Babel
Babel
ISBN 978-2-7427-0493-4
prix indicatif : 10,70€
Babel n° 146
Où trouver ce livre ?
Babel
Avril, 1995 / 11 x 17,6 / 512 pages
traduit du russe par : André MARKOWICZISBN 978-2-7427-0493-4
prix indicatif : 10,70€
Babel n° 146
Genre
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Les démons tome 2
Fédor DOSTOÏEVSKI
•—... Vous avez vu une feuille - sur un arbre, une feuille ?
— Oui.
— l'en ai vu une, l'autre jour, une jaune, encore un peu de vert, un peu moisie déjà sur les bords. Le vent qui la portait, j'avais dix ans, l'hiver, exprès, je fermais les yeux et je m'imaginais une feuille - verte, brillante, avec ses nervures, et le soleil qui brille, j'ouvrais les yeux, je n'y croyais pas, parce que c'était très bien, et je les refermais.
— Qu'est-ce que c'est ? une allégorie ?
— Non... pourquoi ? Pas une allégorie, non, je dis une feuille, tout simplement, juste une feuille. Une feuille, c'est bien. Tout est bien.
(Kirillov et Stavroguine)
Veules, médiocres, obscurs, les acteurs de ce drame - une sombre conspiration nihiliste dans une quelconque ville de province - gravitent autour de la figure de Stavroguine, démon baudelairien, "homme de l'orgueil, homme du défi - mais d'un défi dans le vide".
Car ce roman (c'est le traducteur qui souligne) "n'existe finalement que pour semer le trouble, égarer, emporter, faire tournoyer, tournoyer, attraper des éclairs, et, à la fin, après plus de mille pages de cyclone, par une espèce de bouffonnerie indifférente, pas même grinçante, non, grotesque, abandonner le lecteur, essoufflé, avec rien. Possédé."
— Oui.
— l'en ai vu une, l'autre jour, une jaune, encore un peu de vert, un peu moisie déjà sur les bords. Le vent qui la portait, j'avais dix ans, l'hiver, exprès, je fermais les yeux et je m'imaginais une feuille - verte, brillante, avec ses nervures, et le soleil qui brille, j'ouvrais les yeux, je n'y croyais pas, parce que c'était très bien, et je les refermais.
— Qu'est-ce que c'est ? une allégorie ?
— Non... pourquoi ? Pas une allégorie, non, je dis une feuille, tout simplement, juste une feuille. Une feuille, c'est bien. Tout est bien.
(Kirillov et Stavroguine)
Veules, médiocres, obscurs, les acteurs de ce drame - une sombre conspiration nihiliste dans une quelconque ville de province - gravitent autour de la figure de Stavroguine, démon baudelairien, "homme de l'orgueil, homme du défi - mais d'un défi dans le vide".
Car ce roman (c'est le traducteur qui souligne) "n'existe finalement que pour semer le trouble, égarer, emporter, faire tournoyer, tournoyer, attraper des éclairs, et, à la fin, après plus de mille pages de cyclone, par une espèce de bouffonnerie indifférente, pas même grinçante, non, grotesque, abandonner le lecteur, essoufflé, avec rien. Possédé."






