Paradoxes

“On se souvient toujours des trucs désagréables.Le reste devient flou…”

Trois paradoxes est une poupée russe où s’emboîtent plusieurs strates narratives qui s’enchevêtrent dans autant de styles et de temps différents. Il y a d’abord, comme il se doit, la Génèse, la création, où Dieu apparaît ex-machina, et ce work in progress intitulé « Paul et le crayon magique » débouche sur ce qui a toutes les apparences d’une autofiction, celle du narrateur, dessinateur de BD, venu voir ses parents depuis Chicago. Avec des flash-back dans le temps de l’enfance à quoi se rattache une nouvelle intitulée « La Cicatrice ». Pour finir, au détour d’un dialogue avec son père, notre héros, à l’instar d’un philosophe péripatéticien, évoque les paradoxes de Zenon dialoguant avec Parménide, séquence à part entière traitée comme un vieux comix défraîchi.
Pour organiser sa narration, Paul Hornschemeier n’utilise que les moyens propres de la BD et fait une nouvelle fois la démonstration que le 9 eme art est encore riche de potentialités. On s’émerveillera de cette trouvaille du narrateur qui photographie sa ville natale la nuit, sans trop savoir se servir du flash, pour la montrer à sa correspondante allemande qu’il ne connaît que par des photos floues !? Comment mieux faire sentir concrètement la résistance du réel, la faiblesse de notre appréhension du monde quand elle n’est que mécanique.
Trois paradoxes vient clore une trilogie qui est une interrogation sur l’enfance, ses blessures et ses souvenirs douloureux, le passage d’un âge à un autre, « mélanger le fait de se cogner aux choses et l’idée d’aller de l’avant », dont les deux premières parties, Adieu, maman (2005) et Le Retour de l’éléphant (2006) sont parus chez Actes-Sud BD.
La finesse du propos et du trait, sa maîtrise, place Paul Hornschemeier, aux côtés de Daniel Clowes ou de Chris Ware, au nombre des auteurs les plus importants de la bande dessinée contemporaine.

Né en 1977 à Cincinnati, Paul Hornschemeier a reçu plusieurs nominations aux prix Ignatz, Eisner et Harvey.
Déjà auteur de deux livres chez Actes Sud BD, il est publié aux États-Unis par Pantheon, Fantagraphics et Dark Horse.

Robert CRUMB
David Zane MAIROWITZ
Kafka
Traduit de l’américain par Jean-Pierre Mercier
janvier 2006 / 15 x 25,5 / 180 pages noir et blanc
ISBN 2-7427-6573-5 / AS429
prix indicatif : 18,00 €
Kafka revisité par Crumb…
Paru en français en 1996 et depuis longtemps épuisé, le Kafka de Crumb et de Maikowitz,
est un livre culte classé dans les 100 oeuvres les plus remarquables de la littérature dessinée
depuis 1732 ! Pas moins !
Cette nouvelle édition revue par Karine Hervé reprend l’adaptation de Jean-Paul Mercier
avec une nouvelle maquette, un relettrage complet et un nouveau format.
HOk TAK YEUNG
Qu’elle était bleue ma vallée préface de Lawrence Pun
traduit de l’anglais par Karine Hervé (ouvrage bilingue chinois / français)
janvier 2007 / 19,5 x 28 / 128 pages
ISBN 2-7427-6574-3 / AS4299
prix indicatif : 22,00 €
Hok Tak Yeung, né à Hong Kong en 1970, a étudié l’illustration et le design. En 1998, il a rejoint un collectif d’illustrateurs et dessinateurs chinois d’avant garde en phase avec la bande dessinée contemporaine, tout spécialement française. Il a fait ses premières apparitions en Europe dans Comix 2000 et a été exposé au festival de Lucerne-2006 (Suisse).

Un Taxi Nommé Nadir, illustré par Gilles Tévessin et écrit par Romain Multier,
est un road-movie à travers Paris la nuit, en compagnie d’un authentique chauffeur
de taxi d’origine algérienne, Nadir.

Emmanuel Guibert a préfacé la BD,
en voici un avant-goût pour patienter jusqu’à sa sortie:

Nadir a du bagout. Le bagout, on l’a ou on ne l’a pas. Le bagout, ce n’est pas l’éloquence, ce n’est pas le bavardage, c’est vraiment l’écriture parlée. D’une personne qui a du bagout, on est en droit d’attendre, à chaque causerie, l’équivalent d’une bonne tranche de lecture. Avec du style, de l’inattendu, du pittoresque,… [lire la suite]

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Laurent MAFFRE
L’homme qui s’évada
juin 2006 / 19,5 x 28 / 128 pages
ISBN 2-7427-6154-3 / AS3532
prix indicatif : 22,00 €
L’homme qui s’évada (1928), né de l’enquête au bagne de Cayenne d’Albert Londres (1884-1932), figure emblématique des reporters français, raconte sa rencontre avec le condamné Dieudonné, complice supposé des anarchistes de la bande à Bonnot décimée en 1912. Ses compagnons d’infortune, mais aussi ses gardiens et le directeur de l’établissement le tenaient pour innocent. Et quand trois ans après il reussit à s’évader et à gagner le Brésil d’où il demanda la révision de son procès, Albert Londres refit la traversée pour lui prêter main forte.
Laurent Maffre sait recréer l’atmosphère, reconstituer les décors de l’époque, garder le côté “aventure”, transposer dans son dessin les “trognes” et les portraits brossés par le journaliste, sans cacher ses sympathies, dans une adaptation fidèle parce qu’elle sait prendre parti.

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