attachent pas au superficiel. "
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    14.10.2015

    Bon rétablissement (Babel)

    A découvrir de toute urgence

    Jean-Pierre, le personnage principal, est très ronchon mais très attachant. On découvre aussi, Maxime, le policier, qui rend visite à Jean-Pierre sous prétexte qu'il veut faire avancer l'enquête. Il y a aussi Maeva, qui à à peine 14 ans devient maman et Camille, étudiant et homo, qui se prostitue afin de payer ses études. En bref, une belle petite brochette de personnages qui vont réconcilier Jean-Pierre avec la vie ! Une lecture très agréable. Un livre qui se lit facilement. "
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    Rue des Voleurs (Babel)
    31.07.2015

    Rue des Voleurs (Babel)

    Le printemps arabe vu par un jeune marocain

    Un texte qui a du être précédé par un travail de recherche assez pointu. C’est là, le point fort de Mathias Enard, écrire de belles histoires qui se basent sur des faits réels. Ici, le printemps arabe, vu par Lakhdar, un jeune marocain, chassé de la maison familiale, après avoir été surpris nu avec sa cousine Meryem. Une vie d’errance débute pour lui, SDF, il tente de survivre et c’est par chance qu’il retrouve son ami de toujours, Bassam. Ce dernier le présente au chef d’un groupe islamiste. Accueilli, il occupera la fonction de libraire le jour, la nuit, en compagnie de son fidèle ami, il écumera les bars et admirera les filles qui passent dans la rue. C’est ainsi qu’il rencontrera Judith, étudiante d’origine espagnole dont il tombera amoureux. Difficile quand on a pas de visa de se rendre en Espagne, pays qui peuple ses rêves. Alors, il regarde sa bien-aimée s’en aller et tente de trouver un moyen de traverser. Mais, l’Europe est-elle réellement un eldorado pour un jeune sans papier ? Je n’en dis pas plus, sachez juste que Lakhdar a vécu 10 000 vies en une seule, instruit, il a une vue très claire sur ce qui l’entoure et sur les conséquences que pourraient avoir certains de ses actes. Rue des voleurs, c’est un roman sur l’espoir d’une vie plus simple que nourrissent beaucoup de jeunes magrébins, mais aussi sur la... "
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    Chronique d'hiver
    29.07.2015

    Chronique d'hiver

    Paul Auster, Chronique d'hiver

    Livre de mon mois de mai Lu lors de mes trajets en bus, métro, train… Autobiographie Paul Auster fait le point Sur ses soixante quatre dernières années Ses maux sont livrés Dans sa Chronique d’hiver Ses souvenirs d’hier Que me reste-t-il quelques semaines après ma lecture ? Des images Mon sourire en refermant le livre Des chiffres, nombres… incertains Il me reste quelques vagues souvenirs Des points, des détails de sa vie En vrac Paul Auster est né en février Un premier mariage raté, malgré les tentatives pour le sauver Naissance de son fils Deuxième mariage et naissance de sa fille Ses nombreux déménagements Dont ses vingt endroits marquants Il vivra à Paris Quand ? Je ne m’en souviens plus Les dates ne m’importent guère Ses Noëls en famille Avec la famille de sa femme Ces Noëls et le même rituel Pour le dîner du 24 décembre Ces jours aussi Où il frôla la mort Seul Ou en famille Je me souviens aussi De l’histoire de ses cicatrices Celles de son visage Et de Paris Son Paris Il me revient Je l’imagine… Les parisiens : insupportables, pour lui Cette France qu’il critique Où il rencontre Jean-Louis Trintignant Les mots de l’acteur le laissent toujours interrogateur Et son « tu » Cette deuxième personne du singulier qu’il emploie Comme pour mieux se souvenir Mais être... "
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    21.07.2015

    Bon rétablissement (Babel)

    Une belle découverte

    Une très belle découverte que l'écriture de Marie-Sabine Roger dans Bon rétablissement. Des expressions pleines de drôlerie, notamment pour l'adolescente, ce livre n'est que gourmandise, dommage qu'il ne soit pas plus long mais ça en deviendrait un péché ;-) "

    Rue des Voleurs (Babel)
    18.06.2015

    Rue des Voleurs (Babel)

    Chronique littéraire

    Ce roman social brosse un portrait sans concession du monde actuel, celui d’une jeunesse dans l’impossibilité de trouver un avenir entre l’Afrique à feu et à sang et l’Europe en désagrégation. Lakhdar, jeune Marocain de Tanger est plutôt content de son sort. Il a deux passions : les romans policiers français, et forniquer avec sa cousine. Tout bascule quand Lakhdar est découvert avec elle. Battu à mort, et renié par sa famille, commence pour lui une vie d’errance, balloté au gré des rencontres, des petits arrangements pour survivre. La littérature le sauve, il trouve un job dans une librairie coranique, puis recopie des données sur Internet, où il fait la connaissance de Judit, étudiante à Barcelone. Mais la situation est précaire, dangereuse. La violence des Barbus l’oblige à fuir en Europe, d’un esclavage à l’autre, sur le bateau, dans une entreprise de Pompes funèbres, jusqu’à Barcelone, Rue des Voleurs, à la recherche de Judit. L’écriture de Mathias Énard, dense et fiévreuse, rend admirablement la complexité, la confusion de ces villes cosmopolites où règne l’urgence de vivre : Tanger, plaque tournante entre Maroc et Espagne, et Barcelone, terre d’accueil et de démesure. La population des bas-fonds, les classes laborieuses, leurs attentes, leurs dérives, le sentiment de ratage, de fin du monde imminente, où les... "
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    16.06.2015

    Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

    Dessine-moi un éléphant ?

    Imagine-toi, t’es là, j’y suis, on se croise dans les dédales d’une rue marchande. Tu sens cette odeur, ce parfum de souffre et d’interdit. L’iode, la cannelle, la morue. Et ces couleurs, le blanc du marbre, le noir du sable, cet ocre balayé par la poussière. Et cette musique qui sonne en toi, des notes répétitives, des trompettes, de l’oud et le muezzin qui hurle au-delà des minarets. Tu vois la majestueuse Sainte Sophie, dont les icônes chrétiennes ont été recouvertes d’un enduit plâtré. Tu découvres ce bras de mer qui sépare deux rives, deux continents. Magie des lieux, Istanbul qui a l’époque devait se prénommer Constantinople. Je te parle de batailles, de rois et d’éléphants. Ne sois pas surpris. En 1506, cela t’apparaitrait comme une évidence. Franchement, j’ai été bluffé. A quoi m’attendais-je avant d’ouvrir cette couverture ? Attiré aussi bien par le titre que par Istanbul, je suis parti me laissant guider par la passion et l’entrain de ce florentin et ces stambouliotes. Toi qui voulais être vizir à la place du vizir. Une visite du souk s’impose, tu grimpes sur les hauteurs de la ville, admires le panorama bleu-noir du Bosphore, la Corne d’Or, quel mot magique pour désigner ce lieu. Et tu croises Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni que tout le monde appellera par la suite Michel-Ange. Il est venu justement... "
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    Nager sans se mouiller
    14.06.2015

    Nager sans se mouiller

    Un polar pour l'été

    Dire que c'est le polar du siècle serait faux, mais une chose est certaine, "Nager sans se mouiller" possède un ton assez original, un mélange réussi d'espionnage, de sexy, de suspens, de mystère et d'humour. Hormis le fait anecdotique que l'action se déroule dans un camping naturiste, l'intrigue bien touffue de tueurs agents secrets, de vengeance s'enrichit également d'une petite réflexion sur la paternité. Sans pour autant vouloir jouer dans une catégorie psychologique auquel il n'appartient pas, ce polar, se lit donc agréablement grâce à une écriture à la fois ironique, mordante mais empreinte d'une douceur qui transparaît entre les flingues, les téléphones portables se transformant en couteau et le venin d'araignée. Pour résumer, cela pourrait s'appeler " 007 ne cache rien " ou "James Bond, vacances au Cap d'Agde", mais en plus drôle. Après, on peut aussi penser que l'on a passé l'âge d'avaler des histoires bourrées de coïncidences et de rebondissements énormes. Ce qui pourrait se révéler comme une faiblesse dans un polar normal, devient ici, sous la plume d'un Carlos Salem déchaîné, particulièrement réjouissant. Et l'été (mais l'hiver aussi), il est toujours bon de se laisser aller .... "
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    L'Insecte missionnaire
    14.06.2015

    L'Insecte missionnaire

    L'Insecte Missionnaire d'André BRINK

    "L'insecte missionnaire" d'André Brink chez Actes Sud et dans leur édition de poche Babel . A la disparition d'André Brink le 7 Février dernier, j'ai eu envie de lui rendre hommage en le lisant. Car, si j'ai l'impression de l'avoir toujours connu (je revois ma mère avec "au plus noir de la nuit" ou "une saison blanche et sèche" entre les mains , à leur sortie en 1974 et 79 ; je me souviens que nous boycottions alors les oranges Outspan, tout à fait délicieuses pourtant mais qui venaient d'Afrique du Sud ) je n'étais plus sûre de l'avoir lu moi-même. Certains auteurs trop associés à une cause ne finissent-ils pas par bénéficier d'un respect à la limite de l'indifférence, au fond ? (Ici sa bibliographie piochée sur le site de la BNF) J'ai donc choisi un opus un peu atypique, inspiré de l'histoire véridique d'un pasteur noir au tout début du 19ième siècle en Afrique du Sud . Incipit : Cupido Cancrelas ne fut pas conçu dans le ventre de sa mère selon le procédé habituel mais éclos des histoires qu'elle racontait. Ces histoires prenaient des formes multiples. Dans l'une des versions, sa mère était une vierge, maigre comme un cache-sexe, au point que personne ne soupçonna qu'elle était... "
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    Photo de groupe au bord du fleuve
    09.06.2015

    Photo de groupe au bord du fleuve

    Photo de groupe au bord du fleuve d'Emmanuel Dongala

    Emmanuel Dongala nous plonge au cœur de l’Afrique dans la vie de Méréana, mère célibataire avec trois enfants à charge. Elle travaille avec une quinzaine d’autres femmes en tant que casseuse de pierre au bord d’un fleuve. Son destin va subitement changer après avoir appris la construction d’un aéroport où le prix du gravier a augmenté de manière exponentielle. Quand elle partage sa pensée auprès des autres femmes qui est de passer de 10 000 à 20 000 francs le prix du sac afin de pouvoir sortir chacune de la misère et de profiter du marché juteux à leur niveau, elle en reçoit l’unanimité et devient aussitôt la porte-parole pour la négociation. Cette négociation ne se déroulant pas comme prévu, cette revendication va devenir le leitmotiv de ce groupe de femmes pour se faire entendre même si cela remonte au Ministre de l’Intérieur voire à la femme du Président. Elles ne se démonteront pas et elles montreront leur obstination qui va bien au-delà de la partie pécuniaire : réaliser ses rêves et vivre dignement. Cette lutte qui durera un certain temps nous permet de découvrir le passé lourd de chaque femme dans un continent, l’Afrique, contemporain où nous Européens nous sommes loin de cet univers et du combat pour le droit des femmes. Les révélations sur les rapports de pouvoir en ajoutant à cela la politique, les mœurs et... "
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    Tout ce que j'aimais (Babel NE)
    18.05.2015

    Tout ce que j'aimais (Babel NE)

    Tout ce que j'aime

    Léo retrouve les lettres de Violet et Bill, point de départ de la mémoire, du récit de sa vie avec Erica et de celle de son meilleur ami Bill avec Lucille puis Violet. Ils sont deux couples d’intellectuels, avec chacun un fils du même âge. Matt est le fils de Léo et Erica, Mark, celui de Bill et Lucille. Ils habitent le même immeuble, passent leurs vacances ensemble, et sont très liés. Chacun a un passé difficile lié à leurs origines mais se construisent un présent grâce à leur talent d’artistes.  » Nous sommes tous, je le suppose, les produits des joies et des peines de nos parents. Leurs émotions sont inscrites en nous, tout autant que les caractères provenant de leurs gènes. » Matt, entouré de l’amour de Léo et Erica, est un enfant créatif aimant le dessin et le base-ball. Mark,  » Peter Pan exilé du Never Land« , marqué par le divorce de ses parents, mal aimé de Lucille qui manque de capacité à communiquer avec autrui, délaissé par Bill qui passe son temps dans son atelier à la réalisation de son art, est un enfant plus instable. Contrairement à un tableau qui éternise une situation au présent, les deux couples doivent faire face aux tristes événements du destin, maintenant en permanence leur amitié. Chacun est toujours présent pour apaiser les peines de l’autre.  » Sans Bill, je me serais desséché complètement, le... "
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    La Petite Communiste qui ne souriait jamais (Babel)
    11.05.2015

    La Petite Communiste qui ne souriait jamais (Babel)

    Y a-t-il une vérité derrière le mythe ?

    Montréal 1976. Jeux Olympiques. Ils sont des millions ce jour-là, à être subjugués par la prestation d'une gamine à la poutre, si parfaite qu'elle affole les ordinateurs, incapables de déplacer la virgule pour afficher la note 10,00 que les juges lui attribuent. Le phénomène Nadia Comaneci est né, qui fascine assez Lola Lafon (dont l'enfance s'est déroulée en Roumanie avec sa famille) pour qu'elle décide d'en faire le sujet d'un roman surprenant et incroyablement fort. Il ne s'agit pas d'un portrait, ni même d'un récit autour des contraintes du sport de haut niveau. A travers un dialogue imaginaire entre la narratrice, qui a entrepris d'écrire sa vie et Nadia, à qui elle soumet ses chapitres au fur et à mesure, l'auteur part à la recherche de la vérité. Mais quelle vérité peut bien émerger des décombres d'un régime dictatorial si verrouillé que "personne ne sait vraiment qui est qui" ? Le style tout en mouvement, rythmé, saccadé, nous emmène sur la poutre, à la suite de Nadia, qui tel un feu follet, se joue des lois de la gravité. Le propos est souvent violent, parfois cru pour dire les contraintes, les conditions d'entraînement au delà de ce que l'on imagine qu'un corps peut supporter. Violent également lorsqu'il s'agit de... "
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    11.05.2015

    La Confrérie des chasseurs de livres (Babel)

    Une ode au pouvoir des livres

    Où François Villon, poète et brigand notoire, devient le héros d'un palpitant roman sur le pouvoir des lettres et de la connaissance... Raphaël Jerusalmy imagine ce qui est arrivé à François Villon alors que les livres d'histoire le donnent pour disparu. Nous sommes en 1463. Louis XI, au pouvoir contesté par les grands seigneurs, cherche à unifier ses territoires en tentant notamment d'imposer une langue unique, le français face aux différents dialectes régionaux peu favorables à la bonne compréhension des bretons, bourguignons et autres savoyards entre eux. Cela passe par la propagation des livres qui à cette époque, se heurte à la censure de la toute puissante église de Rome, garante de la suprématie du latin et des textes sacrés. François Villon est ainsi sauvé du gibet par le roi en échange de l'accomplissement d'une mission secrète, réunir une liste d'ouvrages rares, sur des sujets tant historiques que scientifiques ou philosophiques et organiser leur circulation grâce à l'implantation d'imprimeries à même de les reproduire en grande quantité, sur le territoire français (jusque là interdites par Rome). Une mission qui le conduira jusqu'en Terre Sainte, là où une organisation millénaire, la confrérie des chasseurs de livres, règne sur une vaste réserve de textes précieux,... "
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    29.03.2015

    Un été sans les hommes (Babel)

    Un été sans les hommes

    Comment mieux évoquer cette atmosphère que le titre ne le fait déjà? Dans le Minnesota, Mia, une femme mûre, comme on dit, et fraîchement trompée par son mari -rien de nouveau sous le soleil, comme thème- se réfugie dans un univers exclusivement féminin. Entourée de sa mère et des amies de sa mère, elle organise également des ateliers d'écriture, le temps d'un été, pour de jeunes adolescentes. Tanguant d'une génération à l'autre, cette femme qui se remet doucement de sa souffrance - qui l'a poussée pendant quelques jours dans la folie - observe, analyse ces relations féminines qui se font et se défont, les regards, les attitudes, les secrets de chacune, se détache de ses sentiments pour s'ouvrir à ceux des autres. La plume de Siri Hustvedt est toujours celle d'une calme mais exigeante recherche de ce qui se cache au-delà de ce qui est apparent, à laquelle se mêle une sensibilité délicate et comme prête à céder à un éclatement finalement toujours maîtrisé. Même ici, si l'on sait que Mia a eu un passage dans la folie, on éprouve pour elle une confiance en ses capacités de rémission due sans aucun doute à la force que l'on devine derrière ses tâtonnements. Au-delà des intrigues, j'ai trouvé agréable de me retrouver le temps d'un livre dans ce monde féminin sur trois... "
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    Chez eux (Babel)
    22.03.2015

    Chez eux (Babel)

    "Chez eux" de Carole Zalberg...

    "Elle a grandi dans une belle maison, blottie dans la bulle d'amour qu'entretenaient ses parents, sa soeur et la famille élargie. Mais en cette année 1938 la vie d'Anna Wajimsky, petite juive polonaise de six ans, bascule" La guerre, l'isolement, la famille, la peur, le courage, le refus de l'horreur, la dignité, la solidarité... Voici les sujets dont ce petit livre traite brillamment, dans une sorte de huis-clos qui m'a profondément émue. Un de plus sur le sujet ? NON. C'est un livre que je qualifierais de rare parce que d'une justesse extrême. En 99 pages Carole Zalberg sait nous toucher, faire réagir tous les pores de notre peau comme personne. Il est à mettre dans toutes les mains et ce très vite. Parce qu'en ces temps de plus en plus troubles il ne faut pas que cela se reproduise. JAMAIS ! "
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    Les Oreilles de Buster (Babel)
    22.03.2015

    Les Oreilles de Buster (Babel)

    Les oreilles de Buster

    Pourquoi à cinquante six ans une grand mère décide brusquement de rédiger ses mémoires ? Pourquoi commencer sa rédaction en déclarant « A 7 ans j’ai décidé de tuer ma mère » ? Un livre (à ne pas mettre entre toutes les mains) qui raconte la douloureuse rélation d’une mère et de sa fille. Pourtant ce livre n’est pas triste, avec une alternance entre Eva enfant et Eva adulte, l’auteure nous explique quelle est cette relation mère-fille si particulière. Entre perversion et ironie on comprend comment une petite fille se construit en tuant sa mère. "
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    Kinderzimmer (Babel)
    20.03.2015

    Kinderzimmer (Babel)

    "Tenir encore, malgré l'hypothèse du gaz."

    Lors d'une intervention dans un établissement scolaire, la question d'une jeune fille vient perturber le discours bien rodé de Suzanne Langlois venue témoigner de son internement dans un camp de concentration en 1944. "Alors quand avez-vous compris que vous alliez à Ravensbrück ?"Elle prend alors conscience de l'ignorance qui était la sienne à cette époque et émet le souhait: "Oh, retrouver Mila, qui n'avait pas de mémoire. Mila ,pur présent." Mila qui est enceinte à son arrivée au camp et se demande si cette grossesse peut influer positivement ou non sur sa survie. Mila qui se raccroche à des faits ténus-le fait qu'un chien SS ne l'ait pas mordue- pour ne pas se jeter sur les barbelés électrifiés . Mila qui va découvrir l'impensable: cette chambre des enfants, Kinderzimmer, oasis de survie dans un univers voué à la destruction. J'ai tout aimé dans ce roman : la manière dont est relatée l'arrivée ,le fait que pour la jeune femme "rien n'a encore de nom", que "le camp est une langue" , "Le camp est une régression vers le rien, le néant, tout est à réapprendre, tout est à oublier." Comment évoquer de manière plus juste ce qui a dépassé l'entendement ? La solidarité, "Vivre est une œuvre collective", le sabotage... "
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    Rue des Voleurs (Babel)
    19.03.2015

    Rue des Voleurs (Babel)

    Rue des voleurs - Mathias Enard

    Lahkdar nous écrit. Il nous raconte une période de sa vie. Elle est triste, dramatique, chaotique et en même temps dynamique et énergique. Fuyant la honte qui le poursuit chez lui - son père le découvre au lit avec Meryem, sa cousine - le jeune homme, d'origine marocaine, commence l'errance et fait l'expérience malheureuse d'une vie isolée. Il se cherche, essaye de se trouver. Comment y parvenir dans une société et un monde qui l'a déjà condamné? Les traditions l'étouffent, elles empêchent et condamnent ses désirs d'adolescent. Et que peut-il espérer dans un monde qui le prive d'une place où il aurait pu librement se réaliser? Le jeune homme, lucide, ne désespère pas. Il continue d'avancer en espérant un jour pouvoir vivre en toute liberté. Sur son chemin, il rencontre tout ce qui fait le malheur d'une vie: la misère, la pauvreté, la violence, la décadence, l'injustice. Il aperçoit aussi le terrorisme à prétendu caractère religieux, son emprise et son influence. Il découvre, bien plus heureux, l'Amour et ses humeurs- tantôt euphoriques, tantôt tragiques. Le jeune adolescent apprend. Il apprend à grandir, loin de sa famille, loin de son foyer. Attendrissant, il tente de construite, comme il peu, avec ses maigres moyens, la vie qu'il espère tant. Ce roman... "
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    Tonbo (Babel)
    19.03.2015

    Tonbo (Babel)

    L’absence du père

    3ème opus du cycle Au coeur du Yamato dans lequel nous suivons Nobu Tsunoda, un ancien employé de la compagnie Goshima. Cette fois pas de lien avec l’histoire du Japon, mais une mise en avant du fonctionnement scolaire au Japon. Après avoir démissionné de Goshima, Nobu a créé un juku où il enseigne en cours du soir et du week-end. Son père lui-même enseignant était un homme apprécié de ses élèves, jusqu’au jour où un malheureux incident se produisit et qui aura pour conséquences de le faire sombrer, de lui perdre son honneur et d’entraîner son suicide. C’est l’appel d’un certain Jiro Kâno qui déclenchera cette plongée dans les douloureux souvenirs familiaux de Nobu. Jiro était un élève de son père, un jeune garçon pour qui il avait de l’affection. Il souhaite rencontrer Nobu pour se confier sur cette époque, sur son père et sur le fameux incident. Encore une fois on note toute l’importance portée par la société japonaise à l’honneur et les dégâts qui peuvent en découler. Aki Shimazaki par une plume sensible et des mots simples nous fait prendre part à ces événements. Sans superflu nous sommes ému par les souvenirs qu’évoque Nobu en rapport à son père. Lorsque vous regardez une étendue d’eau vous êtes apaisé par la douceur de sa surface, tout en étant impressionné par les innombrables richesses qui se cachent dans ses... "
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    De bons voisins (Babel noir)
    11.03.2015

    De bons voisins (Babel noir)

    Ryan David James

    Vous souhaitez découvrir un roman noir particulier où l’on connaît l’assassin du début à la fin et on suit la victime se vider de son sang et essayer de survivre, lisez-le ! Connaissons-nous vraiment nos voisins ? Nous ne pouvons le savoir que lorsqu’il nous arrive quelque chose de peu appréciable…C’est ce que va découvrir une jeune femme à ses dépens. L’originalité du livre au-delà qu’il se déroule sur deux heures de temps au total réside dans la découverte en parallèle d’un bout de la vie de chaque voisin avec leurs pensées et doutes pendant que la victime se bat pour survivre et que le meurtrier passe par divers pulsions et sentiments. La victime se retrouve dans l’espace central de la cours où les fenêtres d’immeubles donnent dessus et où chaque voisin peut voir ce qui se passe : qui appellera les secours ? qui viendra l’aider ? Ryan David Jahn nous fait découvrir la corrélation entre la passivité et le nombre de témoins d’un crime…Cela pousse à réfléchir à ce qui peut se passer dans les transports en commun ou dans la rue lorsque l’on suit les faits divers. Très belle découverte que je vous conseille fortement. Tout lecteur 1 semaine 4 / 5 "
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    Incurables (Babel noir)
    25.02.2015

    Incurables (Babel noir)

    "Le monde a de nouveau montré sa face obscure"

    Je lis honnêtement très peu de romans policiers. Mais depuis quelques jours je repensais pas mal à Girl, interrupted (un film avec Winona Ryder et Angelina Jolie à l'intérieur, ce qui vous donne un peu une idée de son potentiel haute qualité), et j'étais donc d'humeur à entrer de nouveau dans une histoire impliquant des jeunes filles socialement marginalisées. Et paf, je tombe sur la couverture de ce bouquin qui me fait de suite faire le rapprochement. L'intrigue : En plein cœur de la nuit, alors que rien ne le laissait présager, deux personnes sont assassinées dans un centre de réhabilitation psychiatrique suédois. L'une était pensionnaire, l'autre infirmière. La police est immédiatement mise sur le coup, mais rien ne va assez vite au goût de Joona Linna, inspecteur qui assiste à l'enquête en qualité d'observateur. De son côté, il décide de prendre les choses en main et tente de suivre la trace de Vicky Bennet, la principale suspecte en fuite depuis la nuit des meurtres. Mais il se heurte très vite à des incertitudes : la jeune Vicky est-elle capable d'autant de violence ? L'arme du crime est-elle la bonne ? Et pour quelle raison le cadavre de la pensionnaire a-t-il été mis en scène, étendu sur un lit, les mains plaquées sur les yeux ? Mon avis : J'avais d... "
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    Amazones (Babel)
    25.02.2015

    Amazones (Babel)

    "Je pousse mon dernier cri, un cri guttural, un cri de révolte..."

    C'est peut-être une erreur de ma part, mais la littérature féministe française ne me semble pas hyper abondante, en ce moment. Certains romans sont féministes à demi-mots, un peu par hasard, sans trop se le dire, mais outre Virginie Despentes, je ne parviens pas à citer une auteure (de fiction j'entends, et qui soit éditée, diffusée et accessible au plus grand nombre, pas simplement à quelques initié-e-s ou communautés militantes) actuelle qui se revendique de cette lutte. Du coup, quand j'ai découvert le vilain gros mot en F inscrit en toutes lettres sur la 4ème de couverture du roman de Raphaëlle Riol, mon sang n'a fait qu'un tour et je l'ai aussitôt embarqué pour le dévorer d'une traite (ou deux). L'intrigue : C'est l'histoire de deux femmes que tout semble opposer, si ce n'est la colère qui les anime ainsi que le climat de suspicion qui entoure la mort de leur mari/copain. Alphonsine est âgée de 89 ans, Alice en affiche 30 au compteur. L'une se sent dépérir dans une maison de retraite où les journées sont rythmées par les parties de loto, les ateliers de coloriage et les chansons de Michel Sardou. L'autre serre les dents au boulot, son collègue rebaptisé "Jean Connard" par ses soins lui tapant atrocement sur les nerfs. C'est l'... "
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    SATOR
    18.02.2015

    SATOR

    Excellent

    On peut écrire un roman de grande qualité sans le transformer en monstre de la taille d'un dictionnaire. Du moins Alain Le Ninèze en est capable. Lucius Albinus est procurateur de Judée et de nature plutôt tolérante, prêt à la négociation, ouvert au compromis. Il fait malheureusement face à l'extrémisme religieux qui se camoufle derrière un masque de lutte nationale et de liberté. Pour aider son oncle qui lui affronte la tyrannie d'un empereur cruel et dément, il doit résoudre l'énigme représenté par un cryptogramme chrétien. Le temps passant il va se passionner pour cet objet et pour l'histoire de la passion du Christ qu'il découvre lors de son enquête. Albinus et son oncle vont se répondre par lettre et évoquer en parallèle les dernières années de Néron et le début de la révolte juive. Nous ne connaitrons pas la fin de ces histoires car elles se résoudront bien après le départ d'Albinus de Judée. Mais toutes les interprétations du cryptogramme seront présentées, "découvertes" par nos héros, élégantes, malines. Je reste cependant sceptique sur la révélation finale (la transformation de AREPO en PAREO). Voyez-vous ce carré magique regorge de symétries et toutes les interprétations les utilisent. Seule la dernière est asymétrique. Elle casse l'élégance de l'objet et me... "

    Naufrages
    18.02.2015

    Naufrages

    Un conte cruel

    La vie quotidienne est des plus rudes, proche de la simple survie, dans ce petit village côtier du Japon, encadré de montagnes. Plus encore si l’on est un enfant, déclaré à neuf ans chef de famille, puisque le père s’est vendu pour trois ans loin du village, afin d’éviter à tous ses enfants de mourir de faim. La mère est dure à la tâche, mais pas très tendre, les autres enfants sont encore tout petits. Isaku doit donc s’initier seul à la pêche, aux différentes sortes de pêches selon les saisons et les bancs de poissons qui passent. La seule lueur d’espoir serait qu’un navire vienne faire naufrage sur ce tronçon de côte, ce qui arrive, certains hivers… d’autant plus facilement que les villageois ont une technique bien particulière pour les attirer. Malgré tout, drames et tristesses s’enchaînent. Il est difficile de trouver un univers plus sombre que celui de cet auteur. Pourtant, même si l’espoir n’est pas la première raison de vivre de cette petite communauté, si l’été passe dans cette contrée en un souffle alors que l’hiver s’éternise jusqu’à presque décimer la population, l’envie d’en savoir plus, notamment sur les naufrages du titre, fait tourner les pages. Je crois que cette histoire est inspirée d’un conte traditionnel japonais, et elle se situe d’emblée dans une intemporalité de conte, ce qui aide sans doute à mieux... "
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    Ouragan (Babel NE)
    18.02.2015

    Ouragan (Babel NE)

    Un superbe huit-clos en pleine tempête

    5 personnages principaux que nous suivons à tour de rôle le jour où l’Ouragan passe sur la Nouvelle-Orléan. Josephine Linc. Steelson, centenaire et nègre. Nègre c’est ce qu’elle est, c’est ce qu’elle a toujours été, c’est comme ça que les gens la voient et c’est ce qu’elle revendique. Elle le sent venir cet ouragan qu'elle sait vicieux et elle regarde les gens qui s’attroupent à défaut de fuir car il n’y a nulle part où aller. Josephine, elle remarque qu’il n’y a plus de blanc. Josephine refuse de fuir, ici, c’est chez elle, ici, elle a vu mourir tous les siens. Rose Peckerbye était belle, était jeune, était amoureuse. Elle est usée, divorcée et a un enfant qu’elle considère comme un étranger. Rose est dépassée lorsqu’il faut faire face aux intempéries. Rose ne sait plus où elle en est, Rose a besoin d’aide. Keanu Burns était amoureux de Rose pourtant il l'a quittée. L’ouragan que tout le monde fuit, il va s’en approcher car c’est là qu’il aurait dû rester. Buckeley est détenu à l’Orleans Parish prison, l’Ouragan lui rendra la liberté. Il n’est pas une bête sauvage comme d’autres peuvent l’être, il en est convaincu. Un peu de liberté, c’est ce que l’ouragan va lui apporter mais aussi lui reprendre. Le révérend, homme de foi qui se perdra, passant de sauveurs d’âmes à sans âme. 5 personnages qui se... "
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    Le Riz (Babel)
    18.02.2015

    Le Riz (Babel)

    Chronique : Le riz

    Quand toute la vie d’une famille ne dépend que d’une chose : une bonne ou une mauvaise récolte Paru en Malaisie en 1966, ça n’est qu’en 1987 que Le riz, écrit par Shahnon Ahmad et traduit par Nicole Biros paraît en France aux éditions Actes Sud. Il s’agit du seul roman de l’auteur paru en France bien que sa production soit très importante. Selon la traductrice, Shahnon Ahmad est un auteur qui affectionne tout particulièrement les microcosmes sociaux et apporte une attention particulière à la psychologie de ses personnages. Il est l’auteur de plus d’une dizaine de romans sans compter ses essais et est professeur de littérature à l’université. Le riz est un roman qui fut adapté au cinéma sous le titre Rice People en 1994, traduit en français sous le titre Les gens de la rizière. Bien que le livre soit d’origine Malaisienne, le film lui est issu d’une production Cambodgienne. Bienvenue dans l’enfer quotidien des belles et dangereuses rizières Notre histoire se déroule dans un petit village de Malaisie où tout le monde se connait et s’entraide. Nous y suivons la famille de Lahuma et de sa femme Jeha, composée de six filles. C’est donc une grande fratrie qu’il faut nourrir au quotidien, sans compter qu’il doit rester du riz pour en revendre une partie… Ainsi sommes-nous initiés aux problématiques qui taraude jour et nuit... "
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    16.02.2015

    La Formule préférée du professeur

    La formule préférée du professeur - Yoko Ogawa

    La formule préférée du professeur est un très beau livre ! L'intrigue est simplissime mais étrangement envoûtante, les personnages, peu nombreux, sont extrêmement attachants, bien que leur nom ne soit jamais révélé. Je suis tout de suite tombée sous le charme de ce roman subtil et superbement bien écrit, qui explore la séduisante thématique de la mémoire et de la transmission. J'ai longuement hésité quant au choix de mon premier Yôko Ogawa, impressionnée par le flot de critiques très élogieuses dont celle-ci fait régulièrement l'objet sur la blogosphère. Celui-ci est vraiment très accessible, y compris pour ceux et celles d'entre vous que rebuterait une littérature japonaise parfois très poétique, et par conséquent assez hermétique pour nous autres pauvres occidentaux. L'auteur fait preuve de beaucoup de sensibilité dans la description des relations qui s'établissent entre le professeur et le jeune garçon. Leur rencontre va redonner un sens à l'existence bien terne de cet homme brillant mais trahi par sa mémoire, qui survit grâce aux chiffres et aux démonstrations mathématiques. Commence alors une belle histoire d'amitié inter-générationnelle entre un homme solitaire et un enfant sans père, qui vont s'entraider et se stimuler mutuellement, dans la plus pure tradition japonaise (il... "
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    16.02.2015

    Le Dévouement du suspect X

    Le dévouement du suspect X - Keigo Higashino

    Le dévouement du suspect X est le deuxième des trois romans de Keigo Higashino, tous publiés en France chez l'un de mes éditeurs fétiches (je ne résiste pas à la beauté des livres et des couvertures Actes Sud, le contenu se révélant par ailleurs souvent à la hauteur de l'emballage). Il s'agissait pour moi d'une grande première, et je n'ai pas eu à regretter mon choix, puisque j'ai découvert un roman policier bien ficelé et séduisant, comme je n'en avais pas lu depuis longtemps. J'ai aimé le côté "scientifique" du récit, d'une logique implacable jusqu'au (terrible) dénouement. Le coupable étant connu dès les premières pages, il s'agit ici de suivre l'évolution de l'enquête, et de déterminer si Ishigami parviendra à berner les inspecteurs. Son plan est-il réellement infaillible ? Comment a-t-il pu dissimuler le meurtre et faire en sorte que sa voisine ne puisse être accusée ? Comme la police, le lecteur est entraîné sur de fausses pistes, et tenu à l'écart de la vérité, qui ne sera révélée que dans les toutes dernières pages. J'ai entrevu la solution aux deux tiers du roman, mais Higashino ne nous laisse pas vraiment le temps d'y réfléchir, et il est de toute façon bien plus amusant de suivre le cheminement des pensées de Yukawa, qui... "
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    L'Ile des chasseurs d'oiseaux
    16.02.2015

    L'Ile des chasseurs d'oiseaux

    L'île des chasseurs d'oiseaux - Peter May

    On croit d'abord avoir affaire à un polar classique de type whodunit, mais la réalité est toute autre ! L'île des chasseurs d'oiseaux est un roman très noir, plus proche de la chronique insulaire et familiale ou du roman initiatique que du récit policier traditionnel. Un meurtre est certes commis dès les premières pages, mais la recherche du coupable passe au second plan, tandis que l'intrigue se concentre sur les souvenirs de l'inspecteur Fin Mcleod, qui se remémore par bribes les principaux événements de son enfance et de sa jeunesse. L'un des tours de force réalisés par Peter May consiste d'ailleurs à nous faire régulièrement oublier l'enquête, avant que le terrible dénouement ne nous prenne complètement au dépourvu, comme un brusque retour à la réalité. J'ai été happée par ce roman très bien écrit, à l'intrigue fort habilement menée. Les allers-retours narratifs entre le présent et le passé permettent une immersion rapide dans l'histoire, qui prend peu à peu la forme d'un huis-clos étouffant, du fait du caractère fermé et isolé de l'île. Le meurtre d'Ange Macritchie, brute épaisse détestée de tous (le "bully" dans toute sa splendeur), apparaît vite comme l'aboutissement d'une succession d'événements entamée près de trente ans... "
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    La Double Vie de Vermeer
    16.02.2015

    La Double Vie de Vermeer

    La double vie de Vermeer - Luigi Guarnieri

    J'ai depuis longtemps appris à faire confiance à la collection Babel d'Actes Sud, dont le foisonnant catalogue constitue pour moi un vivier inépuisable de belles découvertes. Ce premier roman de l'italien Luigi Guarnieri ne déroge pas à la règle, et je me demande bien pourquoi je ne l'ai pas sorti plus tôt de ma PAL, dans laquelle il végétait depuis environ un an. L'auteur transalpin nous propose un étonnant récit à caractère documentaire, inspiré d'une histoire vraie, très technique par certains aspects, que l'on dévore pourtant comme un captivant roman à suspense. La trame de l'intrigue repose sur la personnalité atypique et hors du commun de Han Van Meegeren, artiste raté mais sûr de son talent, ruminant sa pathétique géniale vengeance machiavélique dans l'anonymat de son atelier, lequel s'apparente ici davantage à l'antre d'un sorcier ! Van Meegeren est un peu le Gargamel du monde de la peinture, et pourrait reprendre à son compte cette célèbre litanie : "Je me vengerai, et ma vengeance sera terrible !" (je ne sais pas pourquoi je pense à ça tout d'un coup). Luigi Guarnieri aborde le sujet avec une réjouissante ironie, et l'on sourit fréquemment devant la fourberie de Van Meegeren, individu brillant mais socialement inadapté, comme l'... "
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    16.02.2015

    La caverne des idées

    La caverne des idées - Jose Carlos Somoza

    J'avais envie de lire rapidement un deuxième roman de Somoza, quelques semaines à peine après avoir découvert le très original Clara et la pénombre, qui m'avait donné un séduisant aperçu de l'univers et du style de l'écrivain espagnol. J'ai choisi La Caverne des idées, premier roman de l'auteur, sur la base d'une quatrième de couverture alléchante, et aussi (tout simplement) parce qu'ils l'avaient à la bibliothèque. Autant le dire tout de suite : j'ai a-do-ré ! Je suis tout simplement épatée, encore sous le choc de ce roman envoûtant et savamment construit, érudit et en même temps profondément ludique, bref, en un mot, un roman brillantissime, qui m'aura tenue en haleine jusqu'à la toute dernière ligne du dernier chapitre. Somoza apporte un soin tout particulier au cadre de l'intrigue, laquelle se déroule à Athènes, à l'époque de Platon et de l'Académie. Je ne suis pas du tout spécialiste de cette période, mais la reconstitution semble convaincante, de toute évidence basée sur un solide travail de documentation. On croit d'abord avoir affaire à un "simple" polar antique (ce qui n'est déjà pas banal), alors qu'il s'agit en réalité d'un formidable jeu de piste philosophico-littéraire, qui amuse autant qu'il... "
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    Sauver Mozart (Babel)
    16.02.2015

    Sauver Mozart (Babel)

    Sauver Mozart - Raphaël Jerusalmy

    Des juifs, des tuberculeux, un sanatorium, la guerre, des nazis, Mozart qu'on assassine... Pas de quoi s'esclaffer, me direz-vous ! Raphael Jerusalmy réussit pourtant avec ce premier roman un formidable petit bijou d'humour grinçant, qui renouvelle avec beaucoup de fraîcheur des thèmes chers à mon coeur. L'auteur allie audace et originalité, et signe une fantaisie cruelle et pleine de malice, malgré la gravité du contexte historique. Le récit tourne autour du personnage d'Otto Steiner, mélomane solitaire et insoumis, qui rédige pendant un an son journal, dans le sanatorium de Salzbourg où il attend désormais la mort avec résignation. Otto Steiner a toujours dissimulé ses origines juives, et ne se mêle pas de politique ; il n'est cependant pas dupe, et observe d'un oeil impuissant les ravages causés par les nazis, sans toutefois s'impliquer outre mesure. Son quotidien se résume à quelques parties d'échecs avec les autres malades, ainsi qu'à de maigres repas répétitifs, dont le menu monotone, parfois agrémenté de lard obtenu au marché noir, revient tel un lancinant leitmotiv : "Filet de cabillaud et pommes de terre bouillies". Les patients du sanatorium vivent dans un dénuement croissant, la guerre imposant moult privations, et ne peuvent guère se fier aux soins... "
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    L'Oiseau de mauvais augure (Babel noir)
    09.02.2015

    L'Oiseau de mauvais augure (Babel noir)

    Camilla Lackberg L'oiseau de mauvais augure

    Nous retrouvons Patrick qui doit résoudre deux meurtres de jeunes femmes l’une à travers un accident de voiture sous l’emprise d’alcool et l’autre retrouvée assassinée après une soirée mouvementée et arrosée. En parallèle, une série de téléréalité vient tourner dans la ville de Tanumshede ce qui apportera davantage de travail à la police. La nouvelle recrue qui rejoint l’équipe de police va avoir du pain sur la planche. Entretemps, Erica jongle entre sa sœur qui perd pied et son mariage à organiser. Pour ceux qui n’auraient pas lu les trois premiers ouvrages de Camilla Läckberg, je vous conseille de lire mes posts et de courir lire les aventures d’Erica et Patrick. Toujours un plaisir de lire sous la plume de Camilla Läckberg malgré je trouve un petit relâchement dans ce dernier ouvrage. Lecteur ayant lu les trois précédents ouvrages 3/5 2 semaines "
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    Le Tailleur de pierre (Babel noir)
    09.02.2015

    Le Tailleur de pierre (Babel noir)

    Camilla Lackberg Le tailleur de pierre

    Nous retrouvons Patrick et sa compagne Erica qui a accouché d’une petite fille. Ils découvrent les premiers mois d’un nourrisson et le chamboulement dans leur vie. Pour Patrick, il va devoir jongler entre sa vie de famille et une nouvelle enquête concernant le corps d’un enfant retrouvé dans la mer. Une enquête forte en émotion de par le fait de retrouver le corps d’une jeune enfant qui courrait dans leur salon il y a quelques jours. Pour ceux qui n’auraient pas lu les deux premiers ouvrages de Camilla Läckberg, je vous conseille de lire mes posts et de courir lire les aventures d’Erica et Patrick. Sous les apparences tranquilles de Fjällbacka, le passé et le présent de cette ville cache des relations troubles où le corps d’une jeune fille dans le port ne serait pas le seul drame… Le rythme effrénée de l’enquête en allant de révélations en révélations tient le lecteur sous tension jusqu’à la dernière page. Toujours un plaisir de lire sous la plume de Camilla Läckberg. Lecteur ayant lu les deux précédents ouvrages 4/5 2 semaines "
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    09.02.2015

    Le Prédicateur (Babel noir)

    Camilla Lackberg Le prédicateur

    Pour notre plus grand plaisir, nous retrouvons Erica et Patrik qui se sont installés dans la maison de Fjällbacka où un heureux événement est attendu : Erica est enceinte !! Pour ceux qui n’auraient pas lu le premier ouvrage de Camilla Läckberg, je vous conseille de lire mon post sur « La princesse des glaces ». Notre jeune couple heureux a décidé de ne pas faire attendre les si bonnes choses et après six mois de relation, la famille va prochainement s’agrandir. En attendant, Erica souffre de la chaleur et de son immobilisme ou quasi dans la maison. Patrik quant à lui va devoir écourter ses petites vacances pour le plus grand bien de leur couple à première vue…qu’à première vue. Un jeune garçon de six ans a découvert dans la brèche du Roi le cadavre d’une femme nue morte. Patrik sera appelé à la rescousse parce que la découverte du cadavre va s’avérer plus importante que prévue : deux autres cadavres de jeunes filles disparues il y a vingt-quatre ans se trouvent en-dessous !! La famille Hult connu de la foule par le grand-père pour ses pouvoirs de guérisseur avec ses fils dont l’un se suicidera de manière étrange revient au devant de la scène. Quel(s) lien(s) obscures entre les cadavres et cette famille ? Patrik Hedström et son équipe, vont devoir assembler leurs forces en cette période estivale où l’équipe est... "
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    La Princesse des glaces
    09.02.2015

    La Princesse des glaces

    Camilla Lackberg La princesse des glaces

    Erica Falck, jeune trentenaire célibataire et écrivaine a quitté temporairement la capitale de la Suède pour trier les affaires de ses parents décédés il y a peu. Elle retrouve ses racines dans ce village paisible de bord de mer, Fjällbacka, et dans la maison d’enfance, toute seule à vivre ce deuil sans sa sœur Anna qui tente comme elle peut de sauver sa vie de famille… L’ambiance pesante de la maison avec les souvenirs encore forts la pousse à aller affronter le froid et la neige pour se changer les idées. Cette sortie tant anodine qu’elle soit va chambouler son quotidien, ses priorités, sa vie et ses souhaits. Elle va se retrouver liée à la fois à la découverte de sa meilleure amie d’enfance, Alex, dans une baignoire gelée avec les veines tailladées et à la fois avec une demande de contrat pour raconter la vie qu’Alex a eu…un sacré chamboulement qui s’ajoute au tri de sa maison et sa biographie en cours. A l’aide de Patrik Hedström, inspecteur de la ville voisine et ancienne connaissance d’enfance, elle va investiguer cette affaire pour connaître le meurtrier et déterrer certaines histoires qu’il vaut mieux parfois ignorer. Connaît-on vraiment nos amis proches, nos voisins ? Quelle quiétude cache ce village ? Partez dans l’enquête avec Erica Falck et Patrik Hedström et vous ne serez pas en manque de rebondissement et de... "
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    Le Pacte (Babel noir)
    09.02.2015

    Le Pacte (Babel noir)

    Lars Kepler Le Pacte

    Roman policier suédois qui est très bien ficelé où toute l’action se déroule entre Stockholm et les différentes villes de Suède avec un fond de trafic d’armes, du rituel de Paganini et du violon. Dès l’ouverture des premières pages l’âme du lecteur est mise à rude épreuve entre un suicide et le cadavre d’une jeune femme. Puis, la succession de petits chapitres maintient le lecteur dans un suspense le plus total. Chaque chapitre rebondi soit sur un des personnages soit sur une action précise jusqu’au moment où l’intrigue s’accroît jusqu’à sa résolution et où les chapitres se suivent en termes d’action. L’aventure tourne autours de trois personnages principaux : Joona Linna – inspecteur « secret » travaillant pour la Risk souhaitant garder son indépendance et agir à « sa façon » – nous entraîne dans ses hypothèses, ses réflexions et on s’y attache ! Quel inspecteur ! Saga, elle travaille pour la Sapö et doit faire équipe avec Joona. Au fil de leur collaboration, elle va se transformer. Deux êtres très différents qui vont mener d’une main de maître l’enquête. Penelope, militante pour la paix, va se battre jusqu’au bout pour retrouver le meurtrier de ses proches et comprendre ! L’aventure se fini sur un nouveau commencement… Tout lecteur – 5/5 – 2 semaines "
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    09.02.2015

    Léon et Louise (Babel)

    Un amour plus fort que l'Histoire

    Voilà le livre parfait à glisser dans ses valises pour les vacances. Un grand bol d'optimisme et de positivisme, qui évite l'écueil des bons sentiments. Et un roman très bien ficelé, agréable à lire avec cette plume pleine de grâce, trempée dans l'humour, qui parvient à camper des personnages aussi intéressants qu'attachants. Léon et Louise, c'est l'histoire d'un amour, singulier et anticonformiste, plus fort que l'histoire, presque plus fort que le destin. Léon et Louise se sont rencontrés en 1918, sur les routes de Normandie qu'ils sillonnaient chacun de leur côté à vélo. La guerre vivait ses dernières semaines même si personne ne le savait encore. Léon Le Gall officiait comme assistant télégraphiste dans un village de Normandie, poste trouvé par sa famille pour satisfaire son désir de "servir" tout en le tenant éloigné des zones de combat. Sa rencontre avec Louise, jeune fille presque femme, indépendante, libérée avant l'heure et le pays va définitivement marquer sa vie. Pourtant, ces deux là vont se perdre, se croire morts, se retrouver et ne plus jamais se perdre malgré la distance ou les événements qui les sépareront. Ils feront mentir le dicton "loin des yeux, loin du cœur", Léon ne voyant aucun problème à vivre avec deux femmes, l'une à ses... "
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    Murtoriu (Babel)
    08.02.2015

    Murtoriu (Babel)

    Comment j'ai découvert Biancarelli...

    Bonsoir, Les lignes qui suivent, et qui disent mon intérêt et mon admiration pour le texte de Biancarelli, ont récemment été publiées sur une page Facebook dédiée à l’auteur : cette page (que je cite en référence dans votre formulaire) a été créée par un lecteur admirateur et assidu de Biancarelli. Je vous remercie pour votre attention, C. Comment j’ai découvert Biancarelli... C’est sur une page Facebook que j’ai découvert Marc Biancarelli (il est bon de croire aux miracles, sinon en Dieu). J’ai suivi le conseil du créateur de cette page (qu’il en soit remercié) et commencé la lecture de Murtoriu. La découverte que j’ai faite de Biancarelli m’a rappelé celle de Pierre Michon il y a quelques années (que les auteurs me pardonnent la comparaison – c’est pour l’usage qu’ils font de la langue que je m’autorise à les associer). Comme les sept cents autres que compte ce groupe, j’éprouve la satisfaction jalouse, ô combien humaine, d’appartenir à un cercle d’initiés, d’être du côté de ceux qui connaissent Biancarelli – quand lui rêve d’une vaste communauté (le versement annuel des droits, ne nous leurrons pas, souhaitons-le-lui). J’ai ouvert ce livre sans savoir vraiment où je mettais les pieds. J’ai rapidement su : sans ménagement aucun, Biancarelli vous prend à partie et vous ne le lâcherez plus. Lisez Biancarelli : il... "
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    08.02.2015

    Le Premier Été (Babel)

    Souvenirs d'été et découvertes

    J'ai découvert la plume d'Anne Percin cet été, avec son magnifique "Les singuliers", mon avis se trouve ici. Sa plume m'avait beaucoup plu et j'ai eu l'envie de mieux la connaître, "Le premier été" paraissait justement en poche chez Babel, l'occasion n'était que trop belle. C'est avec "Les petites lectures de Scarlett" , mon binôme lecture commune, relayé par "Les lecteurs belges compulsifs" que nous avons décidé cette lecture commune. L'avis des copines se trouve ci après. Ce magnifique roman a fait l'objet d'une adaptation télé avec Romane Bohringer. Nous y voici. Deux soeurs trentenaires ; Angélique - mariée et maman - et Catherine sa cadette, se retrouvent en fin d'été en Haute-Saône pour vider la maison de leurs vacances d'enfance, celle de leurs grands-parents. Catherine est submergée par ses souvenirs et le poids d'un secret datant de l'été de ses seize ans. On replonge avec bonheur dans les années 80, avec les "Bonne Soirée" de nos mamies, les "OK Magazine", la musique de Daho, oh nostalgie quand tu nous tiens, un retour à nos propres souvenirs. A l'époque au village il y avait une colonie de vacances. On se retrouvait au bord de la piscine municipale dans l... "
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    Mes bifurcations (Babel)
    08.02.2015

    Mes bifurcations (Babel)

    Itinéraire d'un Sud-Africain engagé

    André Brink a connu une vie riche, parfois mouvementée, qui plus est dans un contexte particulier : l’apartheid. Descendant d’une lignée d’Afrikaners, Brink était supposé vivre avec une certaine vision du monde qui s’effritera peu à peu avant de s’effondrer tout à fait lors de son séjour en France dans le cadre de ses études, période au cours de laquelle eut lieu le massacre de Sharpeville. Suite aux éléments déclencheurs d’une transformation, Brink n’aura de cesse de comprendre les comportements des hommes les uns envers les autres. Dans sa jeunesse, sa conscience du bien et du mal fut d’autant plus façonnée sur le modèle de l’apartheid que son père était magistrat. Or l’enfant fut témoin d’injustices qui lui parurent incompréhensibles. S’il n’avait pas encore la maturité pour analyser cet univers aberrant, ce furent les premiers germes de son questionnement. Néanmoins, vivant entouré de gens pensant tous la même chose et ne songeant pas à remettre en cause un système qui les mettait en haut de l’échelle, il faudra à l’auteur une expatriation et donc une mise à distance pour prendre la mesure des choses et voir son pays tel qu’il était. Ce livre est passionnant tant d’un point de vue historique qu’humain. En effet, ces mémoires évoquent de nombreux sujets et thèmes de réflexions. L’apartheid y est central, tout comme il... "
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    Le Dernier Vol de Lancaster
    07.02.2015

    Le Dernier Vol de Lancaster

    Le dernier vol de Lancaster - Sylvain Estibal

    En avril 1933, l’aviateur Bill Lancaster s’écrase dans le désert algérien alors qu’il tente d’établir un record entre Lympne (sud-est de l’Angleterre) et Le Cap. Lancaster signale sa présence afin que des secours soient envoyés. Ce roman est basé sur des faits réels et cela le rend d'autant plus bouleversant. Des documents véritables sont reproduits dans le livre et leur multiplicité est plus riche qu'une simple diversité de points de vue. En effet, ils participent à créer une histoire qui dépasse et la réalité et la fiction ; c'est une expérience difficile à nommer. Parmi eux figurent le journal de Lancaster retrouvé en 1962, celui de son amie Chubbie Miller également aviatrice, des coupures de presse, des rapports officiels, etc. L’ensemble crée une histoire troublante et efficace. Les photos sont certainement ce qui marque le plus : elles témoignent de la réalité de ces personnes et, par ricochet, des événements. L’auteur nous fait vivre cette course contre la montre de façon ardente. La tension est insupportable et peut-être l’est-elle d’autant plus que l’on se doute de la fin. On est pris par le vécu de Lancaster, par sa bataille pour la survie : tenir encore, tenir jusqu’à ce que les secours arrivent, espérer. A suivre les différents fils, on vibre, on a le cœur qui palpite, on a le sentiment que... "
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    06.02.2015

    Pour seul cortège (Babel)

    Laurent Gaudé : un auteur de talent

    Dans ce roman, il est question d'Alexandre le Grand, l'un des plus grands conquérants de l'Histoire. Les premières pages laissent entrevoir le fait que ce ne sont pas les années de conquêtes et de gloire qui ont intéressé l'auteur, mais une période nettement plus emprunte de symboles, une période qui laisse place aux envolées lyriques et fictives de l'auteur, celle des derniers jours d'Alexandre et de sa mort. Laurent Gaudé, nous parle au travers des voix d'Alexandre et de Dryptéis. Si le premier apparaît logiquement comme l'un des narrateurs de l'histoire, cela n'en est rien pour Dryptéis, femme dont on ne sait rien et que l'on va découvrir tout au long du livre. La magnificence de l'âme est une idée forte de ce roman, celle par laquelle l'auteur passe pour nous raconter son histoire. Le lecteur peut ainsi, au fur et à mesure, comprendre toute la force qui lie ces deux personnages, celle que l'auteur se plait à penser supérieure à la mort. Avec « Pour seul cortège », j'ai retrouvé le style épique de Laurent Gaudé, celui qui m'avait tant plu lors de ma lecture de « La mort su roi Tsongor ». Laurent Gaudé m'a permis d'être transporté dans un autre temps, celui des mythes et des légendes. Rien ne sert de savoir quels sont les éléments qui... "

    06.02.2015

    Le Premier Été (Babel)

    Un roman qui dérange

    J’ai acheté ce livre sur un coup de coeur, la couverture tout d’abord puis le 4ème de couv qui me tentait bien. L’histoire est différente de l’idée que je m’en faisais, mais cela l’a justement rendu encore plus prenante. Catherine et sa soeur se retrouve à vider la maison de leur grand-mère suite à son décès. Ce lieu de vacances fait remonter de nombreux souvenirs, dont un qui pèse sur la conscience de Catherine et qu’elle voudrait confier à son aînée Angélique. Cela fait 15 ans que c’est arrivé. En pleine adolescence, l’été, les copains, les amours de vacances… On découvre petit à petit qui était Catherine à cet âge là. Ses passions, ses envies. Ce croisement lorsque l’on quitte le monde de l’enfance mais que l’on est pas encore vraiment une femme. Ce livre est bouleversant par l’histoire qu’il raconte. Cette vision du bonheur puis la honte qui envahit tout , jusqu’à empêcher certains mots de sortir, jusqu’à rester impassible face à certaines situations. On comprends mieux pourquoi elle est, à 30 ans, encore célibataire, libraire plongée dans ses livres quand sa soeur est mariée et a fondée sa famille. Le poids d’un secret dérangeant. L’auteur a une plume très agréable, on progresse avec facilité dans l’univers des jeunes soeurs, non sans se rappeler soi-même nos propres été d’adolescent. Ce roman au premier abord... "
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    La Princesse des glaces
    06.02.2015

    La Princesse des glaces

    Une glaciale découverte

    Voilà un roman et un auteur qui ont su me séduire. La plume de Camilla Läckeberg est agréable, fluide, rythmée et tellement …joviale. Elle fait vivre son héroïne sous ses mots partageant avec nous problèmes sentimentaux de trentenaire et soucis familiaux. Erica Falck est écrivain, de biographie essentiellement. Elle est de retour dans ce village de Fjällbacka (ne me demander pas de le prononcer!) suite au décès accidentel de ses parents pour gérer leur maison et retrouver l’inspiration qui semble la fuir. Elle va s’impliquer dans cette enquête, un peu trop fougueusement, à l’instinct dirons-nous ce qui pourrait lui jouer des tours. Heureusement pour elle, un ami d’enfance devenu policier, Patrick viendra lui prêter main forte et oreille attentive. L’intrigue se déroule sur rythme soutenu ponctuée comme vous l’aurez deviné, par quelques pauses romantiques. Mais on ne s’en lasse pas au contraire on apprécie de découvrir plus profondément les sentiments des protagonistes, on se sent plus proche d’eux. On plonge dans leur passé avec aisance et sans s’y perdre. La lecture nous captive, on s’interroge sur les motivations du crime, on apprends que le »qu’en dira-t-on » peut faire des gros dégâts. Il y a des rebondissements, de drôles de surprises mais tout cela s’imbrique avec merveille pour donner un très bon polar. Un mélange... "
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    Collector Babel - La Conversation amoureuse
    06.02.2015

    Collector Babel - La Conversation amoureuse

    La conversation amoureuse d'Alice Ferney

    Lorsque mon article sur Cherchez la femme d’Alice Ferney est paru, beaucoup m’ont conseillé la lecture de La conversation amoureuse. Récemment, Livraddict en proposait une nouvelle édition Babel ( Actes Sud) superbe à la couverture en velours gris en partenariat de lecture. Je ne pouvais pas rater cette belle occasion. Qu’est-ce que l’Amour ? Vaste question. Peut-on encore aimer après plusieurs années de couple ou le sentiment se délite-t-il? Peut-on toujours aimer ce que l’on a au quotidien ou aime-t-on davantage l’inaccessible ? Huit couples, connaissances communes d’un club de tennis, nous montrent les différentes variations de la vie à deux. Divorces, femmes oisives, femmes stériles, maris volages, célibataire meurtrie ou couple aimant. Mais  c’est essentiellement la rencontre de Gilles marié avec Blanche, en instance de divorce et de Pauline mariée avec Marc qui va créer cette conversation amoureuse. Pauline est heureuse dans son couple, son mari est tendre et compréhensif. Elle l’aime mais elle ne peut résister à la « voix d’alcôve » de Gilles et surtout au plaisir d’être admirée. Enceinte de quatre mois, elle a peut-être besoin de se sentir encore une femme désirée. Observation, réserve, séduction, doute, tout le charme d’une première rencontre parfaitement restituée par l’auteur. En « tragédienne qui se fait des... "
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    06.02.2015

    La maison où je suis mort autrefois

    La maison où je suis mort autrefois

    J’ai choisi de faire la chronique de ce livre parce que j’ai beaucoup aimé l’histoire et que le relire me tentait vraiment. Le style de Keigo Higashino est assez spécial. Il crée vraiment une distance entre ses personnages et le lecteur. Au final on ressent peut-être encore plus le malaise qui habite les personnages. Je trouve que le style un peu froid et distant est bien choisi pour cette histoire. Dans la première partie Keigo Higashino nous plonge doucement dans l’histoire, ça ne va pas trop vite et on apprend petit à petit à découvrir les personnages, la relation qui unit les deux personnages. On découvre aussi évidemment le sujet principal du livre. Une histoire qui pourrait paraître un peu banale mais qui au fur et à mesure de la lecture nous faire découvrir un environnement plus si banal que ça. On a envie d’en savoir plus à chaque page et de découvrir ce qui se cache derrière cette maison si particulière. Le fait que Keigo Higashino ait choisi un point de vue interne à l’un de ses personnages est intéressant. Par contre il arrive à créer une distance avec son lecteur. Il veut qu’on se sente mal à l’aise comme le sont les personnages face à leurs différentes découvertes. Plus on lit l’histoire plus on s’imagine une vie, un quotidien, une routine aux habitants de cette maison et je trouve ça bien que l’auteur ne nous... "
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    Persona (Babel noir)
    05.02.2015

    Persona (Babel noir)

    Les Visages de Victoria Bergman

    Je ne vous en avais pas parlé, mais il y a quelques mois, j'ai lu, suite aux conseils de ma représentante Actes Sud, le tome 1 de ce qui sera une trilogie de polar d'Erik Axl Sund. Si je n'avais pas communiqué sur ce titre, c'est que j'étais assez perplexe quand à ce que je devais en penser. Effectivement, il m'avait été présenté comme un polar noir, dans la lignée de Millenium. Or, en lisant le 1e tome, Persona, mon avis était que ce polar était avant tout psychologique et pas très sombre, dans le sens où la narration n'était pas aussi violente que dans la trilogie de Stieg Larsson. J'ai donc attendu le tome 2... Et maintenant, je peux vous le dire, l'éditeur a raison, cette série mérite d'être dite digne du Millenium. Il est bien plus noir, bien plus terrible. Alors que nous étions pleins de certitudes à la fin du 1e, nous nous rendons compte, avec la lecture de Trauma, que finalement, nous n'avons peut-être rien compris... L'histoire est complexe. C'est celle de jeunes enfants, tous étrangers et sans papiers, retrouvés morts d'avoir été maltraités. Mais ce sont aussi des personnages publics liés à des trafics d'enfants et à des réseaux de pédophilie. Et puis une femme, une psychologue, que tout relie. Et une autre femme, Victoria... "
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    Profanes (Babel)
    05.02.2015

    Profanes (Babel)

    Profanes ou l'art de la simplicité

    Cette année, la sélection du prix des Lecteurs Poitou-Charentes est réellement très riche. Je vous avais déjà parlé du roman de Paola Pigani qui est pour moi synonyme de beauté. C'est également le cas de ce roman de Jeanne Bénameur. Un homme, ancien chirurgien cardiaque, arrive à l'aube de la fin de sa vie. Divorcé, vivant seul dans une immense maison, il décide d'engager 4 personnes qui l'accompagneraient et l'aideraient dans certaines de ses tâches quotidiennes. Plus qu'une cohabitation, c'est une véritable rencontre qui se fait entre les 5 protagonistes du roman qui se lient alors autour de leur passé et encore plus de leur présent commun. Chacun, à travers le vieil homme, se reconnaît et se reconstruit suite à des évènements personnels forts. Petit à petit, chacun se fraye un chemin vers le bonheur à travers des petites joies, de simples gestes, des plaisirs fugaces. Si l'histoire est par elle-même très belle, l'écriture est magnifique. Empreinte d'une musicalité lente mais sonnante, nous sommes emportés par le flot des émotions des personnages à l'image d'un poème ou d'un concerto. Les mots résonnent alors en nous, nous laissant envahis d'une paix et d'une sérénité forte. Ce roman est vraiment une merveille que je vous conseille de ne... "
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    05.02.2015

    Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants (Babel)

    Le roman d'une vérité romancée

    Je suis sous le charme de ce récit historico-poétique. Que c'est bien écrit et fluide! Des petits chapitres d'une page parfois deux qui se dévorent. Michelangelo, sculpteur et architecte de génie quitte Rome pour dessiner les plans d'un pont à Constantinople. Rome reste fort présente dans ce bouquin car il a tout de même tourné le dos au Pape pour vivre son périple Ottoman et c'est la tête remplie de doutes qu'il entame son travail. Gros travail documentaire sur les œuvres qui se trouvent au Vatican, sur Léonard de Vinci, Raphaël,... et la fin juste sublime quand dans ses notes, Mathias Enard énumère tout ce qui est vrai que ce soit objets, œuvres d'art ou évènements et termine son bouquin par...Pour le reste, on n'en sait rien. J'ai beaucoup aimé, la douceur et la beauté qui ressort de ce roman. "
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    Indiennes
    05.02.2015

    Indiennes

    Indienne, Rudali et les autres

    "Indiennes" est un recueil de 6 nouvelles issues de différents romans écrits par Mahasweta Devi. Ces nouvelles transportent directement son lecteur au Bengale, dans l'est indien (région de Calcutta) à la rencontre de 6 femmes bengalies. Des femmes de castes et d'origines différentes, chacune avec son histoire, son propre combat, combat d'hier, combat d'aujourd'hui. Une Inde se déroulant il y a presque une quarantaine d'années, une lucarne, oui, mais pas forcément sur une autre époque. De très belles nouvelles, d'une très belle intensité, tantôt bouleversante tantôt agrémentées d'une pointe d'ironie. Des femmes, jeunes ou âgés, au destin chamboulé par des évènements qui ont un jour ont débarqué au seuil de leur porte. Des femmes courages, gardant la tête haute malgré les aléas de la vie, sans geindre des douleurs qu'elles subissent. Un délice de lecture comme ne sait qu'offrir que peu d'écrivains et dont Mahasweta Devi est maître en la matière. "
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    Rue des Voleurs (Babel)
    05.02.2015

    Rue des Voleurs (Babel)

    Printemps arabe

    Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en commençant ce roman, d’un format et sur un sujet très différent du seul que j’avais lu, Parle leur de batailles, de rois et d’éléphants, et j’ai été aussitôt happée par le thème, l’évolution d’un marocain de Tanger, tout jeune homme rejeté par sa famille, et qui après des mois d’errance, ne trouve à se raccrocher qu’à ses romans policiers dénichés chez un bouquiniste et à son pote Bassam, qui fraye avec les barbus d’une mosquée du coin. Le jeune Lakhdar y trouve refuge pour quelque temps, vendant des livres édifiants aux fidèles. Il rencontre ensuite Judit, une jeune espagnole et rêve au départ. J’ai beaucoup aimé le personnage de Lakhdar, son goût pour la littérature, d’Ibn Battuta, grand voyageur du XIVème siècle, aux polars américains ou ceux de Jean-Claude Izzo. Le style du roman colle à la naïveté du narrateur, à sa dérive dépressive, à sa façon de se moquer un peu de tout et surtout de lui-même, comme quand il constate en parlant à une jeune espagnole qui apprend l’arabe : "Essayez d’avoir l’air marrant et séduisant en arabe littéraire, c’est pas du tout cuit, on croit toujours que vous êtes sur le point d’annoncer une nouvelle catastrophe en Palestine ou de commenter un verset du Coran." J’ai aimé aussi que ce livre, sur fond de printemps arabes, ne mène jamais là où... "
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    05.02.2015

    Les insurrections singulières (Babel)

    Les insurrections singulières

    Antoine a la quarantaine et il revient vivre chez ses parents. Karima, sa compagne l'a mis à la porte, l'usine dans laquelle il travaille est au bord de la fermeture. Antoine est perdu dans sa vie. Il l'a toujours été. Il a toujours trouvé la vie de ses parents trop étriquée pour lui. Une vie se résumant à un travail harassant pour son père à l'usine et la gestion de la maison pour sa mère. Une petite vie à l'image des maquettes que son père fabrique lors de son temps libre "Les maquettes, c'était le monde en miniature, un monde qui tenait dans le creux d'une main. Réduit. Moi, le monde, je le voulais grand. Pas réduit. Et ma respiration se cognait contre les bords." Depuis qu'il est tout enfant, Antoine a ce désir d'ailleurs, d'autre chose, un désir non articulé qui se manifeste par la rage. La rage contre l'usine qui détruit son père, la rage contre ses parents qui ne cherchent pas à se sortir de leur petite vie, la rage contre son incapacité à communiquer avec Karima. il n'arrive à se fixer sur rien. Il entreprend des études dans divers domaines qui ne mènent à rien, il lâche en cours de route. Ce qui le passionne ce sont les mots et les pierres. Il aurait aimé être architecte mais ne s'en est jamais donné les moyens. Comme avec... "
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    L'Homme de Lewis (Babel noir)
    05.02.2015

    L'Homme de Lewis (Babel noir)

    Connaissez-vous les Hébrides ?

    Avec ce deuxième roman, j’ai pu retrouver l’île de Lewis, dans les Hébrides, tout au nord de l’Ecosse. Fin MacLeod, encore sous le choc de la mort accidentelle de son fils, vient de mettre fin à sa carrière dans la police, et se réfugie sur son île natale. Il s’installe près de sa maison de famille et reprend contact avec Marsaili, son amie d’enfance et premier amour, et Fionnlagh, le fils de celle-ci. Un cadavre trouvé dans les tourbières le ramène à sa condition d’enquêteur, puisque le seul lien ADN trouvé mène à Tormod MacDonald, le père de Marsaili. Le vieil homme, atteint d’Alzeihmer, ne peut aider à l’enquête, mais permet aux lecteurs d’avoir quelques longueurs d’avance, en les laissant se débrouiller avec l’écheveau de ses souvenirs. Le monologue intérieur de Tormod, très touchant, alterne avec les avancées des recherches sur les îles, qui renvoient à de sombres pratiques datant de moins de soixante ans, lorsque des enfants écossais orphelins étaient envoyés dans des familles des Hébrides, et plus ou moins bien traités. Ce que j’aime bien chez cet auteur, c’est qu’il aurait pu créer les pires conditions pour le trio d’enfants envoyés ainsi vers l’inconnu, mais qu’il n’en rajoute pas… La traversée est rude, l’environnement difficile, la langue leur est étrangère, puisqu’on parle gaélique dans ces îles, mais ils sont... "
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    Incurables (Babel noir)
    04.02.2015

    Incurables (Babel noir)

    alexandra et Alexander en très grande forme

    Surprise, le numéro 3 de la série est vraiment très bon ! Alexander et Alexandra se sont surpassés, et ont trouvé leur rythme. L'écriture est fluide, pas de reformulations stériles, on suit le fil de l'histoire sans faux pas. Le style est direct, rapide et concis. L'intrigue est bien menée, nous allons de surprise en surprise sans trop voir venir la conclusion même si tout est bien qui finit bien.... Trop bien peut être pour la vraie vie, mais qu'importe ! Les personnages sont savoureux, nous pénétrons dans leurs vies à petits pas, tranquillement, sans être trop intrusifs. L'inspecteur Joona Linna à l'accent finlandais n'a plus ces fulgurants pressentiments très improbables. Il est vrai que face à lui, il y a une vraie médium ! Et le voile se lève sur son passé .... C'est du vrai polar, pas de prise de tête, pas de remise en cause de la société, non, juste un vrai polar avec ce qu'il faut d'actions sans oublier que l'on est dans le polar scandinave alors n'en demandez pas trop quand même ! Il n'y a plus qu'à passer au numéro 4, rendez vous a très bientôt ! "

    La Couleur des sentiments (Babel NE)
    04.02.2015

    La Couleur des sentiments (Babel NE)

    La Couleur des Sentiments

    Bouleversante… C’est ce que sous-entend le résumé quand il parle de l’histoire qu’écrivent les bonnes et Skeeter et qui est en quelque sorte le livre que l’on tient -tout du moins c’est ainsi qu’on voudrait le voir. Généralement, je me moque souvent de ce genre d’éléments sur un résumé. Après tout, l’édition que j’ai de la saga Twilight annonçait la couleur en parlant quasiment d’une épopée inratable et inoubliable alors qu’au final… c’est Twilight quoi ! Ici, en plus j’avais déjà vu le film il y a 2 ou 3 ans ignorant à l’origine que c’était une adaptation. Et même si j’avais aimé le dit film, je n’attendais pas grand chose du bouquin surtout quand on voit le petit pavé que c’est. Et finalement, vous savez quoi ? J’en ressors touchée,bluffée et un peu étrange. Il n’y a pas vraiment quoique ce soit de transcendant dans ce bouquin puisque j’ai vu le film (manque de bol pour le coup, j’aurais aimé continuer à lire le livre avant le film mais bon les erreurs ça arrivent à n’importe qui). Ce n’est pas non plus un coup de coeur quoique … En fait, le livre est tellement comme ça que je me sens un peu perdue pour cette chronique. Parce que clairement, ce n’est pas un livre que je relirai un nombre incalculable de fois. Pas parce qu’il est ennuyeux ou trop long ou autre mais parce que c’est le genre de livre qu’on relit de temps en... "
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    04.02.2015

    Le Mec de la tombe d'à côté

    Le mec de la tombe d'à côté, de Katarina Mazetti

    Quelle bonne surprise ce roman ! Je ne m’attendais pas du tout à cet éclat de fraicheur et d’humour. Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de belle histoire d’amour, et celle-ci, malgré toute sa bizarrerie, a réussi à m’émouvoir. D’abord, je ne m’attendais pas à ça, car je pensais que les protagonistes étaient deux petits vieux qui se rencontraient au cimetière et surmontaient ensemble leur deuil. Rien à voir donc avec le mélange de haine, de sexe, d’amour puissant, de déception qui anime la relation de Désirée et Benny, tous deux la trentaine. Et il n’est pas vraiment question de surmonter un deuil étant donné que Désirée n’éprouvait pas grand-chose de plus qu’une affection fanée pour son mari. Ensuite, j’ai été agréablement surprise du ton humoristique et original du roman. J’ai rarement l’occasion d’en lire, mais j’apprécie tout particulièrement les livres à plusieurs voix. Celui-ci est construit en petits chapitres alternant le point de vue de Désirée et celui de Benny. Et Katarina Mazetti a réussi à donner une personnalité, une façon de s’exprimer et de penser propre à chacun : le ton posé et l’incertitude constante de Désirée, le langage de charretier plein d’humour de Benny. Et puis il y a aussi l’évolution de leur relation qui est intéressante. À première vue, ils se détestent, tout chez Désirée rebute... "
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    Silo (Babel)
    04.02.2015

    Silo (Babel)

    Silo, de Hugh Howey

    Un livre mêlant habilement science-fiction et thriller, qui m’a tenue éveillée tard dans la nuit. J’étais prise dans l’histoire au point de ne plus pouvoir m’arrêter, cela faisait longtemps que je n’avais plus été atteinte du syndrome de « allez, encore un petit chapitre » avant d’aller dormir, et c’était divin ! Le roman est bien écrit, bien structuré, les chapitres donnent envie d’en apprendre toujours plus sur les origines du Silo, sur le monde du dehors, sur les règles imposées au-dedans, mais aussi sur les différents personnages, leurs convictions, leurs peurs, leurs espoirs. La première moitié du roman est divisée en trois chapitres consacrés à des personnages différents. On les découvre tour à tour, avec la crainte, qu’à chaque nouvelle partie, qu’à chaque nouveau changement, l’envie de lire, le suspense retombera, que l’attachement pour le nouveau personnage ne sera pas le même, mais il n’en est rien. On est sans cesse happé par l’histoire et les 300 premières pages passent à une vitesse folle. La fin est également très bien et n’est pas en reste en ce qui concerne les rebondissements, mais je l’ai trouvée moins dynamique et prenante. Le roman aurait peut-être gagné à être raccourci de quelques dizaines de pages. L’atmosphère pesante de ce gouffre de 144 étages est palpable et vraiment bien décrite. On souffre... "
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    Tsubaki (Babel)
    04.02.2015

    Tsubaki (Babel)

    Mais que la littérature japonaise est belle à lire

    Ce livre est beau! Il s’agit là d’un témoignage poignant d’une jeune japonaise confrontée au paradoxe de la société nippone de l’époque : L’empire – l’honneur – le travail – la famille (dans cet ordre ). « Mon frère a été capturé à Saïpan et tué par les américains. On dit qu’être fait prisonnier, c’est assez honteux : mais être tué par eux, c’est le pire affront pour un soldat. Mon père dit qu’il ne sait comment s’en excuser auprès de l’empereur. » Le style est caractéristique de la littérature japonaise, des mots simples, sans pudeur mais tellement touchant pour parler de chose dure avec beaucoup de fluidité. « Quand j’habitais à Nagasaki, j’ai rencontré des catholiques. Nagasaki est bien connue pour ses croyants. Un jour, une jeune fille catholique de mon école m’a dit, d’un air très sérieux : « Les Américains sont chrétiens. S’ils trouvent des croix dans notre ville, ils passeront sans faire tomber les bombes. » Je lui ai dit aussitôt : « Pour eux, les Japonais sont des Japonais. » Et la bombe atomique est tombée en face d’une église. » Yukiko – la mère – nous dévoile ce que sa vie a été, quel lourd secret pesait sur ses épaules. Au fil de la lecture on sent monter un respect pour Yukiko, ce qu’a été sa vie et le poids de son passé. L’auteur nous décrit un Japon parfois loin de ce qu’aurais pu imaginer. A... "
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    Histoire d'un Allemand
    31.01.2015

    Histoire d'un Allemand

    Parcours atypique

    Le récit de Sebastian Haffner est un récit remarquable, qui devrait être connu, apprécié, de beaucoup, beaucoup de jeunes et d'adultes. Les analyses politiques - sérieuses manquent. Et puis quel courage ! "

    Les Femmes du braconnier
    23.01.2015

    Les Femmes du braconnier

    Les femmes du braconnier de Claude Pujade-Renaud

    Cet obscur braconnier, ce charmeur de bêtes magnétique et puissant, c'est le poète anglais Ted Hughes. Lors d'une lecture sur le campus de Cambridge en 1956, il rencontre Sylvia Plath, alors jeune étudiante américaine en Littérature et appelée à devenir une des plus grandes poétesses de son temps. Entre eux, c'est la passion immédiate, le mariage quelques mois plus tard, puis la création, la vie conjugale, deux enfants et des échanges fascinants, intenses, sur le fil. Après une lourde dépression en 1953, Sylvia Plath restera toujours habitée par une profonde déchirure malgré ses apparents débordements d'énergie ; Ted Hughes, quant à lui, ne saura jamais vraiment se résoudre à la monogamie. Au bout de six ans, c'est la sensuelle Assia qui sera à l'origine de leur rupture, premier maillon d'une longue série d'évènements tragiques. Il faut dire que quand j'aime tout particulièrement un artiste, en l'occurrence ici Sylvia Plath, et qu'en plus j'ai eu l'occasion de l'étudier pour les besoins de l'université, il m'est toujours très délicat d'attaquer un ouvrage le concernant, surtout si ce dernier se présente comme une fiction. Je suis immédiatement à l'affût de quelques inexactitudes ou de clichés trop flagrants et surtout de l'essence... "
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    La Mort du roi Tsongor (Babel NE)
    20.01.2015

    La Mort du roi Tsongor (Babel NE)

    LA MORT DU ROI TSONGOR

    Imaginaire que l’on se construit aisément, les mots se succèdent et nous tendent la main. Ce livre initiatique touche, interpelle, anime … il donne un sens à une vie, il donne un sens à une mort, il donne un sens à un homme… Merveilleusement bien écrit, comme toujours, on se laisse porter dès les premières lignes. "
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    Photo de groupe au bord du fleuve
    23.12.2014

    Photo de groupe au bord du fleuve

    Photo de groupe au bord du fleuve – Emmanuel Dongala / La voix des casseuses de pierres

    Cogner, casser, frapper, marteler, pulvériser, inlassablement, des pierres dans une carrière au bord d’un fleuve africain pour gagner quelques sous, à peine de quoi survivre, à la merci d’un éclat dans l’œil, un doigt fracturé ou écrasé. Vie de misère, vie de femme… Mais d’autres choses moins friables que les pierres pourraient elles aussi voler en éclats dans ces vies de femmes marquées par la pauvreté, la guerre, l’oppression au travail, dans une société corrompue et totalitaire, où la tradition admet les violences sexuelles et domestiques. Ces mains pour frapper, pour caresser, pour saisir, mains douces, exigeantes et tenaces de femmes qui désirent, de femmes qui veulent , de femmes prêtes à leur premier envol. Emmanuel Dongala leur prête sa belle voix d’homme, sa plume alerte, son écriture sensible et intelligente mais sa colère aussi. : […] dans ta tête tu te demandais, en se référant à ce que toi aussi tu avais vécu, s’il y avait pire endroit pour une femme sur cette planète que ce continent qu’on appelle Afrique. "
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    Dans la main du diable
    23.12.2014

    Dans la main du diable

    Dans la main du diable

    Gabrielle Demachy, jeune héroïne intrépide tout droit sortie d’un roman du 19ème siècle, est à la recherche de son fiancé disparu et est prête à tout pour découvrir ce qui lui est arrivé. Dès lors, elle va se faire embaucher comme gouvernante de Millie, une petite fille difficile et peu attachante. Peu à peu, elle va entrer dans cette riche famille d’industriels, les Bertin-Galay, dont l’entreprise familiale est tenue par une main de fer par la mère, et découvrir les secrets que gardent cette famille. À la fois passionnée et discrète, l’héroïne tient bon dans cette demeure isolée de tout, pour atteindre l’objectif qu’elle s’est fixée. Mais, le temps passant, elle va se prendre d’affection pour cette petite fille délaissée et pour certains des membres de la famille. Arrivera-t-elle à découvrir ce qui est arrivé à son fiancé parti en Birmanie sans explication ? "
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    23.12.2014

    Le Livre de Noël

    Le livre de Noël – Selma Lagerlöf

    Un magnifique petit livre de 107 pages, qui plonge le lecteur dans l’univers des contes de Noël scandinaves de la fin du XIXe siècle. Selma Lagerlöf (1858-1940) est une auteure suédoise, qui fut la première femme a recevoir le prix Nobel de littérature en 1909. Avec les huit contes rassemblés dans le recueil Le livre de Noël, on entre dans une tradition du conte de Noël différente de celle largement connue qui est la tradition anglo-saxonne. Ici, les récits n’évoquent pas les veillées de Noël ou les cadeaux reçus par les petits enfants. Non, ils s’inspirent plutôt des légendes suédoises qui avaient court dans la région où l’auteure a grandi. Ainsi, le religieux a une place prépondérante : l’aide de Dieu à ceux qui se conduisent bien, le repentir, la force de la foi, etc. Et tout cela, dans une ambiance hivernale, enneigée et néanmoins chaleureuse. Au travers de Le livre de Noël, la première nouvelle, une petite fille rêve de recevoir un livre en cadeau : c’est peut-être le seul récit où il n’y a pas de présence divine. La légende de la fête de la Sainte-Luce et Le piège à rats évoquent la charité envers les pauvres et la cupidité. La princesse de Babylone nous raconte en quelques mots le mythe de la tour de Babel. Les quatre nouvelles suivantes nous éclairent sur le divin et la façon dont il sauve les êtres ou leur... "
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