Portrait(s) de George | Actes Sud
Actes Sud Littérature
Domaine français

Février, 2014 / 11,5 x 21,7 / 176 pages


ISBN 978-2-330-02770-4
prix indicatif : 19, 00€


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Portrait(s) de George

Emmelene LANDON

Dans un catalogue consacré aux oeuvres d’Emmelene Landon, on chercherait en vain les portraits qu’elle attribue à l’artiste nommée “George”. En effet c’est au roman, et donc aux mots, qu’il appartient d’imaginer et de décrire les visiteurs et les tableaux qui sous nos yeux se succèdent et s’accomplissent. Peindre, c’est d’abord écouter, dévisager, envisager et transcrire ce qu’au gré des saisons viennent raconter d’euxmêmes de singuliers personnages. Et s’il est également question de botanique, de cartographie, de voyages, d’urbanisme, de psycho-géographie, c’est que George interroge et pratique son art sans jamais l’isoler de tout un écosystème de réflexions sur l’espace, la nature, ou encore l’empreinte de l’homme sur le paysage. L’atelier n’est pas un cloître. Dans ces pages il s’ouvre au monde, même s’il demeure un lieu propice au “temps long”, à la patience et à la méditation. D’où la dimension poétique et même spirituelle de ce roman qui fait de la création un mode de vie, et qui propose une inimitable célébration du bonheur de peindre…

"À l’origine de ce livre, il y a l’élan, l’envie de décrire ce qu’il y a dans la tête d’une femme peintre travaillant à des portraits. Pour ce faire, je me suis servie de mon expérience, mais pas à la lettre, car quand elle peint, George n’est dans la pensée de l’écriture.

L’invention permet de prendre du recul, d’entrer dans une autre aventure, celle du roman. J’ai imaginé les portraits que peint George, car je ne voulais pas être dans la description. La peinture est une surface, mais elle comporte tout ce qu’il y a en dessous, comme l’écriture. « La peinture à l’huile, les pigments que je connais par coeur comme des personnalités, cette peau vivante qui se fige ensuite à jamais. Le travail à l’atelier, solitaire, que ce soit pour les commandes ou pour les portraits, se passe dans cette lente pensée géologique. Car mes portraits plongent dans la préhistoire du visage, et dans l’inattendu de sa métamorphose. »

George aimerait croire que le temps lent, plus que lent, de la peinture, avec toutes ses strates, évoque la géologie. La durée d’une peinture à l’huile dépasse largement une vie humaine. George s’empare de la présence des gens qui viennent poser pour leur portrait. C’est elle qui les choisit par une sorte de coup de foudre, pour les peindre dans son atelier et ensuite les regarder le soir, à satiété. Parce qu’on peut boire les portraits à l’huile comme du lait. La peinture donne la sensation des choses et des gens à un moment donné de leur vie, au-delà de leur mort.

« Toutes ces figures autour de moi sur mes portraits sont permanentes. Elles ne sont pas des réflexions. Elles ne me disent rien, comme l’air renouvelé du printemps. De la présence pure. »

À partir d’un centre, son atelier au nord-est de Paris, où les séances de pose se succèdent et où les tableaux avancent, George capte les autres tout en pensant aux fenêtres, à Charles Quint peint par Titien, à sa façon de revoir entièrement la peinture pour chaque portrait, à la psychogéographie, à la demi-vie des sols pollués, à la botanique, aux citadelles, aux prisons, à la matière, à la cohabitation entre voisins, à l’amour, à l’écoute."

E. L.

Portrait(s) de George

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