Actes Sud Littérature
Domaine français

Janvier, 2013 / 11,5 x 21,7 / 288 pages


ISBN 978-2-330-01410-0
prix indicatif : 21,00€

Prix Orange du Livre - 2013

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Deux étrangers

Emilie FRÈCHE

Élise n’a pas vu son père depuis sept ans. Il vit au Maroc, il connaît à peine son mari et pas du tout ses enfants, quant à elle, elle ne sait rien de sa vie. À force de ruptures, d’amour blessé et de petites humiliations qui auront jalonné leur histoire, le père et la fille ont fini par ne plus parler la même langue : ils sont devenus deux étrangers.
Et pourtant, lorsqu’Élise reçoit l’improbable coup de fil de son père la sommant de venir le voir, elle obéit aux ordres de ce tyran domestique comme à un vieux réflexe, alors même que son propre foyer est en train de se déliter : elle prend son antique Renault 5, seul héritage de sa mère tant aimée, et met le cap sur Marrakech.
Portrait d’une famille prise dans les glaces de souffrances jamais apprivoisées, trop longtemps tues, Deux étrangers est le roman d’une séparation et de retrouvailles impossibles et néanmoins essentielles. Un voyage dans le temps au rythme indomptable des souvenirs et des émotions, éclairé par un humour ravageur, une lucidité sans appel et un inextinguible désir de justice.

«Tout a commencé par ce titre, Deux étrangers. Par ces mots qui me sont venus un matin en nous observant. C’était exactement ce que nous étions devenus, il n’y avait pas d’autre mot, et j’en éprouvais une inconsolable solitude, car je réalisais que l’amour ne garantit rien, ou pas grand-chose, et qu’au bout du compte le voyage ne se fera jamais qu’en solitaire.
Je crois que ce livre est le récit de ce voyage.
Celui qu’une jeune femme entreprend en voiture, de Paris à Marrakech, pour aller retrouver son père qu’elle n’a pas vu depuis sept ans, et dans lequel sont enchâssées mille autres quêtes : celle de l’enfance, des racines, des origines, celle des secrets cachés dans les replis de l’Histoire... Elle s’imagine que la leur a commencé en Algérie, durant cette guerre d’Indépendance qui leur aura tout pris, sans doute parce qu’elle en entend les échos terribles dans un printemps arabe qui fl eurit à mesure qu’elle descend vers le sud. Mais peut-être se trompe-t-elle. Peut-être l’histoire a-t-elle commencé bien plus tôt, à cette époque, par exemple, où le peuple juif auquel elle appartient n’avait pas encore de terre, où il était étranger parmi les Nations, et ne possédait que le Livre pour patrie. Ils auraient alors ce bien en commun, cette Loi en partage pour reprendre racine. Et ce serait mieux qu’une maison, une fortune, un pays, ou bien un arbre généalogique, car les livres sont toujours tout cela à la fois, des mondes que les hommes bâtissent pour se sentir un peu moins étrangers au monde, aux autres. C’est en tout cas pour cela que, moi, j’ai écrit ce livre.»

Émilie Frèche



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