Les Ombra | Actes Sud
Actes Sud Littérature
Un endroit où aller

Avril, 2004 / 10,0 x 19,0 / 160 pages

traduit de l'italien par : Marguerite POZZOLI
ISBN 978-2-7427-4801-3
prix indicatif : 16, 30€


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Les Ombra

Anna-maria ORTESE

La diversité du style dans les neufs récits que comptent Les Ombra frappe immédiatement le lecteur. Anna Maria Ortese y parle de l’enfance, des familles napolitaines, des rêves qui hantent ou qui bercent, de la foi et de l’absence de foi, et de la solitude. Mais la diversité des sujets abordés n’a d’égale que la virtuosité de l’écrivain à les fondre en un tout harmonieux, chaque récit finissant par en appeler – et en rappeler – un autre. Ainsi, le thème de l’enfance appelle la rêverie, ce qui donne L’homme de l’île ; la rêverie fait naître les souvenirs, et son corollaire, la nostalgie, lien qui crée l’émotion diffuse de La grande rue. Lorsque tout se fond, l’écrivain laisse passer sous sa plume un lyrisme vibrant, et quand elle décrit les transformations d’un paysage perçu par un œil métaphorique, son écriture devient proprement magique. Les envolées proustiennes d’Une pièce ensorcelée en sont le plus bel exemple.
Si nombre des personnages sont de doux rêveurs, c’est parce qu’à l’instar de ceux de L’infante ensevelie ou du Silence de Milan, ils restent marqués par la vie. Mais ici, la souffrance a moins pour origine un déclassement social qu’un sentiment de profonde solitude. Et l’auteur décline les conséquences de la déréliction dans ses aspects les plus divers. Il y a des personnages abandonnés de Dieu parce que la foi ne les atteint pas (la petite Luciana des Ombra) ou parce qu’elle est trompeuse et mensongère (la fillette qui attend l’Ange qui ne viendra jamais) ; il y a le poète délaissé par son inspirateur et mentor (Allessandro, dans L’ami du prince), il y a des amoureux que l’amour a fuis, il y a des enfants dont les parents se détournent (Indifférence de la mère).
Comme toujours chez Anna Maria Ortese, le trait est fin, léger, les douleurs sont racontées à mi-mot, chuchotées afin, dirait-on, de laisser une chance au bonheur de s’immiscer dans ces existences amères. Et ce clair-obscur, bouleversant, fait penser au cinéma italien, d’où l’on ressort le rire aux lèvres et les yeux pleins de larmes.


Les Ombra

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